Pizzo (mafia)

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Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec la commune italienne Pizzo en Calabre
L'infiltration mafieuse dans l'économie des provinces italiennes par le prélèvement du pizzo: rouge (pizzo courant), orange (pizzo occasionnel), jaune (pizzo peu pratiqué)

Le pizzo est une forme de racket pratiqué par les mafias italiennes envers les commerçants locaux, une « protection » dans le jargon. Le terme est d’origine sicilienne. Le pizzu est le bec d’un oiseau. Fari vagnari u pizzu, c’est faire tremper le bec, c’est-à-dire demander une petite aide. La Cosa Nostra sicilienne, la 'Ndrangheta en Calabre et la Camorra en Campanie y ont souvent recours.

Une autre signification se réfère au droit d’un contremaître de prélever une partie de la récolte du paysan[1]. « Payer le pizzo », c’est aussi payer en nature, par exemple en l’obligation pour une entreprise à embaucher quelqu’un (souvent un membre d’une organisation criminelle, l’aide obligatoire à des affaires mafieuses et également des contrats avec des entreprises dépendant directement de la mafia[2]).

Ceux qui ne s’exécutent pas peuvent être ruinés. En échange, une protection est assurée, des mafieux locaux peuvent passer outre la bureaucratie et mettre un terme à des conflits avec d’autres entreprises. La collecte du pizzo permet à la Mafia de rester en contact avec la collectivité et de lui permettre d’exercer un contrôle sur son territoire[3].

La Mafia extorque plus de 160 millions d’euros par an à des commerçants ou des entrepreneurs dans la région de Palerme, soit dix fois plus pour l’ensemble de l’île selon les estimations résultant d’enquêtes[4]. Le pizzo concerne à peu près 80 % du commerce de la Sicile[5]. Selon l’université de Palerme, le pizzo s’élève à 457 euros par mois pour un commerce de détail et 578 euros pour les hôtels et restaurants, mais les entreprises de bâtiments sont sollicitées à hauteur de 2 000 euros par mois selon le quotidien Il Sole 24 Ore[6].

Anti-pizzo[modifier | modifier le code]

Libero Grassi, un entrepreneur de Palerme, a été un des premiers à refuser de payer le pizzo. En août 1991, il écrit une lettre au journal local, Il Giornale di Sicilia. Publiée en première page, elle est adressée au « Cher Extorqueur ». L’événement fait du bruit mais, à peine trois semaines plus tard, Grassi est assassiné[7].

En 2004, l’association Addiopizzo s’oppose à la mainmise de la mafia sur la vie politique et économique locale, placardant Palerme avec des affiches où il est écrit : « Un peuple qui paie le pizzo, est un peuple sans dignité ». Ils organisent des manifestations en arborant des tee-shirts avec le logo d’Addiopizzo, un cercle barré avec une croix en son milieu et les mots « consumo critico »[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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