Lutte contre la mafia

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La lutte contre la mafia est l'ensemble des dispositifs judiciaires et policiers mis en œuvre pour lutter contre la mafia, le crime organisé et leurs organisations de façade. Elle prend souvent le nom d'antimafia.

Dans le monde[modifier | modifier le code]

Dans le contexte de la mondialisation, la lutte antimafia soit aussi se coordonner de manière transnationale, via Interpol notamment, en s'appuyant sur divers organismes tels que le Counterfeiting Intelligence Bureau, le Comité national anti-contrefaçon, le Global Anti-Counterfeiting Group, l'International AntiCounterfeiting Coalition, l'International Intellectual Property Alliance, le National Criminal Intelligence Service et en France Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes et bien d'autres entités de ce type.

En Italie[modifier | modifier le code]

L'arbre-mémoire à Palerme, lieu de dévotion spontanée pour le juge Falcone.

En Italie, où le nom d'antimafia a été forgé, elle comprend notamment les organismes suivants :

  • la Commission parlementaire antimafia, qui dépend du Parlement italien,
  • la Direction nationale antimafia, qui est un organe du Procureur général près la Cour de Cassation,
  • la Direction des enquêtes antimafia, qui dépend du ministère de l'Intérieur,
  • le Pool antimafia, des équipes de magistrats qui coordonnent leur action,
  • le Parquet antimafia.

Depuis l'assassinat du juge Falcone, la lutte contre la mafia, et plus précisément Cosa nostra, prend le chemin d'un intrication entre politique et religieux. Cette lutte construit des martyrs de la justice, dont le juge Falcone est le premier. [1]

Ce mouvement est populaire, par création spontanée de lieux de mémoire laïcs, même s'ils ont tous les aspects et les pratiques de lieux religieux. Ce mouvement touche aussi les officiels laïcs, avec des juges de l'état citant l'évangile de Jean dans leurs conclusions. Il est enfin directement religieux, c'est à dire catholique, avec le Pape appelant les mafieux à la conversion ; cela est du à ce que les catholiques italiens ont été déçus par la démocratie chrétienne, et se sont alors tournés vers des mouvements politiques de gauche, plus proche des mouvements antimafia. La violence de l'assassinat du juge Falcone a bouleversé la perception de la violence mafieuse dans la société italienne, les assimilant à des terroristes.[1]

Dans ce mouvement, la notion de témoignage, de l'émotion suscitée par la violence mafieuse, est importante. L'exemple le plus typique est l'arbre de la mémoire aux juges Falcone et Borsellino, à Palerme, avec les nombreux petits messages que les gens y accrochent spontanément. De nombreuses personnes ressentent une nécessité de témoigner de leur douleur, en viennent à faire des pèlerinages laïcs, et manifestent ainsi une communauté de lutte contre la mafia.[2]

Antimafia[modifier | modifier le code]

Il existe aussi des mouvements citoyens antimafia qui s'organisent pour lutter contre la mafia (et contre la corruption et le racket qui leur sont souvent associé) et contre leurs effets socioéconomiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Deborah Puccio-Den, « Victimes, héros ou martyrs ? », Terrain (revue), no 51,‎ septembre 2008 (lire en ligne)
  2. Deborah Puccio-Den, « Victimes, héros ou martyrs ? / Témoigner », Terrain (revue), no 51,‎ septembre 2008 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Siebert, R., & Namer, L. (1996). Mafia et antimafia. À la recherche de nouvelles catégories interprétatives. L'Homme et la société, 119(1), 21-31.