Matheysine

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Vue de la Matheysine (dernier plan à gauche) depuis le pas de l'Œille dans le massif du Vercors.

La Matheysine est une région naturelle du sud de l'Isère présentant un relief de type plateau et entouré de montagnes. Cette région, dont la localité principale est La Mure, est délimitée à l'est par la vallée de la Roizonne (Rattier), au sud par la vallée de la Bonne (Valbonnais), à l'ouest par la vallée du Drac, et enfin au nord par la vallée de la Romanche. Le sous-sol du plateau matheysin a longtemps fourni un excellent anthracite qui a fait la fortune de la ville de La Mure.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situé dans le département de l'Isère, à une trentaine de kilomètres au sud de Grenoble en direction de Gap, au sein du massif du Taillefer, le plateau de la Matheysine culmine aux alentours de 1 000 m en moyenne.

Cette région naturelle est composée du canton de La Mure qui se situe en sud-Dauphiné, chevauchant le 45e parallèle.

Elle s'étend sur un peu plus de 20 km du nord au sud et 13 km d'est en ouest. Le plateau est délimité à l'ouest et au sud par le Drac. C'est d'ailleurs ce torrent qui sépare la Matheysine du Trièves au sud et du massif du Vercors à l'ouest. Au nord, c'est la fameuse côte de Laffrey qui monte depuis Vizille dans la vallée de la Romanche (350 m). Du côté est, ce sont les sommets du Grand Serre (2 141 m) et du Tabor (2 390 m) qui séparent le canton de La Mure et celui de Valbonnais.

Hormis ces reliefs, le plateau est traversé du nord au sud par les sommets de la Montagne du Conest (Peyrouse, Connex, où figure une des sept merveilles du Dauphiné : la Pierre Percée), et du Sénépy. Au pied de ceux-ci, toujours suivant la même orientation se trouvent les lacs de Laffrey (lac Mort, lac de Laffrey, lac de Pétichet et lac de Pierre-Châtel).

Histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Les noms Mathaysana (XIe siècle) puis Mattacena (XIVe siècle) pouvant signifier Matta « être mouillé »[réf. nécessaire] et Cena « plateau »[réf. nécessaire], ont été tour à tour utilisés ; et enfin Mataisine (XIIIe siècle).

Les habitants sont appelés Matheysins.

Napoléon Ier en Matheysine[modifier | modifier le code]

La route alpine que prend Napoléon Ier en 1815 lors de son retour de l'île d'Elbe, après son débarquement à Juan-les-Pins, traverse la Matheysine. La rencontre entre les troupes de l'empereur (1100 hommes, 3 généraux) et l'armée royale venue pour l'arrêter a lieu dans une prairie du sud de Laffrey, à l'endroit désormais nommé prairie de la Rencontre. Une statue équestre de Napoléon rappelle l'événement.

L'exploitation minière[modifier | modifier le code]

L'histoire de la Matheysine est fortement marquée par la houille de très bonne qualité (anthracite) qui a fait la renommée de la région. L'exploitation n'a cessé de croître au cours du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle pour atteindre en 1966 le maximum de production de 791 000 tonnes. Comme pour les autres gisements français, le coût d'exploitation n'étant pas compétitif en comparaison des charbons étrangers, la mine a été définitivement fermée en 1997.

Climat[modifier | modifier le code]

Ce plateau modelé au fil du temps par les glaciers, entouré de hauts massifs, est balayé par la bise (glaciale l'hiver, agréable l'été). L'hiver, la neige peut être abondante compte tenu de l'altitude. À cause de la présence de marécages (appelés les marais, vers 900 mètres d'altitude), les matinées d'hiver sont glaciales avec souvent de la brume. Les températures descendent en dessous de −13 °C tous les hivers et peuvent descendre en dessous de −20 °C mais rarement (−21 °C près des marais, le 30 décembre 2005 ; le record de température minimale est de −30 °C). Les lacs sont tout le temps gelés de janvier à mars certaines années.

En été, la température peut dépasser les 30 °C et frôler les 35 °C (le 13 août 2003). La température de l'eau des lacs est d'environ 18 à 20 °C en juillet.

Activités[modifier | modifier le code]

La Matheysine est actuellement une zone en reconversion depuis le déclin programmé, puis la disparition, de l'activité minière sur le plateau.

L'artisanat local et le commerce tentent de redonner un souffle à la région et d'enrayer l'exode rural.

Descriptions historiques[modifier | modifier le code]

« Mateysine. C'est une vallée très-élevée et très-froide ; elle commence au village de Laffrey et se termine au territoire du bourg de la Mure ; elle est dans la direction du nord au midi, de sorte que les vents du nord la parcourent librement dans le sens de sa longueur, c'est-à-dire pendant environ trois lieues. Ce qui contribue à la refroidir, ce sont trois lacs assez grands et presque contigus, qui occupent le fond de toute sa partie septentrionale. Sa température diffère tellement de celle des contrées voisines, que lorsqu'on passe dans les vallées limitrophes, soit au sud, soit au nord, soit à l'est, on s'aperçoit en moins de cinq minutes d'un changement très-sensible. Elle comprend les communes de Laffrey, Pierre-Châtelet, Ponsonnas, la Mure, Lamorte, etc. L'on peut considérer le Villard-Saint-Christophe comme une de ses dépendances, parce qu'il n'en est séparé que par une colline peu considérable. La Mateysine est limitée dans sa largeur par des montagnes assez élevées. À l'extrémité nord, on l'a dit, elle n'a aucun abri contre le vent. La commune de Laffrey est élevée de 925 mètres au-dessus du niveau de la mer. Nous n'avons pu découvrir l'étymologie du mot Mateysine. Les habitants de ces cantons sont surnommés vulgairement les Chats, parce que, dit-on, lorsque l'inondation de 1219 eut détruit la plupart des titres des seigneurs, déposés à la Chambre des comptes du Dauphiné, ils refusèrent de souscrire de nouvelles reconnaissances. Ce surnom aurait-il donné lieu à la dénomination de Mateysine ? nous l'ignorons. »

— Jacques Champollion-Figeac, Extrait de l'Annuaire du Département de l'Isère, années 1811 et 1812, Rapport rédigé en 1810, sur la demande de Joseph Fourier, préfet de l'Isère, pour être adressé au ministre de l'intérieur

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Victor Miard, La Mure et la Matheysine à travers l'histoire, Impr. Sadag, , 347 p.
  • René Favier et Marie-Françoise Bois-Delatte, Nouvelle histoire du Dauphiné, Glénat, , 255 p. (ISBN 9782723460187)
  • Mémoire d'Obiou : Beaumont - Matheysine - Trièves - Valbonnais, vol. 1-15, la Mure, Association des amis du Musée matheysin, 1996-2010 (ISSN 1279-4902)