Eumène de Cardia

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Eumène.
Eumène
Naissance v. 362 av. J.-C.
Décès 316
Origine Cardia
Allégeance Perdiccas
Polyperchon
Grade Stratège d'Asie
Conflits Guerres des diadoques
Faits d'armes Bataille de l'Hellespont
Bataille de Paraitacène
Bataille de Gabiène

Eumène de Cardia (en grec ancien Ευμένης / Euménès), né vers 362 av. J.-C., mort en 316, est le chancelier (ou archigrammate, « premier secrétaire ») d'Alexandre le Grand. Seul Grec parmi les diadoques macédoniens, il prend part à la première guerre des diadoques aux côtés du chiliarque de l'empire, Perdiccas, puis du régent de Macédoine, Polyperchon. Mais affaibli par l'insubordination des satrapes et des généraux ralliés à la cause des Argéades, il est vaincu et exécuté par Antigone le Borgne.

Eumène à travers les sources antiques[modifier | modifier le code]

L'influence de Hiéronymos, l'historien des diadoques[modifier | modifier le code]

L'œuvre historique de Hiéronymos de Cardia est la réponse première au problème d'une tradition favorable à Eumène[1]. Que Hiéronymos ne soit pas la source unique de Diodore et de Plutarque ne diminue pas la valeur de cet héritage historiographique[N 1].

Hiéronymos, concitoyen, ami ou parent d'Eumène, a été le médiateur entre lui et les autres diadoques. À la mort d’Eumène en 316 av. J.-C., il passe au service d’Antigone puis de Démétrios[S 1] et d’Antigone Gonatas[S 2]. Hiéronymos, qui aurait été également secrétaire (grammateus) dans l’administration macédonienne à Pella, apparaît d'abord comme l’un des principaux collaborateurs d’Eumène, en tout cas durant la guerre contre Antigone. Il est aussi envisageable que Hiéronymos soit arrivé auprès d’Eumène lorsque celui-ci prit possession de la Cappadoce en 322. Hiéronymos n’est mentionné chez Diodore (aux livres XVIII et XIX) et Plutarque (Vie d'Eumène) qu’à propos de tractations menées avec Antipater et Antigone. En 319, Eumène se réfugie en effet dans la place forteresse de Nora, aux confins de la Cappadoce et de la Lycaonie. Afin de se soustraire au siège entrepris par Antigone, il choisit son compatriote comme ambassadeur auprès d'Antipater. À son retour de Macédoine, Hiéronymos rencontre Antigone qui le charge de négocier avec Eumène. Ces ambassades montrent que Hiéronymos peut négocier avec l'adversaire tout en prouvant sa fidélité envers la cause d’Eumène, ou de celle des rois.

Hiéronymos a rédigé une Histoire de la succession d’Alexandre aujourd'hui perdue, qui, tout en célébrant la mémoire des Antigonides, décrit d’Eumène sous un jour flatteur et nous offre de nombreux détails sur son action politique et militaire[1]. Il convient aussi de noter que Hiéronymos dispose pour son ouvrage des archives personnelles du diadoque[2]. Cette tradition inspire les auteurs plus tardifs et fait entrer Eumène dans le panthéon des grands personnages de l'époque hellénistique : il domine les autres diadoques par son intelligence et son habileté ; il s'affirme comme le défenseur désintéressé de la cause royale ; ses origines grecques sont le principal ferment de sa défaite.. Par ailleurs les nombreuses précisions qui jalonnent les écrits de Diodore]] et Plutarque sont un héritage de l’Histoire des Diadoques : le combat singulier contre Néoptolème, l’ingénieux entraînement des chevaux à Nora, les songes d’Alexandre, la cérémonie du trône vide, ses nombreux stratagèmes, l'aventure asiatique vers les Hautes satrapies[N 2].

Diodore[modifier | modifier le code]

Eumène (en plus de son rival Antigone) tient une place particulière dans la Bibliothèque historique de Diodore de Sicile aux livres XVIII et XIX[N 3], sources les plus complètes au sujet des guerres des diadoques puisées en grande partie chez Hiéronymos de Cardia. Diodore s’accorde le droit de louer ou de blâmer selon les convictions morales et politiques de son temps, les débuts de l’Empire romain ; mais il ne semble pas avoir changé l’esprit de l’Histoire des Diadoques. Diodore met donc en valeur la « noblesse » d’Eumène ainsi les différents revers de fortune qui ont émaillé sa carrière[S 3].

Plutarque[modifier | modifier le code]

Plutarque consacre l'un des nombreuses Vies parallèles des hommes illustres à la destinée d'Eumène. L’héritage de Hiéronymos, bien attesté chez l’auteur, confère une certaine crédibilité au texte. Il est certain que Plutarque a également utilisé également les Makedonika de Douris qu’il cite dès le début de la biographie, ce qui expliquerait les quelques différences notables entre son récit et celui de Diodore. Plutarque a d’abord mis en valeur les qualités d’Eumène plutôt que de s’intéresser au rôle supposé de la Fortune, pourtant omniprésent dans ses biographies[3]. Plutarque écrit en guise de résumé[S 4] : « Eumène (...) parvint [au sommet] en dépit du mépris attaché à son métier de secrétaire ; il trouva donc non seulement de moindres ressources pour s’élever jusqu’au pouvoir, mais encore de plus grands obstacles pour l’accroître ».

Cornélius Népos[modifier | modifier le code]

Cornélius Népos, polygraphe latin du Ier siècle av. J.-C., délivre dans l'un des 16 livres de De Viris Illustribus une courte biographie d’Eumène, recensé parmi les grands généraux de l’histoire non romaine aux côtés (tout de même) de Thémistocle, Alcibiade et Hannibal. Il écrit : « Si les mérites de notre héros eussent été accompagnés d’un égal bonheur, l’homme admirable qu’il était eût eu, non pas plus de grandeur, mais beaucoup plus de réputation et de gloire (...) »[S 5], témoignant de la survivance d'une tradition élogieuse à l'égard d'Eumène[S 6].

Arrien[modifier | modifier le code]

Pour autant Eumène n’est mentionné qu’à quatre reprises dans l’Anabase d'Arrien[S 7], sans que l’auteur n’évoque une seule fois son action à la tête de la chancellerie royale. La provenance des sources (Ptolémée et Aristobule) ainsi que la nature de l’ouvrage peuvent expliquer cette déficience Arrien n’a pas la même prétention moralisante que Douris, Diodore et Plutarque ; son Anabase qui est d’abord un récit militaire exclut les éloges et les blâmes fait aux hommes illustres (excepté Alexandre). Il est également difficile de croire que Ptolémée ait avantagé Eumène dans son récit de la conquête d’Alexandre : Eumène n’a pas pris part aux grandes batailles d’Asie, tandis que son allégeance à la cause de Perdiccas achève d’expliquer le plausible parti pris de Ptolémée dans ses Mémoires.

Du scribe au stratège[modifier | modifier le code]

La question de ses origines grecques[modifier | modifier le code]

Chancelier d'Alexandre, satrape de Cappadoce et stratège de la régence de Macédoine, Eumène est considéré par les historiens antiques et modernes comme étant la plus grande figure grecque de la conquête de l’Orient. Il est en tout cas avec Médios de Larissa, Néarque, les frères Érigyios et Laomédon parmi les Grecs de plus haut rang. Ses origines étrangères à l’aristocratie macédonienne ainsi que sa fidélité à l’égard de la dynastie argéade font de lui un modèle d'ambition et de sagesse pour Diodore de Sicile et Plutarque[S 8]. La source commune à ces deux auteurs, incontournables au sujet des Diadoques, explique cet héritage favorable mais aussi les précisions dont nous pouvons disposer sur certains aspects de sa carrière : Hiéronymos de Cardia, l'historien de la succession d'Alexandre, est le concitoyen et le premier collaborateur d'Eumène.

Considéré comme un modèle d'habileté politique par les auteurs anciens, cité en exemple dans les ouvrages tactiques romains[S 9] et recensé parmi les grands personnages de l’histoire grecque par Plutarque et Cornélius Népos[S 10], il bénéficie d’une réputation fort honorable, aussi chez les historiens modernes, alors que d'autres Diadoques, et non des moindres, tels Perdiccas, Cassandre ou Lysimaque, sont oubliés par les biographes antiques.

Eumène est né vers 362 av. J.-C. à Cardia, une ancienne clérouquie athénienne située en Chersonèse de Thrace, bien qu'il vit depuis son enfance à Pella, son père s'étant attaché à Philippe II. Son origine sociale n'est pas clairement établie, certains auteurs antiques évoquent des origines modestes, d'autres une ascendance « noble ». Son père aurait pu être roulier[N 4]. Jeune homme, il se fait remarquer par Philippe II et en devient le scribe à la cour de Pella. Alexandre le désigne comme son secrétaire en chef en 335[S 11].

Chancelier d'Alexandre[modifier | modifier le code]

Eumène est chargé de la correspondance et des archives royales. C'est à lui que l'on doit la rédaction des Éphémérides royales, sorte de journal officiel où sont relatés les actes du roi. Ses fonctions comportent aussi le soin de rédiger les décrets royaux. Eumène, qui porte le titre de Compagnon, est membre du Conseil royal ; ce conseil comprend à la fin du règne d'Alexandre son chancelier et les sômatophylaques (notamment Perdiccas, Ptolémée, Lysimaque, Aristonos, Léonnatos, Peucestas et Peithon), les généraux les plus proches du roi dont Héphaistion et Cratère).

Par ailleurs, Eumène est chargé de la logistique de l'armée macédonienne en campagne : ravitaillement en vivres pour les hommes et en fourrage pour les bêtes, approvisionnement en munitions, armes, transport par animaux de bât ou de trait. Pour y parvenir tout en évitant le pillage des régions conquises, chose qu’Alexandre voulait éviter, le chancelier procède ainsi :

  • Il constitue une véritable intendance divisées en deux corps : un corps de secrétaires chargés de prévoir les besoins et un corps de troupe chargé des réquisitions ;
  • Il fait constituer des stocks aussi importants que possibles avant le déclenchement de la guerre ;
  • Il procède pour le ravitaillement soit par réquisition organisée (ce qui évite les injustices trop criantes), soit, innovation pour l'époque, par achat ;
  • Il constitue des dépôts de vivres tout au long des campagnes.

Relations avec Alexandre[modifier | modifier le code]

Placé à la tête de la chancellerie du roi, Eumène possède, malgré l'inimitié patente d'Héphaistion, un pouvoir considérable. Il reçoit les mêmes honneurs que les Compagnons les plus influents : lors des noces de Suse en 324 av. J.-C., il épouse Artonis, sœur de Barsine, avec qui Alexandre a eu un fils, et d'Artacane, l'épouse de Ptolémée. En 326, il obtient un commandement militaire en Inde[S 12],[N 5]. Puis en 324 il succède à Perdiccas, lorsque celui-ci devient chiliarque, à la tête d'une hipparchie (un escadron d'environ 500 cavaliers).

Un temps en disgrâce à la mort d'Héphaistion (Alexandre en veut à tous ceux qui ont eu des désaccords avec son favori), Eumène rentre dans les bonnes grâces du souverain en offrant une très importante somme d'argent pour l'édification du tombeau du défunt. il est aussi suffisamment habile pour suggérer aux Compagnons de contribuer à l’« héroïsation  » du favori d’Alexandre[S 13]. N'ayant plus à craindre la concurrence d’Héphaistion, il fait assurément partie du premier cercle dans les derniers mois du règne d’Alexandre. En mai 323, le banquet dionysiaque (komos) fatal à Alexandre réunit ses Compagnons les plus proches, parmi lesquels il figure[S 14].

Rédacteur des Éphémérides royales[modifier | modifier le code]

À la mort de Darius III à l’été 330 av. J.-C., Alexandre confie à son chancelier la rédaction des Éphémérides royales selon un usage perse qui remonte à Xerxès Ier[S 15]. Nouveau roi d’Asie, Alexandre fait logiquement suite à Darius dans les chroniques achéménides, à distinguer des annales triomphales des rois assyriens. Ce compte-rendu journalier des faits et gestes d'Alexandre se démarque de la biographie épique composée par Callisthène. En effet dès le début de la conquête, le neveu d’Aristote a été chargé de rédiger un Récit de la campagne d'Alexandre ; celui-ci s’achevant autour des années 330-328[N 6], Alexandre aurait choisi un nouveau type de journal au moment même où il introduit les usages perses au sein de la cour.

La question des Ephémérides royales a donné lieu à de nombreuses interprétations. Les sources antiques s’accordent pour faire d’Eumène de Cardia le rédacteur des Éphémérides royales mais peu d’historiens contemporains s’accordent sur le motif de leurs publications à la mort d’Alexandre et sur les différentes versions ayant pu circuler à l'époque. Ptolémée aurait utilisé dans ses Mémoires une version authentique du journal royal. Plutarque et Athénée auraient eu en leur possession des ouvrages apocryphes, peut-être composés à partir des récits de Callisthène et d’Aristobule.

Les auteurs anciens[S 16] qui concèdent utiliser comme source les Éphémérides royales ne rendent compte que des derniers jours d’Alexandre à Babylone[N 7]. À partir de là on peut penser que seule la fin du journal a été publiée, ou encore qu’une grande partie en a été perdue. Cette hypothèse, qui paraît plausible, émane de Plutarque[S 17]. Il raconte que pour récupérer une somme impayée Alexandre fait incendier la tente de son chancelier (335)[N 8], brûlant de la sorte les documents qui s’y trouvaient ; mais il affirme qu’Alexandre aurait ordonné que l’on recopie les archives perdues, bien qu’il paraisse difficile de remplacer un journal.

Il existe plusieurs hypothèses quant aux motifs de la publication des Éphémérides royales. En 319, Antipater aurait, à la faveur d’un inventaire des archives royales, publié les extraits relatant les beuveries d’Alexandre ; il cherche à faire cesser les rumeurs d’un empoisonnement fomenté par ses deux fils, Iollas, échanson du roi, et Cassandre, ou même à discréditer Alexandre dépravé par les mœurs orientales[4]. Cette partie des Éphémérides royales aurait pu être publiée par Eumène pour disculper Antipater[5] ; thèse qui est réfutable en avançant comme élément de contradiction l’« inimitié mortelle » opposant les deux hommes[6]. Il est tout à fait possible que cette publication ait pu servir de monnaie d’échange lors de négociations de paix menées entre Eumène et Antipater en 319. En revanche si Eumène est le responsable à des fins personnelles de cette publication, nous percevons assez mal l’intérêt que cela représentait réellement pour lui[N 9]. La publication des Éphémérides pouvait démontrer ses rapports privilégiés avec Alexandre et ainsi renforcer l’adhésion de son armée.

Diadoque[modifier | modifier le code]

Le monde hellénistique à la mort d'Alexandre

Eumène et la succession d'Alexandre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Succession d'Alexandre le Grand.

Au moment des premières luttes pour le partage de l'empire d'Alexandre, Eumène manifeste une loyauté certaine envers la dynastie argéade. En effet, cette loyauté conditionne sa survie [1] ; en tant que Grec, il ne peut prétendre aux mêmes honneurs que les généraux d'Alexandre et doit, de fait, soutenir la cause d'un maintien de l'unité impériale que garantirait la sauvegarde d'Alexandre IV voire de Philippe III.

Il attache d'abord sa cause à celle de la reine-mère Olympias, probablement sa première alliée et protectrice. Olympias incarne aussi pour Eumène le gage d’une certaine indépendance vis à vis de Polyperchon, régent de Macédoine après la mort d’Antipater. Stratège d’Asie en 319 av. J.-C., Eumène détient ses pouvoirs de la régence au nom de Philippe III ; mais en s’engageant pour la survie d’Alexandre IV, il soutient de ce fait la cause d’Olympias. Il est fait mention de plusieurs correspondances qui démontrent qu’Olympias a offert à Eumène une légitimité dans l’exercice de son commandement. En 319, Eumène reçoit en effet une lettre d’Olympias qui lui propose de rentrer en Macédoine pour assurer la protection d'Alexandre IV[S 18]. Selon Plutarque, Olympias lui aurait même offert de devenir tuteur du jeune roi[S 19]. En outre, elle lui demande conseil afin de savoir si elle doit rester en Épire ou gagner la Macédoine avec le roi. Eumène lui aurait assuré sa fidélité à l’égard d’Alexandre IV et engagé à rester en Épire[S 20]. Mais il pourrait s'agir d'un faux en écriture[N 10],[7], sachant que l'ancien archigrammate d'Alexandre est rompu à cet exercice[N 11].

Enfin, Olympias envoie au nom des rois l’ordre aux argyraspides et aux trésoriers (gazophylaques) de Cyinda de lui obéir[S 21], bien que Polyperchon a déjà donné un ordre dans ce sens. Cela montre une dernière fois que la reine-mère met tout en œuvre pour assurer la légitimité d'Eumène et susciter par les honneurs conférés une pleine adhésion à la cause (perdue) des Argéades. Cependant, dans le contexte de son encerclement à Nora, cette lettre apparaît comme un faux forgé par Eumène et son frère pour faire lever le siège de la citadelle[8].

Eumène entend par ailleurs montrer son attention pour la sœur d'Alexandre, Cléopâtre, qu'il conseille à Perdiccas d'épouser[S 22]. Par ailleurs, après avoir vaincu Cratère à l’été 321 à la bataille de l’Hellespont, Eumène s’avance de la Phrygie hellespontique vers la Lydie où il compte montrer ses troupes à Cléopâtre avant de livrer bataille à Antipater[S 23]. Cette volonté de parader devant la sœur d’Alexandre prouve effectivement qu’il entend s’attacher aux Argéades et rassurer ses officiers car « ils croiraient voir la majesté royale du côté où se tenait la sœur d’Alexandre »[S 24]

Eumène démontre donc son ambition et son sens politique par sa conciliation dans la crise de succession, par la conquête de la Cappadoce, où il parvient à s'implanter, et par le choix de ses alliés.

L'alliance avec Perdiccas[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerres des diadoques.

Lors des accords de Babylone qui suivent la mort d'Alexandre en juin 323 av. J.-C., Eumène œuvre à une réconciliation entre la phalange et la cavalerie des Compagnons à propos de la succession du roi[S 25]. Il profite de son statut de non Macédonien pour imposer un accord entre les partisans respectifs de Philippe III (le demi-frère d'Alexandre) et ceux du futur Alexandre IV (l'enfant à naître de Roxane). Lors du partage de l'empire, il obtient les satrapies de Cappadoce et de Paphlagonie, mais celles-ci restent à conquérir[N 12].

Antigone et Léonnatos sont donc chargés par Perdiccas d'aider à la conquête de la Cappadoce ; mais ils se dérobent, Léonnatos détournant même une partie de l'armée pour se lancer dans la guerre lamiaque et Antigone préférant se réfugier auprès d'Antipater. La désignation d'Eumène porte peut-être ombrage à Antigone qui y verrait un contre-pouvoir en Asie mineure. C'est finalement Perdiccas lui-même qui se charge de s'emparer de ces provinces. Il vainc Ariarathe, qui s'est proclamé roi de Cappadoce, et installe Eumène à la tête de sa satrapie. De fait, Eumène s'attache à la cause de Perdiccas et à la défense de l'intégrité de l'empire face aux « forces centrifuges »[N 13].

Quand le conflit éclate entre les diadoques en 322, il est chargé par Perdiccas de contenir en Asie mineure, avec l'aide de Néoptolème, les armées d'Antipater et de Cratère soutenues par la flotte commandée par Antigone[N 14]. Les suspicions de Perdiccas semblent avoir été fondées, car Néoptolème entre immédiatement en relation avec ses rivaux, et lorsqu’il reçoit l’ordre d’Eumène de le rejoindre avec ses contingents, il refuse de s’y soumettre. En riposte, Eumène marche immédiatement contre lui, met en fuite son armée et rallie ses troupes macédoniennes, auxquelles il fait prêter un serment d’allégeance à Perdiccas. Néoptolème parvient néanmoins à s’enfuir à la tête d’un petit corps de cavalerie et rejoint Cratère après que ce dernier a cherché en vain à rallier Eumène à leur cause[9]. Néoptolème persuade Cratère de marcher contre lui pendant qu’il est encore en train de célébrer sa victoire. Eumène, prudent, ne se laisse par surprendre et décide de rencontrer ses adversaires lors d'une bataille rangée[10].

La victoire contre Cratère et Néoptolème[modifier | modifier le code]

Pendant la bataille de l'Hellespont livrée au printemps 321 av. J.-C.[S 26], Néoptolème commande l’aile gauche, composée de 20 000 phalangites pour la plupart macédoniens, qui est opposée à Eumène lui-même, à la tête d’une infanterie de 20 000 hommes d’origines diverses et de 5 000 cavaliers avec lesquels il compte emporter la décision[11]. Les deux chefs, devenus des ennemis personnels, se cherchent sur le champ de bataille afin de s’affronter en un combat singulier au cours duquel Néoptolème est tué par Eumène[S 27], tandis que Cratère, à la tête de la cavalerie, trouve aussi la mort dans l'affrontement[S 28].

Mais l'assassinat de Perdiccas sur le Nil sonne le glas de ses espoirs. Lors des accords de Triparadisos en 321, Eumène est condamné à mort par l'« assemblée macédonienne » et Antigone reçoit pour mission de le combattre au titre de stratège de la régence[12]. Entre 321 et 319, il est progressivement chassé d'Asie mineure. En 319, il se réfugie avec une petite armée dans la citadelle de Nora en Cappadoce tandis que son allié Alcétas, le frère de Perdiccas, est contraint au suicide en Pisidie. Occupé à reconquérir la Lydie et la Phrygie, Antigone négocie un armistice avec Eumène par l'intermédiaire de Hiéronymos de Cardia, le futur historien des diadoques.

Stratège de la régence[modifier | modifier le code]

C'est alors que la mort d'Antipater à l'été 319 av. J.-C. modifie profondément la situation. Eumène, toujours enfermé dans Nora, est rallié par Polyperchon qu'Antipater a désigné pour lui succéder à la régence de Macédoine, au détriment de son fils Cassandre. Eumène reçoit le titre de stratège autokrator d'Asie[S 29], à charge pour lui de vaincre Antigone ; il récupère en outre la satrapie de Cappadoce. Cette désignation, ainsi que la campagne qu'il mène de l'Asie mineure à l'Iran, peuvent paraître surprenante pou un homme de « plume et de cabinet »[1],[N 15].

Polyperchon ordonne aux trésoriers de Cyinda en Cilicie, où demeure une grande partie du trésor de guerre d'Alexandre, de donner les moyens financiers nécessaires à Eumène pour lever une armée. Les bataillons des 3 000 Argyraspides, vétérans des campagnes asiatiques, se range à son ambition de lutter pleinement pour le maintien de l'empire et la sauvegarde de la royauté argéade[S 30]. Eumène n'hésite pas à refuser toute gratification personnelle et à s'effacer devant le souvenir d'Alexandre. Il est vrai que ses origines grecques constituent un handicap ; il lui est difficile de conserver la fidélité de ses troupes essentiellement constituées de Macédoniens sans rappeler sans cesse son attachement à Alexandre et aux Argéades.

La première opération menée par Eumène, qui se trouve rapidement à la tête d'une armée importante (plus de 20 000 hommes), est de descendre vers la Phénicie au début de l'année 318 av. J.-C., son objectif initial étant de construire une flotte afin de rejoindre Polyperchon en mer Égée. Mais la menace de la flotte de Ptolémée, allié de Cassandre et d'Antigone, et le désastre subi par la flotte de Polyperchon le font renoncer à son projet.

Il choisit alors de remonter vers la Mésopotamie afin d'éloigner Antigone de ses bases arrières et de rallier les satrapes de la partie orientale de l'empire en révolte contre Peithon, le satrape de Médie qui s'est allié à Antigone. Eumène hiverne en Babylonie entre 318 et 317 et se heurte à Séleucos et Peithon. Eumène livre bataille à Séleucos sur les rives de l'Euphrate et s’empare de la citadelle de Babylone. Eumène tente par la suite de traverser le Tigre mais Séleucos fait inonder le passage en rompant les digues d’un canal. Craignant que sa satrapie ne soit complètement occupée, Séleucos finit par proposer une trêve à Eumène.

La lutte contre Antigone[modifier | modifier le code]

En parvenant en Susiane, Eumène reçoit le renfort des satrapes orientaux dirigés par Peucestas[S 31]. Cette armée, nombreuse et expérimentée doit lui permettre de remporter la victoire contre Antigone mais certains de ses alliés sont peu fiables et contestent son autorité.

L’effectif de l’armée royale a été augmenté par des troupes venues des satrapies de Haute Asie : Mésopotamie, Perside, Carmanie, Arachosie, Arie-Drangiane et Inde. À son départ de la forteresse de Nora, Eumène dispose de 500 cavaliers[S 32], auxquels il ajoute 2 000 fantassins recrutés en Pisidie et en Cappadoce[S 33]. Dès son arrivée à Cyinda, où est entreposé le trésor royal, en 318 av. J.-C., Eumène dépêche des agents afin de recruter des mercenaires en Phénicie, en Cœlé-Syrie, en Pisidie, en Lycie et à Chypre. Cette campagne s’avère fructueuse : il parvient à enrôler près de 10 000 fantassins et 2 000 cavaliers[S 34]. Puis il s’avance de la Cilicie vers la Phénicie pour faire face à Ptolémée ; et après avoir quitté la Phénicie sous la menace d’Antigone[S 35], Eumène gagne en 317 la Susiane d’où il envoie les ordres royaux aux satrapes de Haute Asie. Ces derniers s’étant auparavant coalisés contre Peithon, le satrape de Médie rallié à Antigone, et ont déjà regroupé leurs troupes[S 36], expliquant qu’Eumène a pu immédiatement disposer des levées de Haute Asie.

Il est possible d'estimer l’effectif de cette armée des satrapies orientales à 18 500 fantassins, 4 210 cavaliers et 120 éléphants. Ce qui donne approximativement pour l’effectif complet de l’armée commandée par Eumène : 36 500 fantassins, 7 000 cavaliers et 120 éléphants, chiffres qui correspondent à ceux annoncés par Diodore pour la bataille de Paraitacène[S 37].

La défaite d'Eumène[modifier | modifier le code]

Dès sa jonction avec les armées satrapiques au début de l'année 317 av. J.-C., l’autorité d’Eumène est contestée. Peucestas, le sômatophylaque d'Alexandre et satrape de Perside, a été promu stratège en chef par les satrapes de Haute Asie en raison de son rang et de l’importance de sa satrapie. Il estime donc que le commandement de l’« armée royale » doit lui revenir de droit. Antigénès, le commandant des Argyraspides, déclare quant à lui que le stratège doit être désigné par la seule assemblée des Macédoniens. Eumène parvient néanmoins à imposer un commandement collégial, symbolisée par l’adoption de la cérémonie du trône d’Alexandre. Plutarque décrit les mœurs en vigueur au sein du camp, devenu « un lieu de fête, de débauche, et aussi d’intrigues électorales pour le choix des généraux, tout comme dans un état démocratique »[S 38]. Ce partage de l’autorité s’avère formel car il semble que seul Eumène délivre sentences et promotions en vertu de son rang de stratège autokrator.

La première rencontre avec l'armée d'Antigone a lieu à l'automne 317 à la bataille de Paraitacène, aux confins de la Susiane et de la Carmanie, et se termine par la victoire d'Antigone bien qu'il subit des pertes sévères[S 39]. Les deux armées se retirent pour hiverner ; quand au début de l'année 316, Antigone parvient par une attaque surprise à contraindre Eumène à livrer bataille en Gabiène en Médie. Malgré une vive résistance des Argyraspides, Eumène est vaincu à cause de la trahison de Peucestas qui rompt le combat avec ses cavaliers[S 40]. Il est livré à Antigone par les Argyraspides, dont le camp avec femmes et enfants a été pris, et exécuté conformément à la décision prise lors des accords de Triparadisos.

L'instauration du culte d’Alexandre[modifier | modifier le code]

La cérémonie du trône vide[modifier | modifier le code]

Dès sa prise de fonction à la tête de l’armée royale en 319 av. J.-C., et alors qu’il se trouve à Cyinda en Cilicie, Eumène instaure une cérémonie autour du trône d'Alexandre[N 16]. Les généraux et les satrapes ralliés par la suite tiennent dès lors conseil selon ce cérémonial. Ce recours au souvenir du Conquérant permet de remporter l’adhésion de la troupe et surtout de légitimer un pouvoir déjà contesté par les soldats macédoniens[1]. Eumène est donc avec Ptolémée, détenteur de la momie d’Alexandre, le premier à saisir l’avantage que peut conférer l’image, ou le corps, du roi défunt.

Selon la tradition issue de Hiéronymos de Cardia, Eumène aurait fait un songe dans lequel Alexandre exerce le commandement depuis la tente royale[S 41] ; Alexandre aurait suggéré de ne plus prendre de décisions en dehors de la tente et d’instaurer un cérémonial autour de son trône.

Eumène dresse alors au sein du quartier des stratèges une tente dite « d’Alexandre », puis il ordonne que l’on fabrique un trône en or au frais du trésor royal. Il fait déposer les insignes royaux (le diadème, la couronne d’or et le sceptre) et les armes d’Alexandre. Une table en or, qui soutient un brasier et un encensoir, est placée devant le trône. Ces articles, exception faite du trône, ont sans doute été prélevés dans le trésor des Achéménides. Durant les cérémonies, les généraux et les satrapes ralliés brûlent les encens et les myrrhes et se prosternent devant le trône[N 17].

Le trône royal a déjà revêtu sous le règne d'Alexandre un puissant caractère symbolique. Les devins babyloniens avaient annoncé un funeste présage après qu’un Messénien égaré se soit assis sur le trône[S 42]. Lors du conseil de Babylone, Ptolémée a proposé que l’on conduise les délibérations autour du trône et des attributs d’Alexandre[S 43]. Eumène reprend donc à son compte l’idée de Ptolémée ; mais il ajoute au symbolisme du trône un culte militaire du « dieu Alexandre » en mêlant traditions grecques (insignes royaux) et traditions perses (tente royale, prosternation).

Les enjeux politiques[modifier | modifier le code]

Les auteurs antiques sont les premiers à suggérer que ce recours à la « religion » est une manœuvre d’Eumène pour asseoir son autorité et centraliser à son profit le commandement[S 44]. La troupe ayant accepté sans difficulté ce nouveau rite, aucune décision ne peut désormais se prendre en dehors de la tente d’Alexandre. Eumène souhaite d’abord affermir la fidélité des soldats macédoniens, peu enclins à suivre un général grec et sans doute hostile à son égard depuis la mort de Cratère. Il cherche aussi à assurer la cohésion entre les commandants, car ceux-ci sont traités de manière égale lors du conseil, et à ne pas susciter la jalousie en traitant les affaires au seul nom d’Alexandre. Il maintient pourtant la hiérarchie au sein du camp en établissant sa tente auprès de celle d'Alexandre. Eumène utilise donc le prestige du Conquérant car il craint la division entre les chefs, tandis que ces derniers comprennent que ces délibérations auprès des insignes royaux assurent leur place au sein de la hiérarchie.

Eumène entend également fragiliser les diadoques ; en prenant les décisions à l’ombre du Conquérant, il capte son héritage prestigieux, justifie son action militaire et contrebalance le pouvoir de Ptolémée, rendu maître du corps d’Alexandre, sachant que le culte royal était déjà bien ancré dans les mœurs des Macédoniens comme en témoignent l’héroïsation d’Héphaistion et la divinisation d’Alexandre. Face à un Antigone dénué de toute nostalgie, cela peut représenter un avantage que de mener les affaires sous la protection spirituelle du roi divinisé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Certains modernes considèrent Hiéronymos comme la source unique et directe de Diodore, d'autres admettent la possibilité d’un intermédiaire, peut-être Agatharchide. L’héritage hiéronymien n’interdit pas l’utilisation d’autres sources pour les livres XVIII et XIX : Douris, Diyllos et des auteurs alexandrins. Voir à ce sujet Paul Goukowsky, Bibliothèque historique, XVIII, Les Belles Lettres, 1978, p. 12-20.
  2. Cette campagne prend une grande place chez Diodore, XVIII, 57-63 ; 72-75 ; XIX, 12-34 ; 37-44.
  3. Au livre XVII consacré au règne d'Alexandre, Diodore s'inspire en premier lieu de Clitarque ; Eumène n'est pas mentionné.
  4. Le roulier fait du transport de marchandises avec un chariot tiré par un ou plusieurs chevaux.
  5. Selon Arrien (Anabase, V, 24, 6) cette mission s’apparente davantage à une ambassade sous escorte qu’à une expédition militaire : il en en pour mission de rallier les cités des Cathéens.
  6. Le dernier événement mentionné dans les fragments de Callisthène est la bataille de Gaugamèles (octobre 330) ; pourtant Strabon, Géographie, XI, 14, 13, évoque d’après Callisthène le fleuve Jaxartes (ou Syr-Daria) qu’Alexandre a atteint en 328. Callisthène meurt en captivité en 327.
  7. Seul Plutarque (Quæstionnes Convivialum, 23, 4) mentionne les Éphémérides à propos d’un autre fait que la mort du roi : le goût d’Alexandre pour la chasse.
  8. Finalement Eumène verse 100 talents sur les 300 demandés par Alexandre pour financer la flotte d'Inde.
  9. Élien (Histoires variées, 3, 23) sous-entend qu'en publiant les Éphémérides Eumène est à l’origine d’une tradition décrivant un Alexandre sujet à l’ivresse.
  10. Voir l’avis contraire de Paul Goukowsky dans les notes de la Bibliothèque Historique, XVIII, 58, 3, p. 160. On peut par exemple objecter qu'Alexandre IV, bien que sous la garde de Polyperchon, est bel et bien sous la menace de Cassandre.
  11. Il fait croire en 316 à la mort de Cassandre et à l’avènement d’Olympias (Diodore, XIX, 23, 1-3) ; il rédige également de fausses lettres afin de d’affermir la loyauté de ses troupes (Justin, XIV).
  12. Will 1993, p. 350 estime que « comme le pays était à conquérir, ce fut sans doute aux yeux de certains Macédoniens (sinon de Perdiccas) un moyen de se débarrasser de lui » mais cette hypothèse ne tient pas compte du fait qu'Eumène a résolu la crise de Babylone et ainsi faciliter l’avènement du chiliarque.
  13. Expression de Paul Goukowsky.
  14. Les sources sont abondantes sur cette campagne d'Asie mineure : Diodore, XVIII, 29-32 ; Justin, VIII, 3-9 ; Plutarque, Eumène, 5-7. Il faut encore y voir l'influence de Hiéronymos (Will 2003, p. 37).
  15. Rappelons tout de même qu'Eumène a été hipparque des Compagnons en 324, succédant ainsi à Perdiccas.
  16. Au sujet des origines anatoliennes et créto-mycéniennes de la cérémonie du trône vide voir Charles Picard, « Le trône vide d’Alexandre dans la cérémonie de Cyinda et le culte du trône vide dans le monde gréco-romain », Cahiers Archéologiques, no 7, 1954, p. 1-10.
  17. Sous le règne d’Alexandre, la proskynèse a pourtant été mal acceptée par les officiers macédoniens.

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Plutarque, Démétrios, 39, 3-7
  2. Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], IX, 8.
  3. Diodore, XVIII, 53, 1-4 ; 53, 7 ; 59, 4 ; XIX, 42, 5.
  4. Plutarque, Eumène, 20, 6-7
  5. Cornélius Népos, Eumène, 1, 1.
  6. Cornélius Népos, Eumène, 1, 3 ; 11, 5 ; 13, 2.
  7. Arrien, Anabase, V, 24, 6 ; VII, 4, 6 ; VII, 13, 1 ; VII, 14, 9.
  8. Diodore, XVIII, XIX ; Plutarque, Eumène.
  9. Frontin, Stratagèmes, IV, 7 ; Polyen, Stratagèmes, IV, 8.
  10. Cornélius Népos, Eumène.
  11. Plutarque, Vie d'Eumène, 2.
  12. Plutarque, Eumène, 1, 5 ; Quinte-Curce, Histoire d’Alexandre, IX, 1, 19.
  13. Plutarque, Eumène, 2, 10 ; Arrien, Anabase, VII.
  14. Pseudo-Callisthène, Récit de la campagne d'Alexandre, A, III.
  15. Livre d'Esther, 2, 23 ; 6, 1-2 ; 10, 2.
  16. Arrien, Anabase, VII, 25-26 ; Plutarque, Vie d’Alexandre, 76, 1 ; 77, 1 ; Quæstionnes Convivialum, 1, 6 ; Élien, Histoires variées [lire en ligne], 3, 23.
  17. Plutarque, Vie d'Eumène, 2, 5-7.
  18. Diodore XVIII, 58, 2 ; Cornélius Népos, Eumène, 6, 1.
  19. Plutarque, Eumène 13, 1.
  20. Diodore, XVIII, 58, 4 ; Cornélius Népos, 6, 2.
  21. Diodore, XVIII, 62, 2 ; Cornélius Népos, Eumène, 6, 4.
  22. Diodore, XVIII, 23, 1-3.
  23. Plutarque, 5, 6.
  24. Justin, XIV, 1, 7-8.
  25. Diodore, XVIII, 2 1-4 ; Plutarque 3, 1-2 ; Quinte-Curce, X, 6-8, Justin, XIII, 3-4 ; Photius, II, 92.
  26. Diodore, XVIII, 18-21.
  27. Diodore, XVIII, 31, 1-4 ; Plutarque, Eumène, 7 ; Cornélius Népos, Eumène, 4, 2-3.
  28. Diodore, XVIII, 30, 5 ; Plutarque, Eumène, 7, 5-6.
  29. Diodore, XVIII, 58, 1 ; Plutarque, 13, 3. Will 1993, p. 355.
  30. Diodore, XVIII, 58, 4.
  31. Diodore, XIX, 14, 5-8.
  32. Diodore, XVIII, 41, 3 ; Plutarque, Eumène, 10, 2.
  33. Diodore, XVIII, 59, 1.
  34. Diodore, XVIII, 61, 4-5.
  35. Diodore, XVIII, 63, 2.
  36. Diodore, XIX, 13-14.
  37. Diodore XIX, 29-30.
  38. Plutarque, Eumène, 14, 11
  39. Diodore XIX, 29-31.
  40. Diodore, XIX, 40-43 ; Plutarque, Eumène, 16, 1-11.
  41. Diodore, XVIII, 60, 4 ; Plutarque, Eumène, 13, 5-6 ; Polyen, Stratagèmes, 4, 8, 2
  42. Diodore, XVII, 116, 2-4 ; Plutarque, Alexandre, 73-74.
  43. Quinte-Curce, Histoire d'Alexandre, X, 6, 15.
  44. Diodore, XVIII, 60, 1 ; Plutarque, Eumène, 8, 4 ; Cornélius Népos, Eumène, 7, 1.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Will 2003, p. 53.
  2. Briant 1972, p. 34.
  3. S.C.R Swain, « Plutarch : Chance, Providence and History », American Journal of Philology, no 110,‎ , p. 273-276
  4. Paul Goukowsky, Essai sur les origines du mythe d’Alexandre, I, 1978, p. 94.
  5. Alan B. Bosworth, The death of Alexander the Great : Rumour and propaganda, Classical Quarterly, 21, 1971, p. 117.
  6. Paul Goukowsky, Essai sur les origines du mythe d’Alexandre, I, 1978, p. 200.
  7. Briant 1972, p. 75-78.
  8. Briant 1972, p. 75.
  9. Briant 1973, p. 207-210.
  10. Cloché 1959, p. 66-67.
  11. Cloché 1959, p. 68-69.
  12. Will 2003, p. 42.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources antiques[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Briant, Rois, tributs et paysans : Études sur les formations tributaires du Moyen-Orient ancien, Volume 269, Presses Universitaires de Franche-Comté, , 539 p.
  • Pierre Briant, Antigone le Borgne : Les débuts de sa carrière et les problèmes de l'assemblée macédonienne, Besançon, Université de Franche-Comté, coll. « Annales littéraires de l'Université de Besançon », , 400 p. (ISBN 2-251-60152-X, lire en ligne)
  • Pierre Briant, « D’Alexandre le Grand aux Diadoques : le cas d’Eumène de Kardia », REA, no 74-75,‎ 1972-1973, p. 32-73 ; 43-81.
  • Paul Cloché, Dislocation d’un empire. Les premiers successeurs d’Alexandre le Grand, Paris, Éditions Payot,
  • Paul Goukowsky, « Antigone, Alexandre et l’assemblée macédonienne », Revue Philologique, no 49,‎ , p. 263-277
  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av. J.-C., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (ISBN 202060387X) ; Le monde grec et l'Orient : Le monde hellénistique, t. 2, PUF, coll. « Peuples et Civilisations », (1re éd. 1975) (ISBN 2-13-045482-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) A.M Devine, « Diodoru' account of the Battles of Paraitecene and Gabiene », Ancient World, no 12 (1985), p. 75-96 ;
  • (en) N.G.L Hammond, « Alexandre veterans after his death », Greek, Roman and Byzantine Studies, no 25 (1983), p. 51-61 ;
  • (en) H. Hauben, « The first War of the Successors : Chronological and Historical problems », Ancient Society, no 8 (1977), p. 85-120 ;

Articles connexes[modifier | modifier le code]