Passage du Rhin (406)

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Le passage du Rhin de l'an 406 est la traversée du fleuve, à partir du , par divers peuples barbares, notamment les Vandales (Hasdings et Sillings), les Suèves et les Alains, et leur entrée dans l'Empire romain.

Contexte[modifier | modifier le code]

En 406, le recul de l’Empire est déjà bien avancé. À partir de 395, il est divisé, et régi par les deux empereurs Honorius et Arcadius, dont la tutelle, à cause de leur jeune âge, est confiée au général Stilicon. Celui-ci s’efforce de maintenir l'ordre. Pour faire face à la menace barbare en Italie, il avait notamment dégarni les frontières du Rhin.

Cependant dès 406, le Goth Radagaise envahit l'Italie avec une armée importante et n’avait été arrêté que par des auxiliaires huns, tandis que des usurpateurs apparaissaient en (Grande-)Bretagne (Marcus, Gratien, Constantin). Ces usurpations sont d’ailleurs très certainement en lien avec l’entrée des barbares dans l’Empire, les soldats de Bretagne cherchant à s’opposer à l’invasion : en 407, Constantin II passa ainsi avec son armée en Gaule.

La traversée[modifier | modifier le code]

Les tribus qui franchissent le Rhin sont mentionnées par Jérôme, et on suppose que la traversée eut lieu à Mogontiacum (Mayence), ou entre Mogontiacum et Augusta Vangionum (Worms), qui sont les premières villes attaquées. Il est peu probable que le Rhin soit alors gelé. Peut-être y avait-il encore un pont à Mogontiacum. Il est en tout cas certain que la traversée ne fait que commencer le 31 décembre (date donnée par Prosper d'Aquitaine), et que les groupes mirent plusieurs jours ou semaines à tous traverser.

Le peu de troupes romaines sur place ne peut s’opposer efficacement aux envahisseurs. Il ne semble toutefois pas que la frontière ne se soit entièrement effondrée, car le ducatus de Mogontiacum est par la suite réétabli.

L'impact[modifier | modifier le code]

Les Barbares se dirigent d’abord vers le nord-ouest puis vers le sud (mais leur trajet n’est pas certain car nos informations viennent de Jérôme, qui est alors à Bethléem). Burgondes et certains clans alains s’établissent en Gaule (d'autres iront en Hispanie)et devinrent des « faiseurs d’empereurs » : le gallo-romain Jovin est plus tard élevé à la pourpre.

Les Vandales continueront finalement jusqu’en Afrique, qu’ils conquièrent avec leur roi Genséric, tandis que les Suèves s’installent en 411 dans le nord-ouest de la péninsule Ibérique. Les Burgondes suivent et s’installent dans la future Bourgogne. En 418, les Wisigoths s’installent en Aquitaine, mais rompent leur traité avec Rome en 466 et agrandissent leur territoire.

L’entrée des barbares dans l’Empire est considérée comme une date de rupture, et l’historien Olympiodore de Thèbes commence son Histoire à cette date. L'événement est considéré comme une contribution importante à la fin de l'Empire romain d'Occident.

Notes et références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Piganiol, Ve siècle, les événements : le sac de Rome, Paris, Albin Michel, coll. « Le Mémorial des Siècles », 1964.
  • Julien Coudy, La Chute de l'Empire romain, Julliard, 1967.
  • Michel Rouche, Clovis, Fayard, 1996.