Rhinau

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Rhinau
L'église Saint-Michel.
L'église Saint-Michel.
Blason de Rhinau
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Sélestat-Erstein
Canton Benfeld
Intercommunalité C.C. du Rhin
Maire
Mandat
Jean-Paul Roth
2014-2020
Code postal 67860
Code commune 67397
Démographie
Population
municipale
2 693 hab. (2011)
Densité 155 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 19′ 13″ N 7° 42′ 12″ E / 48.3203, 7.703348° 19′ 13″ Nord 7° 42′ 12″ Est / 48.3203, 7.7033  
Altitude Min. 155 m – Max. 166 m
Superficie 17,35 km2
Localisation

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Rhinau (Rheinau en alsacien) est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.
Son nom signifie « pré du Rhin », « die Au » pouvant se traduire par « pré (ou prairie) humide ». C’est une appellation courante de part et d’autre du Rhin, notamment en plaine.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'entrée du village de Rhinau
Hôtel de ville de Rhinau

Le village de Rhinau est situé sur le Rhin à 30 km au sud de Strasbourg. Sa particularité remarquable est d'avoir 997 hectares de son territoire situés sur la rive droite du Rhin, à savoir en Allemagne. Ces 997 hectares sont donc de jure sous souverainté allemande, mais de facto, l'exploitation en est faite par la commune de Rhinau. Cette particularité est due à une divagation du fleuve datant de 1541 qui a été ancrée dans l'histoire à la signature à Münster du traité de Westphalie qui mit fin, en 1648, à la « guerre de Trente Ans ». Rhinau fait partie du canton de Benfeld et de l'arrondissement de Sélestat-Erstein. Les habitants sont appelés les Rhinois. La continuité du territoire de la commune est assurée par son bac « Rhenanus » qui donne accès, depuis la rive française, à une des plus belles réserves naturelles de préservation des paysages de Ried et de forêt tunnel tempérée.

Rhinau est une étape sur la Véloroute Rhin EV 15 (1 320 km) qui relie la source du Rhin, située à Andermatt en Suisse, à son embouchure à Rotterdam.

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

  • Le Rhin
  • Le Brunnwasser

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Oppidum Rinawe, 1219
  • Ribaugia, 1221
  • Civitas Rhinowe, 1223
  • Rheinaw, 1236

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant 1398, le village de Rhinau était situé sur les bords même du Rhin. La ville actuelle ne date que du XVIe siècle. À cette époque le bourg fut peu à peu submergé par le Rhin[1]. Pour éviter que cela ne se reproduise, on le reconstruisit plus à l'intérieur des terres, sur son site actuel. Pourtant éloigné du Rhin désormais, il a conservé son nom original même si le sens n'est plus vrai. En 1267 Rhinau fit un traité d'alliance avec la ville de Strasbourg. En 1290, l'évêque de Strasbourg transféra à Rhinau le chapitre de Honau et lui conféra la plénitude des droits sur Rhinau, sans préjudice pour le recteur de l'église paroissiale. En 1398 le chapitre, que la violence du Rhin avait déjà chassé de Honau, fut obligé de quitter Rhinau pour le même motif et fut transféré dans l'église de Saint-Pierre-le-Vieux de Strasbourg. En 1444, les habitants de Rhinau se défendirent vaillamment contre les Armagnacs. En 1592, la « Guerre des évêques » bat son plein. 2500 Suisses, essentiellement des Bernois et des Zürichois, arrivent en renfort des troupes du magistrat protestant de Strasbourg. Elles attaquent les troupes du catholique duc de Lorraine. Le 20 juillet, sept compagnies de lansquenets sont lancées sur les positions lorraines à Erstein. Au passage, ils incendient Fegersheim et Rhinau.En 1610 Rhinau fut incendié par les troupes de l'Union. Par suite du traité de Westphalie, ses fortifications furent détruites. Au XVIIIe siècle, le chapitre comprenait les paroisses d'Artolsheim, Richtolsheim, Rosfelden (Rossfeld), Bindernheim, Diebolsheim, Eschau, Wibolsheim, Gerstheim, Obenheim, Herbsenheim (Herbsheim), Hültzheim (Holtzheim), Illkirch, Mussig, Neunkirch, Friesenheim, Witternheim, Zelsheim[2], Plobsheim, Rhinau, Boofzheim, Sassenheim, Schœnau, Sundhouse, Swabsheim (Schwobsheim), Bœsenbiesen, Wittisheim, Baldenheim, et Muttersholtz.Au mois de décembre 1749, les eaux du fleuve, étant devenues extraordinairement basses, on put distinguer les restes de l'ancienne ville.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Rhinau

Les armes de Rhinau se blasonnent ainsi :
« D'azur à la Vierge assise et auréolée d'or, tenant de sa dextre une rose de gueules et de sa senestre l'Enfant Jésus nimbé aussi d'or, accostée de deux tourelles couvertes et pavillonnées d'argent, maçonnées de sable. »[3].

Situation réglementaire[modifier | modifier le code]

La ville de Rhinau était autrefois classée en zone rouge, à la suite d'une grande délinquance. Aujourd'hui, malgré une présence policière plus importante, la ville comporte toujours des soucis à ce niveau-là.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995   Danièle Meyer UDF puis Modem conseillère régionale jusqu'en 2010
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 693 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 112 1 212 1 133 1 368 1 434 1 466 1 438 1 519 1 562
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 462 1 458 1 459 1 445 1 419 1 495 1 507 1 567 1 620
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 614 1 679 1 736 1 568 1 618 1 627 1 683 1 483 1 555
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
1 681 1 770 2 216 2 331 2 286 2 348 2 580 2 613 2 693
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique

Jumelages[modifier | modifier le code]

Chœur gothique, vestige de l'ancienne église du XVIe siècle détruite lors des combats de décembre 1944</a>

Drapeau de la France Beaumont-du-Périgord (France) (Dordogne)

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Michel[modifier | modifier le code]

La ville de Rhinau ayant subi de nombreuses destructions au cours de 1944, y compris l'église, les années cinquante sont consacrées à la reconstruction de la ville. La nouvelle pierre de l'église est posée le 11 décembre 1955.

Statue de Saint-Michel[modifier | modifier le code]

Colonne de la Vierge[modifier | modifier le code]

Une haute colonne dominée par une statue dorée de la Vierge, c'est la « Mariensaüle am Rhein ». Ce monument nous raconte un autre drame. Le 13 août 1861, vers 9 heures du matin, Louis Hilsz, sa fille Marie-Anne et André Boehli naviguaient sur le Rhin, transportant une lourde cargaison de pierres. Le Rhin était assez violent ce jour et la barque, trop chargée, chavira. Les malheureux furent emportés par le courant et périrent noyés. Toute la ville fut touchée par ce drame et décida d'élever un monument à leur mémoire. La Vierge, consolatrice de toute détresse, fut prise pour symbole et le monument inauguré le 8 septembre 1862. La colonne est taillée dans la pierre blanche de la région de Phalsbourg et imite la colonne de la Piazza di Spagna de Rome, elle est l'œuvre du sculpteur Feuerstein de Barr. Un verset du prophète Isaïe est taillé dans le socle de la colonne : « Si tu passes à travers les eaux, je serai avec toi, à travers les fleuves, ils ne te submergeront pas »

Distillerie[modifier | modifier le code]

Bac automoteur transfrontalier[modifier | modifier le code]

Bac automoteur transfrontalier entre la France et l'Allemagne. L'origine de la nécessité de ce bac automoteur est d'assurer l'exploitation des 997ha de terres rhinoises situées sur la rive allemande. De fait, le passage est prioritaire pour les engins agricoles en vu de cette exploitation. Il charge 27 voitures et fait une navette toutes les 15 min. Gratuit toute l'année. Il ne prend pas les véhicules d'un poids supérieur à 3,5 tonnes, excepté les engins agricoles.

Bac de Rhinau approchant de la rive allemande.

Centrale hydroélectrique[modifier | modifier le code]

La construction de la centrale hydraulique et du grand canal d'Alsace a eu pour conséquence l'apparition d'une île de 10 km de long comprise entre celui-ci et l'ancien cours du Rhin. La partie Sud de cette île a été classée réserve naturelle afin de prendre en compte l'exceptionnelle richesse faunique et floristique de ce site. Accès libre de la salle des machines depuis une passerelle d'exposition.

Île de Rhinau[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle nationale de l'île de Rhinau (RNN106) est une réserve naturelle nationale d’Alsace ; elle a été créée en 1991 et occupe une superficie de 306,72 hectares.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jacques de Hochstatt : Né à Rhinau, il commenta les livres de sentences et brilla en 1360 avec son ouvrage Lycosthenes in Elencho
  • Beatus Rhenanus : Editeur, écrivain, avocat humaniste, ami d'Erasme de Rotterdam. Son père, Antoine Bild, était boucher et relativement aisé bien qu'il eût peu d'instruction. Originaire de Rhinau (d'où son surnom Rhinower, que son fils latinisera en Rhenanus quand il aura vingt ans), il émigra à Sélestat dont il devint citoyen avant d'être un des bourgmestres. Aujourd'hui une rue porte son nom à Rhinau.
  • Ignace Jehl : Ancien maire, propriétaire-agriculteur, né le 7/10/1799 à Rhinau et décédé le 26/09/1883 à Rhinau. Il était maire de cette ville quand ses opinions républicaines le firent inscrire sur la liste du parti avancé dans le département du Bas-Rhin, dont il fut élu, le 13 mai 1849, le représentant à l'Assemblée législative, le 5e sur 12, par 37,058 voix (95,863 votants, 146,942 inscrits)[réf. nécessaire]. Il siégea à la Montagne, et signa la protestation contre les affaires de Rome ainsi que l'appel aux armes ; toutefois, il ne fut pas impliqué dans les poursuites dirigées contre plusieurs représentants après la journée du 13 juin, conserva son siège à la gauche de l'Assemblée, et vota jusqu'au bout avec la minorité démocratique. Le coup d'État du 2 décembre 1851 le rendit à la vie privée. Aujourd'hui une place porte son nom à Rhinau[6].
  • Maryse Hilsz (Marie-Antoinette Hilsz) : Née en 1903 à Levallois-Perret,grande aviatrice française n'ayant pas eu de lien direct avec la commune de Rhinau,mais dont la famille était originaire de Rhinau

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Racontez-moi Strasbourg, les très riches heures d'une ville libre, Guy Trendel, La Nuée Bleue, 2006, p. 161
  • La toponymie alsacienne, Jean Schweitzer, Éditions Jean-Paul Gisserot, 2001, 123 pages

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Laguille dans son Histoire d'Alsace,signale que Rhinau fut une ville considérable
  2. Zelsheim = hameau de la commune de Friesenheim
  3. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.newgaso.fr (consulté le 24 mai 2009)
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  6. Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (A. Robert et G. Cougny)


Liens externes[modifier | modifier le code]

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