Orbe (rivière)

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Orbe
(Thielle, Thièle)
Image illustrative de l'article Orbe (rivière)
Caractéristiques
Longueur 68,1 km [1]
Bassin 2 672 km2 (Gampelen)[2]
Bassin collecteur Rhin
Débit moyen 6,56 m3/s (Orbe) [3]
Cours
Source Les Rousses
· Localisation Massif du Jura, sud-ouest du Lac des Rousses
· Altitude 1 058 m
· Coordonnées 46° 29′ 31″ N 6° 03′ 33″ E / 46.491821, 6.059226 (Source - Orbe)  
Confluence Aar
· Localisation Lac de Bienne
· Altitude 429 m
· Coordonnées 47° 03′ 04″ N 7° 04′ 35″ E / 47.050982, 7.076304 (Confluence - Orbe)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Jougnena
· Rive droite Talent
Pays traversés France et Suisse
Régions traversées Département du Jura, Canton de Vaud, de Neuchâtel et de Berne
Principales villes Vallorbe, Orbe

L'Orbe est une rivière du bassin rhénan, née en France et s'écoulant jusqu'en Suisse pour rejoindre l'Aar. Dans son cours inférieur, elle prend le nom de Thièle puis de Thielle (Zihl en Allemand).

À ne pas confondre avec l'Orbe qui est un affluent de l'Aar.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Son nom est relatif à son cours disparaissant par endroit, en effet il aurait pour origine orba un terme latin signifiant « rivière obscure »[4].

Géographie[modifier | modifier le code]

Cours[modifier | modifier le code]

L'Orbe prend sa source au pied du Noirmont dans le massif du Jura, dans le lac des Rousses (1 059 m), sur le territoire de la commune française du même nom. Le lac est lui-même alimenté par des petits ruisseaux sur sa partie sud. Une tourbière se trouve entre le lac et les premières pentes du Noirmont. Le lac d'une longueur de 2 km est axé du sud-ouest vers le nord-est. À la sortie de ce lac, l'Orbe coule dans le même axe que le lac entre deux lignes de crêtes parallèles dans une pénéplaine d'environ 15 km, avant de rejoindre le lac de Joux (1 004 m) en Suisse.

Pendant ce parcours entre ces deux lacs, elle traverse les communes françaises des Rousses et du Bois-d'Amont. La frontière est traversée au lieu-dit du Chalet du Carré. En Suisse, entre la frontière et le lac de Joux, l'Orbe traverse la commune Suisse du Chenit ; le lac de Joux arrose les communes de L'Abbaye (rive droite) et du Lieu (rive gauche). Ce lac, d'une longueur de 9,5 km, suit le même axe que le lac des Rousses et que le cours amont de l'Orbe, toujours encaissé entre deux lignes de crêtes.

Les Grottes de Vallorbe, résurgence de l'Orbe après son parcours souterrain.

En aval du lac de Joux, l'Orbe coule sur quelques dizaines de mètres pour rejoindre le lac Brenet (1 002 m). De ce lac, le cours de l'Orbe devient souterrain. Il s'écoule dans les sols karstiques du Jura et revient en surface aux Grottes de Vallorbe, 4,8 km plus loin à une altitude d'environ 750 mètres. Elle coule dans le territoire de la commune de Vallorbe dont elle traverse le centre. Peu après Vallorbe, sur sa rive gauche, elle reçoit la Jougnena dans le lac du Miroir ; lac artificiel soutenu par le barrage du Day.

De ce lac, le cours oblique vers l'est et commence sa descente du massif du Jura vers le plateau suisse. Elle passe ainsi de 743 mètres d'altitude dans le lac Miroir à 440 mètres à Orbe, en passant par les gorges de l'Orbe et les communes de Ballaigues, Lignerolle, Les Clées, Bretonnières, Agiez et Montcherand.

Peu après Orbe, elle conflue avec le Talent et prend le nom de Thièle. Elle rejoint ici une vaste plaine appelée la plaine de l'Orbe. Dans cette plaine, elle coule en direction du nord-est vers le lac de Neuchâtel, son parcours y est canalisé. Elle entre dans le lac de Neuchâtel à Yverdon-les-Bains, à une altitude de 429 mètres. Ce lac, d'une longueur de 38 km est axé du sud-ouest vers le nord-est contre le massif du Jura sur sa rive gauche.

Dans le lac de Neuchâtel, la Thièle reçoit notamment sur sa rive droite : le Buron, la Menthue et le canal de la Broye ; sur sa rive gauche : la Brine, l'Arnon, l'Areuse, et le Seyon. La Thielle ressort de ce lac par le canal de la Thielle pour rejoindre le lac de Bienne. Ce canal est en fait l'ancien cours de la Thielle endigué et aménagé lors des travaux de correction des eaux du Jura.

Dans le lac de Bienne, elle rejoint l'Aar dont elle est un affluent. L'Aar est l'un des principaux affluents du Rhin. Ainsi, les eaux de l'Orbe rejoignent l'océan Atlantique par la mer du Nord.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

À sa sortie du Jura, à Orbe, le débit moyen annuel de l'Orbe est de 6,56 m3/s[3]. Dans le canal de la Thielle, après son passage dans le lac de Neuchâtel, celui-ci est de 35,27 m3/s[2].

De par les travaux de correction des eaux du Jura, il peut arriver que le cours de la Thielle entre les lacs de Neuchâtel et Bienne s'inverse. En effet, ces deux lacs ainsi que celui de Morat sont utilisés pour atténuer les effets d'une crue de l'Aar. Ainsi, lors d'un pic de crue de l'Aar le barrage de régulation de Flumenthal est fermé, les trois lacs se remplissent depuis le lac de Bienne. Dans un tel cas, l'eau coule d'aval en amont depuis le lac de Bienne vers le lac de Neuchâtel puis le lac de Morat.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Orbe, Le Chalet
(2013)

Source : Office fédéral de l'environnement, Débit de l'Orbe au Chalet en 2013
Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Zihlkanal, Gampelen
(2011)

Source : Office fédéral de l'environnement

Histoire[modifier | modifier le code]

Le lac de Neuchâtel dans lequel coule la Thielle avec en arrière-plan l'arrivée du canal de la Broye et sur la gauche de la photo le canal de la Thielle.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la source de l'Orbe est localisée dans les grottes de Vallorbe. Un premier événement évoquant la continuité des eaux entre les lacs de Joux et Brenet avec les grottes de Vallorbe a lieu en 1776 ; un barrage construit entre ces lacs est détruit, plus tard les eaux de la source se troublent[5]. En 1894, une expérience à l'aide de colorant versé dans le lac de Joux permet de mettre en évidence la communication entre les eaux du lac de Joux et ces grottes, jusqu'alors considérées comme la source de l'Orbe[6].

Entre 1638 et 1648, l'Orbe est l'objet d'aménagements dans le cadre du creusement du canal d'Entreroches ; projet de canal visant à relier les lacs Léman et de Neuchâtel, 25,3 km sont ouverts à la navigation entre Yverdon et Cossonay[7]. Le canal ne sera jamais achevé. Cette partie du canal est utilisée jusqu'en 1829, jusqu'à ce qu'un orage et des éboulements bouchent le canal.

Le cours de la Thielle, partie aval de l'Orbe, a longtemps été sujet à des inondations. L'année 1651 marque un record avec le débordement de l'Aar en amont de Soleure, ce qui a pour conséquence la formation d'un « grand lac de Soleure », depuis cette ville jusqu'aux trois lacs réunis (Bienne, Neuchâtel et Morat)[8]. La plaine de l'Orbe (entre Orbe et Yverdon) était inondée, située peu au-dessus du niveau du lac de Neuchâtel. Ainsi, pendant de nombreux siècles, la plaine de l'Orbe n'était qu'une zone marécageuse[9].

En 1854, le Grand Conseil (parlement cantonal) du canton de Vaud prit la décision d'endiguer l'Orbe dans cette plaine. Ces travaux ont pour conséquences l'assèchement des marécages et une amélioration de la lutte contre le paludisme[9].

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, l'Aar et la Thielle ne confluent pas dans le lac de Bienne mais à proximité de Meienried, en aval du lac de Bienne. À cette époque le cours de la Thielle était plus long qu'aujourd'hui. Les travaux de la première correction des eaux du Jura (entre 1868 et 1878) visent à diminuer les inondations dans la région des trois lacs. Ils ont pour conséquences un changement de cours de l'Aar qui vient se jeter dans le lac de Bienne. Le cours de la Thielle entre le lac de Bienne et Meyenried est ainsi élargi et des méandres sont supprimés. Il accueille dès lors les eaux de l'Aar qui reçoit la Thielle dans le lac de Bienne. Lors de ces travaux de correction, le cours de la Thielle entre les lacs de Neuchâtel et Bienne est aussi aménagé (suppression de méandres, élargissement) ; il devient le canal de la Thielle. Lors des travaux de la seconde correction des eaux du Jura, le canal de la Thielle est élargi et approfondi[10].

Activités[modifier | modifier le code]

Le cours de l'Orbe est utilisé depuis longtemps pour produire de l'énergie. Ainsi, en 1892 un barrage est construit à Orbe par la Société des Usines de l'Orbe pour la ligne de chemin de fer entre Orbe et Chavornay. En 1901, la Compagnie des forces motrices des lacs de Joux et de l'Orbe est créée[11].

Le cours de l'Orbe est utilisé à des fins de productions d'électricité, avec notamment le barrage du Day.

Les gorges de l'Orbe sont une réserve naturelle depuis 1970[9].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Systèmes d’information et méthodes: réseau hydrographique, OFEN, consulté le 1er octobre 2012.
  2. a et b Relevés hydrologiques de la Thielle à Gampelen, année 2011, Office fédéral de l'environnement.
  3. a et b Relevés hydrologiques de l'Orbe à Orbe, année 2011, Office fédéral de l'environnement.
  4. Gilbert Künzi et Charles Kraege, Rivières romandes, Éditions Cabédita, coll. « Archives vivantes », Yens sur Morges, 1999 (ISBN 2-88295-247-3)[détail des éditions]
  5. Dictionnaire géographique de la Suisse, Tome troisième, Attinger Frères Éditeurs, Neuchâtel, 1905, p. 603.
  6. Maurice Zimmermann, Études météorologiques et hydrologiques, in. Annales de Géographie. 1895, p. 249.
  7. Paul-Louis Pelet, « Canal d'Entreroches » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  8. Schneider cité par Vischer, Histoire de la protection contre les crues en Suisse, p. 106.
  9. a, b et c Frédéric Sardet, « Orbe » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  10. Canton de Berne, « Correction des eaux du Jura », sur Site du canton de Berne (consulté le 1er octobre 2012)
  11. Fabienne Abetel-Béguelin, « Orbe (commune) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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