Anabase (Xénophon)

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Anabase (Xénophon)
Auteur Xenophon
Lieu de parution Athènes
Date de parution - 370
Traducteur Pierre Chambry
Éditeur Garnier-Flammarion
Lieu de parution Paris
Pays d'origine Grèce

L’Anabase (du grec ancien νάϐασις / anábasis, « l'ascension, la montée dans le Haut Pays ») est l'œuvre la plus célèbre de l'auteur grec athénien Xénophon.

Elle raconte le périple des Dix Mille, un corps expéditionnaire de 10.000 mercenaires grecs (spartiates principalement) engagés par Cyrus le Jeune dans sa lutte contre son frère Artaxerxès II, roi de Perse puis leur retraite vers l'Hellespont (l'actuelle Mer noire) à travers le haut pays d'Arménie (d'une altitude moyenne de 1.000 m avec des cols à plus de 2.000 m[1]) qu'ils atteignent à Trapezous (actuelle Trébizonde)

Une « démocratie en marche », les Dix mille — au-delà des rivalités internes — conservèrent leur cohésion jusqu'à leur retour à Pergame.

Sur cette carte de l'empire perse sous Cyrus, la ligne en rouge figure la route suivie par les Dix Mille, de Sardes (Pergamme) à Cunaxa (près de Babylone) puis vers le nord à Trapezus (Trapizone)

.

Une marche de 1 300 km de Sardes à Cunaxa ; une retraite de 1 000 km vers le nord, la mer Noire ; une autre marche de 1 000 km le long de la mer pour atteindre le Bosphore.

L'histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dix Mille.

En -401, Cyrus Le Jeune, le second fils de Darius II, se soulève contre son frère aîné Artxerxès II afin de lui ravir le trône. Fort de plus de 10 000 mercenaires grecs recrutés par ses hôtes hellènes, il affronte Artaxerxès II à Cunaxa, en Mésopotamie à une centaine de kilomètrs de Babylone. Cyrus y trouve la mort, son corps d’armée est vaincu alors que les mercenaires grecs sont, eux, vainqueurs des troupes qui leur sont opposées.

Désormais seuls en pays hostile, les Dix Mille tentent de négocier avec Artaxerxès II et son intermédiaire le satrape Tissapherne. Ce dernier gagne la confiance des généraux grecs Cléarque et Mennon mais il leur tend un piège et les fait assassiner. Conduits par Xénophon, les Grecs réussissent à échapper aux troupes royales malgré leur manque de cavalerie.


Ils rejoignent l'Arménie puis les côtes méridionales du Pont-Euxin notamment Trapézonte (aujourd'hui Trébizonde).

Arrivés dans la région des Dardanelles (l'Hellespont), ils s'engagent dans des luttes intestines entre Thraces.

Résumé[modifier | modifier le code]

L’Anabase est riche en descriptions de peuples exotiques parfois autant hostiles aux Grecs qu'aux Perses, de combats difficiles, de rapports humains conflictuels. Surtout, cet épisode célèbre stigmatise la faiblesse de l'empire perse, ce qu’Agésilas II et plus tard Alexandre le Grand n’oublieront pas.

L’Anabase a pu servir de comparaison à des événements de l’histoire. Ainsi, la retraite de Russie par la Grande Armée de Napoléon ou la Longue Marche de Mao (par analogie à l’épopée des Dix-Mille et aux nombreux récits qu’elle inspira) ont-elles pu être comparées à cet épisode de l’antiquité grecque.

Les différents livres composant l'Anabase[modifier | modifier le code]

Note sur le découpage [2].

Livre 1 : Levée de l'armée par Cyrus Le Jeune, marche de l'armée sur le roi de Perse, Artaxerxès et bataille de Counaxa[modifier | modifier le code]

[…]
Chap. IV. On arrive à Issos, où l'on trouve la flotte de Cyrus le Jeune et Chirisophe avec sept cent hoplites.
Chap. viii. Bataille de Counaxa. Les mercenaires grecs mettent en fuite les troupes perses qui leur sont opposées ; mais Cyrus, s'élançant sur son frère, est tué d'un coup de javelot.
Chap. ix. Portrait de Cyrus le Jeune.
Chap. x. Les grecs, ignorant ce qu'il est advenu à Cyrus, se couchent sans avoir mangé.

Livre 2 : Découverte de la mort de Cyrus, pourparlers et trêve avec Artaxerxès, assassinat des généraux grecs[modifier | modifier le code]

Chap. I Les mercenaires grecs apprennent la mort de Cyrus le Jeune.

Livre 3 : Élection de nouveaux chefs (dont Xénophon), début de la retraite[modifier | modifier le code]

Carte montrant la région sous l'Empire romain au Ve siècle. Elle permet de se représenter le relief qu'eurent à affronter les Dix-Mille.

Le harcèlement des Perses jusqu'aux montagnes cardouques.

Livre 4 : Traversée du pays des Cardouques, puis de l'Arménie où l'hiver survient, du pays des Taoques, des Colques et arrivée à Trapézonte au bord de la mer Noire[modifier | modifier le code]

Les montagnes d'Arménie, des cols à 2 000 mètres, deux mètres de neige en hiver

Livre 5 : Errance sur le bord de mer jusqu'à Cotyôra[modifier | modifier le code]

Livre 6 : Élection d'un chef unique, Xénophon respectant les dieux, refuse. Élection de Chirisophe[modifier | modifier le code]

Départ par la mer pour arriver à Héraclée. À nouveau, errance sur le bord de mer et pertes nombreuses. Chap. VI. Arrivée à Chrysopolis.

Livre 7 : Passage au service de Seuthès II, roi auto-proclamé de Thrace afin de l'aider à reconquérir son royaume, arrivée à Salmydessos[modifier | modifier le code]

Chap. I. Byzance.
Chap. II. Xénophon s'entend avec Seuthès II [3], roi de Thrace, qui a besoin des Grecs pour reconquérir son royaume.
Chap. III. Les Grecs, à l'exception de Néon, passent au service de Seuthès.
Chap. IV. Soumission des Thynes.
Chap. V. Seuthès ne paye que vingt jours de solde au lieu d'un mois. Arrivée à Salmidessos.
[…]
Chap. VII. Xénophon accepte de conduire l'armée en Asie Mineure.
Chap. VIII. Arrivée à Lampsaque et enfin Pergame où Thibron prend le commandement de l'armée et l'incorpore dans ses autres troupes grecques pour faire la guerre à Tissapherne et Pharnabaze.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arménie#Géomorphologie
  2. Note : ce découpage en livres et en chapitres n'est pas de Xénophon lui-même, il a été instauré ultérieurement par un traducteur et repris par les traducteurs successifs dont Pierre Chambry (1936) . Nous n'indiquons ici que les passages significatifs
  3. https://en.wikipedia.org/wiki/Seuthes_II

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Xénophon, L'Anabase, traduction de Pierre Chambry (1936) , dans : L'Anabase. Le Banquet, Garnier-Flammarion, 1996, pp. 23-250.
  • Pierre Chambry, « Notice sur l'Anabase » (1936), dans : L'Anabase. Le Banquet, Garnier-Flammarion, 1996, pp. 9-21.
  • Pierre Chambry, « Carte de la retraite des Dix-mille [de Sardes à Pergame] » (1936), dans : L'Anabase. Le Banquet, Garnier-Flammarion, 1996, pp. 10.
  • Consulter la liste des éditions de cette œuvre

Liens externes[modifier | modifier le code]