Parti de protection des animaux

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Parti de protection des animaux
(de) Die Tierschutzpartei
Image illustrative de l’article Parti de protection des animaux
Logotype officiel.
Présentation
Chefs du parti Matthias Ebner (de)
Sandra Lück (de)
Robert Gabel (de)
Fondation
Positionnement Centre gauche
Idéologie Droits des animaux[1]
Écologie politique[1]
Euroscepticisme[1]
Affiliation internationale Euro Animal 7 (en)
Adhérents Plus de 1 500 (octobre 2017)[2]
Couleurs Bleu et blanc
Arc-en-ciel
Site web tierschutzpartei.de
Représentation
Députés
0 / 709
Députés européens
0 / 96
Députés régionaux
0 / 1 821

Le Parti de protection des animaux (en allemand : Mensch Umwelt Tierschutz dans sa forme complète, Die Tierschutzpartei dans sa forme abrégée et courante) est un parti politique allemand fondé en 1993.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création et premières années (de 1993 à 2006)[modifier | modifier le code]

La création du parti, sous le nom de Mensch Umwelt Tierschutz (MUT, en français : Parti de protection des animaux), se fait le à Bonn. Ingeborg Bingener (de) est élu, à l'unanimité, premier président fédéral du parti. Le , une première antenne régionale est inaugurée à Hambourg. La même année, cette dernière participe aux élections législatives locales du 19 septembre et réalise le score de 0,3 %[3]. Très rapidement, l'utilisation de l'abréviation MUT lui est interdit par une entreprise utilisant déjà ce sigle. Le parti décide alors, lors de sa première conférence fédérale, organisée le à Bonn, d'opter pour l'abréviation Die Tierschutzpartei. Le parti participe aux élections fédérales de 1994, en se présentant dans trois Länder et obtenant 0,15 % des voix.

Le 11 mars 1995, lors de la troisième conférence fédérale du parti, Gisela Bulla (de) est élue présidente fédérale[4]. En 1996, les premiers groupes de travail fédéraux sont formés. Un an plus tard, le mouvement obtient son premier élu municipal. Aux élections fédérales de 1998, il obtient 0,27 % des voix. Craignant que le combat pour le bien-être animal puisse se diluer, le parti décide de rester indépendant et rejette de nombreuses offres électorales. Aux élections européennes de 1999, le parti obtient un score de 0,7 %, ce qui lui permet d'être éligible au financement public des partis politiques. Le , Gisela Bulla démissionne de son poste de présidente fédérale et est remplacée par Egon Karp (de) pendant environ un an[3],[5].

Lors du congrès fédéral du 29 septembre 2001, Jürgen Gerlach (de) est élu comme nouveau président du parti. Un nouveau programme est adopté à l'issue du congrès de 2002[3]. La même année, aux élections fédérales, il obtient un score de 0,33 % des voix. Lors des élections européennes de 2004, le parti décroche le score de 1,3 % puis un score de 1,6 % élections législatives de la même année, en Saxe. Aux élections fédérales de 2005, en se présentant dans quatre Länder seulement, le parti obtient un résultat de 0,23 %. Enfin, dans le cadre des élections législatives régionales de 2006 en Saxe-Anhalt, le parti conclu une alliance électorale avec le Parti écologiste-démocrate et Die Grauen – Graue Panther (de). Ils obtiennent ensemble le score de 0,8 %.

Sous la présidence de Stefan Bernhard Eck (de 2007 à 2014)[modifier | modifier le code]

Stefan Bernhard Eck devient le nouveau président fédéral lors de la convention fédérale tenue le . En 2009, le parti atteint son meilleur score lors d'une élection régionale en obtenant 2,1 % des voix lors des élections législatives régionales en Saxe. Quelques jours avant les élections fédérales de la même année, le parti obtient le soutien de l'actrice bavaroise Barbara Rütting, qui s'est désolidarisée des Verts à la suite d'une position prise qu'elle considérait comme étant incompatible avec les droits des animaux[6]. Le parti obtient 0,5 % des voix et devient la neuvième force politique du pays lors de ces élections. En 2010, le parti adopte une légère modification de son nom et de son abréviation : la forme longue devient Partei Mensch Umwelt Tierschutz et la forme abrégée Tierschutzpartei[7]. Aux élections législatives régionales de 2011 en Saxe-Anhalt, le parti obtient 1,6 % des voix.

Lors du 31e congrès fédéral, organisé le , le parti décide de se doter d'une présidence composée de trois personnes. Horst Wester (de) et Barbara Nauheimer (de) deviennent coprésidents aux côtés de Stefan Bernhard Eck[8]. En 2013 toujours, lors des élections fédérales, il obtient 0,3 %. La même année, le parti connaît une scission. Une fraction se sépare en novembre 2013 et se structure en parti politique sous le nom d'« Alliance pour la protection des droits de l'homme, des animaux et de la nature » (Allianz für Menschenrechte, Tier- und Naturschutz (de))[9].

Le parti participe aux élections européennes de 2014 et obtient 1,2 % des voix. Eck est élu député européen et rejoint le groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL) au Parlement européen[10],[11].

Nouveau départ (depuis 2015)[modifier | modifier le code]

Le , Stefan Bernhard Eck annonce son départ du parti[12]. Ce départ est formalisé le . Il est imité par la coprésidente Barbara Nauheimer (de) et d'autres membres du comité exécutif fédéral. Dans le même temps, il annonce vouloir conserver son mandat européen. Il justifie son départ du parti par des divergences quant au contenu et aux personnalités qui auraient conduit à une « ouverture d'esprit inacceptable ». L'exécutif fédéral du parti a répondu en soulignant que, depuis son entrée au Parlement européen, une séparation entre lui et ses partisans d'une part et les membres de conseil d'autre part s'est faite progressivement. Le groupe européen auquel appartient Eck aurait considérablement influencé le conflit au sein-même du parti.

En raison des retraits de deux coprésidents, Horst Wester (de) est temporairement le seul président fédéral. Lors de la réunion spéciale du , qui s'est soldée par la démissions de plusieurs membres du conseil, Bettina Jung (de) et Matthias Ebner (de) ont été élus coprésidents, au même titre que Wester[13]. Jung a démissionné de son poste à la fin de l'année et a quitté le parti en même temps. En octobre 2016, Sandra Lück (de) est devenue la nouvelle coprésidente fédérale aux côtés d'Ebner et de Wester. Ce dernier quitte son poste de coprésident le et est remplacé, le , par Robert Gabel (de).

Idéologie et programme[modifier | modifier le code]

Le programme politique actuel a été adopté lors du dixième congrès du parti fédéral, organisé le à Francfort-sur-le-Main. Il a remplacé le programme fondateur, défini en 1993, qui avait été conçu par le fondateur du parti, Ingeborg Bingener (de). Le programme a été élargi et adapté aux nouveaux développements mais il est resté, dans les grandes lignes, semblable à celui de 1993[4].

Bien-être des animaux[modifier | modifier le code]

Manifestation du Parti de protection des animaux à Wurtzbourg pour protester contre l'abattage de chiens errants en Roumanie avant les élections européennes de 2014.

La partie voit l'humain, l'animal et la nature comme un « ensemble inséparable ». Il cherche à se détourner de la pensée anthropocentrique et promeut une politique en faveur des animaux en leur attribuant des « droits fondamentaux »[1].

Ces droits comprennent, par exemple, le droit à la vie, la protection contre les agressions physiques et psychologiques ou encore le droit au bien-être. Le parti appelle également à une interdiction de tous les tests sur les animaux, la chasse, la production de fourrure animale et à long terme l'élevage. Il milite également en faveur de régimes alimentaires telles que le végétarisme et le végétalisme[1],[14].

Le parti rejette également l'utilisation d'animaux dans les cirques, considérant que cela va à l'encontre de leur mode de vie. Il est également opposé à la corrida et l'enfermement des animaux dans les parcs zoologiques. Environ un quart du programme du parti est consacré au bien-être animal et aux droits des animaux[1].

Politique environnementale et énergétique[modifier | modifier le code]

Dans son programme politique, le parti promeut « un retour à l'agriculture proche de la nature à moyen terme ». Il croit que les dommages environnementaux doivent essentiellement tenir les pollueurs à changer de manière significative leurs activités et doivent payer des impôts sur leurs émissions de polluants, en accord avec le principe pollueur-payeur. La protection du paysage devrait « se concentrer sur le sauvetage et la restauration des habitats naturels des espèces animales et végétales ». Le parti est également favorable au renforcement de la législation sur la pollution des eaux souterraines par les métaux lourds et produits chimiques[1].

Le parti demande l'utilisation d'énergies alternatives et renouvelables. Il souhaite une sorte immédiate de l'énergie nucléaire. Il considère les élevages intensifs comme une cause de pollution des sols et de l'environnement par l'émission de nitrate et de méthane. Le parti s'engage en faveur des matières premières recyclables et demande l'augmentation du prix des produits peu ou non-recyclables[15]. Enfin, il milite pour la réduction de la pollution sonore dans les centres-villes, notamment pour des raisons de santé.

Autres positions[modifier | modifier le code]

En matière sociale, le Parti de la protection des animaux se considère comme le « défenseur de ceux qui ne peuvent pas se faire entendre », en particulier les malades, les personnes handicapées, les victimes de violence physique ou mentale, les enfants pauvres ou encore les personnes sans-abri. Les « choses pratiques de la vie quotidienne » devraient être plus facilement accessibles pour les personnes handicapées grâce à des bâtiments et des moyens de transport adaptés aux fauteuils roulants. De même, l'introduction d'une pension minimale au-dessus du niveau de l'aide sociale est préconisée[1].

Au sujet de la politique migratoire, le parti considère que, quiconque est « persécuté pour des raisons clairement politiques, racistes, sexistes ou religieuses, affamé ou fuyant son pays en raison d'une guerre ou d'une guerre civile » peut « demander l'asile » après un examen minutieux. Il encourage également une meilleure intégration des enfants étrangers, notamment à travers le soutien linguistique[1].

Le parti présente des positions en faveur de la démocratie en étant notamment pour la multiplication des initiatives populaires et des référendums[4].

Structure[modifier | modifier le code]

Présidents fédéraux[modifier | modifier le code]

Nom Dates du mandat Notes
Ingeborg Bingener (de)
Gisela Bulla (de)
Egon Karp (de)
Jürgen Gerlach (de)
Stefan Bernhard Eck
Barbara Nauheimer (de)
Horst Wester (de)
Bettina Jung (de)
Matthias Ebner (de) (en cours)
Sandra Lück (de) (en cours)
Robert Gabel (de) (en cours)

Organisation[modifier | modifier le code]

Stand du Parti de protection des animaux à Karlsruhe en mai 2015.

Le parti est dirigé à l'échelle nationale par un Comité fédéral.

Il existe par ailleurs vingt groupes de travail et associations liés au Parti de protection des animaux et organisés au sein des Länder[16]. Certaines structures régionales sont inactives donc provisoirement gérées par le Conseil fédéral[17].

Une organisation de jeunesse, MUTige Jugend, est en construction depuis mars 2015[18].

Membres et électeurs[modifier | modifier le code]

La plupart des membres du parti sont impliqués dans le domaine des droits des animaux et, par conséquent, souvent en même temps membres d'autres organisations de défense des droits des animaux. En outre, ils sont généralement végétariens ou végétaliens. En dehors du parti, de nombreux membres participent régulièrement à des actions politiques, notamment des manifestations. Ceux-ci se tournent souvent contre la chasse, l'expérimentation animale, les fourrures, le génie génétique et l'énergie nucléaire[4].

Les jeunes sont plus ouverts au parti et à ses objectifs que les autres, plus âgés[19],[20],[21]. De plus, il attire davantage les femmes que les hommes (68 % des membres du parti seraient des femmes)[4],[22].

Coopération internationale[modifier | modifier le code]

Au niveau européen, le parti coopère avec d'autres formations politiques qui se sont également engagés en faveur du bien-être animal[23]. Il est possible de citer notamment :

Publications[modifier | modifier le code]

L'organe de presse du parti est le MUT-Magazin. Jusqu'en 2014, il portait le nom de Zeitwende[24]. Il paraît quatre fois par an depuis décembre 2000, parfois de façon irrégulière. Le tirage est de 5 000 exemplaires par numéro.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections au Bundestag[modifier | modifier le code]

Année % Mandats Gouvernement
1994 0,2
0 / 672
Extra-parlementaire
1998 0,3
0 / 669
Extra-parlementaire
2002 0,3
0 / 603
Extra-parlementaire
2005 0,2
0 / 614
Extra-parlementaire
2009 1,1
0 / 620
Extra-parlementaire
2013 0,3
0 / 631
Extra-parlementaire
2017 0,8
0 / 709
Extra-parlementaire

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année Voix % Mandats Rang Groupe
1999 185 186 0,7
0 / 99
8e
2004 331 388 1,3
0 / 99
8e
2009 289 694 1,1
0 / 99
9e
2014 366 598 1,2
1 / 96
10e GUE/NGL

Stefan Bernhard Eck, élu député européen en juin 2014, quitte le parti en décembre de la même année[12]. En conséquence, le parti n'a plus d'élu européen.

Élections régionales[modifier | modifier le code]

Résultats électoraux du Parti de protection des animaux
dans les Lantage depuis sa création en 1993
Année BW BY BE BB HB HH HE MV NI NW RP SA SN ST SH TH
1993 0,3
1994 abs abs abs abs abs abs abs abs
1995 abs abs abs 0,1
1996 0,2 abs abs
1997 0,4
1998 abs abs abs abs
1999 1,1 abs abs 0,5 abs abs abs
2000 0,0 abs
2001 0,2 abs abs 0,9
2002 abs abs
2003 abs abs 0,8 abs
2004 abs abs abs 1,6 abs
2005 0,1 abs
2006 0,2 0,8 abs 0,7 0,8
2007 abs
2008 abs abs 0,6 0,5
2009 abs abs abs 2,1 abs abs
2010 0,6
2011 abs 1,5 abs abs abs abs 1,6
2012 0,7 abs abs
2013 abs abs abs
2014 abs 1,1 abs
2015 1,2 abs
2016 0,3 1,9 1,2 abs 1,5
2017 abs abs
Légende
Résultat le plus élevé dans le Land
abs : Absent du scrutin

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i (de) « Grundsatzprogramm », sur Tierschutz Partei (consulté le 7 décembre 2017).
  2. « Historischer Mitgliederzuwachs im September 2017! », sur Tierschutz partei, (consulté le 3 décembre 2017).
  3. a, b et c (de) « Chronik der Partei Mensch Umwelt Tierschutz - Die Tierschutzpartei », sur Tierschutz Partei (consulté le 7 décembre 2017).
  4. a, b, c, d et e Paul Lucardie, Mensch Umwelt Tierschutz (Die Tierschutzpartei). In: Frank Decker, Viola Neu (Hrsg.), Handbuch der deutschen Parteien, 2007.
  5. (de) « Wie alles begann - meine ganz persönlichen Erinnerungen », sur Tierschutz Partei (consulté le 7 décembre 2017).
  6. (de) « Barbara Rütting verlässt die Grünen », sur WZ, (consulté le 7 décembre 2017).
  7. (de) « 25. Bundesparteitag », sur Tierschutz Partei (consulté le 7 décembre 2017).
  8. (de) « 31. Bundesparteitag (Sonderparteitag) », sur Tierschutz Partei (consulté le 7 décembre 2017).
  9. (de) « Statement zur Tierschutzallianz », sur Tierschutz Partei (consulté le 7 décembre 2017).
  10. (de) « Sieben Einzelkämpfer für Europa », sur Zeit Online (consulté le 7 décembre 2017).
  11. (de) « 10.09.2014 / Kurzmeldung aus Brüssel (Pressemeldung) », sur Tierschutz Partei (consulté le 7 décembre 2017).
  12. a et b (de) « Der Europaabgeordnete Stefan Eck verlässt die Tierschutzpartei », sur Neues Deutschland, .
  13. (de) « 21.03.2015 – Sonderparteitag in Frankfurt », sur Tierschutz partei (consulté le 7 décembre 2017).
  14. (de) « Mensch Umwelt Tierschutz - Die Tierschutzpartei », sur Wiwo, (consulté le 9 décembre 2017).
  15. (de) « Nachrichten drehscheibe », sur ZDF, (consulté le 9 décembre 2017).
  16. (de) « Politisch arbeiten – in den „Thinktanks“ der Partei », sur Tierschutz Partei (consulté le 7 décembre 2017).
  17. (de) « Aktiv in den Bundesländern… », sur Tierschutz Partei (consulté le 7 décembre 2017).
  18. (de) « 21.03.2015 – Sonderparteitag in Frankfurt », sur Tierschutz Partei (consulté le 7 décembre 2017).
  19. (de) « SPD gewinnt knapp, GRÜNE und CDU/CSU fast gleichauf. Piraten und Tierschutzpartei über 5 % », sur Brannenburg, (consulté le 7 décembre 2017).
  20. (de) « Jugendliche lieben Tierschutzpartei », sur TAZ (consulté le 7 décembre 2017).
  21. (de) « Ergebnisse Zweitstimme Bundesrepublik », sur Gangwaycms (consulté le 7 décembre 2017).
  22. (de) « Die Tierschutzpartei stellt sich vor », sur Tierschutz Partei (consulté le 7 décembre 2017).
  23. (de) « EU-Tierschutzparteien », sur Tierschutz Partei (consulté le 7 décembre 2017).
  24. (de) « MUT-Magazin », sur Tierschutz Partei (consulté le 7 décembre 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]