Crac de Montréal

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Crac de Montréal
Image illustrative de l'article Crac de Montréal
Le «Mont Réal»
Nom local al-Shawbak
Début construction 1115
Propriétaire initial Baudouin Ier de Jérusalem
Coordonnées 30° 31′ 53″ N 35° 33′ 39″ E / 30.531372, 35.56085 ()30° 31′ 53″ Nord 35° 33′ 39″ Est / 30.531372, 35.56085 ()  
Pays Jordanie Jordanie
Royaume de Jérusalem Seigneurie d'Outre-Jourdain

Géolocalisation sur la carte : Jordanie (administrative)

(Voir situation sur carte : Jordanie (administrative))
Crac de Montréal

Le krak de Montréal ou de Mont Réal, aussi appelé par les historiens arabes Karac el Chobac, château d'al-Shawbak[1] ou de Schaubak[2] est un château fort datant du XIIe siècle, à l'époque des croisades. Il est situé dans le région d'Édom (« Idumée ») à environs 50 km au sud-ouest de la Mer Morte. Les ruines d'al-Shawbak[Notes 1] sont situées en Jordanie.

Situation[modifier | modifier le code]

Situé à 228 km au sud d’Amman, le « crac de Montréal »[Notes 2] domine la vallée de l'Arabah et contrôlait les voies commerciales reliant l'Égypte, la Péninsule Arabique et la Mer Rouge[3].

Outre l'aspect stratégique de sa position, le château de dresse sur une montagne qui posséde deux sources[1], au cœur d'une grande oasis très fertile [3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Une tour à archères

La forteresse a été construite en 1115 par Baudouin Ier de Jérusalem, lors d'une expédition dans la région[1], « à une époque où les croisés ne possédaient encore aucune terre au delà du Jourdain ». Après s'être particulièrement impliqué dans sa construction, Baudouin Ier en remit la garde et les droits seigneuriaux au chevalier Romain du Puy[2] qui pris le titre de « seigneur de la Terre au Delà du Jourdain ».

Son successeur fut le dénommé Payen le Bouteiller qui consolidât ses positions en édifiant en 1142 le « crac des Moabites »[2]

Si la première moitié du XIIe siècle est pour le Crac de Montréal une période de développement, de prospérité et de paix relative, à partir de 1169, prise en étau entre l'Égypte de Saladin et la syrie de Nur ad-Din et plusieurs fois assiégées, la situation de la citadelle se détériore[2]. En 1174, le chevalier Renaud de Châtillon, prince d'Antioche consort et qui venait de passer seize ans prisonnier de Nur ad-Din à Alep devient seigneur consort d'Outre-Jourdain.

En avril 1187, plus de 12 000 musulmans assiègent les cracs de Montréal et des Moabites[1]. En juillet 1187, Renaud de Châtillon est fait prisonnier avec son beau-fils Homfroy IV de Toron à la bataille de Hattin et décapité par Saladin en personne. Des négociation sont menées avec sa veuve Étiennette de Milly afin d'échanger son fils Homfroy contre la capitulation d' Al Karak et Montréal. Les garnisons concernées refusèrent le marché. Après un an et demi de siège, entre avril et juin 1189 les assiégés, « réduits à la plus horrible famine et rendus aveugles par le manque de sel »[1], durent rendre les armes et Saladin s'empara de la forteresse.

La citadelle fut donnée par Saladin à son frère Malec Adel et forma dès lors une principauté dont les émirs prirent quelquefois le titre de Sultan. L'endroit fut considéré par la suite comme une des principales places de l'islamisme[2]

Le fort a par la suite été occupés par les mamelouks[3] de 1250 à 1517[4] et occupé tout au long de l'Empire ottoman.

Le Crac de Montréal fut en partie détruit par Ibrahim Pacha lors de son occupation du Levant en 1840[3].

Description[modifier | modifier le code]

L'intérieur de l'enceinte du château

Construite grâce à la pierre calcaire[4] extraite des carrières de la région, la forteresse aurait possédé trois murs d’enceinte, dont un seul un subsiste actuellement. Des glacis aux pierres taillées et polies pavaient les pentes naturelles de la montagne afin d'en rendre l'escalade difficile[3].

La cour intérieure renferme divers bâtiments plus ou moins bien conservé, notamment deux églises, une mosquée, un pressoir et une citerne. Un tunnel conduit à une source d'eau potable grâce à un escalier en colimaçon de plus de 300 marches[3].

Chacune des tours rectangulaire ou circulaire possède trois étages et de nombreuses pièces.

Soumis à graves dommages au cours des siècles en raison des tremblements de terre, de la désertification et de l'érosion, le crac de Montréal est gravement menacé dans sa conservation[4]

Notes[modifier | modifier le code]

Les ruines de la forteresse
  1. arabe : aš-šawbak, الشوبك, l'entrelacs, la nasse
  2. latin : Mons regalis, Mont royal. Le terme « krak » dérive du syriaque karak signifiant « forteresse »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Maxime Goepp, « Forteresses d'Orient », sur www.orient-latin.com (consulté le 6 mars 2014)
  2. a, b, c, d et e Jack Bocar, « Les Seigneurs du Crac de Montréal », sur templierscroisades.free.fr (consulté le 11 mars 2014)
  3. a, b, c, d, e et f « Patrimoine méditerranéen : château d'al-Shawbak », sur http://www.qantara-med.org (consulté le 11 mars 2014)
  4. a, b et c (an) Nafeth A. Abdel Hadia et Monther A. Abdel Hadib, « Rehabilitation of Al-Shawbak Castle Using El-Lajjun BituminousLimestone Ash Mortars and Plasters », Jordan Journal of Earth and Environmental Sciences, vol. 4, no 2,‎ janvier 2012, p. 1 à 6 (ISSN 1995-6681, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Maxime Goepp, Forteresses d'Orient, Mont Real
  • Collectif, La Méditerranée des Croisades, Citadelles & Mazenod, 2000 ;
  • Paul Deschamp, Terre Sainte Romane, Zodiaque, 1964.