Kératine

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Étymologie[modifier | modifier le code]

Le radical du nom kératine repose sur le substantif neutre grec τὸ κέρας (transcription : to kéras) dont le sens premier est [1]"corne". L'étymologie française se retrouve dans le génitif de ce nom : κέρατος, accompagné d'un infixe nasal (-in-) et de la désinence -e de nom féminin.

Définition[modifier | modifier le code]

Les cornes des rhinocéros, comme leur peau, sont en grande partie constituées de kératine.

La kératine est une protéine, synthétisée et utilisée par de nombreux êtres vivants comme élément de structure, et également l'exemple-type de protéine fibreuse. C'est le constituant principal des phanères (poils, plumes, cornes, ongles, becs de nombreux animaux), en effet, le cheveu est composé à 95% de cette kératine qui le protège contre les UV, l’eau de mer et d’autres facteurs extérieurs qui l’agressent. La kératinisation ou kératogénèse de l'épiderme est un processus de différenciation et de migration des kératinocytes aboutissant à la formation des cellules cornées.

La kératine est insoluble, et sa présence dans l'épiderme de certains animaux, notamment les mammifères, leur garantit une peau imperméable. Parfois, lors d'une friction trop importante, la kératine se développe à la surface de la peau, formant une callosité (épithélium malpighien kératinisé). Les cellules qui produisent la kératine meurent et sont remplacées continuellement. Les morceaux de kératine et les cornéocytes qui restent emprisonnés dans les cheveux sont couramment appelés des pellicules[2].

La molécule de kératine est hélicoïdale et fibreuse ; elle s'enroule autour d'autres molécules de kératine pour former des filaments intermédiaires. Ces protéines contiennent un taux élevé d'acides aminés soufrés, principalement la cystéine, qui forment des ponts disulfure entre les molécules, conférant sa rigidité à l'ensemble. La chevelure humaine est constituée à 14 % de cystéine.

Il y a deux principales formes de kératines : la kératine α, présente chez les mammifères notamment, dont l'être humain, et la kératine β, que l'on retrouve chez les reptiles et les oiseaux mais également chez les mammifères. Ces deux types de kératines ne présentent clairement pas d'homologie de séquence[3]. La kératine β est plus résistante que la kératine α.

Chez l'être humain, la kératine est produite par les kératinocytes, cellules se trouvant dans la couche profonde de l'épiderme. Les kératinocytes absorbent la mélanine, pigment produit par les mélanocytes, se colorent et ainsi cette pigmentation de l'épiderme permet de protéger les kératinocytes des rayons ultraviolets du soleil.

Chez les mammifères, on distingue encore deux familles au sein des kératines α : les kératines épithéliales ou cytokératines, et les kératines qui forment les poils et cheveux, appelées exokératines. On peut encore diviser chacune de ces kératines dans les cytokératines de type I et exokératines de type I (acides) ou dans les cytokératines de type II et exokératines de type II (basiques à neutres).

Les ongles et les poils, chez les primates, sont faits de kératine.

Certains insectes, comme les mites, ont la capacité de digérer la kératine. Ils sont dits kératophages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bailly A., Dictionnaire grec-français, Hachette,‎ , p. 1080
  2. (en) Ranganathan S, Mukhopadhyay T, « Dandruff: the most commercially exploited skin disease », Indian J Dermatol, vol. 55, no 2,‎ , p. 130-4. (PMID 20606879, PMCID PMC2887514, DOI 10.4103/0019-5154.62734, lire en ligne [html]) modifier
  3. (en) Alibardi, L. « Adaptation to the land: The skin of reptiles in comparison to that of amphibians and endotherm amniotes » J. Exp. Zool. Part. B. Mol. Dev. Evol. 298:12- 41

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • World Book Encyclopedia (1998)

Lien externe[modifier | modifier le code]