Taxila

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Taxila *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Les ruines du monastère bouddhique à Taxila.
Les ruines du monastère bouddhique à Taxila.
Coordonnées 33° 46′ 45″ N 72° 53′ 15″ E / 33.77917, 72.887533° 46′ 45″ Nord 72° 53′ 15″ Est / 33.77917, 72.8875
Pays Drapeau du Pakistan Pakistan
Subdivision Pendjab
Type Culturel
Critères (iii)(vi)
Numéro
d’identification
139
Zone géographique Asie et Pacifique **
Année d’inscription 1980 (4e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

TaxilaTakshashilâ (तक्षशिला) dans sa forme sanskrite, Takkasîlî en pâli — est une ville et un important site archéologique de l'ancien Gandhara. Il est situé dans le district de Râwalpindî, dans la province pakistanaise du Pendjab, à sa frontière avec la Province de Khyber Pakhtunkhwa, à l'ouest d'Islâmâbâd et près de l'extrémité de la Grand Trunk Road. Il s'agit peut-être de la Taxiala de Ptolémée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Taxila au sein du monde Indien et de l'Asie centrale après le passage d'Alexandre le Grand (-326/-325)

Une carte a été dressée par Sir Alexander Cunningham, en 1871 dans "The ancient geography of India, Volume 1"[1]. Il y a porté le site de Sirkap.

Taxila était un centre d'étude bouddhiste antique du IVe siècle av. J.-C. au IIe siècle de l'ère chrétienne, relié à travers le passage de Khunjerab à la route de la soie et attirant ainsi des étudiants de l'ensemble du monde bouddhiste ancien. Le site est en plein épanouissement entre le Ier et Ve siècles où il est, avec Peshawar, l'une des deux principales villes du Gandhâra. Remarquablement situé à l'intersection de trois itinéraires majeurs pour le commerce, il était d'une importance économique et stratégique considérable.

Darius Ier intègre Taxila à l'Empire achéménide en -518. Alexandre le Grand la prend en -326 et y crée une garnison de Macédoniens, mais les Grecs perdent la ville en -317 au bénéfice de Chandragupta Maurya, qui s'empare du Pendjab, et de ses successeurs, dont son petit-fils Ashoka, qui y aurait fait ses études.

Peu après la mort d'Ashoka, Taxila est prise par les Grecs de Bactriane qui y régnent jusque vers -90, suivis par les Scythes, les Parthes en 19 et les Koushans en 78 dont l'empire sera écrasé par les Shvetahûna ou Huns blancs qui ravagèrent la ville en 455.

Plusieurs établissements se succédèrent sur le site. Le plus ancien, Bhir-Mound fut actif du Ve au IIe siècles av. J.-C. Les fouilles y ont révélé une ville sans plan apparent, aux maisons de maçonnerie grossière, mais avec un système de traitement des eaux usées. On y a retrouvé plus de mille pièces grecques parmi lesquelles deux tétradrachmes d'Alexandre le Grand et un statère de Philippe Arrhidée.

Séparé par un ruisseau, on trouve l'établissement de Sirkâp, probablement créé par les satrapes indo-grecs, qui fut fouillé entre 1912 et 1935 par l'archéologue Sir John Marshall. Sirkâp suit un plan en damier, partagé par une grand rue centrale et on y compte six périodes de construction. Il révéla une grande quantité de monnaies locales, de toutes les périodes, scythe, parthe et koushane.

Sirkâp est abandonnée au IIe siècle au profit d'un nouvel emplacement, nommé Sirsukh, à plus d'un kilomètre au nord. C'est cet établissement qui tombera devant les Shvetahûna.

Taxila est inscrit au patrimoine de l'Humanité de l'UNESCO depuis 1980.

Taxila aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Taxila est une ville industrielle importante, comprenant notamment des installations du groupe militaire Heavy Industries Taxila.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Louis Frédéric, Dictionnaire de la civilisation indienne, Robert Laffont, 1987

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carte, P. 46 de l'ouvrage de Cunningham. Cette carte a été re-dessinée sur cette base, par Gilles Béguin, (ancien conservateur au Musée Guimet et au Musée Cernuschi), dans son livre « L'art bouddhique », CNRS éditions 2009, p. 208. On y voit très clairement les différents sites archéologiques depuis Jaulian jusqu'au musée de Taxila.
  2. Ce type de temple reprend un parti architectural attesté dans l'architecture rupestre indienne depuis le IIIe siècle av. J.-C..
  3. La déesse Hariti est représentée allaitant un enfant et assise sur un trône flanqué de lotus et surmonté par les oies de bon augure (Hamsa), les messagères du Bouddha. Stylistiquement cet objet peut être lié aux trouvailles du premier siècle sur le site de Sirkap (proche de Taxila), une datation qui en ferait l'une des premières représentations connues de Hariti. Les textes bouddhiques nous disent que Hariti à l'origine volait et dévorait les enfants, mais avec l'intervention du Bouddha elle est devenue leur protectrice.
  • (en) Cladius Ptolemy ; The Geography, traduit par E.L. Stevenson ; Dover Publications, Inc. ; New York ; 1991.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • A Guide to Taxila de Sir John Marshall, 1918 : [1]

Articles connexes[modifier | modifier le code]


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