Pollution de l'eau

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Les détritus de type déchets ménagers sont souvent indicateurs de pollutions (métaux lourds, microbes) posant des problèmes de santé publique, notamment dans les régions où les eaux de surfaces sont utilisées pour la boisson, la lessive, la vaisselle, se laver, faire la cuisine, etc.)
Les pollutions les plus spectaculaires (par des sels de fer ici) ne sont pas toujours les plus toxiques, mais de fortes concentrations d'un produit non réputé toxique (fer, sel par exemple) peuvent faire disparaitre la plupart des formes de vie.
Exemple d'espèces indicatrices de très forte pollution organique de l'eau. Il s'agit de bactéries filamenteuses. En aval d'abattoirs ou de papeteries ne disposant pas d'un dispositif suffisant d'épuraton des eaux, et en climat tempéré, elles comptent parmi les espèces les plus résistantes à la pollution organique (avec une petite sangsue brune, des larves de chironome et les tubifex)
Les berges "sous le vent" recueillent les embruns pollués apportés par le vent, les cadavres d'animaux, les polluants solubilisés dans les corps gras du biofilm ou absorbé sur les déchets flottants ou absorbés par les végétaux (tels ici les lentilles)

Les pollutions de l'eau peuvent se présenter sous différentes formes : chimique, mais aussi bactériologiques, pollution thermique, et les eaux ou masses d'eau concernées peuvent être douces, saumâtres ou salées, souterraines ou superficielles. Il peut même s'agir de la pluie ou des rosées, de neige ou des glaces polaires.

Elle peut aussi concerner des interfaces, dont les estuaires, les zones humides et en particulier leurs sédiments qui peuvent absorber[1] puis relâcher certains polluants. Les sédiments peuvent être fortement pollués et conserver les traces de pollutions anciennes (on y trouve parfois aussi de nombreux plomb de chasse et de pêche là où ces activités sont pratiquées).

La lutte contre cette pollution est d'autant plus difficile que ce qui est au fond de l'eau, ou dilué dans l'eau est souvent invisible, et que certains toxiques infiltrés dans le sol ne produisent souvent leur effet qu'après un long délai et que de nombreux polluants agissent en synergies complexes. Ainsi un déversement accidentel de 4 000 litres de tétrachlorométhane, survenu près d'Erstein en 1970 et passé presque inaperçu à l'époque, entraîna vingt ans plus tard une contamination de la nappe phréatique et d'un puits creusé sept kilomètres en aval. Les nitrates ne peuvent atteindre certaines nappes qu'après plusieurs décennies.

En Europe, la directive 2000/60/CE du 23 octobre 2000 [2] est le cadre pour le domaine de l’eau. Il rappelle et renforce les orientations communautaires relatives au bon état des écosystèmes aquatiques. Son article 16 vise à renforcer la protection de l'environnement aquatique par des mesures spécifiques conçues pour réduire progressivement les rejets, émissions et pertes de substances prioritaires, et l'arrêt ou la suppression progressive des rejets, émissions et pertes de substances dangereuses prioritaires dans l'eau. Les états doivent décliner cette directive dans leur droit national.

La France a publié une liste d'activités dangereuses et mortelles pour la faune marine[3] recommandée par la Directive 2000/60/CE et par secteurs d’activité industrielle des substances dangereuses potentiellement présentes dans les rejets aqueux des établissements exerçant cette activité industrielle, ainsi qu'une liste des installations classées concernées par des surveillances ciblées de substances pour quelques substances prioritaires.

Histoire[modifier | modifier le code]

La pollution de l'eau est sans doute aussi ancienne que la sédentarisation de l'humanité et sa première industrie (drainage acide localement millénaires, contamination des mares, puits, étangs par les excréments animaux ou humains…).

En France, les archives ont conservé diverses ordonnances et articles de jurisprudence qui imposent de débarrasser les cours d'eau et leurs abords d'éventuelles immondices. Cependant, la jurisprudence n'évoque pas la pollution comme raison, mais une volonté de ne pas créer de bouchons anormaux susceptibles de freiner l'eau et de créer des inondations en période de crue ou de priver certaines villes ou activités (moulins, teintureries, mégisseries…) d'eau en période d'étiage.
Ainsi à titre d'exemple au début du XVIIIe siècle (1737) Michel Noël cite l'article 42 des « instructions et objet des reformations des eaux et forests, qui ont servi en partie à la confection de l'ordonnance de 1669, ainsi qu'au règlement du 6 novembre 1665 » ordonne (à propos de la rivière Bièvre (affluent de la Seine) une « amende arbitraire contre ceux qui mettront des empêchemens nuisibles au cours de la Riviere, ou qui y jetteront des immondices, ou les amasseront sur les quais, & 500 libres contre les particuliers et officiers qui auront négligé de les ôter & de les faire ôter »[4]. L'article 44° du même recueil de texte impose que le cours de la Bièvre « doit être tenu libre, & et à cet effet, tous bâtardeaux, digues, pieux, arbres, tonneaux, & autres empêchmens nuisible ausdits cours, ensemble toutes saignées étant aux berges, seront supprimés aux frais de ceux qui les auront faits, ou mis, font défenses à toutes personnes d'en faire de nouveaux, à peine d'amende »[4]. L'article 45° ordonne que la rivière bièvre soit « curée tous les ans, dans les tems y déclarés, aux frais des meûniers & propriétaires des moulins, es lieux où ils ont accoutumé de faire le curage, à l'effet de quoi ce qui accroîtra sur les berges dans l'étendue de six pieds appartiendra ausdits propriétaires, ou Meûniers, qui auront fait ledit curage, & entretiendront les berges.. »[4].

Pollution et révolution industrielle[modifier | modifier le code]

L'industrialisation des villes ainsi que l'accroissement et la concentration des populations génère une pollution inégalée des cours d'eau à partir du XVIIIe siècle. Auxiliaire indispensable des transports par terre et par mer, des arts mécaniques, miniers, métallurgiques et textiles, la machine à vapeur est l' initiatrice de cette révolution complète[5].

Les agglomérations humaines ont alors une influence très marquée sur l'état d'insalubrité des cours d'eau, principalement dans les districts houillers. L'autre cause est l'accroissement de la consommation d'eau pour les usages économiques et industriels. La question de la distribution d'eau dans les villes se trouve ainsi liée beaucoup plus intimement qu'autrefois à celle de la protection des sources et des rivières.

Partout où le combustible minéral est abondant et à bas prix, l'eau est recherchée comme agent de dissolution, de lavage, etc. à cause de son état de pureté, par des manufactures qui se sont groupées dans le voisinage des sources ou des ruisseaux, en amont des villes. Là au contraire où le combustible fait défaut, l'eau est recherchée par l'industrie comme moteur. Mais dans les deux cas, les usines en prenant possession des rivières pour leur approvisionnement, y rejettent leurs résidus et leurs eaux sales sans être arrêtées par la pensée que ces cours d'eau constituent souvent l'unique source d'alimentation de la contrée.

L'histoire de la corruption des rivières est la même dans tous les pays. L'eau est claire et limpide à la source ; une première usine s'établit sur les bords du ruisseau qui en découle, emploie l'eau comme moteur ou comme solvant, une seconde usine la reprend, puis une troisième, etc. Lorsque les fabriques recherchent l'eau parce qu'elle est plus pure — dans ce cas des papeteries, des fabriques de coton, de laine, ou de soie, des teintureries, des imprimeries sur étoffes, des blanchisseries, des fabriques de produits chimiques, des tanneriesetc. — malgré les procédés mis en œuvre pour épurer les liquides résidus de leur fabrication, elles les rejettent indistinctement à la rivière, que ces liquides contiennent ou non de l'acide chlorhydrique, de la soude, de l'arsenic et des matières organiques de toutes sortes.

Après avoir servi aux manufactures, le ruisseau qui devient assez important rencontre une ville qui y décharge à son tour, par ses égouts, les matières fécales, les eaux ménagères, les résidus des établissements publics tels que abattoirs, buanderiesetc. et aussi les détritus des fabrications de tous genres plus particulières aux villes. Ces résidus suivant la prédominance dans la localité de telle ou telle industrie, exercent un effet particulier sur la composition des eaux usées et par conséquent, des eaux de la rivière. Il n'est pas rare que malgré la vigilance des autorités municipales et les règlements de police la rivière ne devienne un lieu de décharge pour les cendres, les sables, les vieux matériaux, les boues et immondices solides.

Lorsque des barrages ont été construits en vue des besoins de la navigation ou de la force hydraulique, les matières dans l'eau stagnante entrent en fermentation et les émanations créent aux riverains une situation insupportable. Indépendamment des centres habités, les fermiers isolés se plaignent de ne pouvoir abreuver leurs bestiaux, le séjour des habitations sur les rives n'est plus possible, les propriétaires ont de la peine à trouver des locataires ou des fermiers, les terrains perdent de leur valeur, etc.

L'Angleterre est le premier pays industrialisé. Dans les districts où fonctionnent les grandes exploitations minières et métallurgiques comme le Durham, le Lancashire, le Yorkshire, le pays de Galles du Sudetc. des millions de mètres cubes de matières solides sont jetés directement dans les rivières avoisinantes ou déposés sur leurs bords de telle sorte que les hautes eaux les entraînent, détruisent le poisson, détériorent le cours d'eau et les terres en amont sur les deux rives. Si une partie de la rivière est navigable ou pourvue d'un port à l'embouchure comme sur la Tyne à Sunderland, le dragage devient une condition essentielle d'accès dans le port sinon le commerce serait ruiné. Beaucoup de fabriques de soude jettent leurs marcs de hauts fourneaux, écoulent leurs laitiers directement dans les rivières au point de mettre les eaux en ébullition.

La ville de Bradford est citée comme exemple. Entre 1801 et 1870, sa population passe de 6 393 à 143 000 habitants, augmentation liée au développement de l'industrie lainière. La puissance de production mécanique dépasse tellement l'accroissement de la population que les manufactures jouent ici un plus grand rôle que les égouts, dans l'infection de l'Aire à Bradford. Le ruisseau dit Bradford Beck qui s'écoule sur six kilomètres depuis la ville jusqu'à la rivière Aire à Shipley est devenu proverbial dans le Yorkshire. On dit « infect comme le Bradford Beck » quand on veut désigner le cloaque le plus fangeux et le plus fétide. Or ce ruisseau reçoit non seulement les eaux usées de la ville et du district populeux qui l'entoure — 27 000 m3 par jour — mais aussi tous les résidus des filatures, laveries et teintureries qui forment son industrie et sa richesse. Au moment où les commissaires d'une enquête en 1865 siégeaient à Bradford, les eaux du Bradford Beck servaient encore à l'alimentation du canal. Le fluide du Beck était de venu si infect pendant l'été que des gaz inflammables s'en échappaient en abondance et bien qu'il fût considéré jusqu'alors comme un exploit impossible de mettre la Tamise en feu (Voir à ce sujet « La Grande Puanteur »), les commissaires ont appris que plus d'une fois il avait été mis feu au canal de Bradford[6],[5].

Politique nationale française[modifier | modifier le code]

Les principales conclusions des études réalisées à partir des informations disponibles par l’Institut français de l’environnement sont les suivantes :

  • on constate une contamination généralisée des eaux de surface et littorales par certaines substances, les eaux souterraines étant moins touchées.
  • les pesticides interviennent dans près d’un quart des causes de non-conformité des eaux servant à l’alimentation des populations.

Une première étape consiste à rassembler toutes les informations disponibles pour mieux caractériser les impacts des résidus de pesticides sur les organismes aquatiques).

Solutions[modifier | modifier le code]

L'action la plus déterminante réside dans nos habitudes de consommation, la plus importante source de pollution de l'eau étant celle de l'agriculture :

1) En agriculture, il est possible de limiter l’utilisation des intrants chimiques (comme cherche à le faire la Directive Nitrate européenne), et dans certains cas, les intrants chimiques sont supprimés (agriculture biologique). L’azote dans le sol peut être lessivé par la pluie et c’est comme ça qu’il se retrouve en quantité dans les rivières et les nappes phréatiques, et qu’il est ensuite nécessaire d’en réincorporer dans les sols. Pour lutter contre ce lessivage, les agriculteurs utilisent des techniques d’intercultures, et plutôt que de laisser les sols nus ils sèment des plantes appelés « pièges à nitrates » qui n’ont pas vocation à être récoltées : elles sont détruites lorsque l’agriculteur commence sa culture, elles sont laissées sur place et libèrent le nitrate progressivement pendant leur dégradation.

2) Réduire sa consommation de produits industriels (l'industrie étant un grand consommateur d'eau potable et polluant à nombreuses échelles) et notamment de produits de haute technologie (pollution aux métaux lourds)

3) Utiliser des produits sanitaires et cosmétiques écologiques (le plus économique étant de les faire soi-même, il en existe cependant de large gamme dans le commerce)

4) Diminuer la pollution de l'eau faite par les usines. À ce propos les industriels de L'EXCERA soucieux de ce problème ont fait réaliser une étude sur des détecteurs de film d'hydrocarbure à la surface de l'eau par l'IRA afin de connaître les moyens de détection et leur fiabilité.

5) Installer aussi des stations d'épuration ou des zones tampons[1] afin de traiter les eaux usées avant de les rejeter dans le cours d'eau, la mer, ou le lac.

Échelle nationale[modifier | modifier le code]

  • Mise en place d’une filière de récupération des emballages vides et des produits phytosanitaires non utilisés ;
  • Renforcement des contrôles de l’utilisation des produits phytosanitaires. La loi d’orientation agricole de juillet 1989 a augmenté les pouvoirs de contrôle de l’administration et prévoit de lourdes peines en cas d’infraction sur les ventes ou sur les utilisations de produits ;
  • Conduite d'études préalables au futur dispositif de contrôle obligatoire des pulvérisateurs agricoles ;
  • Développement des techniques de protection biologique des cultures, substitut possible de la lutte chimique.
  • Créer des stations d'épuration et mettre aux normes celles déjà existantes.

Échelle régionale[modifier | modifier le code]

Le programme prévoit d’intensifier les travaux des groupes régionaux chargés de la lutte contre la pollution des eaux par les pesticides, sous l’autorité des préfets de région. Les mesures soutenues par l’État sont centrées sur des actions préventives développées sur des bassins versants prioritaires. Ces actions comprennent un diagnostic des causes de pollution par bassin, un plan d’actions comprenant de la formation et du conseil, des diagnostics des pollutions diffuses et ponctuelles au niveau des exploitations, la mise en place de zones tampons ainsi que des investissements collectifs limitant les transferts de pesticides vers les eaux. En outre, il a été décidé d’appliquer, dès le 1er janvier 2000, le principe pollueur-payeur aux pollutions diffuses d’origine agricole par la création d’une “pollutaxe” sur les produits phytosanitaires dans le cadre de la taxe générale sur les activités polluantes. Cette taxe est appliquée aux quantités de substances classées dangereuses entrant dans la composition des produits commercialisés. Le niveau de la taxe varie selon la toxicité et l’écotoxicité des substances. Les produits ne contenant pas de substances classées dangereuses ne sont pas taxés. L’objectif de cette taxe est double :

  • inciter les industriels à développer des substances moins toxiques pour l’homme et l’environnement;
  • inciter les agriculteurs à choisir les produits les moins nocifs.

L’instauration de cette taxe a donné lieu à une large information des utilisateurs sur les dangers liés aux substances entrant dans la composition des produits phytosanitaires. L'eau prend plus de 60 % de la terre. Seulement 3 % est de l'eau douce, dont 2 % sont dans les régions polaires. Donc, seulement 1 % de l'eau est accessible.

Pollution bactériologique[style à revoir][modifier | modifier le code]

On observe une pollution bactériologique par exemple par le taux élevé de coliformes fécaux [7]. (J.S.B) Les taux des bactéries coliformes sont utilisés pour mesurer la qualité de l'eau.

Cette pollution peut provenir des effluents d'élevage (dans ce cas on observe un taux élevé de nitrates), des rejets domestiques…

Impact négatif d'un rejet contenant des germes bactériens d'origine intestinale.

À l'échelle mondiale, la pollution bactériologique (choléra, typhoïdes, diarrhées) est une des principales causes de décès (voir taux de mortalité).

Pollution chimique[modifier | modifier le code]

Pollution par les nitrates[modifier | modifier le code]

Présents à l'état naturel dans le sol par décomposition des végétaux, et par l'apport artificiel d'engrais chimiques azotés, les nitrates peuvent atteindre les eaux souterraines lors de fortes précipitations sur un sol pauvre en humus (terre polluée, érodée par des traitements chimiques comme les herbicides, pesticides, fongicides ou engrais chimiques) et se déversent dans les cours d'eau. L'apport se fait aussi éventuellement via les pluies (qui contribuent aussi à l'acidification des eaux douces (dans les contextes karstiques notamment). Les nitrates (formule chimique: NO3) sont l'une des causes de la dégradation de la qualité de l'eau, et par là des écosystèmes par eutrophisation. Des systèmes de mesure en continu de la pollution par les nitrates existent mais sont peu utilisés[8]

Quant à l'effet sur la santé, les discours sont contradictoires selon leur provenance: néfaste pour le monde scientifique (médicale comme l'OMS) et bénéfique quant aux organismes privés comme les fournisseurs d'eau ou de fertilisant (comme l'UNIFA ). Si les nitrates sont présents naturellement dans le corps, le maintien de son taux doit rester faible, et l'apport recommandé par l'OMS correspond à la consommation de fruits et légumes nécessaire à la santé. L'absorption des nitrates est lié aux cancers digestifs, elle compromet la santé des plus vulnérables (nourrissons, personnes âgées, etc) et peut conduire au décès par anoxie (méthémoglobinémie).

Le problème environnemental sur les écosystèmes se caractérise essentiellement par eutrophisation (asphyxie des animaux, des plantes, prolifération d'algues vertes néfastes)

Plan d'action européen contre les nitrates
Article détaillé : Directive Nitrates.

Une directive européenne de 1991 [9] dite directive « nitrates » constitue le principal instrument réglementaire pour lutter contre les pollutions liées à l’azote provenant de sources agricoles.

Elle concerne l’azote toutes origines confondues : engrais chimiques, effluents d’élevage, effluents agro-alimentaires.

Transposée en France, elle se traduit en particulier par la définition de zones vulnérables. Il s'agit de zones prioritaires pour organiser la lutte contre la pollution des eaux par les nitrates d'origine agricole. Les actions à y mener sont définies par des programmes d'actions cadrés par des arrêtés préfectoraux[10].

Vingt cinq ans plus tard, la situation ne s'est pas améliorée.

Pollution de l'eau par les produits phytosanitaires[modifier | modifier le code]

Pollution par les phosphates[modifier | modifier le code]

La pollution par les phosphates ou les nitrates enclenche un processus d'eutrophisation de l'eau.

Pollution par les métaux lourds[modifier | modifier le code]

La pollution des océans par les métaux lourds (plomb, mercure, arsenic, cuivre, zinc et le cadmium) due à des émissions provenant des activités humaines est diverse. Essentiellement, elle a pour origine les fonderies de la métallurgie et les incinérateurs d'ordures, ainsi que les installations minières abandonnées[12]. Avec les pluies et le lessivage, ils se retrouvent dans les océans. La facilité avec laquelle les polluants sont emportés par l'eau de lessivage dépend fortement de conditions spécifiques (surface spécifique, forme, taille des grains[13]…)

La pollution par les métaux lourds, notamment l'arsenic est un problème majeur au niveau mondial (notamment par l'extraction de minerais rares comme le néodyme pour exemple).

Pollution par les PCB[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Polychlorobiphényle.

Les polychlorobiphényles (PCB) sont des substances chimiques interdits (segpa) depuis 1987 mais que l’on retrouve encore aujourd’hui dans l'eau car ils se désagrègent très peu dans l’environnement. Ils constituent un problème de santé publique car ils sont suspectés d’être cancérigènes, reprotoxiques et neurotoxiques. L'Association Santé Environnement France et le WWF ont mené en 2009 une enquête sur l'imprégnation aux PCB des riverains du Rhône. Les résultats ont mis en évidence l’association entre la consommation de poissons ainsi que le lieu de vie et le niveau d’imprégnation aux PCB[14].

Pollution par les hydrocarbures[modifier | modifier le code]

Drainage minier acide[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Drainage minier acide.

C’est une solution minérale souvent acide qui s'écoule régulièrement en conséquence d'une mine.

Déchets plastiques[modifier | modifier le code]

Les déchets plastiques sont déversés en grande quantités dans les océans. l’Ifremer a évoqué des chiffres de plus de 50 millions de tonnes de déchets se trouvant entre 0 et 250 m de profondeur dans le golfe de Gascogne, 15 000 tonnes de sacs plastiques y circulent entre deux eaux et 50 000 tonnes de ces mêmes sacs reposent au fond du golfe[15].

Le stade ultime de la fragmentation de ces déchets consiste en ce que l'on appelle les larmes de sirène, granulés de plastiques omniprésents et indestructibles de dimension variant de quelques millimètres à 20 microns et moins.

Une partie de ces déchets est visible à la surface de l'océan, on parle du continent plastique. La source de ces déchets plastique est difficile à établir, bien qu'une étude de chercheurs américains s'accordent à dire que le mauvais traitement des déchets plastiques alimentent leur déversement dans l'océan[16].

Pollutions radioactives[modifier | modifier le code]

Les pollutions par contamination radioactive sont effectuées volontairement lors de guerre (notamment les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki), de tests (essais nucléaires notamment français), gestion des déchets radioactifs, et involontairement par inconséquence (catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima), négligence (l'extraction d'uranium d'Areva notamment), etc:

L'extension de cette contamination, dont les conséquences dans le temps se mesurent jusqu'en milliard d'années, a fini par amener une certaine prise de conscience et l'organisation du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires.

Mircopolluants[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Micropolluant.

Médicaments[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années, nous sommes confrontés à une nouvelle forme de pollution : celle des résidus médicamenteux. Une fois ingéré, le médicament se retrouve dans les selles et les urines, et rejoint les stations d'épuration. Or, les stations d'épuration ne dégradent pas totalement les médicaments et une partie se retrouve dans les rivières puis dans l'eau que nous buvons. Plusieurs études scientifiques ont fait le lien entre la présence de résidus médicamenteux dans l'eau potable, l'autisme et des troubles du comportement.[citation nécessaire] D'autres ont montré des effets sur l'hermaphrodisme dans l'écosystème, les troubles de la reproduction ou encore la résistance bactérienne. Une association de médecins, l'Association Santé Environnement France, s'inquiète des effets sanitaires de cette pollution émergente[17].

Perturbateurs endocriniens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Perturbateur endocrinien.

Les substances à activité œstrogénique sont problématiques à de très faibles concentrations. La valeur d'écotoxicité aiguë a été fixée à 0,4 ng/l[18]. Cette œstrogénisation de l'environnement est suspectée d'être responsable d'une augmentation de la stérilité chez les hommes[19] et d'être responsable de certains cancers de la prostate[20] et du sein[21]. Le point d'entrée de la plupart des perturbateurs endocriniens dans l'environnement sont les stations d'épurations qui pour la plupart ne permettent pas de traiter ces polluants[18].

Autres pollutions[modifier | modifier le code]

  • Les crèmes solaires sont accusées par des études scientifiques d'abîmer la faune et la flore marine.
    Une étude menée en Suisse par le laboratoire Empa montre leur impact négatif sur les truites de rivière [22],[23], [24].
    Selon Le Figaro en 2008, « Une équipe de chercheurs italiens a démontré que, dans des zones touristiques fréquentées (Égypte, Thaïlande, Indonésie), la présence d'écran solaire dans l'eau menace les récifs coralliens. En cause : les substances chimiques qui filtrent les ultraviolets détruisent aussi les microalgues indispensables à la vie des coraux. Mieux vaut utiliser une protection de type minérale plutôt que chimique »[25], [26], [27].
  • De nombreux produits chimiques très solubles dans l'eau sont susceptibles de contaminer les nappes et eaux de surface, c'est le cas par exemple des perchlorates.

Pollutions par zones géographiques[modifier | modifier le code]

Pollution de l'eau au Vietnam[modifier | modifier le code]

Le Vietnam est un pays en développement. Par conséquent, le problème de la pollution de l'eau est de plus en plus concerné. Depuis 20 ans, le développement des secteurs économiques, des industries ainsi que le secteur des services se développent rapidement. Cependant, les développements qui ont conduit à l'impact potentiel sur l'environnement, en particulier l'eau. Les conséquences de la pollution de l'eau jour par jour plus grave, la capacité de se propager de pollution plus élevé. Bien que des mesures ont été prises pour réduire la pollution de l'environnement de l'eau, mais ils ne sont pas encore efficace. « À Hanoï, capitale du Vietnam, il y a chaque jour de 300.000 à 400.000 m3 de l'eau eaux usées est déchargée sans traitement directement dans les quatre principales rivières. Et à Ho Chi Minh, la ville la plus grande du Vietnam, la situation est pareille »[28].

C’est un nombre alarmant de décharge d'eau non traitée dans le milieu naturel. En plus, avec la situation économique actuelle reste difficile, l'eau potable est un problème urgent pour les habitants. Même dans les grandes villes comme Hanoï, Ho Chi Minh, la canalisation d'eau ne peut pas fournir suffisamment d'eau pour le peuple. Par conséquent, les principaux cours d'eau dans les grandes villes sont considérés comme la principale source d'approvisionnement en eau pour les populations, les écosystèmes, les animaux, les plantes ...

Les principales causes conduisant à la pollution de l'eau principalement par les humains. Certaines des principales causes de pollution de l'eau connue comme: les eaux usées industrielles, les ressources des déchets domestiques et des déchets médicaux, l'agriculture[29], etc. En exemple, on peut citer comme: la filiale Formosa rejetées directement les eaux usées dans le milieu marin à Ha Tinh, Viet Nam. Cela a provoqué une énorme quantité de poissons morts sur une grande échelle en 2016 [30].

En outre, un certain nombre de facteurs environnementaux aussi en partie causé la contamination des sources d'eau. Au Vietnam, la pollution de l'eau causée par la pluie, les inondations, les tempêtes... est la principale raison qui affecte la qualité des sources d'eau potable. « Selon le Docteur Phan Van Tân, de l’Université nationale de Hanoï, les impacts négatifs du changement climatique sont l’une des causes de la raréfaction. Les températures ont tendance à grimper provoquant un accroissement de l’évaporation et une perturbation du cycle de l’eau» [28].

Les conséquences de la pollution de l'eau est extrêmement inquiétant. Des millions de Vietnam n’ont pas encore été utilisé pour nettoyer l'eau. Cela est compréhensible lorsque la croissance rapide de la population a conduit à l’augmentation de la nécessité de l'eau propre. Par ailleurs, le développement urbain est inégal conduit au développement d'une infrastructure plus rapide, mais accompagnée des conditions de base n'ont pas suivi le rythme[28].

En outre, la quantité d'eau usée a été déversées directement dans les rivières aura un impact direct sur la vie des gens. Ce sera également les principales sources de pollution peuvent causer des maladies virales, ou des maladies qui causent de graves conséquences telles que le cancer ... au Vietnam, il y a environ 9.000 décès dus à l'eau et les mauvaises conditions sanitaires et près de 200.000 cas de cancer découverts, que l'une des principales raisons est l'utilisation de l'eau polluée[31].

Un certain nombre de mesures ont été prises pour réduire les effets nocifs de la pollution de l'eau sur les humains. Nous pouvons utiliser la méthode de traitement de l'eau au niveau des ménages simple que la purification de l'eau, faire bouillir avec l'excès de chaleur de la cuisson. Même l’habitude du lavage des mains peut également protéger des millions de personnes. En outre, les entreprises d'approvisionnement d’eau ont besoin d'améliorer continuellement l'assainissement le système et fournir de l'eau potable traitée pour les citoyens. Une autre solution très importante est d'améliorer la conscience des gens pour protéger de l'environnement en général et en particulier de l'eau propre. Le gouvernement doit également édicter des règles juridiques strictes pour protéger l'environnement[31].

Pollution de l'eau en Chine[modifier | modifier le code]

Les cours d'eau chinois subissent une pollution croissante : ainsi, depuis le milieu des années 1980, le niveau de pollution du fleuve Jaune a été multiplié par deux[32]. Les usines polluantes des régions industrielles de l'est déversent des déchets toxiques. La pollution et la croissance du trafic fluvial ont provoqué la disparition du Dauphin de Chine (aussi appelé Dauphin du Yang Tsé). La pollution de l’eau serait à l'origine de 118 000 morts par cancer pour l'année 2004.[réf. nécessaire] 75 % des lacs chinois souffrent d’eutrophisation.[réf. nécessaire]

Avant 2011, les eaux usées de Lhassa étaient rejetées sans traitement dans les rivières. En août 2011, une usine de traitement des eaux usées, conçue pour traiter 50 000 tonnes d'eaux usées par jour, a été mise en service[33].

Pollution de l'eau en Inde : le cas du Gange[modifier | modifier le code]

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La pollution du Gange en Inde est un cas très particulier car elle est provoquée d’une part par l’industrie, mais elle est surtout aggravée par le comportement de la population locale. D’une part, les industries en expansions rejettent dans l’eau du fleuve des quantités alarmantes de produits chimiques : comme le chrome, l’arsenic…les villes les plus polluantes sont Kanpur et Calcutta. Kanpur, par exemple, rejette 400 millions de litres d’eaux usées dans le fleuve chaque jour et n’a pas les capacités techniques pour retraiter ces eaux. D’autre part, l’agriculture intensive, qui a permis l’autonomie alimentaire du pays sous Nehru, est aujourd’hui une menace à cause des rejets de pesticides, de nitrates et d’engrais. Enfin, le fleuve étant considéré comme sacré, des millions de pèlerins boivent son eau, s’y baignent et s’y lavent, y jettent les dépouilles de leurs défunts…et ce, au mépris des risques sanitaires. La gravité de la situation environnementale appelle des mesures urgentes, mais le gouvernement est peu réactif, la priorité est donnée au développement économique et la population a du mal à se mobiliser.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Zones Humides Infos no 86-87, 2015, Zones humides et épuration des eaux
  2. Directive 2000/60/CE, du 23 octobre 2000 JOCE du 22 décembre 2000
  3. Listes française des secteurs d’activité industrielle des substances dangereuses
  4. a, b et c Michel Noël (M.) Memorial alphabetique des matieres des eaux et forêts, pesches et chasses (voir p. 605 de la version numérisée par Google)…
  5. a et b Assainissement des villes et des cours d'eau égouts et irrigations par Antoine Ronna. Librairie polytechnique de J. Baudry, 1874
  6. C'est l'un des amusements favoris des gamins. À l'aide d'une allumette ou d'un rat de cave fixé à l'extrémité d'une perche, ils enflamment les gaz de la surface. Les flammes atteignent jusqu'à deux mètres de hauteur et s'étendent le long de la surface comme des feux follets. Les gens à bord des bateaux amarrés le long du canal enveloppés par ces feux en ont souvent pris peur. Le Bradford Beck comme beaucoup d'autres ruisseaux du West Riding où les manufactures se sont développées est obstrué par les matières solides fournies par les laveries, les savonneries et teintureries aussi bien que par les eaux usée. Il est interdit il est vrai dans l'intérieur de la ville de décharger des matières solides dans le ruisseau mais il est évident à première vue que les ordres de la municipalité sont transgressés. Quelques-unes des énormes filatures entassent les cendres de leurs chaudières sur les bords des quais évidemment dans le but de les faire entraîner par le cours d'eau dans certains endroits il existe même des trappes pour les y projeter directement. Le service de la voirie se fait par des entrepreneurs ainsi que celui de la vidange des 16,000 fosses que renferme la ville, les water closets n'étant qu'au nombre de 1600. Ce service représente une dépense annuelle pour la corporation de 287,000 fr soit une perte de 2 francs par habitant. Les égouts ne renferment ainsi que très peu de matières excrémentielles(Dans Ronna)
  7. voir (en) en:Fecal coliforms#Fecal coliforms as indicator of water quality
  8. Actu environnement (2014) Eaux : quel avenir pour la mesure en continu ? Une étude technico-économique de la mesure en continu dans le domaine de l'eau montre que si sa réactivité permet une meilleure détection des pollutions, l'absence de réglementation ad hoc et son coût notamment limitent son développement ; 06 octobre 2014
  9. directive européenne 91/676/CEE du 12 décembre 1991
  10. http://www.developpement-durable.gouv.fr/Directive-Nitrates-les-zones.html
  11. arsenic : bien qu'un métalloïde, souvent inclus dans la liste des métaux lourds
  12. Pollution à l'arsenic par les stériles d'une ancienne mine d'or
  13. Sous quelle forme sont les polluants ?
  14. «PCB: Les Français sont-ils imprégnés ?», sur Métro news,
  15. « Etude des macro-déchets en milieu marin : une première synthèse », Ifremer
  16. « Les déchets de plastique dans les océans pourraient décupler en dix ans », sur Le Figaro
  17. http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/l-eau-du-robinet-est-elle-dangereuse-pour-la-sante-21-03-2013-1643900_57.php
  18. a et b (de) Andreas Schönborn et al., « Der Östrogenisierung der Umwelt auf der Spur », Aqua & Gas, vol. 5,‎ , p. 64-71
  19. (en) Pflieger‐Bruss, Sybille, H‐C. Schuppe, and W‐B. Schill, « Pflieger‐Bruss, Sybille, H‐C. Schuppe, and W‐B. Schill. "The male reproductive system and its susceptibility to endocrine disrupting chemicals », Andrologia,‎ , p. 337-345 (lire en ligne)
  20. (en) Gail S. Prins, « Endocrine disruptors and prostate cancer risk », Endocrine-Related Cancer, vol. 15, no 3,‎ , p. 649–656 (ISSN 1351-0088 et 1479-6821, PMID 18524946, PMCID PMC2822396, DOI 10.1677/ERC-08-0043, lire en ligne)
  21. Cathrin Brisken, « Endocrine Disruptors and Breast Cancer », CHIMIA International Journal for Chemistry, vol. 62, no 5,‎ , p. 406–409 (DOI 10.2533/chimia.2008.406, lire en ligne)
  22. Libération, 18 juin 2008, page 17,
  23. Étude Empa sur l'impact sur les truites de rivières (2006)
  24. Étude Empa relatée par la Tribune de Genève, 18 mars 2006
  25. Partir à la plage sans polluer, in Le Figaro, 30 juillet 2008, page 28
  26. Étude originale dans la revue Nature du 29 janvier 2008
  27. Étude relatée par ABC News in science, 26 mai 2008
  28. a, b et c Huong Linh, « L’eau, une ressource à protéger », sur lecourrier.vn, (consulté le 29 novembre 2016).
  29. « Ô nhiễm nước và các nguyên nhân gây ô nhiễm nguồn nước », Báo Quảng Ninh,‎ (lire en ligne).
  30. « Scandale écologique au Vietnam : des millions de poissons morts découverts sur les plages », Franceinfo,‎ (lire en ligne).
  31. a et b Dây chuyền lọc nước tinh khiết Tân Phú, « Thực trạng và giải pháp ô nhiễm nguồn nước ở Việt Nam », sur daychuyenlocnuoc.info (consulté le 29 novembre 2016).
  32. Zhongguo Qingnian Bao, « Le fleuve Jaune transformé en dépotoir », dans Courrier international no 853, du 8 au 14 mars 2007, p. 34
  33. Chine : fin de la construction de la première entreprise de traitement des eaux usées à Lhassa, Le Quotidien du peuple en ligne, 15 juillet 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pénurie Pollution Corruption. Le dossier de l'eau. ed. Seuil. Marc Laimé.
  • John R. McNeill : Something New Under the Sun - An Environmental History of the Twentieth-Century World (New York: Norton, 2000), chap. 5. Trad. fr. Du nouveau sous le soleil: Une histoire de l'environnement mondial au XXe siècle (Seyssel: Champ Vallon, 2010).

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Water's mamas de Marina Galimberti, documentaire en trois parties sur des actions pour l'accès à l'eau en Roumanie, Ukraine, et au Sri Lanka. 78 min. Rapsode production