Ferdinando Imposimato

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Ferdinando Imposimato

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Naissance 9 avril 1936 (78 ans)
Drapeau de l'Italie Italie : Maddaloni située dans la province de Caserte en Campanie
Nationalité Italienne
Profession magistrat, procureur, député, sénateur, président honoraire adjoint de la Corte suprema di cassazione
Activité principale assassinat d'Aldo Moro
attentat contre Jean-Paul II
enlèvement de Ciro Cirillo
lutte contre les Brigades rouges
Autres activités
Partito Democratico della Sinistra (it) (PDS)
essayiste, écrivain

Ferdinando Imposimato, né le 9 avril 1936 à Maddaloni, est un magistrat, homme politique et avocat italien. Il est président honoraire adjoint de la Cour suprême de Cassation. Il s’est occupé de la lutte contre la mafia, la camorra et contre le terrorisme ; en tant que juge d’instruction, il s’est occupé des plus importantes affaires de terrorisme parmi lesquelles l'enlèvement de Ciro Cirillo et la lutte contre les Brigades rouges, le rapt et l’assassinat du premier ministre italien Aldo Moro en 1978, l’attentat contre Jean-Paul II en 1981, l’assassinat du vice-président du Conseil supérieur de la magistrature Vittorio Bachelet, et ceux des juges Riccardo Palma et Girolamo Tartaglione. Il s’occupe également de la défense des droits humains.


Biographie[modifier | modifier le code]

Après l’obtention de son diplôme de jurisprudence à l’université de Naples en 1959, il devient en 1962 commissaire adjoint de police et est affecté d’abord à Brescia puis à Forli. Un an plus tard, il revient à Rome comme fonctionnaire au Ministère du Trésor, où il travaille pendant un an. En 1964 il devient magistrat. En tant que juge d’instruction il s’occupe de certaines des plus importantes affaires de terrorisme dont l’assassinat du premier ministre italien Aldo Moro en 1978, l’attentat contre Jean-Paul II en 1981, l’assassinat du vice-président du Conseil supérieur de la magistrature Vittorio Bachelet, et l’attentat meurtrier de la place Nicosia. C’est lui qui découvre la piste bulgare en Europe et les connexions internationales du terrorisme. C’est aussi le premier à parler des liens entre le terrorisme italien et les services secrets israéliens, et de la présence dans l’affaire Aldo Moro du KGB (une thèse que l’on retrouve 20 ans plus tard à l’intérieur du dossier Vassili Mitrokhine). Il est chargé des procès contre la mafia et la camorra. Il instruit entre autres l’affaire Michele Sindona, le banquier sicilien lié à Cosa Nostra, accusé de banqueroute pour la faillite de banques en Italie et à l’étranger (notamment la Franklin Bank de New York). En 1981 il instruit le procès de la banda della Magliana, une organisation criminelle liée à Cosa Nostra, au terrorisme, à de hauts dignitaires religieux, des financiers, des usuriers, des constructeurs immobiliers, des hommes politiques et de l’administration. En 1983, son frère Franco est tué au cours d’une vendetta transversale. En 1984, il est désigné comme représentant à Strasbourg pour les problèmes du terrorisme international qui s’appuie de manière abusive sur l’immunité diplomatique, et il rédige la « motion finale » approuvée à l’unanimité par les représentants des 16 pays de l’Europe. En 1986, après qu’une série de menaces de la part de Cosa Nostra lui aient fait abandonner le poste de magistrat, il devient consultant juridique des Nations Unies pour la lutte contre le trafic de drogue. Dans le cadre de ses missions onusiennes, il se rend à plusieurs reprises dans les pays d’Amérique latine pour les programmes de consolidation des systèmes juridiques des pays touchés par le narcotrafic. Il prépare pour le compte des Nations Unies plusieurs programmes de formation des juges colombiens, boliviens, péruviens, équatoriens. À l’un de ces programmes qui se déroulaient en Italie, participent, entre autres, Giovanni Falcone, Gianni De Gennaro, Rosario Priore, Giancarlo Caselli ainsi que le commandant en chef des Carabiniers, Mario Mori. Il s’occupe également des droits humains et des principes de procès équitables en Amérique latine, où, pour le compte du Département des États-Unis, il est chargé d’une importante mission au Pérou avec le professeur Carlos Arslanian, ministre de la Justice de l’État de Buenos Aires, et avec le professeur Robert Goldman, de l’Université de Washington. En 1987, Ferdinando Imposimato est élu au Sénat sous l’étiquette “divers gauches”, puis en 1992 à la Chambre des députés. En 1994 il est élu à nouveau au Sénat. Durant trois magistratures il est membre de la Commission antimafia. Il présente de nombreux projets de loi sur la réforme des services secrets, les appels d’offres publics, les greffes d’organe, la séquestration de personnes, les repentis, et le terrorisme. Il est membre de la Cour suprême de cassation, où il occupe le poste de président honoraire adjoint.

Il fut président de la TRIO Internazionale (Transplant Recipient International Organization). Il est le directeur de l’Observatoire de l’Eurispes (l’Institut d’Études politiques économiques et sociales) sur la criminalité en Italie. Il s’occupe fréquemment d’erreurs judiciaires, parmi lesquelles celle concernant la condamnation de trois adolescents de Ponticellli pour le double homicide de deux fillettes. Il collabore en tant que consultant avec Don Pirino Gelmini, directeur de 150 communautés thérapeutiques pour le traitement de toxicos dépendants, en Italie comme à l’étranger. Il s’occupe également de trouver du travail aux détenus pour la communauté en lien avec l’association “Liberi di San VIttore”.

Citations, prix, distinctions[modifier | modifier le code]

En 1984, il fut élu Homme de l’année par la revue Le Point qui le surnomma “le juge courage” et reçut le prix dédié à Carlo Alberto Della Chiesa pour la poursuite de ses batailles au service de la Justice et malgré les menaces qu’il avait reçues ainsi que l’assassinat de son frère.

En 1985, le Times de Londres lui consacra une page entière, le qualifiant de “fléau de la mafia”. La revue Reader’s Digest publia un reportage sur ses enquêtes concernant le terrorisme et la mafia. La même année, qui fut l’”année de la jeunesse”, un livre publié par l’ONU le choisit comme “le Symbole de la Justice”.

En 1986 il écrivit six scénarios cinématographiques pour la RAI [Radio television italienne]. Les films firent l’objet d’une coproduction entre les télévisions italiennes, françaises, allemandes autrichiennes et espagnoles. Il s’agissait d’une série de six récits judiciaires, intitulée “Le magistrat instructeur”, qui racontait certaines des enquêtes menées par Imposimato. On y retrouvait à plusieurs reprises le problème des manquements de la justice dus à son incapacité à saisir la vérité concrète, et les contradictions entre la vérité juridique et la vérité concrète. Parmi les interprètes ce ce film réalisé par Florestano Vancini, on trouvait Erland Josephson, l’acteur fétiche d’Ingmar Bergman, qui interprêtait le rôle du juge Imposimato, mais aussi Danici Gelin, Horst Bucholz, Capucine et Vittorio Gassman. Federico Fellini, ami intime du juge, lui proposa d’écrire d’autres scénarios cinématographiques sur le thème de la justice, mais le projet n’aboutit pas, du fait de la mort du célèbre réalisateur italien.

Il est Grand officier de l’Ordre du Mérite de la République italienne sur proposition de la Présidence du Conseil des ministres. (2 juin 1991).


Ouvrages récents[modifier | modifier le code]

Dans son récent livre paru en 2012, La Repubblica delle stragi impunite[1], il dénonce l'implication du Groupe Bilderberg dans différents attentats en Italie.

Thèmes récents[modifier | modifier le code]

En septembre 2011 il participe en tant que membre du jury aux Audiences de Toronto (Toronto Hearings, voir référence externe) sur les attentats du 11 septembre 2001, à la suite de quoi il annonce son intention de présenter une plainte devant la Cour pénale internationale de La Haye [2] afin de pouvoir lancer un procès à charge contre l’ex-président américain George W. Bush et les anciens dirigeants de la CIA pour Participation active à une tragédie.

Publications[modifier | modifier le code]

édité en France et publié en français

Liens et références externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ferdinando Imposimato, La repubblica delle stragi impunite, Newton Compton Editori, 2012, ISBN 8854149551
  2. Article en italien 11 settembre, nuovi indizi smentiscono la versione ufficiale http://www.ilfattoquotidiano.it/2012/06/07/11-settembre-nuovi-indizi-smentiscono-la-versione-ufficiale/255256/