Bruche (rivière)

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Bruche
Le viaduc SNCF de Fouday.
Le viaduc SNCF de Fouday.
Caractéristiques
Longueur 76,7 km [1]
Bassin 727 km2
Bassin collecteur Rhin
Débit moyen 8,21 m3/s (Holtzheim)
Régime pluvio-nival
Cours
Source à moins d'1 km à l'ouest du Climont (965 m)
· Localisation Urbeis
· Altitude 690 m
· Coordonnées 48° 20′ 50″ N 7° 09′ 18″ E / 48.3472, 7.155 (Source - Bruche)  
Confluence Ill
· Localisation près de Strasbourg
· Altitude 130 m
· Coordonnées 48° 34′ 03″ N 7° 42′ 45″ E / 48.5675, 7.7125 (Confluence - Bruche)  
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France
Département Bas-Rhin
Régions traversées Alsace
Principales villes Strasbourg

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro

La Bruche est une rivière née dans les Vosges, au pied du Climont, à 690 m d'altitude. Elle conflue en rive gauche avec l'Ill à la lisière de Strasbourg, à 135 m d'altitude et c'est un sous-affluent du Rhin.

Géographie[modifier | modifier le code]

Rapide en amont de Schirmeck, sa pente s'amoindrit ensuite, pour devenir infime et paresseuse de Mutzig à Strasbourg. La rivière traverse le sud-ouest du département du Bas-Rhin sur 76,8 km[1], d'abord en direction sud-nord, puis en s'infléchissant vers l'est. Sa vallée supérieure, en amont d'Urmatt, est nettement dessinée, à la lisière des Vosges cristallines et gréseuses. La vallée moyenne, jusqu'à Mutzig, se révèle de topographie plus confuse. La basse vallée aux limites mal définies, avec des chenaux secondaires abandonnés et une vaste zone d'inondation, se confond avec la plaine : c'est là, notamment, que s'étend l'aéroport de Strasbourg-Entzheim.

De toutes les affluents de l'Ill, la Bruche semble le plus constant dans son débit, mais elle connaît cependant de nettes variations de débit et des crues (les débits les plus importants sont généralement enregistrés en février).

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'origine du nom Bruche est sans doute gallo-romaine plutôt que germanique comme on le présente habituellement. On trouve sa forme latinisée dans Bruxua ou Bruscua. Cette dénomination se traduit par Breusch en allemand moderne, et par Brisch en dialecte alsacien (Brischdahl pour sa vallée).

En dialecte vosgien, la rivière se prononce Brur'hine, avec un son « h » expiré, comme en allemand. C'est cette forme que consigne le pasteur Jean Georges Stuber vers 1752 pour décrire la rivière. À cette époque, ce natif de Strasbourg est encore pasteur à la paroisse de Waldersbach au Ban de la Roche[notes 1].

Le cours de la Bruche[modifier | modifier le code]

La Bruche prend sa source sur le territoire de la commune de Bourg-Bruche, sur le versant occidental du Climont surplombant le vallon de Hang. Elle se dirige d'abord vers le nord-nord-est par une vallée souvent étroite où la voie ferrée et la route départementale doivent emprunter de nombreux ponts.

Devant-Fouday : la Bruche alimentée par la Chirgoutte (à droite)

Long bassin-versant montagnard, la vallée supérieure est dénommée Val de Bruche ou, plus souvent maintenant, Haute-Bruche. Le cours de la rivière a été ici et là rectifié, par des remblaiements et des endiguements, voire par un petit détournement (lors du tracé de la voie express). Dans la partie amont, de petits barrages et des canaux de dérivation rappellent les fabriques de la grande époque du textile vosgien.

Après Schirmeck, la vallée oblique vers l'est et s'évase.

Molsheim : la Bruche vue de l'ancienne passerelle Mistler

La rivière traverse Mutzig, cité après laquelle sa vallée s'élargit considéralement, perdant son contour visible, et Molsheim, Entre Molsheim et Entzheim, le « bras d'Altorf », jadis surnommé « Vieille Bruche », de faible débit, rappelle les nombreux chenaux d'autrefois.

La Bruche se jette dans l'Ill à Strasbourg au lieu-dit du Gliesberg (faubourg de la Montagne-Verte).

Sur une grande partie de son cours, la Bruche est assez rapide et on y trouve un oiseau bien particulier, le cincle plongeur.

En aval de Avolsheim, au lieu-dit "Le Canal", se trouve un barrage. Ce barrage est un élément essentiel pour l'alimentation du canal de la Bruche qui coule en parallèle de la Bruche jusqu'à Strasbourg. Ce barrage constituant une barrière empêchant les saumons de remonter la Bruche, une passe à poisson a été créée fin 2010.

Affluents[modifier | modifier le code]

  • La Moussière
  • L’Evreuil
  • Le Grandroué
  • Le Nau
  • La Climontaine
  • Ruisseau de Champenay
  • La Schirgoutte ou Chirgoutte
  • Ruisseau des Evaux
  • Ruisseau de la Besotte
  • La Rothaine
  • Ruisseau d’Albet
  • Le Framont
  • Le Barembach
  • Le Tommelsbach
  • Ruisseau de Russ
  • Le Netzenbach
  • Le Schwartzbach
  • Le Muhlbach
  • L’Eimerbaechel
  • Le Soultzbach
  • Le Grendelbach
  • La Hasel
  • La Magel
  • Le Stillbach
  • La Mossig
  • Le Muehlbach

Le canal de la Bruche[modifier | modifier le code]

Le barrage sur le Bruche qui alimente le canal en aval d'Avolsheim.
Le début du canal de la Bruche à Wolxheim.

En aval de Molsheim, à Wolxheim-le Canal (village bâti pour loger les ouvriers employés dans les carrières de grès de Soultz-les-Bains), une partie de l'eau de la rivière alimente le canal de la Bruche traversant la plaine d'Alsace jusqu'à Strasbourg. Ce canal, achevé en 1682, est l'œuvre de Vauban qui mena à bien les travaux en deux ans. Louis XIV emprunta la digue du canal de la Bruche lors d'une visite d'inspection des fortifications de la ville de Strasbourg, le 29 juin 1683.

D'une longueur de 19,78 km, ponctué de 11 écluses compensant un dénivelé de 29 m, il a permis d'apporter à Strasbourg les pierres des Vosges nécessaires à la réalisation de la citadelle de la ville, suite à sa capitulation en 1681. L'aménagement simultané de la rivière a aussi rendu plus efficace le flottage du bois. Le transport du vin, du bois, des briques et des tuiles a duré jusqu'en 1939.

Certains ponts bombardés au cours de la Seconde Guerre mondiale ont été reconstruits trop bas, empêchant la navigation. L'ancien chemin de halage a été aménagé en véloroute transfrontalière (Molsheim - Strasbourg - Offenburg/Allemagne) et fait partie de l'EuroVelo 5. Il est très fréquenté par les promeneurs citadins, qui y côtoient de nombreux pêcheurs.

Haute-Bruche[modifier | modifier le code]

On appelle communément Haute-Bruche le bassin de la Bruche en amont de Lutzelhouse-Muhlbach-sur-Bruche, que remontent la route départementale D 420 et la voie ferrée (TER Strasbourg-Saint-Dié).

Le terme Haute-Bruche désigne aussi une petite région jadis vouée à l'industrie textile, maintenant résidentielle et touristique, qui accueille quelques industries et artisanats d'importance. Elle est structurée par la vallée supérieure de la Bruche, qui s'écoule vers le nord, et par ses affluents montagnards.

Article détaillé : Vallée de la Bruche.

Il dénomme une Communauté de communes, qui a son siège à Schirmeck.

Une partie des habitants de la Haute-Bruche parlait le welsche, ou welche, patois proche du dialecte roman de la Lorraine voisine.

Vallée en BD[modifier | modifier le code]

Tirant parti de la géographie du lieu, l'auteur de BD Jacques Martin, né à Strasbourg, a fait de la vallée de la Bruche le théâtre de certaines aventures de son héros Guy Lefranc.

Vallée sur CD[modifier | modifier le code]

Un cédérom interactif édité par la Communauté de communes de la Vallée de la Bruche (2005) présente les nombreuses actions paysagères conduites depuis une vingtaine d'années. Il présente et explique les paysages marqués par la Bruche et ses affluents en Haute-Bruche.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Goetz et Jacques-Louis Delpal, Saveurs d'Alsace Plaisir des Vosges, préface de Jean-Pierre Haeberlin, photos de Macel Ehrard, de Christophe Meyer et J.-L. Delpal, 2007, La Nuée Bleue, Strasbourg, 240 pages 21 x 27(ISBN 978-2-7165-0727-1)
  • Chip Buchheit, Florent Fritsch et Olivier Haegel, La haute vallée de la Bruche (photographies : Claude Menninger ; dessins : Audrey Schneider), réalisation Inventaire général, éditions Lieux-dits, Lyon, 2005, 104 p. (ISBN 2914528132)
  • Claude Keiflin, Gens de Bruche : une vallée vosgienne et son patois welche, La Nuée Bleue, Strasbourg, 1998, 94 p. (ISBN 2-7165-0465-2)
  • Denis Leypold, La métallurgie du fer dans le massif vosgien : la vallée de la Bruche, de l'Antiquité au XIXe siècle, Société Savante d'Alsace, 1996, 529 p. (ISBN 2904920137)
  • Jean Sainty (et al.), Mutzig : les chasseurs de mammouths dans la vallée de la Bruche, Les musées de la ville de Strasbourg, Strasbourg, 1995 (ISBN 2901833128)
  • G. Maire, « Aspects de l'évolution quaternaire de la vallée inférieure de la Bruche », Bulletin Serv. Carte Géol. Alsace Lorraine, 1967, no 20, 3, p. 175-184.
  • G. Maire, La Basse Bruche. Cône de piedmont et dynamique actuelle, Université de Strasbourg, 1966 (thèse de 3e cycle)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. facilement germanisée en Steintal

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Sandre, « Fiche cours d'eau - La Bruche (A2--0110) » (consulté le 19 octobre 2013)