Moselotte

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48° 00′ 49″ N 6° 36′ 54″ E / 48.0136, 6.615

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Moselotte
La traversée de Cornimont.
La traversée de Cornimont.
Caractéristiques
Longueur 47,5 km [1]
Bassin 357 km2 [1]
Bassin collecteur Rhin
Débit moyen 13,7 m3/s (Saint-Étienne-lès-Remiremont) [2]
Régime régime pluvio-nival
Cours
Source à la fontaine de la Duchesse
· Localisation La Bresse
· Altitude 1 280 m
· Coordonnées 48° 01′ 51″ N 7° 00′ 29″ E / 48.0309, 7.008 (Source - Moselotte)  
Confluence la Moselle
· Localisation Saint-Étienne-lès-Remiremont
· Altitude 384 m
· Coordonnées 48° 00′ 49″ N 6° 36′ 53″ E / 48.0137, 6.6147 (Confluence - Moselotte)  
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Vosges
Régions traversées Lorraine

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro

La Moselotte est une rivière française du département des Vosges, dans la région Lorraine. C'est un affluent direct de la Moselle en rive droite, donc un sous-affluent du Rhin.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Moselotte, qui signifie en dialecte roman la petite Moselle, naît dans le massif des Vosges à la fontaine de la Duchesse, à 1 280 m d'altitude, sous le Pâquis des Hautes Fées au sud-est du sommet du Hohneck. S'écoulant de l'ancienne vallée glaciaire de Vologne, nommée autrefois colline de Vologne, elle emprunte l'ancienne vallée glaciaire de la Bresse qui se prolonge de façon sinueuse au sein du massif vosgien : d'abord vers le sud-ouest puis le sud avant s'incurver vers l'ouest de Cornimont à Saulxures, obliquant ensuite vers le nord jusqu'au Syndicat, puis à nouveau de Saint-Amé à la grande vallée en aval de Remiremont, s'incurvant vers le sud puis vers l'ouest, avant de rejoindre en d'amples méandres la Moselle sur la commune de Saint-Etienne-lès-Remiremont à 384 m d'altitude. Surprise confirmée par des vues aériennes, la petite Moselle y paraît plus large que la Moselle. Ce qui prouverait que la Moselotte n'est qu'un diminutif affectueux ou patoisant[notes 1]!

Sa longueur est de 47,5 km[1], tandis que son bassin s'étend sur 357 km2[1].

Communes traversées[modifier | modifier le code]

Elle traverse, d'amont en aval, les communes de La Bresse, Cornimont, Saulxures-sur-Moselotte, Thiéfosse, Vagney, Saint-Amé, Le Syndicat, Dommartin-lès-Remiremont et Saint-Étienne-lès-Remiremont face à la ville de Remiremont.

Affluents de la Moselotte[modifier | modifier le code]

  • Ruisseau de Vologne
  • Ruisseau de Blanchemer Lac de Blanchemer
  • Goutte du Régit
  • Goutte de Machey, exutoire d'une tourbière classée
  • Goutte de la Vierge
  • Goutte du Pont d'Air
  • Goutte du Pré Guéry
  • Goutte de Séchemer
  • Goutte du lac des Corbeaux
  • Goutte des Betches
  • Goutte des Écorces
  • le Chajoux, émissaire du lac de Lispach
  • la Grande Goutte
  • Goutte de la Louvière
  • Goutte du Brabant
  • Goutte du Reucy
  • Goutte du Raindé
  • Goutte du Couchetat
  • Goutte de Parfongoutte (col de la Croix des Moinats)
  • Goutte du Droit
  • le Xoulces
  • le Ventron (col d'Oderen, Ventron)
  • Ruisseau du Géhant
  • Ruisseau de Morbieux
  • le rupt de Bâmont (affluent de rive droite à Saulxures);
  • Ruisseau des Amias
  • Ruisseau de Grettery
  • Ruisseau de l'Envers des Graviers
  • Ruisseau de l'Envers de Thiéfosse
  • Ruisseau du Droit de Thiéfosse
  • le Rupt
  • Ruisseau du Solem
  • Ruisseau de Demixard
  • Ruisseau des Pennecières
  • le Bouchot
  • Ruisseau de Lémont (ou Rupt de Bugne)
  • la Cleurie
  • Ruisseau de Franould (Dommartin-lès-Remiremont)

Hydrologie[modifier | modifier le code]

À la station de Vagney[modifier | modifier le code]

La gorge de Croséry à Thiéfosse.

Comme la plupart des autres cours d'eau des Vosges, la Moselotte est une rivière très abondante. Son débit a été observé durant une période de 40 ans (1967-2006), à Vagney (au lieudit Zainvillers), localité située 11 km en amont de son confluent avec la Moselle[2]. Le bassin versant de la rivière y est de 187 km2 soit 53 % de sa totalité et correspond à la moitié supérieure de ce cours d'eau.

Le module de la rivière à Vagney est de 8,54 m3/s.

La Moselotte présente des fluctuations saisonnières de débit assez marquées, avec une période de hautes eaux d'hiver-printemps portant le débit mensuel moyen à un niveau situé entre 10,8 et 13,2 m3/s, de novembre à avril inclus (avec un maximum en décembre). Dès début mai, le débit diminue rapidement pour aboutir à la période des basses eaux qui se déroule de juillet à septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel allant jusqu'à 3,06 m3 au mois d'août, ce qui n'est pas extrêmement sévère pour un cours d'eau de cette taille. Cependant, les fluctuations de débit peuvent être plus importantes selon les années et sur des périodes plus courtes.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Vagney
(Données calculées sur 40 ans)

À l'étiage, le VCN3 peut chuter jusque 0,370 m3, en cas de période quinquennale sèche, soit 370 litres par seconde, ce qui est assez sévère, mais correspond à la moyenne des cours d'eau du bassin de la Moselle.

Les crues peuvent être importantes compte tenu de la petitesse du bassin versant (187 km2 seulement). Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 97 et 110 m3/s. Le QIX 10 est de 120 m3/s, le QIX 20 de 130 m|3, tandis que le QIX 50 se monte à 150 m3/s.

Le débit instantané maximal enregistré à Vagney durant cette période, a été de 121 m3/s le 15 février 1990, tandis que le débit journalier maximal enregistré était de 108 m3/s le même jour. Si l'on compare la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, l'on constate que cette crue était à peine d'ordre décennal, et donc destinée à se reproduire fréquemment.

Au total, la Moselotte est une rivière extrêmement abondante, dans son cours supérieur. La lame d'eau écoulée dans cette partie de 53 % de son bassin versant est de 1 445 millimètres annuellement, ce qui est extrêmement élevé pour la moitié nord de la France, et plus de quatre fois plus élevé que la moyenne du pays. C'est aussi trois fois supérieur à la moyenne du bassin français de la Moselle. Le débit spécifique de la rivière (ou Qsp) atteint de ce fait le chiffre très conséquent de 45,7 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Au confluent avec la Moselle[modifier | modifier le code]

Le module de la rivière au confluent de la Moselle vaut 13,7 m3/s pour un bassin versant de 356 km2[3]. La lame d'eau écoulée dans son bassin est de 1 214 millimètres, ce qui est vraiment très élevé, non seulement largement supérieur à celle de la moyenne de la France (plus de trois fois), tous bassins confondus, mais aussi à la moyenne du bassin français de la Moselle. En effet, la lame d'eau de la Moselle à Hauconcourt, localité située un peu en aval de la ville de Metz, près de sa sortie du territoire français s'élève à 445 millimètres[4]. Le débit spécifique ou Qsp de la Moselotte se monte de ce fait à 38,5 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin. C'est avec le débit spécifique du Breuchin (affluent de la Lanterne, donc sous-affluent de la Saône), issu d'ailleurs de la même région, un record pour le tiers nord de la France.

Au confluent de la Moselle, la Moselotte est nettement plus abondante que cette dernière (13,7 m3 contre 9,3[5] ).

Qualité de l'eau[modifier | modifier le code]

Alors qu'en 2005, la qualité de l'eau de la Moselotte était qualifiée de « bonne », la situation s'est un peu dégradée en 2006. De ce fait, l'Agence de l'Eau Rhin-Meuse n'attribuait à l'eau de la rivière, analysée au niveau de Vagney, que la qualité de « passable » (catégorie 2) en lieu et place de « bonne » (catégorie 1B)[6]. La raison en est un taux de saturation en oxygène en forte baisse (passage brusque de 76 à 69 % de 2005 à 2006), niveau lui aussi qualifié de « passable ». La demande chimique en oxygène (DCO), avec 6,5 milligrammes par litre en 2006, recueillait encore la mention « bonne ». Quant à la teneur en ion ammonium ou NH4+, elle se situait au niveau de 0,09 mg/litre, qualifié d' « excellent ».

Dérivation au Bas de La Bresse
Église abbatiale Saint-Pierre de Remiremont

Atouts économiques[modifier | modifier le code]

Très peuplée en truites, la rivière a inspiré un progrès décisif de la pisciculture, l'invention de la reproduction artificielle par Joseph Remy et Antoine Géhin au XIXe siècle. Le bassin de la Moselotte est aussi le plus dense du monde en petits barrages hydroélectriques, pour les moulins, scieries, filatures et tissages qui jalonnent la rivière et ses affluents.

La photographie ci-contre, prise en aval de La Bresse, montre une dérivation alimentant une turbine. Le lit principal a été doté d'un ascenseur à truites.

Les lacs[modifier | modifier le code]

Le bassin versant de la Moselotte compte de nombreuses retenues naturelles mais souvent rehaussées par un petit barrage : lac de Blanchemer, lac de Lispach, lac des Corbeaux

Depuis 1983, un barrage d'altitude au pied du Kastelberg a généré le lac de la Lande. Il recueille les eaux de plusieurs sources par conduites forcées et fournit son énergie à la commune de La Bresse.

À l'entrée aval de Saulxures, une retenue de 9,6 hectares a été aménagée en 1998 sous le nom de lac de la Moselotte et s'entoure d'une base de loisirs.

Patrimoine - Curiosités - Tourisme[modifier | modifier le code]

Une ligne de chemin de fer parcourait jadis la vallée de la Moselotte entre Remiremont et Cornimont. Elle est aujourd'hui transformée en voie verte et remplacée par un service de bus TER Lorraine (ligne 9), prolongée jusqu'à La Bresse.

  • La Bresse : Localité détruite durant la seconde guerre mondiale. Station climatique d'été et surtout d'hiver. Centres de vacances. Massif du Schlucht-Hohneck (Site Inscrit). Lacs de Lispach (Site Inscrit), de Blanchemer, des Corbeaux, fontaine de la Duchesse à 1 270 mètres d'altitude, étang de Machais. Pêche, sports nautiques, randonnées, chasse. Sports d'hiver, ski de fond, ski de randonnée. Camping-caravaning. Fermes-auberges de montagne. Complexe sports-loisirs.
  • Cornimont : Station climatique d'été. Réserve naturelle nationale du Massif du Grand Ventron de 16,5 km², établie en 1989 et s'étendant sur 5 communes. Forêt de hêtres et de sapins. Cascade du Bacion, et la cascade du Boutcha, sur la Goutte du Requeteux. Chasse, pêche, randonnées. Stade et équipements sportifs.
  • Saulxures : Château du XIXe de style classique et ses dépendances. Forêts du Géhan et de Longegoutte. Gorge de Mainqueyon. Panoramas : Tête des Cerfs, Haut-du-Roc (site classé). Pêche, chasse, randonnées en forêt. Centre de vacances.
  • Thiéfosse : Église Saint-Antoine du XVIIIe siècle. Belles butes de granit. Gorge de Croséry sur la Moselotte. Forêts. Pêche, chasse, randonnées pédestres. Centre hippique.
  • Saint-Amé : localité située au confluent de la Moselotte et de la Cleurie. Site archéologique du Saint-Mont, oppidum gallo-romain et monastère colombanien fondé par saint Amé et saint Romary au VIIe siècle. Église typique du XVIIIe. Château de Celles du début du XVIIIe siècle. Fermes vosgiennes typiques datant du XVIIe au XIXe siècle. Pont des Fées.
  • Remiremont : Ville située à proximité de la confluence de la Moselle et de la Moselotte. Riche patrimoine. Ancienne abbatiale Saint-Pierre du XIIIe siècle (Monument Historique), crypte du XIe (Monument Historique), Vierge du trésor en bois du XIIe siècle, retable du XVIIe, statues des XIVe et XVIIIe siècles, stalles, grilles etc. Chapelle de la Madeleine d'une ancienne léproserie avec nef du XIIe (inscrit Monument Historique et Site Inscrit). Église Saint-Remi (inscrit Monument Historique). Palais abbatial de 1752 (Monument Historique), bel ensemble architectural de l'ancienne abbaye avec cour, jardin, place de l'Abbaye, place de Mesdames, place de l'Église (Site inscrit). Arcades de la Grande-Rue (Site Inscrit). Nombreuses fontaines dont une dizaine inscrites ou classées. Musée Charles Friry et musée municipal. Étang de la Demoiselle. Station climatique d'été. Centre de villégiature. Centre équestre. Équipements sportifs, promenades, chasse, pêche. Camping.

Toponyme[modifier | modifier le code]

La Moselotte a donné son hydronyme à la commune de Saulxures-sur-Moselotte, donc au canton de Saulxures-sur-Moselotte, ainsi qu'à la Communauté de communes de la Haute Moselotte.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Michel Laurent (texte et photographies), La Moselotte en balade: À force d'eau, Girompaire éditeurs, Cornimont, 2002, 96 pages. ISBN 2-905730-01-3

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Autrefois la rivière, affluent de rive droite de la Moselle, s'appelait Vologne ou rivière de Vologne, puisqu'elle sortait de la "colline de Vologne". Les archives l'attestent sur Vagney : sur la rivière de Voilongne, au lieu-dit au-dessus du pont de Belmont, ban de Vangney en 1593 (AD54, B5210 folio 15 et v°) ou plus ancien encore la rivière de Voloingne, qui vient de devers Wahegney en 1435. Le terme Moselotte ne désignait alors que les modestes affluents de la Moselle, quels qu'ils soient. C'est le sens que lui donne Thierry Alix, le célèbre magistrat et historien lorrain de la fin du XVIe siècle, mais aussi la vieille tradition paysanne. Ainsi les conteurs regrettent ce statut inférieur de ruisseau : Ah, la belle rivière qui n'est que moselotte (traduction). La mutation du nom a été impérative pour ne pas embrouiller la cartographie naissante de l'époque moderne et supprimer la confusion avec l'autre affluent homonyme de la Moselle, avant Archette.
Références