Levée en masse

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Soldats de l'An II, poème de Hugo, dessin de Auger;

En février 1793, la Convention décide la levée en masse de trois cent mille hommes, pris parmi les célibataires ou veufs de 18 à 25 ans. Cela consiste à faire désigner ou à enrôler par le tirage au sort des hommes de tous les départements de France pour servir dans l'armée. La Convention décrète ensuite, le , la levée en masse concernant la tranche d'âge de 25 à 35 ans. Ces levées en masse renforcent considérablement les armées mais suscitent de forts mécontentements populaires régionaux, entraînant des émeutes et insurrections.

Historique[modifier | modifier le code]

Le but de la levée en masse est de faire face à la baisse subite des effectifs de l'armée révolutionnaire française due aux pertes, aux désertions et, plus largement, aux départs massifs des volontaires levés en 1792 pour la durée d'une campagne, qui estiment pouvoir rentrer chez eux, l'ennemi ayant été repoussé hors des frontières.

Cette levée a un effet très favorable pour les armées puisque malgré les résistances et désertions, le nombre d'hommes sous les drapeaux augmente considérablement.

Le , la levée en masse des hommes de 25 à 30 ans est décrétée à la suite du rapport Barère. Alors qu'en , la France n’avait que 200 000 hommes sous les drapeaux, elle en compte 500 000 en juillet, 732 000 en septembre, et 804 000 en décembre 1793 répartis en 15 armées[1], chiffre considérable pour l'époque.

Composée de façon hétéroclite, cette armée est inefficace à l'intérieur du pays. Sur les frontières, les volontaires sont intégrés dans l'armée commandée par les généraux surveillés par le Comité de Salut public. Mais les hommes levés à cette occasion ne permettent pas aux sans-culottes de s'affirmer contre les montagnards, et leur échec participe à l'élimination des sans-culottes par ces derniers. Le Ministère de la Guerre était contrôlé par des proches d'Hébert, notamment par Vincent.

Dans l'armée de ligne recomposée, les hommes sont restés appelés les Soldats de l'an II ou Armée de l'an II en référence à l'année II du calendrier révolutionnaire[2].

Révoltes[modifier | modifier le code]

La levée en masse suscite un fort mécontentement paysan et provoque des émeutes, surtout dans le nord-ouest de la France, qui entraîne le début de la guerre de Vendée[3]. En , des insurrections éclatent en Vendée, en Loire-Atlantique, dans le Maine-et-Loire, dans le Morbihan, dans les Deux-Sèvres et plus partiellement dans la Mayenne, en Ille-et-Vilaine, dans les Côtes d'Armor, dans le Finistère et dans la Sarthe[4]. Les républicains parviennent à mater les insurgés dans les régions au nord de Loire, mais ils échouent au sud du fleuve[3]. Quelques incidents, mais de bien moindre ampleur, sont également signalés dans quelques autres départements : Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Cher, Nièvre, Haute-Vienne, Lot, Gers, Haute-Loire, Lozère, Tarn, Hérault, Somme, Doubs et Bas-Rhin[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Mollat, Histoire de l'Ile-de-France et de Paris, Editions Privat, , 599 p.
  2. L’armée de l’an II : la levée en masse et la création d’un mythe républicain, Alan Forrest, Annales historiques de la Révolution française, 2004
  3. a b et c Gérard 1999, p. 105-109.
  4. Coutau-Bégarie et Doré-Graslin 2010, p. 26.

Lien externe[modifier | modifier le code]