Cyprinidae

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Les Cyprinidés (Cyprinidae) forment la plus grande famille de poissons d'eau douce, comprenant environ 3 000 espèces réparties dans 370 genres[1],[2]. Ces espèces ont une importance considérable du fait de leur pêche et de leur élevage en pisciculture pour l'alimentation humaine et en aquariophilie. La famille des cyprinidés regroupe notamment les carpes, les goujons, les vairons et associées (les barbes – comme les barbus - et barbeaux, etc.), ainsi que les poissons rouges. Communément appelée famille des carpes ou famille des ménés, ses membres sont également connus comme les cyprinidés. La famille appartient à l'ordre Cypriniformes, dont les familles et genres regroupent plus des deux–tiers des espèces de poissons connus[2],[1],[3]. Le nom de famille est un dérivé du grec ancien « kyprinos » (κυπρῖνος) = « carpe »).

Dénomination[modifier | modifier le code]

Pour désigner certaines espèces, on utilise des termes vernaculaires : carpe, ménés ou vairons, brème, barbeau, goujon, carassin, poisson rouge… Comme plusieurs espèces ont été domestiquées, il existe en outre de nombreux noms de sous-espèces. Le terme « carpe » peut être utilisé génériquement pour désigner toute la famille, voire l'ordre[4].

Le premier à utiliser le terme « cyprinidés » semble être Antoine Risso en 1825 dans Ichthyologie de Nice d'après Louis Agassiz[5].

Origines de cette famille et variations des tailles[modifier | modifier le code]

Les poissons de cette famille sont originaires d'Amérique du Nord, d’Afrique et d’Eurasie. Le plus grand membre est la barbe géante, Catlocarpio siamensis, qui peut atteindre jusqu'à 3 m de longueur et 300 kg[6]. La plus grande espèce d'Amérique du Nord semble être la « sauvagesse du Colorado », Ptychocheilus lucius, dont les plus grands spécimens reportés mesuraient jusqu'à 1,8 m de long[7], semble-t-il pour un poids de plus de 45 kg. De nombreuses espèces sont plus petites, ne dépassant pas les 5 cm. Le plus petit poisson connu est Paedocypris progenetica, qui n'atteint pas plus de 1,3 cm de longueur[8].

Description[modifier | modifier le code]

Cette famille de poissons est caractérisée par une tête forte, une bouche peu fendue, un corps écailleux, la nageoire dorsale précédée d'un rayon osseux, et la nageoire anale armée d'un fort aiguillon[5].

Les cyprinidés sont des poissons munis de mâchoires édentées avec un estomac restreint (à digestion moindre). La nourriture est efficacement mâchée par les branchies du dernier arc spécialisé. Ces dents pharyngées permettent au poisson de faire des mouvements de mastication contre une plaque de mastication, formée par une plaque osseuse du crâne. Les dents pharyngées sont spécifiquement présentes chez un certain nombre d’espèces et sont utilisées par les spécialistes pour déterminer ces espèces. Ces puissantes dents pharyngées permettent aux poissons comme la carpe ou l’ide commun de manger des appâts durs tels que des escargots et des bivalves.

Chez les cyprinidés l’ouïe est un sens bien développé. Depuis l'organe Wébérien, trois véritables apophyses spécialisées transfèrent le mouvement des gaz de la vessie vers l'oreille interne. Ces apophyses sont également utilisées pour le déplacement dans la colonne d’eau, elles régulent les mouvements de la vessie et du flux gazeux en fonction des conditions atmosphériques ou des changements de profondeur.

Les cyprinidés sont physostomes : chez les spécimens adultes la vessie natatoire est capable d’emmagasiner des excès de gaz qui peuvent être utilisés de manière plus modulable, permettant ainsi aux poissons de se déplacer plus librement et rapidement dans la colonne d’eau et sans risque que la vessie explose (à l’inverse physoclisti).

Presque toutes les espèces de cette famille sont pondeuses d’œufs coulants et ne les surveillent pas. Cependant quelques espèces construisent des nids et/ou gardent les œufs. Les Acheilognathinae sont remarquables pour la dépose de leurs œufs dans des mollusques bivalves, où les jeunes croissent jusqu'à être capables de se débrouiller par eux-mêmes.

Nutrition[modifier | modifier le code]

La plupart des cyprinidés se nourrissent principalement d'invertébrés et de végétation, probablement en raison de l'absence de dents et de leur l’estomac restreint ; mais certaines espèces, comme Aspius aspius, sont spécialisées à tendance piscivore. De nombreuses espèces (Leuciscus idus, Scardinius erythrophthalmus) mangent de petits poissons une fois qu’ils atteignent une certaine taille. Certaines petites espèces, comme Leucaspius delineatus, peuvent manger des larves de grenouilles communes dans des circonstances artificielles ou en milieux clos.

Certains poissons comme la carpe sont spécialisés végétariens, d'autres comme le Chondrostoma nasus sont algivores (ou alguivores = qui mangent les algues « chez cette espèce principalement sur les surfaces dures »), tandis que d'autres comme la carpe noire (Mylopharyngodon piceus) se spécialisent dans les escargots, et enfin certains comme la carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix), sont des filtreurs spécialisés. Ces divers modes d’alimentations sont souvent présentés et utilisés comme outils de gestion pour contrôler divers facteurs environnementaux aquatiques, tels que les végétations aquatiques et les maladies transmises par les escargots.

Systématique[modifier | modifier le code]

Phylogénie des Cyprinoidei vivants[9],[10] avec des noms de clade de van der Laan 2017[11].


Psilorhynchidae

Psilorhynchus


Cyprinidae

Probarbinae



Labeoninae

Parapsilorhynchini



Labeonini



Garrini





Torinae




Smiliogastrinae


Cyprininae


Cyprinini



Rohteichthyini






Acrossocheilini




Spinibarbini



Schizothoracini






Schizopygopsini



Barbini










Leuciscidae
Danioninae

?Paedocypridini



?Sundadanionini



Rasborini



Danionini



Chedrini




Leptobarbinae

Leptobarbus



Xenocyprinae

Squaliobarbini



Opsariichthyini



Oxygastrini



Hypophthalmichthyini



Xenocypridini




Tincinae

Tinca





Acheilognathinae


Gobioninae

clade Hemibarbus-Squalidus



Sarcocheilichthyini



Gobionini





Tanichthyinae

Tanichthys


Leuciscinae

Phoxinini



Laviniini



Plagiopterini



Leuciscini



Pogonichthyini











Sous-famille Probarbinae

Sous-famille Labeoninae

Sous-famille Torinae

Sous-famille Smiliogastrinae

Sous-famille Cyprininae [incl. Barbinae]

Sous-famille Danioninae

Sous-famille Leptobarbinae

Sous-famille Xenocypridinae [incl. Cultrinae & Squaliobarbinae]

Sous-famille Tincinae

Sous-famille Acheilognathinae

Sous-famille Gobioninae

Sous-famille Tanichthyinae

Sous-famille Leuciscinae [incl. Alburninae]

Incertae sedis[modifier | modifier le code]

Hemigrammocypris rasborella, de relation incertaine :
Peut-être lié à Aphyocypris.

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Family Cyprinidae - Minnows or carps sur fishbase.org.
  2. a et b Eschmeyer, W.N., Fong, J.D. (2015) Species by family/subfamily in the Catalog of Fishes, California Academy of Sciences (retrieved 2 July 2015).
  3. (en) Joseph Nelson, Fishes of the World, Chichester, John Wiley & Sons, (ISBN 0-471-25031-7)
  4. (en) « Cypriniformes », sur FishBase
  5. a et b Informations lexicographiques et étymologiques de « Cyprinidés » dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  6. Catlocarpio siamensis sur fishbase.org.
  7. Ptychocheilus lucius sur fishbase.se.
  8. Paedocypris progenetica sur fishbase.se.
  9. Ricardo Betancur-Rodriguez, Edward O. Wiley, Gloria Arratia, Arturo Acero, Nicolas Bailly, Masaki Miya, Guillaume Lecointre et Guillermo Ortí, « Phylogenetic classification of bony fishes », BMC Evolutionary Biology, vol. 17, no 162,‎ , p. 162 (PMID 28683774, PMCID 5501477, DOI 10.1186/s12862-017-0958-3)
  10. Lei Yang, Tetsuya Sado, M. Vincent Hirt, Emmanuel Pasco-Viel, M. Arunachalam, Junbing Li, Xuzhen Wang, Jörg Freyhof, Kenji Saitoh, Andrew M. Simons, Masaki Miya, Shunping He et Richard L. Mayden, « Phylogeny and Polyploidy: Resolving the Classification of Cyprinine Fishes (Teleostei: Cypriniformes) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 85, no February 2015,‎ , p. 97–116 (PMID 25698355, DOI 10.1016/j.ympev.2015.01.014, lire en ligne [archive du ], consulté le )
  11. Richard van der Laan, Freshwater fish list, , 23rd éd., 997 p., PDF (ISSN 2468-9157, lire en ligne)
  12. a b et c Lan‐Ping Zheng, Xiao‐Yong Chen et Jun‐Xing Yang, « Molecular phylogeny and systematic revision of Bangana sensu lato (Teleostei, Cyprinidae) », Journal of Zoological Systematics and Evolutionary Research, vol. 57, no 4,‎ , p. 884–891 (DOI 10.1111/jzs.12294, S2CID 190878336)
  13. E Zhang et W Zhou, « Sinigarra napoense, a new genus and species of labeonin fishes (Teleostei: Cyprinidae) from Guangxi Province, South China », Zootaxa, vol. 3586,‎ , p. 17–25 (DOI 10.11646/zootaxa.3586.1.4, S2CID 2027617, lire en ligne)
  14. Y. Huang, J. Yang et X. Chen, « Stenorynchoacrum xijiangensis, a new genus and a new species of Labeoninae fish from Guangxi, China (Teleostei: Cyprinidae) », Zootaxa, vol. 3793, no 3,‎ , p. 379–386 (PMID 24870177, DOI 10.11646/zootaxa.3793.3.6, lire en ligne)
  15. K Borkenhagen, « A new genus and species of cyprinid fish (Actinopterygii, Cyprinidae) from the Arabian Peninsula, and its phylogenetic and zoogeographic affinities », Environmental Biology of Fishes, vol. 97, no 10,‎ , p. 1179–1195 (DOI 10.1007/s10641-014-0315-y, S2CID 14947417)
  16. a et b R. Pethiyagoda, M. Meegaskumbura et K. Maduwage, « A synopsis of the South Asian fishes referred to Puntius (Pisces: Cyprinidae) », Ichthyological Exploration of Freshwaters, vol. 23, no 1,‎ , p. 69–95 (ISSN 0936-9902, lire en ligne)
  17. a b c et d M. Kottelat, « The Fishes of the Inland Waters of Southeast Asia: A Catalogue and Core Bibliography of the Fishes Known to Occur in Freshwaters, Mangroves and Estuaries », The Raffles Bulletin of Zoology, no Supplement No. 27,‎ , p. 1–663 (lire en ligne [archive du ])
  18. R Pethiyagoda, « Haludaria, a replacement generic name for Dravidia (Teleostei: Cyprinidae) », Zootaxa, vol. 3646, no 2,‎ , p. 199 (PMID 26213759, DOI 10.11646/zootaxa.3646.2.9, lire en ligne)
  19. Meemann Chang, « Extraordinarily thick-boned fish linked to the aridification of the Qaidam Basin (northern Tibetan Plateau) », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 105, no 36,‎ , p. 13246–13251 (PMID 18757732, PMCID 2533176, DOI 10.1073/pnas.0805982105 Accès libre, Bibcode 2008PNAS..10513246C)
  20. Ralf Britz, Maurice Kottelat et Heok Tan, « Fangfangia spinicleithralis, a new genus and species of miniature cyprinid fish from the peat swamp forests of Borneo (Teleostei: Cyprinidae) », Ichthyological Exploration of Freshwaters, vol. 22, no 4,‎ , p. 327–335
  21. Yang J, He S, Freyhof J, Witte K, Liu H, « The phylogenetic relationships of the Gobioninae (Teleostei: Cyprinidae) inferred from mitochondrial cytochrome b gene sequences. », Hydrobiologia, vol. 553,‎ , p. 255–66 (DOI 10.1007/s10750-005-1301-3, S2CID 28572859, lire en ligne)
  22. a et b P.G. Bianco et V. Ketmaier, « A revision of the Rutilus complex from Mediterranean Europe with description of a new genus, Sarmarutilus, and a new species, Rutilus stoumboudae (Teleostei: Cyprinidae) », Zootaxa, vol. 3841, no 3,‎ , p. 379–402 (PMID 25082046, DOI 10.11646/zootaxa.3841.3.4, hdl 11573/589382, lire en ligne)