Mékong

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9° 44′ N 106° 36′ E / 9.74, 106.6 ()

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Mékong
Le Mékong entre le Laos (à droite) et la Thaïlande (au premier-plan)
Le Mékong entre le Laos (à droite) et la Thaïlande (au premier-plan)
Carte du Mékong avec son bassin en jaune.
Carte du Mékong avec son bassin en jaune.
Caractéristiques
Longueur 4 350 km
Bassin 795 000 km2
Bassin collecteur Mekong
Débit moyen 15 000 m3/s
Cours
Source Qinghai, Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Embouchure mer de Chine
méridionale
Géographie
Pays traversés Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Drapeau de la Birmanie Birmanie
Drapeau de Thaïlande Thaïlande
Drapeau du Laos Laos
Drapeau du Cambodge Cambodge
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam
Régions traversées Drapeau du Tibet Tibet

Le Mékong est un fleuve d’Asie du Sud-Est, le dixième du monde et le quatrième fleuve de l’Asie par le débit (après le Yangzi Jiang, le Gange-Brahmapoutre et l’Ienisseï), son débit moyen atteignant 284 km3 d’eau par an. Les chiffres concernant sa longueur varient de 4 350 à 4 909 km, et son bassin versant draine 810 000 km2[1].

Né dans le Qinghai (sur les hauteurs de l’Himalaya), le Mékong irrigue successivement la Chine (la province du Yunnan), borde le Laos à la frontière de la Birmanie puis de la Thaïlande avant de couler au Laos et de revenir à sa frontière, puis traverse le Cambodge où naissent les premiers bras de son delta, qui se prolonge dans le sud du Viêt Nam où il est appelé traditionnellement le « fleuve des neuf dragons » ou Sông Cửu Long.

Environ 70 millions d’habitants vivent directement dans son bassin versant, situé sur des pays totalisant 242 millions d’habitants. Il est notamment utilisé pour l’irrigation, comme réceptacle de systèmes de drainage et d’eaux usées, pour la pêche et la pisciculture, la production hydroélectrique (grâce aux barrages comme celui au Yunnan), le transport et la fourniture d’eau pour l’industrie et les particuliers. Il est également connu pour ses habitations et marchés flottants.

Une commission internationale[2], le Comité du Mékong, ou Mekong River Commission, créé en avril 1995, est consacrée à une gestion transrégionale des conflits et problèmes liés au fleuve, dans une perspective affichée de développement durable[3] signé par la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Viêt Nam. La Birmanie et la Chine n'ont de leur propre gré qu'un statut d'observateurs.

Noms[modifier | modifier le code]

Le fleuve est à l’origine appelé Mae Nam Khong par l’ethnie Taï, répartie dans tout le bassin ; pour raccourcir, ils disent Mae Khong, signifiant « Mère de tous les fleuves » ou « Fleuve Kong ». Ce nom fut adopté par les Chinois, qui modifièrent un peu la prononciation, ce qui donne Méigông Hé (湄公河) ; le nom est redondant, signifiant « Fleuve Fleuve Kong », redondance qui existe dans presque toutes les langues aujourd’hui.

Pour la plus grande partie de sa longueur en Chine il est appelé le fleuve Lancang (chinois simplifié : 澜沧江, chinois traditionnel : 瀾滄江, pinyin : Láncâng Jiâng), signifiant « fleuve turbulent » (tout le fleuve, y compris la partie en Asie du Sud-Est, est appelé Meigong (chinois simplifié : 湄公河, pinyin : Méigōng Hé)), et au Tibet རྫ་ཆུ་ rDza-chu (扎曲, pinyin Zá Qū). En birman il est appelé Mae Khaung, en thaï Mae Nam Khong (แม่น้ำโขง), en lao Mènam Khong (ແມ່ນ້ຳຂອງ), en khmer Tonlé Mékôngk (ទន្លេ​មេគង្គ), et en vietnamien Cửu Long Giang (pour la section coulant dans le pays), ou Mê Kông (en entier).

En thaï « kong » (โขง) est une espèce de crocodile ; certains pensent que ce mot a évolué à partir de « kod » (คค) ou « kong » (โค้ง), étant tous les deux des adjectifs pour décrire les méandres et courbes d’un fleuve ou d’une route[4].

Le nom pourrait aussi être issu de l'indien गंगा, le Gange, passé comme Mé-Kôngk en khmer, littéralement « mère Gange » មេ គង្គ Kôngk, donc le fleuve de Gangâ.

Géographie[modifier | modifier le code]

Garçon plongeant dans le Mékong au Cambodge.
Le Mékong à Phnom Penh : le Tonlé Sap est visible en haut à gauche, le Bassac en bas au milieu.

La source du fleuve, et donc sa longueur finale, est inconnue en raison de l’existence de plusieurs affluents dans un environnement d’accès difficile (terrain très accidenté). Les estimations vont de 4 350 à 4 909 km.

Selon le relevé du China Science Exploration Association, la source est Lasagongma, située à une altitude de 5 224 mètres[5]. Elle est sur le mont Guozongmucha dans la province de Qinghai et forme le Zayaqu, reconnu par le Chinese Academy of Sciences comme la source du Mékong. Une expédition plus ancienne menée par Michel Peissel avait identifié le Zanaqu, plus à l’ouest au col Rupsa-la (4 975 m), comme source du Mékong[6].

Près de la moitié de la longueur totale coule en Chine, où ce tronçon du fleuve est appelé « fleuve turbulent » en raison de ses gorges et précipices. Il quitte le pays à une altitude de seulement 500 m.

Le fleuve forme ensuite la frontière entre la Birmanie et le Laos sur 200 km, à la fin desquels il rejoint son affluent le Ruak au Triangle d’or. Cet endroit marque aussi la séparation des haut et bas Mékongs.

Le fleuve sépare alors le Laos de la Thaïlande avant d’entamer une section coulant uniquement au Laos qui est caractérisée par des gorges, des rapides et une profondeur d’à peine un demi-mètre pendant la saison sèche. Il s’élargit au sud de Luang Prabang, où il a inondé la région jusqu’à 100 mètres de profondeur et sur un rayon de 4 km ; son cours est très variable. Le célèbre poisson-chat géant du Mékong était traditionnellement pêché dans cette région une fois par an, suivant des rites établis par la famille royale.

Le fleuve redevient la frontière entre le Laos et la Thaïlande dans la section qui passe près de Vientiane (capitale du premier), et repasse ensuite seulement au Laos, où il forme la région de Si Phan Don (« quatre mille îles ») avant les chutes de Khone près de la frontière avec le Cambodge. On peut y voir des dauphins d’eau douce en danger d’extinction. Les chutes de Khone ne sont pratiquement pas navigables.

Au Cambodge, le fleuve passe par les rapides de Sambor au-dessus de Kracheh, les dernières chutes à interdire la navigation. Juste avant Phnom Penh, la capitale du Cambodge, se situe la confluence avec le Tonle Sap, son affluent le plus important dans ce pays. Après la capitale il se divise en deux, le Bassac et le Mékong lui-même ; tous deux finissent dans le delta du Mékong.

Au Viêt Nam, le fleuve se divise en deux branches principales qui s’appellent le Tiền Giang (« fleuve à l’avant ») et le Hậu Giang (« fleuve à l’arrière ») ; celles-ci entrent en mer de Chine méridionale par neuf estuaires, expliquant ainsi le nom vietnamien pour le fleuve, Sông Cửu Long (« fleuve des neuf dragons »).

Environ 90 millions de personnes dépendent du fleuve. La région dans laquelle ils vivent, la sous-région du Grand Mékong, inclut le Yunnan en Chine, la Birmanie, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Viêt Nam[7]. La principale production de la région est la riziculture ; environ 140 000 km2 de riz y sont cultivés[8]. Un grand nombre de variétés de riz y est cultivé. Des environ 100 000 cultivars du Rice Gene Bank de l'International Rice Research Institute, environ 40 000 viennent de la région[9].

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Pakse
(Débit moyen calculé sur 13 ans : 9 000 m3/s)

Affluents[modifier | modifier le code]

Sud du système hydrologique du Mékong

Du nord vers le sud :

  • Ruak (rive droite, frontière entre la Birmanie et la Thaïlande)
  • Kok (rive droite, Thaïlande)
  • Nam Tha (rive gauche, Laos)
  • Nam Ou (rive gauche, Laos)
  • Nam Ngum (rive gauche, Laos)
  • Nam Kading ou Nam Theun (rive gauche, Laos)
  • Mun (rive droite, Thaïlande)
  • Srepok (rive gauche, Cambodge)
  • Tonle Sap (rive droite, Cambodge)
  • Cun Loon

Principales villes[modifier | modifier le code]

Laos :

Cambodge :

Delta[modifier | modifier le code]

Le delta vu de l'espace (le Sud est en haut)
Transport de ramboutans dans le delta.
Transport de riz à Vinh Long.
Mekong ferry-boat

Le Mékong se sépare à Phnom Penh (Cambodge) en deux branches : le Mékong proprement dit et le Bassac. Les deux branches s’écoulent vers le Viêt Nam où elles se ramifient et forment un réseau hydrographique dense, dont le courant ralentit et qui alluvionne massivement, formant au Viêt Nam un delta très fertile, très riche pôle de production agricole et en particulier rizicole.

Le delta couvre 55 000 km2 et héberge 18 millions d’habitants. Ses principales villes sont Can Tho (Cần Thơ), Chau Doc (Châu Đốc), My Tho (Mỹ Tho).

Il donne également son nom à la région du Delta du Mékong, appelé aussi en vietnamien : đồng bằng sông Cửu Long, c'est-à-dire « delta des 9 dragons ».

Réseau hydrographique[modifier | modifier le code]

En arrivant au Viêt Nam, le Mékong prend le nom de Cuu Long (Cửu Long, neuf dragons), censé représenter les neuf branches qui se jettent en mer de Chine méridionale.

En pratique, au début du XXIe siècle, le delta comporte quatre grands cours d’eau :

  • le Bassac (Hậu Giang, ou deuxième fleuve), qui porte une part importante du débit du Mékong, et qui passe à Can Tho (Cần Thơ) ;
  • le Tien Giang (Tiền Giang, ou premier fleuve), qui prend plusieurs noms le long de son cours, dont Song Ho (Sông Hổ, le « fleuve tigre »), dans la région de Dong Thap (Đồng Tháp), et qui se sépare lui aussi en plusieurs branches, d’Ouest en Est :
    • le fleuve Co Chien (Cổ Chiên), à la ville de Vinh Long (Vĩnh Long) ;
    • le fleuve Ham Luong (Hàm Luông), qui traverse la province de Ben Tre (Bến Tre) ;
    • le fleuve My Tho (Sông Mỹ Tho) et aussi, il compose 18 autres delta encore inconnus aujourd’hui mais découvert par les scientifiques en 1996.

Marées[modifier | modifier le code]

L’amplitude des marées est très importante dans le delta du Mékong, qui a une pente très faible. La marée haute en mer de Chine méridionale est le plus souvent plus haute que la marée basse sur le Mékong au Cambodge, et donc le courant s’inverse presque à chaque cycle de marée.

Le débit moyen du Mékong est de l’ordre de 15 000 m3/s, mais son débit de pointe, à marée descendante, peut atteindre dix fois la moyenne en période de crue (octobre). À marée montante, l’eau salée peut remonter le Mékong jusqu’à soixante kilomètres de l’embouchure.

Cette inversion cyclique du courant s’accompagne d’alluvionnement intense, qui participe à la fertilisation du sol et fait du delta du Mékong le « grenier à riz » du Viêt Nam.

Histoire[modifier | modifier le code]

La navigation difficile sur le fleuve implique que celui-ci sépare les peuples de la région au lieu de les unir.

Les établissements les plus anciens connus datent d’environ 2100 av. J.-C., à Ban Chiang, excellent exemple des traces de l’Âge du fer. La première civilisation connue de la région est la culture indianisée khmère de Fou-nan, dans le delta du Mékong. Des excavations menées à Oc Eo, près de la ville moderne d’An Giang, ont mis au jour des pièces de monnaie de l’Empire romain, entre d’autres civilisations de l’époque.

La civilisation Fou-nan est suivie par celle, khmère, de Chenla, aux environs du Ve siècle. L’empire khmer d’Angkor fut le dernier grand état indianisé de la région. Dès la chute de cet empire, le Mékong devient la frontière entre les états émergents de Siam et de Tonkin ; le Laos et le Cambodge sont ballottés entre ces deux grands pouvoirs.

Basses-eaux du Mékong à Luang Prabang (nord du Laos).

Le premier européen à voir le Mékong fut le Portugais Antonio de Faria en 1540 ; une carte européenne datant de 1563 montre le fleuve, bien qu’à cette époque on le connaissait très peu au-delà du delta. L’intérêt des Européens sur le fleuve est sporadique : les Espagnols et les Portugais firent quelques expéditions d’exploration et y envoyèrent des missionnaires, tandis que le Hollandais Gerrit van Wuysthoff mena une expédition sur le fleuve jusqu’à Vientiane en 1641-1642.

Les Français prirent le contrôle de la région dès le milieu du XIXe siècle. Ils prirent Saïgon en 1861 et firent du Cambodge un protectorat deux ans plus tard.

Les premières explorations systématiques sont celles de l’Expédition française du Mékong, menée par Ernest Doudart de Lagrée et Francis Garnier, qui montèrent le fleuve depuis son embouchure jusqu’au Yunnan entre 1866 et 1868. Leur conclusion principale était que le Mékong avait trop de rapides et de sauts pour être navigable. La source du fleuve fut trouvée par le Russe Piotr Kozlov en 1900.

Dès 1893, les Français étendent leur contrôle du fleuve jusqu’au Laos, établissant l’Indochine française dès la première décennie du XXe siècle. Cette situation durera jusqu’à ce que les guerres d’Indochine et du Viêt Nam mettent fin au contrôle français et américain sur la région. En juillet 1910, le naufrage de la chaloupe-canonnière La Grandière près du passage de Tha-Dua provoque la mort du gouverneur de Saïgon, le général Léon de Beylié, du médecin-major Vincent Rouffiandis et de deux matelots.

Après la fin de la guerre du Viêt Nam, la tension entre le gouvernement thaïlandais (appuyé par le gouvernement américain) et les nouveaux gouvernements communistes des pays de la région a empêché la coopération dans l’utilisation du fleuve. Celle-ci a repris progressivement, sous l'égide de la Commission du Mékong.

Ponts[modifier | modifier le code]

Le haut-Mékong, en Chine, est traversé par plusieurs ponts.

Ponts au Laos[modifier | modifier le code]

Le « pont de l'amitié lao-thaïlandaise » relie les villes de Nong Khai et Vientiane. Long de 1 170 mètres, il comporte deux voies larges de3,5 m chacune, encadrant une voie ferrée au milieu.

Le « second pont de l'amitié lao-thaïlandaise » relie Mukhadan à Savannakhet. Il mesure 1 600 mètres de long et 12 de large et comporte deux voies. Il est ouvert au public depuis le 9 janvier 2007.

Le troisième pont de l'amitié lao-thaïlandaise a été inauguré le 11 novembre 2011 entre Nakhon Phanom et Thakhek.

Il existe un troisième pont, non frontalier, à Paksé. Il mesure 1 380 mètres et a été terminé en 2000. Un autre pont est en construction à Houei Sai (achèvement prévu en 2013).

Ponts au Cambodge[modifier | modifier le code]

Au Cambodge, le Pont Kizuna (deux voies) près de la ville de Kompong Cham relie Phnom Penh aux provinces isolées de Rotanah Kiri et Mondolkiri, et plus loin au Laos.

À 25 kilomètres au nord-nord-est de Phnom Penh, le Pont Prek Tamak est en construction, ouverture prévue en 2011 ; à ce jour aucun projet n’est en cours de réalisation à Phnom Penh.

Ponts au Viêt Nam[modifier | modifier le code]

Au Viêt Nam, le Pont My Thuan (Mỹ Thuận), haubanné, traverse le premier bras du Mékong à une dizaine de kilomètres en amont de Vinh Long (Vĩnh Long) depuis 2000. Le Pont Rach Mieu (Rạch Miễu) le franchit à une dizaine de kilomètres en amont de My Tho (Mỹ Tho), entre les provinces de Tien Giang (Tiền Giang) et Ben Tre (Bến Tre), depuis fin 2008.

Le grand pont de Cân Tho, dont le chantier a subi un grave accident à la mi-automne 2007, a été ouvert sur le deuxième bras le 24 avril 2010.

Problèmes environnementaux[modifier | modifier le code]

À Vientiane, lors des basses-eaux en avril.

Les deux sujets les plus controversés sont ceux de la construction de barrages et la destruction de sauts.

Plusieurs barrages ont déjà été construits sur des affluents du fleuve, notamment ceux de Nam Theun 2 au Laos et de Pak Mun en Thaïlande. C’est une stratégie critiquée au niveau du coût ainsi qu’en raison des dommages infligés à l’environnement et aux villageois.

La Chine a un grand projet de construction de barrages sur le fleuve ; un a déjà été construit à Manwan, et un second est en cours de construction à Dachaoshan. Douze autres sont à l’étude.

Le Cambodge, pays dévasté par la guerre, est complètement dépendant du fleuve pour nourrir ses habitants et mener son économie. Les inondations annuelles fournissent de l’eau, si précieuse dans un pays sec, et remplissent le lac Tonle Sap. Toutes les villes principales du pays sont sujettes aux inondations. La Commission du Mékong a accusé la Chine de ne pas se soucier de ses voisins en aval avec ses projets de barrages sur le fleuve. Depuis la construction du premier barrage chinois, beaucoup d’espèces sont en danger d’extinction, dont le dauphin et le lamantin du Mékong, le niveau du fleuve a baissé, les poissons pêchés sont plus petits et moins nombreux, le port de Chiang Rai fonctionne à un quart de son activité normale, et la navigation entre Chiang Rai et Luang Prabang dure deux jours faute de niveau d’eau suffisant.

Les nouveaux barrages à l’étude auront un impact encore plus négatif sur le fleuve : Tous les pays en aval souffriront d’une pollution accrue (due au développement et à la faible mise en application des lois concernant la pollution en Chine). Les pesticides et l’industrie lourde vont polluer les réserves de vivres et encourageront les efflorescences algales des organophosphates de l’agriculture, menant à des invasions de jacinthe d'eau. Ils vont aussi bloquer les migrations d’espèces de poissons.

D’autres problèmes surgissent : des courants trop forts à certains endroits pendant que la Chine détruit des rochers, des bancs de sable et des gorges et ralentit l’eau en la contenant entre des barrages pour inonder section après section. Les habitants de la région vont être déplacés. Le Cambodge est le pays le plus à risque, dépendant de courants et d’inondations bien précis ; on y craint des famines, comme celle qui aurait décimé la civilisation d’Angkor il y a 700 ans. Toutes les grandes villes du Laos sont sur le fleuve, ainsi que la plus grande ville du Viêt Nam, Hô-Chi-Minh-Ville, qui sera affectée par les courants insuffisants et la pollution. Même la Thaïlande n'est plus à l'abri, puisqu'en 2010, le Mékong ayant atteint son niveau le plus bas depuis 20 ans, la population commence à connaître des pénuries d'eau[10].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Végétation sur les bords du Mékong à Luang Prabang (2009).
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Le fleuve abriterait plus d’espèces de poisson géant que nul autre fleuve, notamment les poissons-chat géants du Mékong[11]. Le plus gros poisson de cette espèce péché en 2005 dans le Mékong pesait 293 kg.

Un spécimen de la raie géante Himantura chaophraya péché le 28 janvier 2009 a été estimé pour sa part entre 250 et 350 kg pour une longueur sans la queue de 2,01 sur 2,10 mètres.

La population de dauphins d'eau douce de l'Irrawaddy du fleuve est en danger d'extinction.

Depuis 1997, des expéditions scientifiques ont permis de découvrir un grand nombre de nouvelles espèces. Ainsi, depuis la première édition du rapport Greater Mekong, édité annuellement à partir 2007 par l'ONG WWF, ce sont plus de 1700 espèces qui ont été nouvellement décrites [12]. Pour la seule année 2010, pas moins de 208 espèces ont été découvertes, dont la plupart sont endémiques. Selon ce rapport, le travail de terrain a permis de découvrir, entre autres, un nouveau singe de la famille des rhinopithèques, 28 reptiles, dont un lézard exclusivement femelle capable de s'auto-reproduire et un gecko aux couleurs psychédéliques, un minuscule oiseau forestier vert et jaune, 7 grenouilles ainsi que 25 poissons[13]. Bien que cette région soit l'une des plus riches du monde en biodiversité, elle n'en est pas moins menacée, notamment à cause de la disparition des habitats des espèces [14]. Des projets d'infrastructures de grande envergure, comme le barrage de Sayaboury dans le nord du Laos, font peser de lourdes menaces sur les écosystèmes[15].

Autres[modifier | modifier le code]

On peut observer des boules de lumière monter de la surface du fleuve près de Vientiane et Nong Khai ; elles sont parfois appelées boules de feu des Nâgas. Les indigènes attribuent ce phénomène aux Phaya Naga, les dragons du fleuve.

Le niveau du fleuve à marée basse au Cambodge est plus bas que la marée haute en mer. Les courants du Mékong s’inversent avec les marées sur sa longueur au Viêt Nam et jusqu’à Phnom Penh. Le très plat delta du Mékong au Viêt Nam est donc très sensible aux inondations, en particulier les provinces d’An Giang et de Dong Thap, près de la frontière avec le Cambodge.

Près de Luang Prabang, les boues du Mékong recèlent de l’or.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hervé Bentégeat, Le Mékong : du Tibet à la mer de Chine, Bélem éd., Paris, 2004, ISBN 2-915577-05-6.
  • Bernard Gay, Le bassin du Mékong : images du passé, Ed. Kailash, Paris, 1996.
  • Charnvit Kasetsiri, Chris Baker, (en) Annotated bibliography on the Mekong, Mekong press, Bangkok, 2000, ISBN 978-974-8276-30-4.
  • Luc Lacroze, Les grands pionniers du Mékong : une cinquantaine d’années d’aventures, 1884-1935, L’Harmattan, Paris ; Montréal, 1996, ISBN 2-7384-4578-0.
  • Luc Lacroze, L’aménagement du Mékong : 1957-1997 : l’échec d’une grande ambition ?, L’Harmattan, Paris ; Montréal, 1998, ISBN 2-7384-6769-5.
  • Thi Dieu Nguyen, (en) The Mekong River and the struggle for Indochina : water, war, and peace, Praeger, Westport (Conn.), 1999, ISBN 0-275-96137-0.
  • Milton Osborne, (en) River road to China : the search for the source of the Mekong, 1866-73, Atlantic Monthly Press, New York, 1999, ISBN 0-87113-752-6.
  • Lilian Vezin, Lucylle Mucy : Mékong fleuve d’aventures, Vent du large Éditions, 2008, ISBN 978-2-9529467-2-8.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
Références
  1. (en) Zhou Changjin et Guan Zhihua ; Reconfirmation on Identification of True Source and Headwater of Lancang Jiang (Mekong River) ; Institute of Geographic Sciences and Natural Resources Research, Chinese Academy of Sciences ; Geographical Research ; mai 2001 ; vol. 20, no 2
  2. (en) Le site officiel de la Mekong River Commission
  3. (en) Agreement on the Cooperation for the Sustainable Development of the Mekong River Basin, Chiang Rai, Thaïlande, 5 avril 1995.
  4. (en) Bang Fai Phaya Nark, légendes
  5. (en)[PDF] Peter Winn et Tamotsu Nakamura, Final Determination of the Source of the Mekong River
  6. (en) Peter Winn et Tamotsu Nakamura, Revised Location of the Source of The Mekong River, Qinghai, China ; Correspondence to the Geographic Journal of the Royal Geographic Society of Great Britain, janvier 2002
  7. (en)[PDF] Carte de la sous-région du Grand Mékong sur le site des Nations unies
  8. (en) International Rice Research Institute, Mekong Rice Conference 2004, 15–17 octobre 2004
  9. (en)[PDF] Variétés de riz
  10. Articles d'Infos-eau sur les tensions géopolitiques autour du Mékong
  11. (en) Fish whopper: 646 pounds a freshwater record ; MSNBC ; 1er juillet 2005
  12. A biological treasure trove ; Greater Mekong reports on wwf's website
  13. GEO no 400 de juin 2012 p. 22
  14. [1]
  15. [2]

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