Hanan Ashrawi

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Hanan Ashrawi en 2007.

Hanan Daoud Khalil Ashrawi, née Hanan Mikhaïl (en arabe : حنان عشراوي) le à Naplouse, est une Palestinienne, de famille anglicane, qui exerce dans l'enseignement supérieur et est connue comme une des porte-parole palestiniennes les plus éloquentes[réf. nécessaire]. Dans son activité intellectuelle aussi bien que dans son activité politique, elle a été la disciple puis la collègue d'Edward Saïd (1935-2003) dont elle était devenue une grande amie. À l'occasion des élections législatives palestiniennes de janvier 2006, elle a été réélue au Conseil législatif palestinien sur une liste nationale, « la Troisième voie », qui a obtenu deux sièges sur un total de 132.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et éducation[modifier | modifier le code]

Hanan Mikhaïl est née à Naplouse, qui relevait alors de la Palestine mandataire. Son père, le docteur Daoud Mikhaïl, originaire de Ramallah, a été par la suite un des fondateurs de l'Organisation de libération de la Palestine. Sa mère, Wadi'a Ass'ad, était une chrétienne fervente d'ascendance libanaise.

Dans sa jeunesse, Hanan Ashrawi fréquenta la Friends Girls School de Jérusalem, une institution quaker où ses quatre sœurs étudiaient également. Elle reçut sa licence (bachelor) et sa maîtrise en littérature au département d'anglais de l'université américaine de Beyrouth. Elle obtint un doctorat en littérature médiévale et littérature comparée à l'université de Virginie.

Elle revint dans son pays en 1973 pour créer le département d'anglais de l'Université de Birzeit en Cisjordanie, juste au moment où l'université se transformait : alors collège universitaire de deux ans, elle devenait une institution de quatre ans avec un niveau plus élevé. Elle dirigea ce département de 1973 à 1978 puis de nouveau de 1981 à 1984 ; de 1986 à 1990 elle est doyen de la Faculté des lettres. Jusqu'en 1995 elle resta membre de l'Université de Birzeit, publiant de nombreux poèmes, des récits courts, des études et des articles sur la culture palestinienne, la littérature et la politique, dont notamment une Anthologie de la Littérature palestinienne, une Brève Histoire de la Palestine moderne : introduction au criticisme pratique, la Littérature palestinienne contemporaine sous l'Occupation, La poésie et la fiction dans la Palestine contemporaine et Traduction littéraire : théorie et pratique.

Activité politique[modifier | modifier le code]

L'activisme politique de Mme Ashrawi dans les territoires palestiniens commença presque avec sa carrière d'enseignante à Birzeit. En 1974, alors que l'université subissait des fermetures intermittentes du fait des militaires israéliens, elle fonda le projet « Comité d'Assistance judiciaire et action pour les Droits de l'homme de l'Université de Birzeit ». Son travail politique fut fortement stimulé en 1988 pendant l'insurrection de l'Intifada, dont elle rejoignit le comité politique, travaillant aussi dans son comité diplomatique jusqu'en 1993. De 1991 à 1993, elle exerça les fonctions de porte-parole officiel de la Délégation palestinienne au processus de paix du Moyen-Orient et comme membre du conseil dirigeant de la délégation.

De 1993 à 1995, après la signature des accords de paix entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin, l'autonomie palestinienne fut établie et Mme Ashrawi fut placée à la tête du Comité préparatoire de la commission palestinienne indépendante pour les droits des citoyens à Jérusalem. Hanan Ashrawi travailla aussi à partir de 1996 comme membre élu par le district de Jérusalem au Conseil législatif palestinien.

En 1996, Mme Ashrawi fut nommée ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche par l'Autorité palestinienne, mais elle démissionna de ce poste en 1998 pour protester contre la corruption politique, et en particulier contre la manipulation par Arafat des entretiens de paix.

En 1998, Mme Ashrawi fonda MIFTAH, Initiative palestinienne pour la Promotion du Dialogue mondial et de la Démocratie, un mouvement qui travaille pour le respect des droits de l'homme, la démocratie et la paix. MIFTAH ("clef" en arabe) reflète le désir d'Ashrawi de mettre fin à l'occupation israélienne pour des raisons humanitaires, plutôt qu'historiques ou idéologiques.

En 2003, Hanan Ashrawi a reçu le Sydney Peace Prize, attribution qui a créé une controverse : les Australiens conservateurs dénoncèrent en effet le choix d'Hanan Ashrawi qu'ils considéraient comme faisant l'apologie du terrorisme.

En 1995, Mme Ashrawi a publié un ouvrage de mémoires, This Side of Peace: A Personal Account (ISBN 0-684-80294-5).

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Hanan Ashrawi est mariée à Émile Ashrawi, photographe qui est plus jeune qu'elle de 5 ans, dont elle a eu deux filles, Amal (née en 1977) et Zeina (née en 1981)[1].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]