Non-violence

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Manifestation non-violente contre les essais nucléaires, Paris, 1995.
Manifestation contre la Guerre de Gaza de 2014, Dublin, 2014.

La non-violence est une philosophie qui délégitimise la violence, promeut une attitude de respect de l'autre dans le conflit et une stratégie d'action politique pour combattre les injustices.

Gandhi, pendant la marche du sel, le 5 avril 1930.

Origine et évolution du terme non-violence[modifier | modifier le code]

Gandhi et la notion d'ahimsā[modifier | modifier le code]

Le terme « non-violence » a été introduit en anglais (nonviolence) au début des années 1920 par Mohandas Karamchand Gandhi, pour exprimer le concept hindou, en langue sanskrit, de ahiṃsā[1] dont la traduction littérale approximative est « non » (a-) et « violence » (-himsā), - soit « non-violence »[2]. Le terme non-violence est actuellement utilisé dans certaines traductions de la Bhagavad-Gita[3]. Selon l'explication de Gandhi, « l'Ahimsā signifie amour dans le sens de saint Paul, et plus encore parce que l'Ahimsā s'étend à toutes les créature »[4]. La conception de l'amour attribuée à Paul est la conception chrétienne qui consiste à surmonter le mal par le bien, mais le mot « ahimsā » a parfois été traduit non seulement par « non-violence » ou « amour », mais également par « un respect et une justice », « inoffensivité » et « non-nuisance, »[5] - ce dernier terme se retrouvant aussi dans la Bhagavad-Gita[6].

La "Non-résistance" chrétienne[modifier | modifier le code]

Le concept de non-violence est étroitement lié à la notion de l'ahimsā chez Gandhi, et donc aux livres saints, à la sagesse et à la culture hindoues, mais il est également issu de la doctrine chrétienne de « non-résistance, » en référence à l'enseignement de Jésus dans le Sermon sur la montagne à l'effet de « ne pas résister au méchant, »[7] dont l'histoire a été résumée par Tolstoï.[8] En effet, Gandhi affirme que c'est Léon Tolstoï qui l'a « [rendu] capable de fonder en raison [sa] non-violence »[9], et ce bien qu'il n'utilisait pas lui-même le terme "non-violence," mais "non-résistance", comme de nombreux auteurs avant lui. Ainsi, dans sa préface d'une réédition du livre de Adin Ballou sur la "Non-résistance chrétienne" (1846), Michael True (auteur de An energy field more intense than war: The Non-violent tradition and American littérature, 1995) écrit: « L'importance de Adin Ballou comme théoricien de la non-violence ou, comme il appelait le concept, de la non-résistance...»[10]

Avec le mot non-violence, Gandhi rendait plus explicite, dans la notion de « non-résistance », le sens d'absence de vengeance[11]. Le terme « non-violence » tend à remplacer en anglais celui de « non-résistance, » qu'on retrouve dans plus de deux cents années de littératures, mais qui n'a par ailleurs jamais été beaucoup utilisé en français.[12]

Autres sources[modifier | modifier le code]

Le terme « non-violence » est attribuable à Gandhi, mais le concept à des origines plus lointaines, et notamment au sein des traditions religieuses. Ainsi, les « anabaptistes européens du XVIe siècle siècle parlaient de Gewaltlosigkeit, littéralement abstention de l’utilisation de la force » pour signifier leur refus de la défense personnelle violente et le rejet du service militaire[13]. Il n'est donc pas anachronique d'attribuer à des auteurs antérieurs à 1920 des explications sur le concept de « non-violence »

La non-violence se définit comme l’« abstention de la violence, ou le principe d’une telle abstention », et la « non-résistance » comme « le principe ou le fait de ne pas résister à la violence par la force [brute] »[14].

Les types de non-violence[modifier | modifier le code]

Adin Ballou, le plus grand théoricien du sujet selon Tolstoï,[15] a distingué quatre type de non-violence.

  • la non-violence chrétienne, qui a été enjoint et exemplifié par le Christ dans les écrits du Nouveau Testament,
  • la non-violence philosophique, de diverses nuances, qui tient pour rien la révélation divine et l'autorité du Christ, exclut toute considération strictement religieuse, et tire ses conclusions à la lumière de la nature,
  • la non-violence sentimentale, qui est considérée comme la voix spontanée des sentiments les plus élevés de l'homme, transcendant toutes révélations divines spéciales, instructions positives, raisonnement et considération d'opportunité, et
  • la non-violence nécessiteuse, prêchée impérieusement par les despotes à leurs sujets comme leur devoir indispensable et la plus grande vertu; aussi recommandée par la prudence du monde aux victimes de l’oppression lorsqu'ils sont incapables de présenter une résistance qui a du succès à ceux qui leur font du mal.[16] (l'imam Shirazi appelle ce type de non-violence, « non-violence par obligation » - qui est attribuable à la faiblesse[17])

La non-violence chrétienne a beaucoup en commun avec la résistance philosophique et sentimentale, puisqu'elle est, dit Ballou, l’original divin dont elles sont des dénaturations humaines, et contenant tout le bien des deux sans les maux de chacune; mais elle n'a rien en commun avec la non-violence nécessiteuse.

La Non-violence chrétienne[modifier | modifier le code]

Dans l'enseignement du Christ[modifier | modifier le code]

La non-violence de Tolstoï, Gandhi et Martin Luther King était inspirée de l'enseignement du Christ, et notamment du Sermon sur la montagne[18],[19],[20] Luther King a dit que « le Christ donnait l'esprit et la motivation, [et] Gandhi la méthode, »[21] avec respectivement la « sublime doctrine de l'amour » et la « résistance non-violente »[22]; de même que Gandhi a dit avoir apprit la non-violence du Christ, et de Tolstoï la non-coopération[23]; et que ce dernier partageait en fait les opinions de William Lloyd Garrison, pour qui « la [non-violence] est fondée sur l’enseignement, les doctrines, les exemples et l’esprit de Christ ».[24]

Ce que Régamey a appelé « l'Évangile de non-violence »[25] dit :

« Vous avez appris qu'il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent.[26] Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre. Si quelqu'un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu'un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. … Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? … Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait ».[27]

La non-violence, ou non-résistance chrétienne, exclut complètement la passivité absolue, et considère comme un devoir d'opposer la plus grande résistance morale à toute manifestation du mal dans l'humanité ; le mal doit être surmonter par le bien, ce qui fera éventuellement de tous les ennemis des amis.[28] ; « Lutter contre le mal est le seul but extérieur du christianisme, et le commandement sur la [non-violence] est donné comme le moyen le plus efficace de lutter avec succès contre lui » [29].

Chez les premiers chrétiens[modifier | modifier le code]

Les premiers chrétiens prenaient les enseignements de Jésus à la lettre, et comprenaient ses inculcations de douceur et de « non-résistance » dans leur sens littéral. Ils identifiaient étroitement leur religion avec la paix; ils condamnaient fermement la guerre à cause de l'effusion de sang qu'elle impliquait; ils s'appropriaient la prophétie de l'Ancien Testament qui prédisait la transformation des armes de guerre en outils agricoles[30]; ils disaient que leur politique était de rendre le bien pour le mal, et de vaincre le mal par le bien.[31] Les textes les plus anciens dont nous disposons permettent de connaître la nature de la « non-violence » des chrétiens des premiers siècles de notre ère.

Au premier siècle, Clément de Rome enjoint « d'obéir à Dieu plutôt que de suivre l'arrogance et l'agitation des instigateurs d'une détestable rivalité [qui se lancent par] caprices (…) dans les querelles et les séditions; et la douceur, l'humilité et la prière « pour ceux qui sont coupables de quelque faute (« injustices, querelle, méchanceté, dureté avec les étrangers, » etc) « afin qu’ils cèdent, non pas à nous certes, mais à Dieu, » et en vue « de la concorde et la paix [pour] tous les habitants de la terre ».[32] Un peu après, Polycarpe de Smyrne répète l'enseignement du Christ de « [prier] aussi pour les rois, les autorités, les princes, et pour ceux qui vous persécutent et qui vous haïssent » [33] Le Didachè, un texte très populaire parmi les chrétiens dès le deuxième siècle, reprend et détaille l'enseignement du Christ ("bénissez, priez et jeûnez pour ceux qui vous persécutent"); « aimez ceux qui vous haïssent, et vous n'aurez pas d'ennemis »; « tu ne dois haïr personne, mais reprendre les uns, et prier pour eux, et aimer les autres plus que ta vie »; et ne pas être irascible, jaloux, querelleur ni violent « car c’est de là que viennent les meurtres, » mais plutôt « mettre la paix entre ceux qui se combattent ».[34]

Athénagore (vers l'an 177) écrit, en lien avec avec le Sermon sur la montagne, que les chrétiens « ne rendent pas les coups lorsque frappés, ne poursuivent pas en justice lorsque pillés, donnent à ceux qui leur demandent et aiment leur prochain comme eux-mêmes ».[35] Les martyrs de Lyon (an 177) « priaient pour leurs bourreaux comme Étienne, le premier martyr: "Seigneur, ne leur impute pas ce crime, " et ils « ne condamnaient personne. Ils déliaient chacun et ne liaient aucun ».[36] Justin (dit le Martyr, - devenu chrétien vers 130) témoigne que l'enseignement du Christ sur l'amour des ennemis est commun parmi les chrétiens, et que cela correspond à la réalisation d'une prophétie sur la fin de toute guerre : « Nous qui étions remplis de guerre, de meurtre, de tout mal, nous avons sur terre transformé les instruments de guerre, les glaives, en soc de charrue, les lances en outils des champs, et nous cultivons la piété, la justice, la philanthropie, la foi, l’espérance...[37] Tertullien (vers 160-230) formule le sentiment général des chrétiens de son époque concernant la guerre: « Le Seigneur, en désarmant Pierre, a désarmé tous les soldats »; «  une seule et même vie ne peut être due à deux maîtres, à Dieu et à César ».[38]

En somme, les premiers chrétiens utilisaient des "armes" spirituelles (prière, jeûne, paroles douces et message du Christ) contre ceux qui les haïssaient et les persécutaient, et tout en cultivant la piété et l'humilité, ils condamnait les mauvais sentiments, le meurtre, les guerres et les séditions. Mettant leur confiance dans le pouvoir de Dieu, ils refusaient de prendre part aux violences organisées, subissaient les outrages physiques sans répliquer pareillement, et recherchaient le bien de tous, la concorde et la paix. Une partie de ces attitudes peut être considérée, selon les définitions d'aujourd'hui, comme de la résistance passive, de l'objection de conscience, et du pacifisme.

Dans les sectes chrétiennes[modifier | modifier le code]

Le Sermon sur la montagne du Christ est expressément présentée comme source de la doctrine de non-violence (non-résistance) et justification de la confession de foi chez les mennonites (incluant les amish),[39] les huttérites,[40] les quakers[41] et les shakers[42], ainsi que chez Adin Ballou[43] et Léon Tolstoï.[44] Cependant, la non-violence serait encore un devoir chrétien même sans ce sermon, dit l'historien mennonite Horsch, parce que les principes du christianisme sont absolument contraires à la guerre,[45] qui comprend en fait toutes sortes de violences (politique et autres)[46]; de même pour Tolstoï c'est l'ensemble des enseignements du Christ et des doctrines des apôtres qui définissent une « règle générale, » la « loi de l'amour » (ou « loi de Dieu), par opposition à la « loi de la violence »[47]. Pour sa part, George Fox disait « [vivre] sous une puissance qui supprime la cause de toutes les guerres »[48]; et en ce sens, la doctrine chrétienne de la non-violence peut correspondre pour ses adeptes au fait même de vivre avec une foi particulière en la nature, la volonté et l'existence même de Dieu.

Cette doctrine de non-violence a été également adoptée et enseignée par d'autres sectes chrétiennes au cours de l'histoire: cathares, vaudois, moraves, doukhobors, moloques et témoins de Jéhovah.

Auteurs phares[modifier | modifier le code]

Les figures de proue dans la doctrine chrétienne de la non-violence comprennent, notamment, parmi les Pères de l'Église Tertullien et Origène, les auteurs John Wyclif, Jan Hus et Petr Chelčický (en) à l'époque de la Réforme, certaines personnes qui ont agit en tant qu'organisateurs de sectes, comme Menno Simon et George Fox, ainsi que des réformateurs sociaux comme Ballou, Toyohiko Kagawa, Tolstoï, Gandhi et Luther King.

La Non-violence dans l'islam[modifier | modifier le code]

Les principes de la non-violence ont été promût et défendus dans l'islam depuis toujours. Ainsi, le Coran enjoint de ne dire que ce qui est le meilleur[49], maîtriser ses accès de colère et pardonner à autrui[50], laisser non seulement le dehors mais aussi le dedans du péché[51], rechercher la paix, être juste et doux, et il condamne le meurtre[52] et le fait de commettre des désordres (ou faire du mal)[53], de fomenter des projets malhonnêtes et criminels, et de se concerter pour commettre des agressions et des actes de révoltes[54].

La non-violence musulmane repose sur l'exigence du sacrifice de soi-même, pouvant aller jusqu'à la mort, lorsqu'on est physiquement outragé,[55] ; de tels sacrifices sont consentis pour concourir au pardon du Seigneur[56] et obtenir un accès au Paradis, qui est réservé à ceux qui seront purifiés de leurs péchés[57]. En fait, le fondateur de l'islam se situait dans la continuité des prophètes du judaïsme et du Christ, et il a répété ou confirmé en langue arabe les grands principes du Sermon sur la montagne qui sont au cœur de la doctrine chrétienne de non-violence:

« Bien et mal ne sont pas égaux. Riposte par quelque chose qui soit plus joli ; alors celui avec qui tu étais en inimitié deviendra comme s'il était ami chaleureux. Mais cela on ne le fait parvenir qu'à ceux qui endurent avec constance et on ne le fait parvenir qu'au possesseur d'une grande part »[58].
« La jouissance pour un temps de la vie présente, c’est tout ce qui vous a été apporté, mais ce qui est auprès de Dieu est meilleur et plus durable, [pour ceux] qui font largesse (dans la bonne et la mauvaise fortune) sur ce que nous leur attribuons (...) tandis qu’ils pardonnent, eux, quand ils sont en colère, - quiconque pardonne et réforme, son salaire est à Dieu. C'est la sagesse de la vie que de supporter avec patience (endurer) et de pardonner (faire preuve de clémence) ».[59]

La non-violence a été expliqué dans une perspective islamique par l'imam Shirazi (né à Bagdad en 1927): « La non-violence exige un caractère fort et résilient, pour endurer tout assaut sans représailles, même s'il y a une opportunité pour le faire » ; « La signification de la non-violence est qu'un individu peut apporter une solution aux problèmes, avec une mansuétude complète de sorte que personne n'est blessé par le traitement » - « L'arme de la non-violence est plus efficace que l'arme de la violence, de même que l'âme est supérieurs au corps ». Cependant, la non-violence doit être adoptée « par nature,» au même titre que le fait d'être brave ou juste , et non comme une « stratégie pour atteindre des objectifs, » parce que c'est « une vertu qui conforte également l'âme, » mais lorsqu'on fait ou s'abstient de faire quelque chose volontairement, et non lorsqu'on agit à contrecoeur. Il résume toute la profondeur spirituelle de la non-violence par « l'éducation du caractère et l'entrainement » qu'elle exige, qui implique non seulement la maîtrise de soi-même mais également une purification des intentions:

« La non-violence de la main est plus facile que celle de la langue, et celle de la langue plus facile que celle du coeur ».

Shirazi soutient que la non-violence est non seulement efficace contre les guerres mais également contre ses racines économiques, sociales et politiques[60] et son argumentation selon laquelle « la guerre est un état extraordinaire auquel on ne recoure qu'en dernier ressort et par désespoir, tandis que l'islam appelle à la paix, »[61] est identique à celle de Gandhi, qui affirme que « la loi du talion n'est nulle part obligatoire mais seulement tolérée dans toute Écriture Sainte » - y compris le Koran - et que « la vengeance nécessite des règles compliquées » tandis que « l'empire sur soi est seul obligatoire »[62].

La Non-violence gandhienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : ahimsa.

La Non-violence philosophique[modifier | modifier le code]

La non-violence de type philosophique a été exprimée au cours de l'histoire, notamment, par Socrate, Lao Tseu, Étienne de La Boétie et Henry D. Thoreau, respectivement par une métaphysique et une philosophie morale,[63] l'antimilitarisme,[64] le concept de non-coopération avec le "tyran",[65], et la revendication du droit à la désobéissance civile lorsque notre conscience personnelle l'exige.[66]

Ce type de non-violence, qui est essentiellement basé sur une analyse philosophique, sociale et politique des phénomènes de l'injustice et de la violence, sans se réclamer d'un enseignement religieux, comprend beaucoup des auteurs qui se sont opposé à la guerre et à la conscription, en fondant des associations pour la paix comme Alfred H. Love (en), William Ladd, William Channing et Noah Worcester, en cherchant à définir un idéal légal et politique comme Hugo Grotius, Emmanuel Kant, Victor Hugo, Frédéric Passy et Leo Szilard, par des appels aux pouvoirs en place (Hermann Hesse), en proposant des recherches sur la paix (Linus Pauling, Harold Taylor (en)) ou une éducation à la paix (Ernst Toller);

en dénonçant la guerre (Emil Brunner, Karl Liebknecht) ou le nationalisme guerrier (Herbert Spencer, Romain Rolland) comme dépassés, un fléau social (Scott Nearing) ou une maladie (Danilo Dolci), et la violence comme incohérente (Toyohiko Kagawa) ou suicidaire (Guglielmo Ferrero), en appelant à arrêter la course aux armements (Pape Jean XXIII), ou à désarmer unilatéralement (Rajendra Prasad), et en présentant la haine comme un crime (Lord Ponsonby alias Arthur Ponsonby, 1st Baron Ponsonby of Shulbrede (en));

en soutenant que l'homme peut arrêter de faire la guerre (Jerome Frank (psychiatrist) (en)) et qu'il n'est pas obligé de commettre le mal (William Jay (jurist) (en)), que l'obéissance aux gouvernements peut avoir des limites (William Ellery Channing), que la désobéissance peut être requise (Bertrand Russell, Harris Wofford (en)), en défendant l'objection de conscience (Norman Thomas (en)) et en refusant le service militaire (Max Eastman, Arle Brooks, Roger Nash Baldwin);

que le pacifisme est impuissant contre la guerre (Robert Pickus (en)), que les traités ne sont pas suffisant pour amener une paix permanente (Albert Einstein), que l'amitié internationale est la seule défense (Abraham Cronbach (en)), que le dialogue entre les peuples peut surmonter les conflits (Martin Buber), que la paix est le fruit d'un certain manière de vivre (Aldous Huxley), que la régénération du monde dépend d'une résistance morale (Thomas Cooper), qu'il faut témoigner contre la violence et pour la paix (William Ladd), que l'idéal est que chacun subordonne sa vie instinctive aux exigences de la raison, alors que ce qui favorise le développement culturel défavorise les guerres (Sigmund Freud), et, enfin, qu'il faut choisir entre la violence ou la persuasion amicale (Albert Camus)[67].

La Non-violence dite sentimentale[modifier | modifier le code]

On peut regrouper sous le nom de « non-violence sentimentale » toutes les expressions d'oppositions à la guerre, aux préparatifs militaires et aux symboles guerriers, qui sont essentiellement basées sur une répugnance émotionnelle pour les effusions de sang, les massacres et les destructions.

La Non-violence nécessiteuse[modifier | modifier le code]

(À CLARIFIER: Confusion de trois concepts: ne pas résister aux autorités (Paul), impuissance, et objection de conscience) « L'obéissance passive et la non-résistance » interprétées comme l'absence totale de toute forme d'opposition aux autorités, a été prêchée par plusieurs auteurs à partir de la fin du XVIIe siècle jusqu'à 1750 environ, par rapport aux pouvoirs anglais, aussi bien pour soutenir la monarchie[68] que pour défendre la révolution,[69] et même le tyrannicide. Ces auteurs étaient souvent des hommes de lois, mais dans presque tous les cas des « partisans, » même si leur argumentation invoquait le chapitre 13 de l'Épître aux Romains, où Paul soutient qu'obéir aux autorités c'est obéir à Dieu.

Mais ce texte de Paul a été réétudié, et le sens qui s'est de plus en plus imposé, pour des auteurs comme Jonathan Dymond (en), est qu'il faut « obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes ».[70] Ce progrès de la conscience permettait aux adeptes de la non-violente chrétienne de renouer avec une tradition restée largement marginale depuis Augustin, Tertullien et Origène, et exprimé surtout par des hérétiques condamnés au bucher, comme Huss et Savonarole.

Avec le développement de la liberté de conscience et de parole, l'éducation, et l'exercice des processus démocratiques, ce que Tolstoï appelait « la superstitieux d’une minorité organisant les vies de tout le monde » était de plus en plus remis en question.[71]

Signification de la non-violence[modifier | modifier le code]

La « principale signification de la [non-violence] [est de] montrer qu’il est possible d’extirper le mal de notre propre coeur, comme de celui de notre prochain. Cette doctrine interdit aux hommes de faire ce qui perpétue et multiplie le mal dans le monde. Celui qui attaque quelqu’un et lui fait du tort provoque un sentiment de haine, le pire de tous les maux. Offenser notre prochain parce qu’il nous a offensé, avec le motif allégué de "légitime" défense, ne fait que renouveler l’action mauvais contre lui comme contre nous, ça engendre, ou du moins déchaîne ou encourage, l’Esprit Mauvais que nous désirons expulser. On ne peut chasser Satan par Satan, on ne peut purifier la fausseté par la fausseté, et on ne peut vaincre le mal par le mal. La véritable [non-violence] est la seule vraie méthode de s’opposer au mal, » explique Adin Ballou.[72] De nombreux tenants de la non-violence ont exprimé exactement la même conception, au moins partiellement, y compris Gandhi,[73] et Luther King Jr.: « Par la violence, vous ne pouvez établir la vérité, et vous ne pouvez en finir avec la haine ».[74]

La résistance non-violente[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Résistance non-violente.

Les principes de la non-violence peuvent être exprimés ou manifestés dans des actes de « résistance non-violente » par des personnes isolées, dans les circonstances particulières où elles se trouvent, selon leur conscience personnelle. Lorsque de tels actes de résistance deviennent connus, ou qu'ils font appel à l'opinion publique, ou qu'ils sont appliqués un certains temps et de manière collective par rapport à des institutions ou des autorités civiles, et appliqués en vue d'une réforme politique, économique ou sociale, de manière plus ou moins organisées, la non-violence prend alors le caractère d'une « lutte non-violente ». Ainsi, chacun des premiers chrétiens qui a refusé de voué un culte à l'empereur, en tant que disciple du Christ, même s'il est mort de manière anonyme, a participé à une lutte non-violente comme l'empire romain.

La résistance non-violente est l'application des principes de la non-violence dans le refus de participer ou de contribuer à un mal, ou à ce qui est jugé tel, avec l'acceptation consciente et volontaire de tout préjudice ou pénalité qui peut survenir ou est encouru pour un tel acte de non-collaboration ou de désobéissance. Ce type de résistance est toujours motivé par une opposition de principe, mais n'a pas nécessairement un caractère public; c'est le Christ qui demande une justification à Anne et l'un de ses gardes, en disant "pourquoi me frappes-tu"[75], Thoreau qui refuse de payer un impôt, et Van der Veer qui répond qu'il ne se soumettra pas à la loi de la conscription[76].

Ce type de résistance à également été mis en œuvre dans le but de changer des structures sociales, que ce soient des gouvernements, des lois ou des institutions, comme ce fut le cas par Mohandas Karamchand Gandhi par rapport aux autorités coloniales britanniques en Inde, Léon Tolstoï en ce qui concerne le service militaire en Russie, ou William Lloyd Garrison et Adin Ballou dans le cas de l'esclavage aux États-Unis, lorsque des situations d'injustices graves et chroniques affectent des groupes d'individus, tels que les indiens, les paysans, les esclaves, etc.

Les luttes non-violentes dans l'histoire[modifier | modifier le code]

La non-violence a été popularisée dès 1921 par Gandhi en Inde, par la notion d'ahiṃsā (du sanskrit a ; « négation » et himsâ ; « violence »), un des fondements du jaïnisme, de l'hindouisme et du bouddhisme. Elle a été adoptée ou utilisée plus ou moins ouvertement par de nombreuses personnes, dont Martin Luther King pour la lutte des Noirs américains contre la ségrégation, le 14e dalaï-lama en exil en Inde pour résoudre le conflit sino-tibétain, Adolfo Pérez Esquivel en Amérique latine, Vinoba Bhave à nouveau en Inde, Lech Wałęsa et Václav Havel contre les gouvernements communistes polonais et tchèque, Cory Aquino aux Philippines, Nelson Mandela (position abandonnée en 1961) et Steve Biko en Afrique du Sud, Aung San Suu Kyi en Birmanie et Ibrahim Rugova au Kosovo.

Albert Einstein s'intéressa à cette forme de lutte[77], admira Gandhi[78] et signa le manifeste de Bertrand Russell contre la violence militaire nucléaire. Gandhi définit la non-violence par « la non-participation en quoi que ce soit que l'on croit maléfique »[79].

Le 10 novembre 1998, à l'appel de tous les prix Nobel de la paix vivants, l'Assemblée générale des Nations unies a voté une résolution déclarant la décennie 2001-2010 « Décennie internationale de la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde ». En 2007, les Nations unies ont décidé que le 2 octobre (jour de naissance de Gandhi) serait désormais une « Journée internationale de la non-violence »[80].

Définitions brèves[modifier | modifier le code]

  • Aldo Capitini : « La non-violence est une manière de faire qui découle d’une manière d’être. »[81]
  • Gandhi : « La non-violence sous sa forme active consiste en une bienveillance envers tout ce qui existe. C'est l'Amour pur. Je l'ai lu dans l'Écriture sainte hindoue, dans la Bible et dans le Koran »[82]
  • Martin Luther King :« La non-violence est une arme puissante et juste, qui tranche sans blesser et ennoblit l’homme qui la manie. C’est une épée qui guérit. »[83]
  • Jean-Marie Muller : « L'option pour la non-violence, c'est l'actualisation dans notre propre existence de l'exigence universelle de la conscience raisonnable qui s'est exprimée par l'impératif […] “Tu ne tueras pas”. »[84]; « Comme toute exigence éthique, la non-violence présente une double-face : l'une invite à ne pas collaborer avec la violence, l'autre à œuvrer pour la justice. »[84]; « Si l'on s'en tenait à l'étymologie, une traduction possible de ahimsa serait in-nocence. »[84]
  • A.J. Muste : « La non-violence est un moyen pour faire face à des situations actuelles, aux tensions et aux conflits. Elle influence bien le résultat possible, mais la “fin” reste totalement ouverte. Elle ne se durcit pas, ni ne devient absolutiste en un “-ism” auquel les hommes devraient se soumettre. Cela signifie un effort constant pour engager les gens dans le processus de décision, et de les soumettre à la discipline qu’une telle participation significative implique, plutôt qu’à des pressions externes et institutionnelles. »[85]

La non-violence est connue pour son application dans le champ des relations entre groupes sociaux et politiques grâce à des personnages politiques emblématiques. Elle a aussi son application dans le champ des relations interpersonnelles, notamment grâce aux travaux du psychologue Marshall Rosenberg[86] qui la définit ainsi :

  • « Le moyen de renforcer notre aptitude à donner avec bienveillance et à inspirer aux autres le désir d'en faire autant »[87].

Entre engagement social et progression spirituelle[modifier | modifier le code]

On peut classer les partisans de la non-violence en deux tendances : ceux qui prônent la non-violence comme méthode politique et sociale, et ceux qui soutiennent que la non-violence est aussi une spiritualité à approfondir, intimement liée à la construction de la personnalité et à la pratique d'une morale de vie. Les frontières entre ces deux tendances ne sont pas clairement établies.

En France, elles se repèrent autour de deux groupes symboles : Le Mouvement pour une alternative non-violente et les Communautés de l'Arche de Lanza del Vasto. La branche française du Mouvement International de la Réconciliation (MIR-France) et Pax Christi France font partie de la tendance plus ouverte à la spiritualité.

Gandhi a affirmé que « La non-violence, qui est une qualité du cœur, ne peut pas résulter d'un appel au cerveau »[88].

L'injustice comme source de la violence[modifier | modifier le code]

L'opposition non-violente aux injustices subies, qui sont des situations de violence, a pour but d'en arriver à une situation de justice tout en désamorçant les situations de violence. Pour ce faire, la doctrine de la non-violence fait une distinction entre les actes violents et les personnes qui les commettent, et cherche à convaincre, et non à vaincre, de sorte que la justice recherchée ne s'obtiennent jamais au détriment de "l'adversaire". Par contre, le non-violent ne ripostera pas si cet adversaire veut user de violence, physique ou légale contre lui, parce que la souffrance subit injustement et sans esprit de vengeance est un des moyens pour obtenir une conversion des consciences.

Les méthodes « non-violente » sont donc totalement à l'opposée à celles qui consistent, de la part des pouvoirs à imposer des amendes, faire des procès, emprisonner, châtier, exécuter, faire des préparatifs militaires et guerroyer, et de la part des peuples à fomenter des crimes, des révoltes, des insurrections, détruire des biens qui sont à autrui et menacer, blesser, tuer des personnes, etc.

Selon Gene Sharp l'action non-violente suppose l'exposition bien réelle des militants, non armés, aux armes de ceux qui choisissent des méthodes violentes pour résoudre les conflits. L'action « non-violente » table donc sur des ressorts psychologiques humains de l'adversaire qui ne pourrait durablement s'exposer à paraître lâche en utilisant la violence armée contre des gens désarmés. L'« opinion publique » apparaît donc comme le médiateur convoqué par la lutte non-violente. Les politiques modernes et médiatiques sont imprégnées de ce concept.Tout au long de l’Histoire humaine, dans de nombreux conflits, il s’est trouvé des gens qui ont su se battre, non pas en utilisant la violence, mais en employant des moyens psychologiques, sociaux, économiques ou politiques, parfois même simultanément. Ce mode de combat a été employé non seulement lorsque les intérêts en jeu étaient assez limités et lorsque les personnes impliquées avaient une attitude relativement convenable mais à de nombreuses reprises lorsque l’enjeu de la lutte était fondamental et lorsque les opposants étaient cruels et capables des plus grandes violences : exécutions, passages à tabac, arrestations, emprisonnements et massacres massifs. En dépit de ces répressions, lorsque les résistants ont persisté dans leur mode de lutte nonviolente, ils sont parfois parvenus à triompher[89].

Cette technique s’appelle action ou lutte nonviolente. Elle est l’autre recours ultime possible: dans le cadre des conflits aigus, elle peut permettre d’éviter la guerre et les autres formes de violence[89]. Maria Stephan et Erika Chenoweth affirment dans une leçon d'anthropologie que la résistance non-violente est plus efficace que la résistance violente[90].

Recourir à la violence, c'est offrir à ses adversaires les arguments dont ils ont besoin pour justifier leur propre violence. Le recours aux méthodes de l'action non-violente opère un renversement des rôles : ceux qui utilisent la violence sont acculés à une position défensive car ils doivent justifier leur propre violence devant l'opinion publique qui leur demande des comptes. Or, la répression mise en œuvre contre des acteurs non-violents qui défendent une cause juste par des moyens justes apparaît dans toute sa brutalité et reste sans véritable justification. Elle a toutes chances de discréditer ceux qui l'exercent et de renforcer l'audience de ceux qui la subissent. Dans le contexte d'une lutte non-violente, la répression met en évidence les véritables données du conflit et ses véritables enjeux[91].

La répression s'inscrit dans la logique du développement d'une campagne d'action non-violente ; il faut donc compter avec elle. Il importe d'estimer le plus exactement possible à quelles mesures de répression on s'expose en agissant. La prudence commande de ne pas encourir des risques inconsidérés et de ne provoquer que la répression que l'on peut assumer. Il faut que le mouvement soit capable d"'encaisser" les coups de la répression sans être détruit par elle[91].

Critiques[modifier | modifier le code]

Critiques sur le principe philosophique[modifier | modifier le code]

Malcolm X critique la non-violence

Léon Trotski, Frantz Fanon, Reinhold Niebuhr, Subhash Chandra Bose, George Orwell, Ward Churchill (en)[92] et Malcolm X étaient de fervents critiques de la non-violence, soutenant de maintes façons que la non violence et le pacifisme sont des tentatives d'imposer au prolétariat la morale de la bourgeoisie, que la violence est un accompagnement nécessaire au changement révolutionnaire, ou que le droit à la légitime défense est fondamental.

Durant les années 1960, pendant les répressions violentes des mouvements radicaux noir américains aux États-Unis, George Jackson, membre des Black Panthers, dit des méthodes non-violentes de Martin Luther King, Jr.:

« Le concept de non-violence est un faux idéal. Il présuppose l'existence de la compassion et d'un sens de la justice de la part de l'adversaire. Lorsque cet adversaire a tout à perdre et rien à gagner en faisant preuve de justice et de compassion, sa réaction ne peut être que négative[93],[94]. »

Malcolm X s'est également opposé aux leaders de la lutte noir-américaine pour les droits civiques sur la question de la non-violence, en soutenant que la violence n'est pas à exclure si aucune autre solution n'existe : « Je crois que c'est un crime pour quiconque est brutalisé que de continuer à accepter cette brutalité sans faire quelque chose pour se défendre. »[95]

Lance Hill critique la non-violence en tant que stratégie inefficace et soutient que l'auto-défense de noirs armés et la violence civile ont plus motivés la réforme des droits civiques que les appels pacifiques à la morale et la raison (voir Lance Hill Diacres de la Défense)[96].

Dans son livre Comment la non-violence protège l'État, l'anarchiste Peter Gelderloos (en) critique et définit la non-violence comme étant inefficace, raciste, étatique, patriarcale, tactiquement et stratégiquement inférieure à l'engagement militant, et bercée d'illusions[97]. Gelderloos affirme que l'histoire traditionnelle dissimule l'impact réel de la non-violence, en ignorant l'implication des militants dans des mouvements tels que le mouvement pour l'indépendance de l'Inde et le mouvement des droits civiques et donnant une fausse image de Gandhi et de Martin Luther King, en les décrivant comme étant les militants les plus actifs de ces mouvements[98]. Il soutient de plus que la non-violence est généralement prônée par les blancs privilégiés qui s'attendent à ce que les « personnes opprimées, qui sont pour beaucoup des personnes de couleur, souffrent patiemment sous une violence de plus en plus forte, jusqu'à ce que le Père Blanc soit influencé par les revendications du mouvement ou que les pacifistes parviennent à réunir une légendaire «masse critique» »[99].

L'efficacité de la non-violence a également été contestée par certains manifestants anti-capitalistes prônant une « diversité des tactiques » au cours de manifestations de rue à travers l'Europe et aux États-Unis après les protestations anti-Organisation mondiale du commerce à Seattle (Washington) en 1999. L'écrivain américaine et féministe D. A. Clarke (en), dans son essai A Woman with a Sword, suggère que, pour que la non-violence puisse être efficace, elle doit être « pratiquée par ceux qui pourraient aisément recourir à la force s'ils le voulaient ». Cet argument conclut que les tactiques non violentes seront de peu d'utilité à des groupes qui sont traditionnellement considérés comme incapables de violence, puisque la non-violence sera en accord avec les attentes des gens à leur égard et ainsi « passera totalement inaperçu ». Tel est le principe du Dunamis(du grec δύναμις ou « puissance retenue »).

L'argument important contre la non-violence, est que cette vision du rapport de force (violence : vis=force) étant trop considérée par la population elle devient absolutiste et dangereuse, car elle retire le concept même de légitime défense, voir d'opposition réelle dans le rapport de force, c'est-à-dire que c'est le début d'un renoncement psychologique (exemple : les grèves du XXIe siècle), et le renoncement est le début de l'acceptation et de la soumission. « Gandhi même s'il ne faisait pas preuve et ne prônait pas la violence physique, faisait preuve de force et violence psychologique, en plus d'une grande force de conviction »[réf. nécessaire]. D'autres, comme D. A. Clarke (en), font valoir qu'il faut être capable de force, mais de retenue pour garder un pouvoir réel.

Theodore Kaczynski parle de suicide pour l'utilisation de la non-violence dans certaines conditions[100].

Critiques sur le terme[modifier | modifier le code]

Le terme « non-violence » établit le rejet d'un principe, la violence. La non-violence se définit donc comme le refus d'un principe négatif. Cette négation d'un principe négatif ne dit pas ce que la non-violence porte de positif. C'est cette analyse qui fait dire à Mère Térésa : « Je n'irai pas à une manifestation contre la guerre, mais si vous faites une manifestation pour la paix, invitez-moi. »[réf. nécessaire].

De même, Marshall Rosenberg, tout en ayant choisi d'appeler sa méthode de communication « Communication non-violente », était critique sur le terme[réf. nécessaire]. Pour insister sur son impact positif, il préférait parler de la « communication du coeur ». Sa propre fondation, le Center for NonViolent Communication (CNVC), parle de « communication compassionnelle »[réf. nécessaire].

Exemples de luttes non-violentes avérées[modifier | modifier le code]

Gandhi, en nommant et expliquant la non-violence, a permis de comprendre la spécificité de nombreux changements de société, de nombreuses révolutions, de nombreuses luttes d'indépendance qui l'ont précédé, qui sont contemporaines ou qui sont advenues après sa mort. Les exemples de victoires de la non-violence sont légion, tant au niveau local que national ou international. Alors que les révoltes violentes des pauvres ne leur rapportent le plus souvent qu'une oppression pire, la grève, moyen non-violent, permit au mouvement ouvrier d'obtenir enfin des améliorations durables de la condition ouvrière. A comparer par exemple avec les soulèvements ouvriers violents dans toute l'Europe en 1848, durement réprimés ou la révolution violente de 1917 en Russie ou celle de Cuba qui menèrent à l'instauration de dictatures communistes.

Exemples de révolutions non-violentes ayant mis fin à des dictatures :

  • Lutte contre le putch de Kapp en Allemagne, 1920[101].
  • Résistance non-armée des Allemands contre l'occupation franco-belge de la Ruhr, 1923[102].
  • Renversement de la dictature à la suite de l'initiative de femmes en Colombie, 1957.
  • Philippines : révolution people power nommée aussi révolution des chapelets qui mena au renversement de la dictature de Marcos, 1986[103].
  • Grève de la faim contre la dictature de Banzer, Bolivie, 1977-78,et renversement de son gouvernement en 1979[104].
  • Luttes non-violentes aboutissant à la chute des régimes communistes de Pologne[105], de Tchécoslovaquie et de République Démocratique Allemande (RDA)[106]; chute du mur de Berlin (1989); début de la fin des régimes communistes d'Europe de l'Est.
  • Révolution des roses en Géorgie : départ du président Chevarnadze, malgré un soutien marqué de la Russie.
  • Le président Lozada acculé à la démission, Bolivie, 2003, malgré un soutien marqué des États-Unis. Ce fut le début de la fin de la plupart des dictatures sud-américaines, renversées non par la guérilla, mais par un patient travail politique non-violent qui permit des élections suffisamment démocratiques.
  • Révolution orange en Ukraine en 2004.
  • Révolution de jasmin en Tunisie chassant le président Ben Ali (fin 2010- début 2011)[107].

Exemples de luttes non-violentes pour l'indépendance :

Exemples de luttes non-violentes ayant changé la vie des citoyens :

Pour les militants de la non-violence une telle liste (loin d'être exhaustives) témoignerait de l'efficience concrète de la non-violence, de sa capacité à mettre en route des changements de société durables allant dans le sens du développement, de la démocratie, de la justice et de la liberté.

Le mouvement non-violent francophone[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

En France, le plus ancien mouvement non-violent est la branche française du Mouvement International de la Réconciliation (créée en 1923). Lanza del Vasto, ami de Gandhi, créa la Communauté de l'Arche en 1948. C'est grâce à la Communauté de l'Arche qu'a été créée, pendant la guerre d'Algérie, l'Action civique non-violente (ACNV), dont le principal animateur était Joseph Pyronnet.

Le philosophe Jean-Marie Muller, ainsi que Jean Toulat, Jacques Sémelin, et Christian Mellon, et d'autres, ont cherché à développer une théorie de la non-violence et son adaptation politique à travers des « groupes non-violents » à partir du début des années 1970. Le mouvement des objecteurs de conscience et la lutte des paysans du Larzac, à partir de 1972, ont popularisé la non-violence. Jean-Marie Muller et les plus motivés par l'action politique créèrent le Mouvement pour une alternative non-violente. Il existe également des mouvements s'inspirant des principes de la non violence pour mener des actions sur une thématique ciblée, comme les cercles de silence qui luttent depuis 2007 « protester contre l'enfermement systématique des sans-papiers dans les centres de rétention administrative ».

En 2013, lors du débat sur la légalisation du mariage homosexuel en France, le mouvement catholique dit des Veilleurs a repris les techniques de protestation non-violente.

Une organisation comme Les Désobéissants propose des formations aux techniques de la lutte non-violente et de la Désobéissance civile.

En Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, plusieurs mouvements travaillent dans le domaine de la non-violence. Citons parmi elles : Une association historique fondée par Jean Van Lierde : le Mir-Irg fédère la branche belge du Mouvement International de la Réconciliation et l'Internationale des Résistants à la Guerre, d'origine anarchiste. Son pendant néerlandophone, beaucoup plus important, est : Vredesactie. Pax Christi Vlaanderen est un mouvement important sur base spirituelle, se référant fortement à la non-violence, contrairement à Pax Christi Wallonie-Bruxelles. Sortir de la Violence a.s.b.l. est une association s'inspirant de Jean Goss, d'inspiration chrétienne. L'Université de Paix, qui a son siège à Namur, fondée par le Père Dominique Pire, prix Nobel de la paix, s'occupe également de formation, au sens très large.

En Suisse[modifier | modifier le code]

Du Mouvement international de la réconciliation est issu le Centre pour l'action non-violente (CENAC), créé en 1968. Formation pratique et engagement plus politique caractérisent ce centre.

Photographies[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Muller, Lexique de la non-violence, Fontenay-sous-Bois, IRNC, , 112 p.
  • François Vaillant, La Non-violence dans l'évangile, Paris, l'Atelier, coll. « Religieux », , 126 p. (ISBN 978-2708228832)
  • Les Luttes non-violentes au XXe siècle, Versailles, Alternatives non violentes, , 154+79 p.
  • Découvrir la non-violence, Colomiers, Centre de ressources sur la non-violence de Midi-Pyrénées, coll. « Culture de non-violence », , 45 p. (ISBN 2-9521-6361-8, présentation en ligne)
ouvrage collectif sous le pseudonyme Erica Fraters
  • DVD vidéo Comme un seul homme, film de François Chouquet, 55 min, 2005 [112]
  • André Bernard, Pierre Sommermeyer, Désobéissances libertaires : manières d'agir et autres façons de faire, Nada, 2014
  • Xavier Bekaert, « Le principe de la non-violence », in Relations, Actualité de l’anarchisme, n°682, février 2003[114]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Muller, « La Non-violence comme philosophie », sur http://www.larevuedesressources.org, La Revue des Ressources,‎ (consulté le 4 janvier 2016),
  2. Le Grand Robert. Tome VI, 1985, p. 801.
  3. Bhagavad-Gîta, XVI, 1-3. Éditions du Seuil, traduction de Esnoul et Lacombe, 1976, p. 131.
  4. Conversation de Gandhi avec Dr. Thurman, rapporté dans Harijan, 14 mars 1936, et cité par Pie Régamey dans Non-violence et conscience chrétienne. Paris; Éditions du Cerf, 1958, p. 203
  5. Pie Régamey, Non-violence et conscience chrétienne, Paris, éd. du Cerf, 1958, p. 203. Les traductions citées sont attribuées à Jean Herbert, Lanza del Vasto et Thérèse Brosse.
  6. Bhagavad-Gîta, X, 4-5, éd. du Seuil, traduction de Esnoul et Lacombe, 1976, p. 93.
  7. Correspondance entre Tolstoï et Gandhi (1909-1910). [1]
  8. Tolstoï, Léon. Le Salut est en vous. Chap. I: La Doctrine de non-résistance au mal par la violence a été professée par une minorité d'hommes depuis l'origine du christianisme. [2]
  9. Gandhi. Tous les hommes sont frères. Gallimard / U.N.E.S.C.O., 1969, p.94.
  10. Ballou, Adin. Christian non-resistance. Providence (Rhode Island); Blackstone Ed., 2003, p. vii.
  11. Bien que la plupart des traductions française du Sermon sur la Montagne disent « ne pas résister... » (Lemaistre de Sacy 1865, Weber 1928, Bible des Gédéons, de Second, celle dite œcuménique ou TOB 1988, Bible du Semeur 2000, etc.), celle de la Société Biblique canadienne est « ... je vous dis de ne pas vous venger... », mot également utilisé dans une note explicative de la Bible de Jérusalem (1973): « Jésus défend de se venger selon la loi du talion ».
  12. Le dictionnaire le Grand Robert de 1985, et le Petit Robert de 1994 donnent le mot « non-violence » mais n'ont aucune entrée pour « non-résistance ». Aucun des auteurs cités par Tolstoï pour avoir professé la « doctrine de non-résistance » n'est francophone: Jonathan Dymond, Adin Ballou, William Lloyd Garrison, Daniel Musser, etc. et cela pourrait expliquer que le terme soit méconnu en français. Ainsi, dans son livre Non-violence et conscience chrétienne, Pie Régamey dit candidement: « Étrangement, Romain Roland, dans son Mahatma Gandhi, parle de "non-résistance"» (sic). (Paris; Éd. du Cerf, 1958, p. 21).
  13. Jacob A. Loewen et Wesley J. Prieb, Only the sword of the spirit, Winnipeg (Canada), The Christian Press, 1997, p. 25.
  14. Webster’s New Collegiate Dictionnary, 1980.
  15. NOTE: D'une part Tolstoï écrit, dans Le Royaume de Dieu est en vous: « « Pendant cinquante ans, Adin Ballou a écrit et publié des livres surtout à propos de la non-résistance. Tous les aspects de la question sont considérés dans ces écrits remarquables par leur éloquence et leur simplicité de style. (…) La question a été envisagée de tous les côtés, et aucun argument, qu’il soit d’opposant ou de sympathisant, n’a été négligé ou laissé sans réponse. Je mentionne cela pour attirer l’attention sur le profond intérêt que devraient susciter des travaux de la sorte chez ceux qui professent le christianisme. » (traduction inédite) Voir Le Salut est en vous, Chap. I. [3]; et d'autre part, questionné un jour par le journaliste Andrew Dickson à savoir « qui occuopait le premier rang des auteurs américains,» Tolstoï a répondu: « le plus grand des auteurs américains a été Adin Ballou ». (Dickson White, Andrew. Autobiography. Vol. II.) [4]
  16. Ballou, Adin. Christian non-resistance. Providence (Rhode Island); Blackstone Ed., 2003, p. 3.
  17. Shirazi, Muhammad (Imam). War, peace and non-violence; an islamic perspective, London, Fountain books, et Tahrike Tarsile Qur,an Inc. (co-éditeur), 2001, p. 100.
  18. Léon Tolstoï, Ma religion. Chap. 1. [5] ; Léon Tolstoï, Qu'est-ce que l'Évangile, Chap. IV., dans La foi universelle (trad. E. Halpérine-Kaminsky). Paris; Charpentier, 1906, pp. 64-152. [6]
  19. Louis Corman, La non-violence, Stock, 1949, p. 108.
  20. « C'est le Sermon sur la montagne, et non pas une doctrine de résistance passive, qui a donné initialement aux Noirs de Montgomery l'idée de se lancer dans une revendication sociale pleine de dignité » écrit Martin Luther King dans Combats pour la liberté (Paris; Payot, 1968), cité dans Autobiogrqphie, par Martin Luther King. Paris; Bayard (textes réunis par C. Clarson), 2000, p. 92.
  21. Martin Luther King, La force d'aimer, Paris, Casterman, 1964, p. 226.
  22. Luther King. Combats pour la liberté, cité par Gérard Gaudrault dans L'Engagement de l'Église dans la révolution d'après Martin Luther King. Montréal; Fides (Coll. Présence), p. 275.
  23. Mahatma Gandhi describes his means of Battle dans Instead of Violence, par Arthur Weinberg et Lila Weinberg. Boston, Beacon Press, 1963, p. 211.
  24. Garrison, W. P. & F. J. Garrison. William Lloyd Garrison: the story of his life told by his children. New York; Century Co., 1885, vol. 3, pp. 15-16.[7]
  25. Régamey, Pie. Non-violence et conscience chrétienne. Paris; Eds. du Cerf, 1958, pp. 711 et 106-122.
  26. Voir Exode XXI, 12, 23-25; Lévitique XXIV, 17, 19-20; et Deutéronome XIX, 18-19,21.
  27. Évangile de Matthieu 5, 38-48. [8]
  28. Ballou, Adin. Christian non-resistance. Providence (Rhode Island); Blackstone Ed., 2003, p. 4.
  29. Tolstoï, Léon. Lettre sur la résistance au mal par la violence dans Les rayons de l’aube (Dernières études philosophiques), trad. J.-Wladimir Bienstock, Paris, Stock, 1901, pp. 35-39.
  30. Isaïe, et Malachie
  31. Cadoux, Cecil John. The Early Christian attitude to war; A contribution ti the history of Christian ethics. Part IV, Summary and conclusion. Londres ; Hedley Bros., 1919, p. 245. [9]
  32. Clément de Rome. Épître aux Corinthiens, dans L’empire et la croix. Paris; Grasset (Coll. Lettres chrétiennes No. 2), 1957, pp. 36-37, 64
  33. Polycarpe de Smyne. Lettre de Polycarpe de Smyrne, évêque de l’église de Smyrne, aux Phillipiens, dans L’empire et la croix. Paris; Grasset (Coll. Lettres chrétiennes No. 2), 1957, p. 126
  34. Le Didaché, dans Naissance des lettres chrétiennes. Paris; Grasset, (Coll. Lettres chrétiennes No. 1) , 1957, pp. 112-113.
  35. Athénagore. Supplique su sujet des chrétiens. Paris; Éd. du Cerf, 1943, p. 96.
  36. Lettre des Églises de Lyon et de Vienne aux Églises d’Asie et de Phrygie, dans L’empire et la croix, p. 194.
  37. Justin. Dialogue de Saint Justin, philosophe et martyr avec le juif Tryphon, dans La philosophie passe au Christ. Paris; Grasset (Coll. Lettres chrétiennes No. 3) , 1957, pp. 303-304; Chap. CIX du texte sur Wikisource, [10]
  38. Tertullien. De l'Idolatrie. Chap. XIX. [11]
  39. The Mennonite Church. The Dordrecht Confession of Faith (1632). Chap. XIV. Holland. April 21, 1632. [12]; Confession or Short and Simple Statement of Faith of Those Who are Called the United Flemish, Frisian, and High German Anabaptist-Mennonite Church (1853, 1878). Chap. XIII. Rudnerweide (Russia). (Publiée par l'Église de Rudnerweide à Odessa en 1853, et adoptée par la congrégation de Turner (Oregon) en 1878) [13]; Mennonite General Conference (The Mennonite Church and the General Conference Mennonite Church). A Declaration of Christian faith and commitment with respect to peace, war, and nonresistance (1951). Goshen, (Indiana), August 23, 1951. [14]
  40. Riedemann, Peter. Confession of faith of the Hutterian Brethren (vers 1545), citée par Jogn Horsch dans The principles of nonresistance. 1927. [15]
  41. Barclay, Robert. La Lumière intérieure, source de vie; Apologie de la vraie théologie chrétienne telle qu'elle est professée et prêchée p«r ce peuple appelé par mépris les Quakers (1675). (Chap. XV, paragraphe intitulé : « La violencc et la guerre sont radicalement contraires à l'Évangile) Paris; Éds. Dervy, 1993, p. 338.
  42. Evans, Frederick William et MacLean, John Patterson. Shakers : compendium of the origin, history, principles, rules and regulations, government, and doctrines of the United Society of Believers in Christ's Second Appearing : with biographies of Ann Lee, William Lee, Jas. Whitaker, J. Hocknell, J. Meacham, and Lucy Wright. New York; D. Appleton and Co., 1859, p. 62. [16]
  43. Ballou, Adin. Christian non-resistance (1846). Chap. 2. Scriptural proofs. Providence (Rhode Islands); Blackstone, p. 21.
  44. Tolstoï, Léon. Le Salut est en vous (1893). Chap. I et XII. []; L'Esclavage contemporain (1900). Préface. [17]; La Loi de l'amour et la loi de la violence (1908). Chap. VII. [18]
  45. Horsch, John. The Principles of nonresistance. 1927. [19]
  46. Régamey, Pie. Non-violence et conscience chrétienne. Paris; Éd. Du Cerf, 1958, p. 343.
  47. Tolstoï, Léon. La loi de l'amour et la loi de la violence. Chap. 1 et 5. [20]
  48. Fox, George. Journal de George Fox, 1624-1690. Paris; Société Religieuse des amis, 1962, p. 29.
  49. Coran, XVII, 53.
  50. Coran, III, 133.
  51. Coran, VI, 120.
  52. Coran, V, 30-35, XXVIII, 18.
  53. Coran, II, 11.
  54. Coran, LVII, 8-12.
  55. À Pharaon qui menace de les mutiler et de les tuer, les croyants répondant, dans le Coran: « Nous n'y verrions aucun mal, car nous retournerions à notre Seigneur. Nous espérons que Dieu nous pardonnera nos péchés, car nous avons cru des premiers. Nous ne te mettrons pas au-dessus (…) de celui qui nous a créés. Accomplis ce que tu as résolu; tu ne peux disposer que de choses de ce monde » (Coran, XX, 70-72, et XXVI, 46-49.
  56. Coran, 133.
  57. Coran, XX, 75-76, et XXVI, 50-51.
  58. Coran, XLI, 30-35.
  59. Coran, XLII, 36-44, et III, 43-44.
  60. Shirazi, Muhammad (Imam). War, peace and non-violence; an islamic perspective. London; Fountain books, et Tahrike Tarsile Qur,an Inc. (co-éditeur), 2001, pp. 100-101 et 113.
  61. Shirazi, Muhammad (Imam). War, peace and non-violence; an islamic perspective. London; Fountain books, et Tahrike Tarsile Qur,an Inc. (co-éditeur), 2001, p. 19.
  62. Gandhi, Ma non-violence, éd. Stock, 1973, p. 48.
  63. Platon. Phédon. [21]; Platon. Apologie de Socrate. [22]
  64. Lao Tseu. Tao Te King. [23]
  65. De La Boétie, Étienne. De la Servitude volontaire; ou, le contr'un. Librairie de la Bibliothèque Nationale, 1879, 202 pp. [24]
  66. Thoreau, Henry David. La Désobéissance civile. Livre audio gratuit enregistré par Vincent Planchon. [25]
  67. Weinberg, Arthur, et Lila Weinberg. Instead of violence; writings of the great advocates of peace and nonviolence throughout history. Boston; Beacon Press, 1963, 486 pp.
  68. Miners, Wylowby (M. A.). True loyalty, or, Non-resistance the only support of monarchy : a sermon preach'd at St. Pancras, Middlesex on Sunday, June 10, 1716. London, 1716, 16 pp.. [26]
  69. Welwood, James & March, John. A vindication of the present great revolution in England : in five letters pass'd betwixt James Welwood, M.D. and Mr. John March, vicar of Newcastle upon Tyne, occasion'd by a sermon preach'd by him on January 30, 1688/9 before the mayor and aldermen for passive obedience and non-resistance. London, 1689, 36 pp.. [27]
  70. Dymond, Jonathan. An inquiry into the accordancy of war with the prnciples of christianity, and an examintion of the philosophical reasonings by which it is defended, with observations on some of the causes of war and on some of its effects. New York; Wood & Co., 1870 (réédition). pp. 123-124. [28]
  71. Tolstoï. Léon. La Loi de l'amour et la loi de la violence, chap. XVI-XVII. [29]
  72. Ballou, Adin. Catéchisme non-résistant. Practical Christian, 3 août 1844 [30] – cité dans Tolstoy, Leo. The Kingdom of God is within you, Chap. I. London (Trad. Delano), 1893.
  73. Gandhi. Tous les hommes sont frères. Gallimard, 1969, p. 187.
  74. Luther King, Martin. Je fais un rêve. (Chap. Et maintenant, où allons-nous?). Paris; Bayard, 1987, p. 207.
  75. Évangile de Jean, XVIII, 23.
  76. Léon Tolstoï, Le commencement de la fin [31]
  77. Voir Pourquoi la guerre ?, correspondance d'Albert Einstein avec Freud, 1932 ou parcourir (en) The Albert Einstein Institution
  78. (en) « I believe that Gandhi's views were the most enlightened of all the political men in our time. We should strive to do things in his spirit: not to use violence in fighting for our cause, but by non-participation in anything you believe is evil », Mahatma Gandhi Research and Media Service, “Einstein on Gandhi” [PDF]
  79. Traduit de l'anglais, citation audio reprise par la Chatham University [PDF] et fournie par la GandhiServe Foundation : Mahatma Gandhi Research and Media Service. 1998-2005. Comprehensive site catalogued by Gandhi’s youngest son
  80. Résolution adoptée par l'Assemblée générale le 27 juin 2007
  81. Cité par Dominique Delort dans les Nouvelles de l’Arche, Année 58 no 2, mai-juin 2010, p. 61.
  82. Gandhi. Ma Non-violence. Éditions Stock, 1973, pp. 48; Voir aussi: La Jeune Inde, 1924.
  83. Why we can’t wait.
  84. a, b et c Dictionnaire de la non-violence, article « non-violence ».
  85. Cité dans Nat Hentoff : Peace Agitator. The Story of A.J. Muste, New York, (1963) 1982 (traduit).
  86. Marshall Rosenberg a été médiateur dans des contextes sociaux (relations entre police et gangs aux USA) et politiques (relations Palestine-Israel, guerres tribales en Afrique).
  87. Marshall B. Rosenberg, La communication NonViolente au quotidien, page 10, éditions Jouvence, ISBN 2-88353-314-8
  88. (en) « Nonviolence, which is a quality of the heart, cannot come by an appeal to the brain. » In Gandhi on Non-Violence : A Selection from the Writings of Mahatma Gandhi, New Directions, New York, 1965, p. 27
  89. a et b Gene Sharp, La force sans la violence, sur aeinstein.org.
  90. René Dagorn, La résistance civile, ça marche, sur SciencesHumaines.com, au sujet de : Maria Stephan et Erika Chenoweth, « Why civil resistance works, the strategic logic of nonviolent conflit », in International Security, été 2008 .
  91. a et b Jean-Marie Muller, La répression, sur irnc.org.
  92. Churchill, Ward et al. Pacifism as Pathology (en). Arbeiter Ring (en), 1998, (ISBN 978-3639960426).
  93. (en) George Jackson, Soledad brother : the prison letters of George Jackson, Chicago, Lawrence Hill Books Distributed by Independent Publishers Group, (ISBN 9781556522307)
  94. (en) Wendy W. Walters, At home in diaspora : Black international writing, Minneapolis, University of Minnesota Press, (ISBN 9780816644919)
  95. X, Malcolm et Alex Haley: The Autobiography of Malcolm X, page 366. Grove Press, 1964.
  96. Les diacres de la Défense : la résistance armée et le Mouvement des droits civiques, Lance Hill, The University of North Carolina Press.
  97. Peter Gelderloos, Comment la non-violence protège l'État, Boston, South End Press, 2007.
  98. Ibid., p. 7-12.
  99. Ibid ., p. 23.
  100. Quand la non-violence équivaut au suicide Theodore Kaczynski (traduction non officielle de la version anglaise du texte qui est nommée When Non-Violence is Suicide).
  101. MIR-IRG, Résistance dans une Allemagne en crise. Collection Résistances civiles et populaires, no 2, Bruxelles, 1983.
  102. MIR-IRG, Résistance dans une Allemagne en crise. Collection Résistances civiles et populaires, no 2,Bruxelles, 1982.
  103. Alternatives non violentes, no 119-120 : Les luttes non-violentes au XXe siècle (Tome 1), p. 117-118.
  104. Alternatives non violentes, no 119-120 : Les luttes non-violentes au XXe siècle, Tome 1, p. 93-95.
  105. Robert POLLET, L'été polonais : conquêtes ouvrières et défense civile et populaire non-violente, Ris-Orangis, Lausanne, 1980.
  106. Voir e.a. : Alternatives non-violentes, no 119-120, Les luttes non-violentes au XXe siècle, Tome 2, p. 36-38.
  107. Bernard DREANO, Violence et non-violence du printemps arabe, in Alternatives non-violentes> 163(2012), Révolutions des Arabes et révoltes des indignés, 2012.
  108. B.R.NANDA, Gandhi. Sa vie ses idées, son action politique en Afrique du Sud et en Inde, Marabout Université, 1968.
  109. Guy de Bosschère et Jean Van Lierde, La guerre sans armes : douze années de luttes non-violentes en Europe, 1952-1964, Paris Bruxelles, Karthala Pire, , 117 p. (ISBN 2874151386).
  110. Jean-Marie Muller, Jean Kalman, César Chavez, Un combat non-violent, Fayard/Le Cerf, 1977.
  111. [32], [33], [34].
  112. [35].
  113. [36].
  114. texte intégral.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Non-violence.

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