Vêtement

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Le vêtement au travers des âges (périodes anciennes).

Un vêtement est un article d’habillement servant à couvrir une partie du corps humain, exception faite des chaussures et du chapeau. Il est le plus souvent en tissu mais les matériaux utilisés pour sa fabrication tendent à se diversifier au fil des siècles. La raison d’être d'un vêtement est plurielle et varie fortement selon les cultures et les périodes de l’histoire : pratique (protection), symbolique (signaler une posture morale) ou encore sociale (afficher un statut).

Origines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du costume.

L’histoire du vêtement est indissociable de sa sociologie : étudier les conditions qui ont contribué à sa naissance ne peut-être fait sans s’intéresser aux enjeux socioculturels du moment[1]. Il convient ainsi de dissocier les simples habitacles originaux (généralement des peaux de bêtes) des premiers costumes qui leur succéderont, donnant progressivement naissance à la notion de mode. D’un rôle purement utilitaire – protéger le corps humain des intempéries et agressions extérieures, permettre de se mouvoir aisément – le vêtement évolue en s’adjoignant des fonctions immatérielles : orné, il devient parure. Le progrès technique et l’intensification des échanges commerciaux conduisent à une accélération de son rythme de transformation à compter du XIVe siècle. Activité originellement très locale, car dépendante des ressources naturelles d'un territoire, la fabrication des vêtements s'inscrit aujourd'hui au cœur de la globalisation économique.

Parmi les pionniers d'un ordonnancement saisonnier du vêtement, il faut citer, Ziryab (789-857), qui fut considéré en Andalousie comme l'arbitre des élégances et du bon goût. Originaire de Bagdad, il vécut à Cordoue. Paul Balta, directeur honoraire du Centre d’études de l’Orient contemporain, explique : « C’est lui qui introduisit la mode saisonnière (étoffes légères de couleurs vives au printemps, vêtements blancs l’été, manteaux et toques de fourrure l’hiver), et créa un institut de beauté d’une étonnante modernité. »[2].

Fonctions[modifier | modifier le code]

Les fonctions des vêtements sont multiples. Si le linge de corps a une vocation originellement protectrice, il endosse aussi d’autres dimensions, notamment psychologiques, culturelles et sociales.

Protection[modifier | modifier le code]

Ancien imperméable japonais.

Les vêtements ont longtemps joué un rôle de « barrière protectrice ». La première des protections à apporter concernait les intempéries. Cela est toujours le cas aujourd’hui, indépendant des changements survenus à travers les siècles :

Au-delà des intempéries, les vêtements ont toujours servi à protéger le corps d’éventuelles agressions extérieures. Ainsi, les médecins du XVIIe siècle utilisaient-ils des étoffes lorsqu’ils étaient amenés à soigner des pestiférés[3].

Aujourd'hui[Quand ?] encore, certains vêtements conservent un rôle spécifique de protection notamment contre les risques mécaniques et chimiques. Ce rôle est très important dans les vêtements professionnels qui constituent fréquemment des équipements de protection individuelle (EPI). C'est le cas des blouses, des bleus de travail, des casques, des tabliers, et, dans les cas extrêmes des armures (dont les gilets pare-balles). En contribuant à la propreté du corps, certains vêtements aide enfin à se protéger contre la saleté extérieure, la transpiration et les mauvaises odeurs. Marc-Alain Descamps résume idéalement cette dimension : « Les vêtements nous protègent des éléments (froid, chaleur, pluie, vent, soleil...), des écorchures, des morsures des animaux ou des piqûres d’insectes, des coups des hommes à la guerre ou dans le sport, etc. Mais il ne faut jamais exagérer l’aspect fonctionnel des vêtements. L’utilité dans ce domaine n’explique finalement que bien peu de choses. Si l’on ne tenait compte que du froid, les peuples méditerranéens vivraient nus 10 mois sur 12. D’ailleurs, au lieu de nous protéger du froid, les vêtements affaiblissent notre résistance et nous font perdre notre thermorégulation naturelle[4]. »

Pudeur[modifier | modifier le code]

Les longueurs de jupes appropriées selon le Harper's Bazaar en 1868 : vers le milieu de l'époque victorienne, une jupe se portait aux genoux à quatre ans et pratiquement aux chevilles à seize.

Les vêtements jouent, dans un second temps, un rôle central en matière de pudeur. Ils visent en effet à cacher le corps, à le dissimuler en l'enveloppant de textiles afin de faire passer la communication verbale et la réflexion avant les instincts. La vue des caractères sexuels primaires et secondaires (organes génitaux, fesses, poitrine féminine) provoque en effet souvent un désir, une attirance ; masquer ces organes permet de voir chez l'autre un être social avant d'y voir un partenaire sexuel potentiel. C’est la raison pour laquelle les organes sexuels ne doivent pas être visibles dans de nombreuses cultures où il est mal vu de dévoiler son corps. La gestion des réactions humaines « primaires » s’en trouve dès lors facilitée : érection et chair de poule sont, par exemple, soustraites du regard. La relation entre le respect de la pudeur et le développement des vêtements demeure complexe et difficile à dater historiquement. Les cache-sexes d'ethnies vivant quasiment nues, comme par exemple les étuis péniens d'Océanie ou les pagnes — pourraient faire penser que la pudeur a précédé les vêtements. A contrario, on peut également s'interroger sur le fait de savoir si la pudeur ne résulterait pas plutôt du masquage du corps, rendant la vision de celui-ci inconvenante même lorsque le temps permettrait de le découvrir — voir par exemple l'arrêté municipal de Deauville de 1996 interdisant le torse nu en dehors de la plage, ou bien les témoignages de pratiquants du nudisme (l'émoi serait créé par le manque).

De nouveau, les travaux de Marc-Alain Descamps nous apportent une excellente synthèse de cet aspect : « En fait la sexualité est beaucoup plus importante pour rendre compte du vêtement, le premier et le dernier des vêtements étant toujours le cache-sexe. La pudeur a enclin les hommes (et encore plus les femmes) à cacher leurs organes de reproduction pour ne pas exciter des convoitises. Puis, par proximité des organes d’élimination, s’y est adjoint la honte. Aussi notre corps est-il coupé en deux : les parties nobles ou montrables et les "parties honteuses". Mais la pudeur n’est pas une réalité stable, car il n’y a rien de plus érotique que la pudeur. Aussi sa localisation varie selon les époques et les lieux. Le rôle des vêtements est finalement de cacher pour donner du prix en excitant le désir, et pouvoir après, dévoiler le caché dans un strip-tease sans fin. Ainsi on cache le décolleté par une modestie, que l’on fait ensuite en dentelles et l’on porte une mini-jupe mais en ayant bien soin de mettre dessous un collant qui cache ce que l’on vient de dévoiler[4]. »

Exhibition[modifier | modifier le code]

Si les vêtements peuvent servir à cacher le corps, ils peuvent aussi jouer le rôle inverse : le mettre en valeur à des fins séductrices. En effet, nous pouvons difficilement corriger notre apparence physique alors que l’habillement, lui, est aisément modifiable. En jouant avec les vêtements que nous portons, nous pouvons facilement mettre en valeur nos atouts physiques… et faire en sorte que nos défauts soient le moins visibles possibles. Fusionnant avec l’enveloppe charnelle, certains vêtements peuvent ainsi avoir un rôle partiellement « mécanique » : corset, bustier, gaine, chemises à épaulettes… Ce phénomène n’est pas nouveau et, dès l'Antiquité, les femmes se bandaient les seins avec une étoffe afin de répondre aux critères esthétiques de l'époque. Certains vêtements sont expressément conçus pour orienter le regard vers les attributs sexuels, les valoriser ou pour simplement les laisser transparaître, les suggérer. On lira à ce sujet l'article sur les décolletés ou celui sur les vêtements moulants.

Une fois encore, Marc-Alain Descamps donne une parfait condensé de ce volet : « Finalement la parure rend mieux compte du vêtement. Son origine doit en effet se trouver dans le trophée de chasse (la peau d’ours, de loup ou du lion de Némée pour Hercule) que le chasseur garde sur son dos pour perpétuer le souvenir de sa victoire. À ce premier rôle d’intimidation se superpose celui d’exaltation générale du corps. Il s’agit toujours de magnifier le corps humain, de grandir avec des talons ou des chapeaux, d’élargir les épaules des hommes puis maintenant des femmes, de resserrer la taille pour bien séparer le haut noble du bas ignoble. Par là ce sont tous les fantasmes collectifs et l’inconscient d’un groupe qui vont s’inscrire dans le corps (l’œuf pour la "mama" méditerranéenne, la guêpe en 1900, l’araignée et l’échassier actuellement...)[4]. »

Classe et signification sociales[modifier | modifier le code]

La robe d'Alim Khan est un message social.

Les vêtements sont visibles et porteurs de significations. Ils revêtent une dimension sémiotique : à la fois messages et porteurs de messages. Les vêtements sont souvent utilisés pour mettre en valeur celui ou celle qui les porte, ils sont parfois le signe de la classe sociale, de la fonction (uniforme de police, de sapeur-pompier, de l'armée).

Ils peuvent également constituer un facteur d'intégration dans un groupe. C'est notamment le cas chez les adolescents, très influencés par les phénomènes de mode et les marques commerciales. Certains vêtements professionnels sont dits à « haute visibilité » (couleur jaune ou orange fluorescent, bandes réfléchissantes) afin que les conducteurs d'engin sur les chantiers et de véhicules sur la route puissent mieux les voir, et donc éviter les accidents. A contrario, d'autres vêtements ont pour rôle le camouflage, en rendant difficilement visible la personne dans l'environnement, comme par exemple la tenue de combat des fantassins.

La forme et la couleur des vêtements sont fréquemment porteuses d'un symbole fort. Ainsi, en Europe, les femmes n'ont-elles longtemps porté que des robes et des jupes, c'est-à-dire des vêtements laissant symboliquement le « libre accès » à leur sexe. D'ailleurs, l’ordonnance de la préfecture de police de Paris interdisant en 1800 aux femmes de s’habiller en homme (et l'ordonnance inverse promulguée en 1907 par Louis Lépine, interdisant aux hommes de se travestir en femme) n’a été abrogée qu'en février 2013. En Europe, le noir est la couleur du deuil et le blanc celle de la pureté, de la virginité, donc la couleur du mariage. En revanche, en Asie, le blanc est la couleur du deuil.

Dans la culture musulmane, il n'existe aucune différence entre la tenue liturgique et la tenue de la vie quotidienne. En islam, la vie religieuse et la vie profane sont beaucoup plus imbriquées l'une dans l'autre, on passe constamment de l'une à l'autre sans aucune transition autre que les ablutions. En effet, la fonction essentielle du vêtement de la vie quotidienne est de permettre et de faciliter l'accomplissement de la prière.

Typologie[modifier | modifier le code]

Culture occidentale contemporaine[modifier | modifier le code]

Pour la plupart des vêtements l'usage est de distinguer les hauts (Chemise, Chemisier, T-shirt, Gilet) et les bas (Jupe, Minijupe, Pantalon). Toutefois, certains vêtements se considèrent par ensemble : pour une tenue habillée : complets pour les hommes, tailleurs ou robes pour les femmes. Il existe d'autres ensembles comme les uniformes scolaires, les vêtements militaires (treillis ou uniforme), les vêtements de sport

Enfin ne font pas partie des vêtements mais composent l'habillement : les chaussures et les accessoires de mode (écharpes, couvre-chef, bijoux, etc.). N'oublions pas non plus les sous-vêtements.

Culture occidentale historique[modifier | modifier le code]

Autres cultures[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Costume traditionnel.

Vêtements pour enfants[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mode enfantine.

Économie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Industrie de la mode et Industrie textile.

Répartition du prix[modifier | modifier le code]

Selon une étude réalisée en 1997[6], un vêtement vendu 10 euros en magasin n'aura en fait, au maximum, coûté que 3 euros à fabriquer. Le coût se répartirait ainsi :

Matières premières et fournitures de 8 % à 14 %
Main d'œuvre de 5 % à 14 %
Frais divers de 2 % à 3 %
Marge fabricant de 15 % à 17 %
Marge magasin de 55 % à 67 %

Économie et éthique[modifier | modifier le code]

La plupart des produits textiles sont fabriqués dans le Tiers-Monde, et particulièrement en Asie. Certains matériaux utilisés sont parmi les plus polluants. La culture du coton, par exemple, utilise 28 % des pesticides mondiaux, alors qu’il ne représente pas plus de 2,5 % des terres cultivées. De plus, les conditions de travail et les salaires des ouvriers de base dans cette branche sont souvent parmi les plus déplorables, surtout au regard des profits importants réalisés par les intermédiaires et les marques. La mode a une responsabilité dans les principaux enjeux sociaux et environnementaux. En Europe et au Canada, des créateurs ont pris conscience de ces enjeux et proposent des créations plus respectueuses de l'homme et de l'environnement.

Pratique[modifier | modifier le code]

Tailles[modifier | modifier le code]

Les vêtements sont classés en fonction de leur taille. On distingue les tailles adultes des tailles enfants.

Entretien[modifier | modifier le code]

Toxicité[modifier | modifier le code]

Résumé de l'émission "Envoyé spécial" du 19 septembre 2013[modifier | modifier le code]

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La majorité des vêtements qu'achètent les Occidentaux sont fabriqués, entièrement ou non (que ce soit le prêt à porter ou l'industrie textile haut de gamme qui importe des tissus), en Asie. Les produits chimiques utilisés pour teindre, fixer la couleur, coller les motifs, etc. ne répondent pas à la norme européenne REACH, nous pouvons être intoxiqués en les portant (cas de stérilité soupçonnés actuellement) ou en mangeant des légumes poussant en France (80% seraient contaminés).

Le reportage parle des usines de teintures situées au Bangladesh et en Inde. Y filment des enfants de 10 à 14 ans en plein travail car les adultes refuseraient de manipuler les produits chimiques (utilisés comme colorant, colle de logo ou dessin, fixateurs de couleurs, etc.). Ces produits ne répondent pas aux normes européennes (norme REACH, officiellement les marques s'en soucient, mais à priori, les produits chimiques non autorisés seraient moins cher et donc utilisés.

Ces produits sont puissants et aux effets ravageurs. En Inde par exemple où l'industrie textile est présente depuis environ 30 ans (on dénombre plusieurs cas de cancers, de pollutions des eaux, de stérilité des sols et humaine).

Ces vêteùents sont ensuite transportés par bateaux jusqu'au Havre ; la traversée durant deux mois, ils sont préalablement aspergés de produits tuant toute forme de vie afin de se prémunir de toute dégradation éventuelle.Quand les containers sont ouverts des gaz s'en dégageraient, les douaniers, s'ils effectuent des contrôles, prennent cela en compte (se mettent sur le côté pour ouvrir les portes des containers et laissent aérer 30 minutes avant de rentrer dedans).

On voit ensuite dans le reportage une Ex-vendeuse de vêtements de grandes marques ayant été licenciée pour incompatibilité. Elle souffrait (plaques, démangeaisons, boutons.)à chaque déballage de carton, document médicaux à l'appui qui attesteront qu'elle est allergique au Chrome, que l'on trouve dans les vêtements (comme fixateur de couleur je crois). Menace de prud'hommes amènera un arrangement financier à l'amiable. Depuis elle a fait 4 fausses couches et monte un dossier pour vérifier le lien éventuel avec certains produits qui sont connus pour leur effet sur la fécondité.

On verra que le responsable de l'unité textile à la commission européenne mène une étude sur le Nonylphénol qui est soupçonné dans ce cas. Il n'est pas encore interdit. L'étude est en cours.

Un syndicat du textile (F.O.) a fait passer un questionnaire auprès des salariés au contact de vêtements fraîchement arrivés, la moitié souffriraient de troubles.

Enfin, on verra aussi qu'H&M dépêchera sa porte parole développement durable spécialement de Suède pour répondre aux questions de la journaliste mais que cet entretien sera coupé net à 30 minutes malgré la demande de la journaliste qui parlait de ce qu'elle avait vu dans des usines du Bangladesh. Ces usines disaient travailler officiellement ou non pour cette marque on y remarque la présence d'enfants, l'utilisation de colorant interdit en Europe, la station d'épuration des eaux usées d'une usine qui n'a eu besoin pour agrément ministériel Bangladais, que de tester le PH et la teneur en oxygène des ses rejets avant de les vider à la rivière locale, aucun test sur les produits chimiques restant (Nonylphénol par exemple).

Et on termine chez les français où les usines de traitement des eaux ne prévoient pas (sauf pour une seule en France) de quoi filtrer ces chimiques. Les résidus chimiques partis aux fur et à mesure des lavages textiles se retrouvent donc dans les boues d'usines de retraitements qui sont ensuite épandues sur les champs l'hiver et contamineraient 80 % des légumes (étude suédoises).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Barthes, R., Système de la mode, Paris : Le Seuil, 1967.
  2. Science arabe sur le site herodote.net
  3. Nathalie Bailleux et Bruno Remaury, Modes et vêtements, Éditions Gallimard (ISBN 2-0705-3270-4)
  4. a, b et c http://www.europsy.org/marc-alain/psyvet1.html
  5. Hanbok has beauty of harmonization
  6. Marie-Noëlle Boutin-Arnaud et Sandrine Tasmadjian, Le vêtement, Éditions Nathan (ISBN 2-0918-2472-0)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • L'Habit, commune française, située dans le département de l'Eure et la région Haute-Normandie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bailleux, N. et Remaury, B., Modes et vêtements, Paris : Gallimard, 1995.
  • Barthes, R., Système de la mode, Paris : Le Seuil, 1967.
  • Boutin-Arnaud, M.N. et Tasmadjian, S., Le Vêtement, Paris : Nathan, 1997.
  • Descamps, M.A. Psychosociologie de la mode. Paris : PUF, 1979
  • Godart, F., Sociologie de la mode, Paris : La Découverte, 2010.
  • Monneyron, F., La Frivolité essentielle. Du vêtement et de la mode, Paris : Presses Universitaires de France, 2001.

Articles connexes[modifier | modifier le code]