Fromage végétal

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Imitation végétale d'un camembert.

Un fromage végétal, fauxmage ou encore vromage est une transformation agroalimentaire obtenue à partir d'un ensemble de produits végétaux. La texture et le goût de ce substitut de fromage se veulent ressemblants au fromage.

Les fromages végétaux se caractérisent par des apports nutritionnels différents[1]. Ils sont le plus souvent fabriqués à partir de noix de cajou, d’huile de coco, de purées d'autres oléagineux et protéagineux ou de laits végétaux caillés, et subissent éventuellement un processus de fermentation à l’aide de bactéries ou de levures, et d’affinage[2].

La dénomination « fromage végétal » n'est pas autorisée pour désigner un produit agroalimentaire commercialisé dans l'Union européenne.

Selon Lucie De Ribier, journaliste, chef végane et co-fondatrice d'une fabrique de fauxmage : « Le terme « fromage végétal » est très vaste, […]. Il en existe deux types. Les nouveaux produits qui ne ressemblent en rien à du fromage traditionnel et qui n’en n'ont pas vocation, et les autres, qui essayent effectivement d’imiter scrupuleusement le goût et l’aspect des vrais fromages. Cette dernière catégorie s’adresse aux végétaliens ou végans, aux intolérants au lactose et même aux gourmands curieux qui sont à la recherche de nouvelles expériences gustatives »[3].

Appellations[modifier | modifier le code]

Dans l'usage populaire, ce produit est désigné par différentes appellations : « fromage végétal », « fauxmage » (contraction des mots « faux » et « fromage »), ou encore « vromage » (avec un « v » pour « végétal » ou « végan »[3]).

Dans l'Union européenne, l'usage commercial de l'appellation « fromage » est réservée aux fromages élaborés à partir de lait animal[4]. Suite à une plainte de la Verband Sozialer Wettbewerb (VSW, association allemande ayant notamment pour mission de lutter contre la concurrence déloyale), contre la société TofuTown, fabricant et distributeur d'aliments végétariens et végétaliens, la Cour de justice de l'Union européenne, dans son arrêt du 17 juin 2017, a jugé qu’un « produit laitier dans lequel un constituant quelconque du lait a été remplacé, ne fût-ce que partiellement, ne peut pas être désigné par l’une des dénominations « lactosérum », « crème », « beurre », « babeurre », « fromage » et « yoghourt » »[5]. Cette décision inattendue a surpris, certains considérant que la compréhension de ces appellations par les consommateurs « s’était considérablement modifiée ces dernières années »[6]. Toutes les dénominations qui évoquent des dérivés du lait sont donc proscrites pour les transformations agroalimentaires d’origine végétale, et de nombreuses entreprises comme Bjorg et Alpro, respectent la nouvelle législation[6].

Entreprises[modifier | modifier le code]

Depuis 2015, « Jay and Joy », première crèmerie végétale ayant ouvert en France, fabrique artisanalement et commercialise des fromages végétaux, affinés, certifiés bio et végans, à base de noix de cajou, d'amandes et de graines de tournesol[7],[8].

En 2016, Emmanuel Joubert lance « Tomm’Pouss », une entreprise solidaire d'utilité sociale fabriquante de fromages végétaux, bios et équitables, avec pour but d'élaborer, grâce notamment à l’affinage, des fromages végétaux ayant plus de caractère que ceux existant alors, qu’il juge trop fades[9]. Il obtient en 2018 le « Prix création » du Concours national de la création d'entreprise agroalimentaire bio[10].

En 2017, Lucie De Ribier et Caroline Poinas ouvrent « La Petite Fraw ! », une fabrique de fromages végétaux à base de noix de cajou qu'elles nomment « frawmages », imitant le goût et la texture des fromages, et distribuées dans divers boutiques, fromageries et restaurants français ou belges, et également exportées dans d’autres pays européens[11]. Elle obtient en 2018 le « Prix développement » du Concours national de la création d'entreprise agroalimentaire bio[10].

En 2018, Nour Akbaraly ouvre « Les Nouveaux Affineurs » et fabrique ce qu'il nomme des « affinés végétaux », élaborés à partir de purées d’amande, de noix, de noix de cajou, de pois, de lupin ou de soja, par fermentation à l’aide de bactéries ou de levures, et affinés en chambre froide pendant deux à huit semaines[2],[12]. Le résultat se veut proche des produits à pâte molle. L’entreprise a été récompensée par la Fondation AgroParisTech pour son « empreinte environnementale significativement réduite »[2] ainsi que par Genopole[12].

Économie[modifier | modifier le code]

Selon une étude de l’entreprise Bharat Book publiée en 2017, le marché mondial des fromages végétaux est en pleine croissance (estimée à 7,6 % par an) et devrait approcher une valeur de quatre milliards de dollars avant 2024[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

  1. (en-US) Alex Van Buren, « What Is Vegan Cheese Exactly—and Should You Be Eating It? », Yahoo! Health,‎ (lire en ligne).
  2. a b et c « Ces fromages végétaux visent le haut de gamme », sur leparisien.fr, (consulté le 13 août 2018).
  3. a et b Anne-Laure Mignon, « Le fromage végétal ou « vromage », l'alternative qui prend de l'ampleur », sur http://madame.lefigaro.fr, .
  4. « Alimentation : le « lait de soja » et le « fromage végétal » sont désormais interdits », sur BFM TV, .
  5. Arrêt du 17 juin 2017 de la Cour de justice de l'Union européenne, sur curia.europa.eu
  6. a et b « Les noms des produits « laitiers » alternatifs vont devoir faire peau neuve », sur La Relève et La Peste, .
  7. « À Paris, Mary fabrique des fromages... sans lait », sur leparisien.fr, .
  8. « À Paris, une vraie fausse fromagerie surfe sur la vague végane », sur Libération, .
  9. Max Morgene, « Des fromages sans lait animal, une alternative crédible? », sur linfodurable.fr, (consulté le 13 août 2018).
  10. a et b Laurence Haxaire, « http://www.processalimentaire.com/A-la-une/Creation-d-entreprise-les-alternatives-vegetales-bio-a-l-honneur-33962 », sur processalimentaire.com, (consulté le 13 août 2018).
  11. Sonia Reyne, « Ses « frawmages » s’exportent dans toute l’Europe », Le Parisien, (consulté le 13 août 2018).
  12. a et b Séverine Fontaine, « Des fromages végétaux qui ont du goût ! », sur industrie-techno.com, (consulté le 13 août 2018).
  13. (en) Katrina Fox, « Here's Why You Should Turn Your Business Vegan In 2018 », sur forbes.com, (consulté le 1er septembre 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]