Riehen
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
| Riehen | |
Armoiries de la commune. |
|
| Administration | |
|---|---|
| Pays | Suisse |
| Canton | Bâle-Ville |
| Langue | Allemand |
| Maire | Willi Fischer |
| N° OFS | 2703 |
| NPA | 4125 |
| Géographie | |
| Superficie | 10,94 km²[1] |
| Altitude maximale | 483 m |
| Altitude moyenne | 311 m |
| Altitude minimale | 246 m |
| Démographie | |
| Population | 20 542 (2008)[2] |
| Densité | 1 877,7 hab./km² |
| Localisation | |
Localisation de Riehen dans le canton de Bâle-Ville. |
|
Riehen est une commune suisse du canton de Bâle-Ville, située dans le Canton de Bâle-Ville.
Sommaire |
[modifier] Géographie
Riehen se trouve à 6 km à vol-d’oiseau au nord-ouest de Bâle et fait partie de la banlieue de la métropole rhénane. Si le centre historique donne l’impression d’un grand village, Riehen est l’une des communes les plus peuplées du nord-ouest de la Suisse, après Bâle, mais avant Aarau.
La commune est presque entièrement entourée au nord par le Land allemand du Bade-Wurtemberg. Elle est traversée par la Wiese, qui, prenant sa source dans la Forêt-Noire, forme la vallée allemande du même nom. Le poste-frontière se situe sur la route principale conduisant à Lörrach.
Elle est reliée à la ville de Bettingen et de Sankt Chrischona par la rue Bettingerstrasse, c'est-à-dire la rue de Bettingen en allemand.
Selon l'Office fédéral de la statistique, Riehen mesure 10,94 km2[1]. 47,4% de cette superficie correspond à des surfaces d'habitat ou d'infrastructure, 25,4% à des surfaces agricoles, 25,0% à des surfaces boisées et 2,1% à des surfaces improductives[1].
[modifier] Histoire
La région du grand coude rhénan - le Rhin commence sa descente dans le fossé d'effondrement entre Vosges et Forêt-Noire à l'époque quaternaire - est déjà habitée 3000 ans av. J.-C.
Les Rauraques qui dominent encore le sud de l'Alsace avant la Conquête romaine sont des populations celtisées et germanisées, à l'instar des Belges qui ne sont ni des Celtes (époque de la Tène) ni des Germains (mieux définis à l'époque antonine).
Au IVe siècle, des groupes Alamans participent déjà à la vie de la cité romaine d'Augusta Rauricorum, leurs frères guerriers se rendant maître d'une grande part des terres romaines abandonnées entre Rhin et Danube. Il est probable que la région bâloise sous protection alamanne possède encore une population à dominante gallo-romaine vers 455. Petit à petit, les groupes dominants alamans se soumettent et s'assimilent aux Francs conquérants.
Fuyant la pression fiscale, les populations paysannes dès le Bas-Empire et surtout à partir du VIe siècle, victimes de pandémies pesteuses et d'aléas climatiques sévères, désertent les campagnes. Ainsi le repeuplement autoritaire sous l'égide des Francs permet d'établir dans les campagnes des Alamans. Cette plèbe germanique, souvent servile, est d'abord attachée aux grands domaines. Le développement agricole sédentaire, mieux protégé par le cadre politique des bans dès la fin du VIIe siècle, permet l'essor des groupes familiaux de locuteurs alémanniques, qui englobent progressivement par alliance et assimilation les diverses autres populations rustiques[3].
La première mention du nom de Riehen date de 1113.
En 1270, Riehen est propriété de l’Evêché de Bâle. En 1522, la ville de Bâle achète le village à l’Evêché. Les grands domaines deviennent alors la terre d’élection des riches bourgeois bâlois qui y aménagent leurs résidences de campagne.
Depuis la séparation du canton de Bâle en demi-cantons, en 1833, Riehen appartient au demi-canton de Bâle-Ville.
Les grandes mutations apparaissent vers 1900 quand la réalisation du tramway permet de desservir le territoire communal le long du Rhin jusqu'à la frontière allemande. Riehen devient une simple banlieue moderne de Bâle. La population commence alors à croître de façon exponentielle, les promoteurs immobiliers vendent des parcelles de terrains à lotir ou pour le jardinage, des grands domaines sont démembrés[4]. Et les fonctionnaires et les employés de la ville construisent leurs maisons, les familles plus modestes, parfois des veuves avec leurs enfants cultivent leurs petits jardins. Riehen et ses résidences bourgeoises ou aristocratiques s'éclipsent devant la multitude des constructions d'habitat et une foule bigarrée qui parlent les principaux dialectes alémanniques, ceux d'Alsace, de Souabe, d'Aargau, mais aussi de Bâle, de Birsfelden et toujours encore de Riehen.
Le transit par voie rhénane s'est accru fortement, appelant une importante main d'œuvre apte aux fonctions portuaires. A proximité du port de Auhafen et avant Birsfelden, sur l'autre rive du fleuve, les usines chimiques qui fabriquent colorants et autres spécialités de chimie organique, connaissent un puissant essor à la Belle Epoque.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Riehen, qui se trouve au nord du Rhin, est très sévèrement contrôlée par l'armée suisse. Les hommes en gris omniprésents veulent montrer à un agresseur éventuel leur détermination à résister et à préserver coûte que coûte leur intégrité territoriale. De manière plus discrète, au delà de cette activité de façade et de surface, l'état-major helvétique, convaincu d'une guerre de longue durée, fait construire des abris, des positions d'artillerie à revers et des tunnels. La stratégie est de rester maître d'un îlot de fixation, pour entraver le passage de l'envahisseur dans la vallée du Rhin.
Cette intense activité incite une importante fraction de la population aisée, consciente de l'absence de défenses naturelles, à émigrer de Riehen vers l’intérieur de la Suisse. Après juin 1940 et l'effondrement de l'armée française empêtrée par l'immense exode vers le sud de la population française, la confédération helvétique doute de la perennité de sa neutralité de principe alors que des foules croissantes de réfugiés de toute l'Europe entière s'agglutinent à ses frontières. Les vainqueurs allemands sont en position de force et peuvent décider de supprimer la souveraineté suisse[5].
Les troupes suisses vigilantes attendent mois après mois le grand combat éclair, la Blitzkrieg. Ils observent le moindre fait et geste de la puissante Wehrmacht réduite à quelques défilés de troupes, décryptent l'humeur des douaniers souabes. Mais le temps égrenne les ardeurs combattives des jeunes soldats qui, en attendant Godot, observent plus sereinement la population modeste et active des jardins de Riehen[6].
[modifier] Démographie
Selon l'Office fédéral de la statistique, Riehen possède 20 542 habitants en 2008[2]. Sa densité de population atteint 1 877 hab./km².
Le graphique suivant résume l'évolution de la population de Riehen entre 1850 et 2008[7] :

[modifier] Économie
La population de Riehen est essentiellement pendulaire et participe à l’activité économique du Grand Bâle.
[modifier] Transports
- Tram No 6 pour Bâle
[modifier] Jumelage
La commune est jumelée avec :
Mutten (Suisse), dans le canton des Grisons ;
Miercurea-Ciuc (Roumanie).
[modifier] Musées
- La Fondation Beyeler, contenant des œuvres de Monet, Cézanne, Van Gogh, Picasso, Warhol, Roy Lichtenstein, Bacon
- Le Spielzeugmuseum, le musée du jouet.
[modifier] Personnalités
- Leonhard Euler (1707-1783), mathématicien, est né à Bâle mais a passé une partie de son enfance à Riehen.
- Josef Hügi, footballeur
- Jacques Wildberger, compositeur
[modifier] Curiosités
- Eglise paroissiale réformée Saint-Martin
- Eglise paroissiale Saint-François
- Eglise réformée Kornfeld
- Meierhof
- Klösterli
- Maison des baillis
- Maisons Wettstein (Musée du jouet)
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens internes
[modifier] Liens externes
[modifier] Références
- ↑ a b c [xls] Statistique de la superficie standard – Données communales selon 4 domaines principaux sur Office fédéral de la statistique. Consulté le 13/01/2009
- ↑ a b [xls] Bilan de la population résidante permanente (total) selon les districts et les communes sur Office fédéral de la statistique. Consulté le 13/01/2009
- ↑ Au delà des inévitables subtilités dialectales, le dialecte de Saint-Louis, de Bâle et de Riehen sont très proches.
- ↑ La courbe démographique est esquissée sous forme de diagramme plus précis dans l'article Riehen en allemand
- ↑ Ce sont les diplomates qui trouvent l'issue à la situation d'enclavement entre des états autoritaires. La grande Allemagne victorieuse ne peut épargner la Suisse que si la confédération favorise par intérêt commun les circulations d'or et d'argent, facilite les échanges de devises, assouplit les conditions économiques d'import-export, et ses banquiers garantissent les avoirs des dominants nazis et fascistes.
- ↑ Témoignage de Adèle Bollinger, habitante de Riehen entre 1930 et 1990.
- ↑ [zip] Evolution de la population des communes 1850-2000 sur Office fédéral de la statistique. Consulté le 13/01/2009

