Véganisme

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Un bus-restaurant végane à Londres. L'inscription au-dessus de la porte dit : « Je veux être un poisson dans un monde végane ».

Le véganisme est un mode de vie consistant à ne consommer aucun produit issu des animaux ou de leur exploitation[1]. Le véganisme découle notamment d'une conception morale et philosophique des relations entre espèces animales, l'antispécisme ; il peut s'inscrire dans le cadre d'une action militante pour la défense des droits des animaux.

Au-delà de l'adoption d'un régime alimentaire végétalien (qui exclut la viande et le poisson, mais aussi les produits laitiers, les œufs et le miel), le véganisme exclut la consommation de tout autre produit issu des animaux, de leur exploitation ou testé sur eux (cuir, fourrure, laine, soie, cire d'abeille, cosmétiques et médicaments testés sur les animaux ou contenant des substances animales). Pour certains véganes il exclut également l'utilisation des animaux pour les loisirs (cirque, zoos, équitation) et le travail (chiens guides, chevaux de traitetc.).

On nomme communément végane la personne qui opte pour le véganisme[2]. Le mot végan est aussi utilisé au masculin, et coexiste avec la forme épicène végane (utilisée au masculin et au féminin).

Définition, origines et terminologie[modifier | modifier le code]

Le terme anglais veganism est un dérivé du mot vegan[3] qui résulte quant à lui de la syncope du mot vegetarian[réf. nécessaire]. La suppression des lettres centrales a été proposée en 1944 par le cofondateur de la Vegan Society, Donald Watson, après que la Vegetarian Society a refusé de faire la promotion d’un mode de vie sans produits laitiers dans son magazine[4]. Il faut attendre 1951 pour que la Vegan Society annonce une définition officielle[5] :

« Le véganisme est la doctrine selon laquelle les humains doivent vivre sans exploiter les animaux. »

Le 20 novembre 1979, les nouveaux statuts de la Vegan Society proposent une explication de cette définition[6],[7] :

« Une philosophie et façon de vivre qui cherche à exclure – autant que faire se peut – toute forme d’exploitation et de cruauté envers les animaux, que ce soit pour se nourrir, s'habiller, ou pour tout autre but, et par extension, faire la promotion du développement et l'usage d’alternatives sans exploitation animale, pour le bénéfice des humains, des animaux et de l'environnement […] »

Selon John Davis (ancien directeur de l'Union végétarienne internationale) toutes les occurrences du terme vegetarianism concordaient jusqu'en 1847 pour désigner le refus d'exploiter des animaux, qu'il s'agisse d'en consommer la chair, les œufs et le lait ou de les faire travailler[8]. Le changement de signification serait imputable à la Vegetarian Society, fondée par plusieurs représentants d'une branche de l'Église méthodiste (Bible Christians)[9], qui ont popularisé le terme vegetarianism dans un sens qui leur était propre : pour des raisons religieuses, ils ne consommaient pas de chair animale mais acceptaient le lait et le miel.

L'Office québécois de la langue française reconnait que le mot véganisme est « légitimé dans l'usage », mais il lui préfère l'expression végétalisme intégral[10]. Le mot véganisme a fait son entrée dans plusieurs dictionnaires français en 2013 et 2015[11]. Plutôt qu'une doctrine ou un principe moral, ces dictionnaires définissent le véganisme comme un mode de vie, introduisant ainsi une nuance avec le mot anglais veganism, qui désigne à la fois un mode de vie et un principe moral.

Alors que certains dictionnaires français, notamment les dictionnaires Le Robert privilégient la forme épicène végane (au masculin comme au féminin), le dictionnaire Hachette a choisi le terme végan(e) accordable en genre, tandis que le grand dictionnaire terminologique québécois préfère l'expression végétalien(ne) intégral(e). S'il reconnait que les mots végan/végane sont utilisés, ce dictionnaire ne les retient pas, et il ne fait pas mention de la forme épicène[12].

Historique[modifier | modifier le code]

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Les tentatives d'adoption d'une alimentation végétalienne sont restées très limitées jusqu'à la découverte de la vitamine B12 en 1948. Peu après la fondation de la Société végane britannique en 1944, l'importance de cette vitamine a été mise en évidence par la recherche médicale, notamment à travers une étude conduite par un chercheur adhérent de l'association, Frank Wokes, et ayant impliqué plusieurs de ses membres[13]. Les véganes peinent dans un premier temps à accepter que ce qu'ils perçoivent comme une alimentation morale ne soit pas viable sans complément alimentaire, mais les messages de santé publique commencent à devenir clairs à partir de 1965, alors que la Société végane britannique est dirigée par un hématologue[14]. Le Programme national nutrition santé français, qui dans un premier temps se contentait de déconseiller le régime végétalien, notamment pour les enfants, a modifié ses conseils en 2014 et recommande désormais aux végétaliens et véganes de consommer de la vitamine B12 sous forme de suppléments[15]. Le développement du véganisme est ainsi intimement lié à la découverte de cette vitamine[16], même si le Dr. William Lambe et Percy Bysshe Shelley ont commencé à s’opposer à la consommation d’œuf et de lait dès 1806, par exemple, et si le consortium socialiste d'Alcott House (en) leur a emboîté le pas, sans grand succès.

Le mot anglais vegan est créé par Donald Watson en 1944[17]. Il est utilisé en 1946 par Fay K. Henderson, qui publie le livre de cuisine Vegan recipes[18].

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : végétalisme.
Ingrédients de la nourriture végétalienne

Le végétalisme constitue la seule pratique alimentaire végane possible, excluant tout produit d'origine animale (viande, poissons, crustacés, mollusques, gélatine, œufs, lait animal, mieletc.). Si le végétalisme exclut tout aliment d'origine animale, il ne se limite pas à la consommation de produits végétaux. Les végétaliens et les véganes consomment aussi des champignons, des bactéries et des substances minérales (sel, calcium).

Les véganes essaient dans la mesure du possible de consommer des végétaux produits selon les principes de l'agriculture végétalienne (ou végane). Ce type d'agriculture exclut le recours à des produits animaux pour assurer la fertilité du sol, ainsi que les pesticides ; des répulsifs peuvent être utilisés pour éloigner les insectes des cultures[19].

Vêtements, bijoux et accessoires[modifier | modifier le code]

Les véganes ne portent pas de vêtements d'origine animale (cuir, fourrure, soie, laine, alpaga, cachemire, etc.). Ils ne portent pas non plus de bijoux ou d'accessoires fabriqués à partir de composants animaux (perles, nacre, plumes, corne, etc).

Cosmétique[modifier | modifier le code]

Un produit cosmétique végane ne doit pas avoir été testé sur les animaux, et ne doit contenir aucun ingrédient d’origine animale ni avoir induit l'utilisation d'un animal[20]. Les produits cosmétiques testés sur des animaux après le 11 mars 2013 sont interdits de vente dans l'Union européenne[21].

Fondements moraux du véganisme[modifier | modifier le code]

La définition du terme véganisme ne donne pas d'indication spécifique quant à son fondement moral. Les raisons diffèrent autant que les personnes, leurs origines culturelles et les courants de pensée auxquels elles appartiennent.

Bien que la décision d'adopter un mode de vie végane soit souvent le résultat d'une démarche personnelle basée sur l'empathie et la compassion envers les animaux[22], certaines personnes peuvent y aboutir par environnementalisme, spiritualisme, hygiénisme, ou être tout simplement nées véganes. La décision de devenir végane peut aussi résulter d'une théorie morale du rapport entre les humains et les animaux.

Parce qu'il refuse toute forme de violence et d'exploitation, le véganisme peut selon Tom Regan contribuer à l'avènement d'une société plus paisible aussi pour les humains[23].

Antispécisme et bien-être animal[modifier | modifier le code]

Inventé par un psychologue végétarien qui a dirigé la RSPCA (Richard Ryder), l'antispécisme est une notion qui date de 1970[24]. Ryder propose principalement d'épargner les espèces qui sont capables de ressentir de la douleur, un critère qui serait, selon lui, plus rationnel que la simple appartenance à une autre espèce que la nôtre. La notion fut principalement diffusée par Peter Singer dans son ouvrage intitulé Animal liberation, dans lequel il s'appuie sur la probable incapacité des bivalves à ressentir la douleur pour justifier la consommation qu'il en fait (1975). Le succès de l'ouvrage peut avoir conduit des personnes à s'intéresser au véganisme, dont il est toutefois peu question au fil des pages.

Les campagnes de « bien-être animal » sont soutenues sans réserve par Peter Singer dans cet ouvrage, expliquant notamment que le plaisir de consommer les produits d'origine animale serait insuffisant pour justifier la souffrance infligée aux animaux (utilitarisme). Ces considérations peuvent avoir aidé les nombreux lecteurs à considérer le végétarisme et le véganisme comme autant de solutions potentielles, bien que la seule prise en considération du « bien-être animal » puisse se borner à ce que les animaux ne souffrent pas dans leurs élevages, ni lorsqu'ils sont transportés, ou mis à mort.

Abolitionnisme et réformisme[modifier | modifier le code]

Plusieurs approches militantes s'opposent. Le réformisme consiste à travailler pour que les conditions d'élevage, de transport et d'abattage s'améliorent, en s'appuyant sur la notion de « bien-être animal ». Certains antispécistes voient dans l'approche réformiste un moyen de faire avancer la cause animale.

Plusieurs auteurs véganes, tels que Tom Regan ou Gary Francione[25] considèrent que le réformisme conforte l'exploitation animale en renforçant son cadre législatif. Ce courant est dit « abolitionniste ». Joan Dunayer (en) défend également une position abolitionniste et considère que l'approche réformiste, consistant à mettre en avant la question du bien-être animal, est contradictoire avec la volonté de faire progresser les droits des animaux[26].

Le philosophe Peter Singer, favorable à l'approche réformiste, déclare en 2006 que le mouvement végane devrait être plus tolérant à l'égard des personnes qui utilisent des produits animaux, tant que ces dernières s'assurent que les animaux ont eu une vie décente[27]. Ingrid Newkirk, la présidente de PETA, trouve la démarche abolitionniste peu adaptée à la réalité et a une position réformiste : « Quiconque est le témoin de la souffrance des animaux et espère réduire cette souffrance ne peut soutenir que c'est tout ou rien. Nous devons être pragmatiques. »[28]. Bruce Friedrich (en), également de PETA, défend une position similaire[29].

Le véganisme dans le monde[modifier | modifier le code]

Les données fiables sur les populations véganes sont rares. En France, plus de 1 200 véganes participaient à l'étude Nutrinet santé contre environ 250 000 autres participants (chiffres avril 2014)[30]. En 2007, une enquête indiquait que 2 % des Britanniques étaient véganes[31] alors qu'en 2005 The Times en comptait 250 000 et The Independent 600 000 en 2006[32]. The Netherlands Association for Veganism comptabilise 16 000 véganes aux Pays-Bas, et estime leur population à 0,1 % en 2007[33]. Une enquête de 2009 pour The Vegetarian Resource Group rapportait que 0,5 % des Américains se disaient véganes[34].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

  • Voir son steak comme un animal mort : véganisme et psychologie morale par Martin Gibert, Lux éditeur, 2015
  • Introduction aux Droit des Animaux par Gary L. Francione, L'Âge d'homme, 2015
  • Les Droits des animaux par Tom Regan, traduit par Enrique Utria, Hermann, 2013
  • Vache à lait : dix mythes sur l'industrie laitière par Élise Desaulniers, Stanké, 2013
  • Un éternel Treblinka, par Charles Patterson, Calmann-Lévy, 334 p., 2008
  • Éthique animale par Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Presses universitaires de France, 2008

En anglais[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • The animal rights debate: abolition or regulation? par Gary L. Francione & Robert Garner
  • Call to Compassion: Reflections on Animal Advocacy from the World's Religions par Lisa Kemmerer, Anthony J. Nocella
  • New age encyclopedia: a guide to the beliefs, concepts, terms, people, and organizations that make up the new global movement toward spiritual development, health and healing, higher consciousness, and related subjects par J. Gordon Melton, Jerome Clark & Aidan A. Kelly (p. 14 et p. 188)
  • Vegan: the new ethics of eating par Erik Marcus
  • Vegan Freak: Being Vegan in a Non-Vegan World par Bob Torres, PM Press, 2009
  • Vegetarians And Vegans in America Today par Karen Iacobbo & Michael Iacobbo, Praeger Publishers Inc, 2006
  • Empty Cages: Facing the Challenge of Animal Rights par Tom Regan, Lanham, Md., Rowman & Littlefield, 2004
  • The Case for Animal Rights par Tom Regan, 2e édition avec nouvelle préface, Berkeley, University of California Press, 2004 (1re édition : 1983)
  • Animal Rights, Human Wrongs: An Introduction to Moral Philosophy par Tom Regan, Lanham, Md., Rowman & Littlefield, 2003
  • Defending Aminal Rights par Tom Regan, Champaigne: Presses de l'université d'Illinois, 2001
  • The Animal Rights Debate par Tom Regan & Carl Cohen, Lanham, Rowan and Littlefield, 2001
  • All That Dwell Therein: Essays on Animal Rights and Environmental Ethics par Tom Regan, Presses de l'université de Californie, 1982
  • Deep vegetarianism par Michael Allen Fox
  • Cultural Encyclopedia of Vegetarianism par Margaret Puskar-Pasewicz

Études disponibles sur internet[modifier | modifier le code]

  • « Veganism as a Cultural Movement: A Relational Approach »[35]
  • « Moral logic and logical morality: Attributions of responsibility and blame in online discourse on veganism »[36]
  • « Normalizing ideological food choice and eating practices. Identity work in online discussions on veganism »[37]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Véganisme » entrera dans le Larousse 2015,‎ (consulté le 10 juin 2015)
  2. Le Petit Robert 2016 et le Robert illustré 2016.
  3. Le Petit Robert, Robert,‎ 2014 (édition dite 2015)
  4. Margaret Puskar-Pasewicz, Cultural Encyclopedia of Vegetarianism, ABC CLIO, LLC,‎ (présentation en ligne), p. 239
  5. Leslie Cross, Veganism defined, dans The Vegetarian World Forum, 5 (1), printemps 1951.
  6. (en) « history », sur Vegan Society (consulté le 15 avril 2015)
  7. « Memorandum of Association of the Vegan Society »,‎ (consulté le 14 juin 2015)
  8. John Davis, « Extracts from some journals 1842-48 - the earliest known uses of the word 'vegetarian' », publication Internet (section histoire du site de l'Union végétarienne internationale) disponible ici.
  9. John Davis - International Vegetarian Union (IVU), « The Origins of the 'Vegetarians' », http://www.ivu.org (consulté le 6 octobre 2012)
  10. « Fiche terminologique », sur Office québécois de la langue française,‎ 2014 (consulté le 3 septembre 2014)
  11. « Les mots du végétarisme » (consulté le 14 juin 2015)
  12. « Fiche terminologique », sur Office québécois de la langue française,‎ 2014 (consulté le 14 octobre 2015)
  13. F. Wokes, J. Badenoch et H. M. Sinclair, « Human dietary deficiency of vitamin B12 », The American Journal of Clinical Nutrition, vol. 3,‎ , p. 375-382 (ISSN 0002-9165, PMID 13258511, lire en ligne)
  14. « The Vegan Winter 1965 » (consulté le 24 septembre 2015)
  15. « Protéger la santé des véganes » (consulté le 24 septembre 2015)
  16. « D'où vient la B12 ? » (consulté le 24 septembre 2015)
  17. « History » (consulté le 24 septembre 2015)
  18. (en) Fay K. Henderson, Vegan Recipes, Londres, H.H. Greaves,‎
  19. « Qu’est ce que l’agriculture biologique végétalienne ? »,‎ (consulté le 12 octobre 2015)
  20. Cahier des charges de la marque internationale vegan.
  21. « Bruxelles interdit les tests sur les animaux pour les cosmétiques vendus en UE », Le Monde, mars 2013.
  22. Lisa Kemmerer, Anthony J. Nocella, Call to Compassion: Reflections on Animal Advocacy from the World's Religions, Lantern Books,‎ (présentation en ligne), p. 122
  23. « Simple life, interview by Marcia Bindo with Tom Regan (question : « Why do you believe that the respect for other beings is important for peace? » » (consulté le 20 juin 2015)
  24. Richard Ryder, Speciesism, Oxford, pamphlet militant de 1970.
  25. Gary Francione, « A “Very New Approach” or Just More New Welfarism? »,‎ 2008 (consulté le 13 juin 2015)
  26. « Animal Rights “Welfarists”: An Oxymoron »,‎ (consulté le 17 juin 2015)
  27. « Interview with Peter Singer »,‎ (consulté le 20 juin 2015)
  28. Dan Fastenberg, « Weekday vegetarian », Time,‎
  29. Bruce Friedrich, « Personal Purity versus Effective Advocacy » (consulté le 17 juin 2015)
  30. Un PNNS pour les véganes : compteur Nutrinet. Consulté le 3 septembre 2014.
  31. "Data tables", Department for Environment, Food and Rural Affairs, table 210, question F7, accessed February 1, 2011.
  32. "Donald Watson", The Times, December 8, 2005.
  33. "Wat is veganisme?", Nederlandse Vereniging voor Veganisme, accessed October 3, 2007.
  34. Duda, M.D. and Young, K.C. "Americans' attitudes toward animal rights, animal welfare, and the use of animals," Responsible Management, 1997, cited in McDonald, Barbara. "Once You Know Something, You Can't Not Know It: An Empirical Look at Becoming Vegan", Animals and Society, 8:1, 2000, p. 3.
  35. Social Movement Studies Volume 5, Issue 2, 2006, Elizabeth Cherry.
  36. Voir sur das.sagepub.com.
  37. Voir sur sciencedirect.com.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]