Vologne

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48° 06′ 50″ N 6° 34′ 01″ E / 48.1139, 6.56694

Vologne
La Vologne à Kichompré en aval du confluent avec la Jamagne.
La Vologne à Kichompré en aval du confluent avec la Jamagne.
Caractéristiques
Longueur 50 km
Bassin 369 km2
Bassin collecteur le Rhin
Débit moyen 9,74 m3/s (Cheniménil)
Régime pluvial
Cours
Confluence la Moselle
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France

La Vologne est une rivière de Lorraine née entre le Hohneck et le col de la Schlucht, dans le massif des Vosges. Sa source est située sur le domaine du jardin d'altitude du Haut-Chitelet.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Vologne prend sa source à plus de 1240 mètres d'altitude, en amont du jardin d'altitude aménagé sur le massif du Hohneck par le Jardin Botanique de Nancy, au sud-est du Collet. Elle tombe vers le Collet, mais emprunte le défilé juste en contrebas du petit col pour plonger vers la vallée des Lacs. Après avoir reçu la goutte des Faignes Forie, elle file vers la cascade Charlemagne à 810 mètres d'altitude et rejoint le lac de Retournemer à 775 mètres d'altitude. Elle forme le lac de Longemer à 735 mètres d'altitude, dont elle s'écoule au nord-ouest par les trois pierres saint Florent.

Elle rejoint les ruisseaux de Belbriette et des Fies en amont de Xonrupt. Après la prairie xonrupéenne à plus de 710 mètres d'altitude, elle cascade au saut des Cuves, passe sous le pont des Fées et arrose les îlots, nommés « Perles de Vologne » ou « îles Marie-Louise » avant de recevoir à 618 mètres d'altitude la Jamagne, déversoir du lac de Gérardmer, à Kichompré.

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Après le long canal linéaire des Granges ou du Kertoff, remarquable exutoire des masse d'eaux de fonte sous-glaciaire, elle arrose Granges-sur-Vologne, reçoit la Corbeline, le Neuné - au sud de Bruyères - et le Barba à Docelles, puis rejoint la Moselle à Jarménil, dix kilomètres en amont d'Épinal. Sa longueur est de 50 km et son bassin est de 369 km2.

Affluents[modifier | modifier le code]

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Hydrologie[modifier | modifier le code]

La Vologne est une rivière très abondante, à l'instar de ses proches voisines de la région des Vosges. Son débit a été observé sur une période de 40 ans (1969-2008), à Cheniménil, localité du département des Vosges située peu avant son confluent avec la Moselle [1]. Le bassin versant de la rivière y est de 355 km2 (soit la presque totalité du bassin versant qui fait 369 km2).

Le module de la rivière à Cheniménil est de 9,70 m3/s.

La Vologne présente des fluctuations saisonnières de débit assez marquées, comme très souvent dans l'est de la France, avec des hautes eaux d'hiver-printemps portant le débit mensuel moyen à un niveau situé entre 10,9 et 14,6 m3/s, de novembre à avril inclus (avec un maximum en février), et des basses eaux d'été, de juillet à septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'à 3,89 m3 au mois d'août. Mais ces moyennes mensuelles ne sont que des moyennes et occultent des fluctuations bien plus prononcées sur de courtes périodes.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Cheniménil
(données calculées sur 40 ans)

Aux étiages, le VCN3 peut chuter jusque 0,99 m3, en cas de période quinquennale sèche, ce qui est bas, mais normal dans les régions de l'est de la France.

La Vologne près de Deycimont, peu avant le confluent avec le Barba

Les crues peuvent être, quant à elles, assez importantes. Ainsi le débit instantané maximal enregistré a été de 143 m3/s le 9 avril 1983, tandis que la valeur journalière maximale était de 108 m3/s le jour suivant. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 61 et 85 m3. Le QIX 10 est de 100 m3/s, le QIX 20 de 120 m3 et le QIX 50 de 140 m3. Toutes ces valeurs sont de l'ordre du cinquième de celles de la Meurthe et donc comparables, en tenant compte de l'étendue respective de leur bassin versant. Il ressort aussi de cela que les crues d'avril 1983 dont il a été question plus haut, étaient d'ordre cinquantennal, c'est-à-dire des crues ne survenant que deux fois par siècle.

La Vologne est une rivière très abondante malgré l'exiguïté relative de son bassin. Elle est alimentée par des précipitations elles aussi très abondantes dans la région vosgienne. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 868 millimètres annuellement, ce qui est fort élevé, près de trois fois supérieur à la moyenne d'ensemble de la France, et près du double de la totalité du bassin français de la Moselle (445 millimètres à Hauconcourt). Le débit spécifique (ou Qsp) atteint le chiffre de 27,4 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Qualité des eaux[modifier | modifier le code]

En 2006, l'Agence de l'Eau Rhin-Meuse attribuait à l'eau de la Vologne, analysée au niveau de Jarménil, la qualité de "bonne", qualification attribuée durant chacune des années de la décennie 1997-2006 (catégorie 1B), sauf en 2002, où la rivière a atteint le niveau 1A ("très bon")[2]. On constate en 2006, un peu trop d'ions ammonium (NH4+). En 2006, avec 79 % de saturation en oxygène, soit 7,9 milligrammes par litre, l'oxygénation est satisfaisante.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le lac de Longemer est traversé par la Vologne

La vallée supérieure de la Vologne est un haut lieu du tourisme vosgien. On y visite, outre les lacs, la cascade du Saut des Cuves sur un ancien verrou glaciaire et le Pont des Fées construit en 1763.

On récoltait, jusqu'au début du XXe siècle, les fameuses perles de la Vologne. Leur récolte est attestée depuis le début du XVIe siècle, et ces perles, plutôt petites, ont été prisées par la bourgeoisie et la noblesse locale jusqu'au XIXe siècle, époque à laquelle leur rareté a entraîné une désaffection pour ce bijou. La pêche en était alors réglementée et surveillée par des « gardes-perles ». La demeure seigneurale dominant Cheniménil a pris de ces perles son nom de Château sur Perle.

Les mollusques produisant ces perles sont appelés « huîtres d'eau douce » ou « mulettes allongées », scientifiquement dénommés Margaritifera margaritifera, d'une taille d'environ 11 centimètres par 5, et d'une espérance de vie de l'ordre de 80 ans. Cette espérance de vie importante implique une régénération des populations très lente, et explique la quasi-disparition de l'espèce, due certes à la pêche, mais aussi à la pollution des rivières due aux usines textiles.

Bien qu'il s'agisse d'une catastrophe culturelle, économique et sociale, la quasi disparition de l'industrie textile vosgienne a permis à la Vologne (notamment) de voir la qualité de ses eaux s'améliorer au cours des dernières années. La densité de son peuplement en truites lui a valu d'être sélectionnée pour accueillir certaines manches du championnat du monde de pêche à la mouche en juillet 2002 (organisé par la France sous l'égide de la Fédération française des pêcheurs à la mouche et au lancer).

La Vologne est classée comme cours d'eau de première catégorie sur la totalité de son parcours.

Site classé de la Vologne[modifier | modifier le code]

Le site dit de « la Vallée de la Vologne » est protégé depuis le 8 décembre 1910. Seule la partie située sur la commune de Granges (environ 4,5 km) bénéficie d'une protection. Cette vallée est flanquée de deux versants abrupts, s'élevant de 250 à 300 mètres et couverts, de la base au sommet, de sapins séculaires, d'énormes rochers ou d'éboulis. La Vologne coule au pied, à travers des arbres croissant naturellement et des rochers sombres qui, partout, tapissent sa couche. La rivière, la ligne de chemin de fer et la route occupent le fond de la vallée, dont la largeur, en certains endroits, ne dépasse pas 20 ou 25 mètres ; les versants sont si rapprochés qu'ils laissent à peine le temps au soleil de l'éclairer.

Fait divers[modifier | modifier le code]

Le 16 octobre 1984, Grégory Villemin, âgé de 4 ans, est retrouvé mort dans la rivière à Docelles. En 2014, le dossier n'est toujours pas élucidé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]