Andreï Jdanov

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Andreï Jdanov en 1939.
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Andreï Aleksandrovitch Jdanov (en russe : Андрей Алекса́ндрович Жданов), né le 16 février 1896 à Marioupol (Ukraine) et mort le 31 août 1948 à Moscou, est un homme politique soviétique, proche collaborateur de Joseph Staline. Il a joué un grand rôle dans la politique culturelle de l'URSS.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jdanov a adhéré à la faction bolchevik du Parti ouvrier social-démocrate de Russie en 1915 et a gravi les échelons du parti. Il en devint ainsi le secrétaire général à Léningrad après l'assassinat de Sergueï Kirov en décembre 1934.

En vacances au moment de l'invasion allemande le 22 juin 1941, il regagne rapidement Léningrad, où il doit gérer le siège de la ville, long de près de 900 jours, et au cours duquel 1 800 000 personnes trouvèrent la mort.

Au nom du « réalisme socialiste », il entreprend d'écraser le semblant de vitalité des arts qu'avait connu l'URSS à la faveur de la Seconde Guerre mondiale, jusqu'en 1946. Ainsi, il supervise jusqu'à sa mort le contrôle politique sur les livres, les films, la musique et les tableaux, réduisant nombre des plus grands artistes soviétiques au désespoir. L'aspect artistique s'efface devant l'exaltation de l'édification du socialisme, selon une pratique qui, après la fin de la Seconde Guerre mondiale, est directement associée à son nom, le « jdanovisme ».

En 1947, il organise le Kominform, dont le but était la coordination des partis communistes en Europe. À l'occasion de cette création, il jette les bases de la politique soviétique de Guerre froide : la doctrine Jdanov. Cette dernière, à l'instar de la doctrine du Containment de Harry S. Truman (la même année), voit la séparation du monde en deux camps. Pour Jdanov : « le camp impérialiste et antidémocratique, le camp anti-impérialiste et démocratique ».

Il meurt en août 1948 ; sa mort semble liée à l'alcoolisme dont il souffrait, sans que l'on puisse écarter l'hypothèse d'un assassinat politique.

Sa mort est particulièrement profitable à Nikita Khrouchtchev, alors en semi-disgrâce, et à Malenkov, rival de Jdanov. Elle prive en outre Léningrad de son principal protecteur, ce qui permet à Malenkov et Beria de déclencher l'Affaire de Léningrad. Cette machination se solde, entre autres, par l’exécution de Nikolaï Voznessenski et d'Alexeï Alexandrovich Kouznetsov, deux de ses « poulains » et candidats potentiels ultérieurs à la succession de Staline.

Staline profite également de sa mort et de celles de plusieurs autres dirigeants communistes, tels Dimitrov et Alexandre Chtcherbakov, pour mettre en cause les « médecins juifs ». Le 13 janvier 1953, la Pravda publie un communiqué du PCUS accusant un « complot juif » organisé par des médecins contre des cadres du Parti, dont Andreï Jdanov.

Article détaillé : Complot des blouses blanches.

Par ailleurs, Staline renomme en 1948 la ville ukrainienne de Marioupol, du nom de celui qu'elle a vu naître, Jdanov. Elle retrouve son nom original en 1989. La gigantesque statue d'Andreï Jdanov est déboulonnée en 1990.

L'université de Léningrad a porté son nom de 1948 à 1989.

Article connexe[modifier | modifier le code]