Domrémy-la-Pucelle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections « Domrémy » redirige ici. Pour les autres significations, voir Domrémy (homonymie).
Domremy-la-Pucelle
Basilique du Bois Chênu.
Basilique du Bois Chênu.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Vosges
Arrondissement Neufchâteau
Canton Neufchâteau
Intercommunalité Communauté de communes de l'Ouest Vosgien
Maire
Mandat
Daniel Coince
2014-2020
Code postal 88630
Code commune 88154
Démographie
Gentilé Domrémois
Population
municipale
126 hab. (2014)
Densité 14 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 26′ 35″ nord, 5° 40′ 33″ est
Altitude 270 m
Min. 268 m
Max. 407 m
Superficie 8,99 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Vosges

Voir sur la carte administrative des Vosges
City locator 14.svg
Domremy-la-Pucelle

Géolocalisation sur la carte : Vosges

Voir sur la carte topographique des Vosges
City locator 14.svg
Domremy-la-Pucelle

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Domremy-la-Pucelle

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Domremy-la-Pucelle

Domrémy-la-Pucelle — ou Domremy-la-Pucelle[1] — est une commune française située dans le département des Vosges en Lorraine. La commune de l'arrondissement de Neufchâteau fait aujourd'hui partie de la région administrative Grand Est.

Domremy-la-Pucelle est connue pour être la patrie de Jeanne d'Arc.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune est limitrophe de cinq communes, dont une, Les Roises, est située dans le département voisin de la Meuse.

Communes limitrophes de Domrémy-la-Pucelle
Les Roises (Meuse) Greux
Seraumont Domrémy-la-Pucelle Maxey-sur-Meuse
Coussey

Hydrographie et relief[modifier | modifier le code]

La commune est située dans la vallée de la Meuse au nord de Coussey. Le territoire communal englobe vers l'ouest une éminence boisée culminant à 407 m (le bois de Domrémy) et qui domine Les Roises, une petite commune meusienne.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté au XIe siècle sous la forme latinisée Domnum Remigium, puis Dompremy la Pucelle en 1578[2].

S'il existait un toponyme gaulois antérieur, il a disparu comme plusieurs milliers d'autres en Gaule sans laisser aucune trace. La formation toponymique actuelle date du Moyen Âge. Il s'agit d’un composé en Dom-, élément fréquemment rencontré dans la toponymie médiévale et signifiant « saint » au sens de dédicace de la paroisse, suivi du nom de saint Remy auquel est d'ailleurs consacré la paroisse[2], d'où la forme latinisée Remigius qui est précisément le nom de Remi (Remy ou Rémy) en latin. Le terme masculin dom, issu du latin dom[i]nus a disparu de l'usage commun, alors que sa forme féminine Dame s'est perpétuée dans le français moderne. Le a de dame, vocable issu du latin dom[i]na, est lié au phénomène de l'haplologie. On trouve également en toponymie la forme altérée Dam- comme dans Dammartin par exemple.

Domremy est un type toponymique fréquent puisqu'on trouve Domremy-Landéville (Haute-Marne, Domnus Remigius XIe siècle) ; Domremy-aux-Bois (Marne, Domnus Remigius en 1047) ; Domremy-la-Canne (Meuse, Domnus Remigius en 1064) ; ainsi que Dompremy (Marne, Damremigius en 1161)[2]. En outre Dom- se retrouve dans les nombreux Dommartin Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Domjean, Domptail, Domprix, etc., tous formés avec un nom de saint[2].

La prononciation rémoise parfaitement constante depuis des siècles est « Remi » (et non « Rémi »). Remy (rarement Remi) est par ailleurs un nom de baptême et un patronyme très fréquemment attesté depuis un millénaire. Dans une monographie sur Jeanne d'Arc[3], Jérôme Estrada écrit : « Il est inexact d’écrire Domrémy avec un accent. L’« e » initial de Remigius étant libre — c’est-à-dire suivi d’une seule consonne — s’est affaibli en « e » sourd en français ». En réalité ce e intervocalique était devenu muet en français, d'où la prononciation ancienne « r'nard » pour renard, « s'cret » pour secret, « p'tit » pour petit. L'articulation du e [ø] est une réaction moderne, on devait dire « r'mi ». C'est pourquoi il faut écrire Remy comme renard ou secret sans accent aigu. Alain Litaize, de l’université de Nancy, pense que « la règle qui prévaut veut que l’on retienne la prononciation locale ». En la matière, les Domremois, à commencer par leur maire, Daniel Coince, et l’ancien recteur de la basilique Jean Mengin prononcent « dom-re-mi ».

Le sénateur Albert Voilquin fit passer au pilon tous les timbres de la maison de Jeanne d’Arc édités en 1970 parce qu’il y avait un accent aigu sur le e[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le lieu était habité à l'époque celte comme le montrent certaines murailles et tumuli antiques[5].

Au XVe siècle, du vivant de Jeanne d'Arc, la paroisse[6] était divisée en deux parties : l'une dépendait du comté de Champagne, française, l'autre du Barrois mouvant. La jeune Jeanne d'Arc aimait se rendre en la chapelle de Bermont, près de Greux, pour prier, comme à l'église de Domrémy où elle avait reçu le baptême. Ses voix, qui l'initièrent à sa mission et l'accompagnèrent dans son action – les saintes Catherine d'Alexandrie, Marguerite d'Antioche et saint Michel Archange – étaient pour elle des figures familières du voisinage, voire familiales, ce qui contribua à ouvrir la psychologie de la jeune adolescente à la vocation hors norme qui fut la sienne.

Domrémy – ou du moins la partie dans laquelle se trouvait la maison de Jeanne d'Arc, à savoir la partie nord du village – fut exempté d'impôts par Charles VII après son couronnement lors de l'anoblissement de Jeanne d'Arc. En 1571, le village de Domrémy fut officiellement rattaché à la Lorraine et perdit le privilège (le duché de Lorraine relevait du Saint-Empire romain germanique). Il fut rattaché au royaume de France près de deux siècles plus tard sous Louis XV. En revanche, le village de Greux demeura territoire français et conserva le privilège jusqu'en 1766. La paroisse de Domrémy devint en 1578 Domrémy-la-Pucelle. Elle passa au statut de commune à la Révolution française.

La commune a connu trois manifestations de masse en l'honneur de Jeanne d'Arc entre 1937 et 1939, organisées par le député Marcel Boucher et les Compagnons de Jeanne d'Arc.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La Meuse grossie par les pluies d'automne.

Budget et fiscalité 2014[modifier | modifier le code]

En 2014, le budget de la commune était constitué ainsi[7] :

  • total des produits de fonctionnement : 126 000 , soit 870 par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 119 000 , soit 817 par habitant ;
  • total des ressources d’investissement : 31 000 , soit 214 par habitant ;
  • total des emplois d’investissement : 44 000 , soit 302 par habitant.
  • endettement : 3 220 000 , soit 2 219 par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d’habitation : 19,59 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 5,82 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 11,07 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
  mars 1995 Pierre Milési   Négociant en métaux
mars 1995 en cours
(au 18 février 2015)
Daniel Coince DVD  

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[9],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 126 habitants, en diminution de -16,56 % par rapport à 2009 (Vosges : -1,78 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
261 291 340 304 316 324 319 320 307
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
323 311 276 263 288 300 339 308 254
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
267 278 266 279 283 275 240 210 225
1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014 - -
222 199 182 167 153 126 126 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Maison natale de Jeanne d'Arc, classée monument historique depuis la première liste en 1840[12],[13],[14].
  • Église Saint-Rémy[15] : cette église a été « retournée » en 1824, c'est-à-dire que l'entrée actuelle se trouve à la place de l'ancien chœur et que le chœur actuel est à la place de l'ancienne entrée[16]. On peut y voir, sur un pilier, le martyre de saint Sébastien.
  • Basilique du Bois-Chenu ou basilique Sainte-Jeanne d'Arc[17] (du nom du lieu où Jeanne entendit ses voix)[18] et son orgue de Jacquot-Lavergne construit en 1944[19],[20].
  • Centre Johannique, musée. Appuyé sur les découvertes les plus récentes de la recherche, documenté par de nombreux extraits de textes d'historiens renommés et richement illustré de reproductions d'œuvres d'art médiévales ou plus récentes, le Centre d'Interprétation tente de replacer le personnage de Jeanne d'Arc et son épopée dans son contexte historique et, sans en percer totalement le mystère, de l'expliciter par l'étude des mentalités et de l'imaginaire médiéval. On peut y découvrir une vidéo courte résumant la vie de cette grande figure de l'histoire de France (quinze minutes), une plus longue – vision sensible du pays de Jeanne et de son histoire – (une heure) ainsi qu'un théâtre son et lumière, la Chambre des Rois, présentant la guerre de Cent Ans et ses acteurs principaux (dix ou vingt minutes).
  • Carmel de Domrémy construit par l'architecte Louis Sainte-Marie-Perrin. Maurice Barrès dans son livre Les Amitiés françaises[21] évoque ce bâtiment qu'il n'aime pas et y publie deux lettres de l'architecte.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jeanne d'Arc (née à Domrémy en 1412, brûlée à Rouen en 1431), en l'honneur de laquelle Domrémy fut rebaptisée Domrémy-la-Pucelle.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D’azur à une épée d’argent garnie d’or mise en pal, surmontée d’une couronne et accostée de deux fleurs de lys le tout d’or.
Commentaires : Ce sont les armes de Jeanne d’Arc. Pierre-Dié Mallet, oblat bénédictin, proposait d'ajouter à ce blason un chef de gueules à un saint Rémi d’argent mais la commune n’a pas retenu ce dessin[24].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Intérieur de la maison natale de Jeanne d'Arc.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catherine Guyon (dir.) et Magali Delavenne (dir.), De Domrémy... à Tokyo : Jeanne d'Arc et la Lorraine : actes du colloque universitaire international, Domrémy et Vaucouleurs, 24-26 mai 2012, Nancy, Presses Universitaires de Nancy - Éditions universitaires de Lorraine, coll. « Archéologie, espaces, patrimoines », , 408 p. (ISBN 978-2-8143-0154-2, présentation en ligne).
  • Siméon Luce, Jeanne d'Arc à Domremy : recherches critiques sur les origines de la mission de la Pucelle, accompagnées de pièces justificatives, Paris, Honoré Champion, , CCCXIX-416 p., In-8 ° (lire en ligne).
  • Pierre Marot, Le pays de Jeanne d'Arc, Ingersheim, Éditions Alpina, (1re éd. 1951), 64 p.
  • Pierre Marot, Le culte de Jeanne d'Arc à Domremy : son origine et son développement, Nancy, Éditions du Pays lorrain, , 63 p.
  • Pierre Marot, Jeanne la bonne Lorraine à Domrémy : la marche de la Haute-Meuse, la mission de Jeanne d'Arc, souvenir et culte de l'héroïne dans son pays, Ingersheim, Éditions S.A.E.P., , 123 p.
  • Pourquoi Domrémy la Pucelle.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'orthographe sans accent n'est pas retenue par l'Insee contrairement aux autres Domremy Ce lien renvoie vers une page d'homonymie de France.
  2. a, b, c et d Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 249-250.
  3. Jérôme Estrada, « Jeanne d’Arc. Une vie, un mythe, des énigmes. » dans Hors série Est Républicain/Vosges Matin.
  4. Gérard Kopf, « Domremy : une question d’accent », Vosges Matin,‎ (lire en ligne).
  5. Le passé celte de Domrémy.
  6. Domremy-la-Pucelle : paroisse Sainte-Jeanne-d'Arc-Saint-Élophe.
  7. Les comptes de la commune.
  8. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  12. Notice no PA00107138, base Mérimée, ministère français de la Culture Maison de Jeanne d'Arc : classement par liste de 1840.
  13. (fr) Jeanne d'Arc à Domremy dans les Vosges.
  14. Visite à Domremy-la-Pucelle sur les traces de Jeanne D'arc.
  15. Notice no PA00107137, base Mérimée, ministère français de la Culture L'église : classement par arrêté du .
  16. Église natale de Jeanne d’Arc.
  17. Basilique Sainte-Jeanne-d’Arc de Domremy.
  18. Notice no PA88000042, base Mérimée, ministère français de la Culture Basilique Sainte-Jeanne d'Arc ou du Bois-Chenu : inscription par arrêté du .
  19. Association d’Étude pour la Coordination des Activités Musicales (ASSECARM), Orgues Lorraine Vosges, Metz, Éditions Serpenoise, , 677 p. (ISBN 2-87692-093-X), p. 251 à 253
    Présentation de l'orgue de la Basilique
    .
  20. Orgue de l'église sainte-Jeanne d'Arc.
  21. Paris, éditions Émile-Paul Frères, 1918, p. 162 et notes p. 282-285.
  22. Saint Eliphe (Élophe).
  23. Saint Élophe.
  24. U.C.G.L. les blasons des Vosges.