Route nationale 91 (France)

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Route nationale 91
Cartouche de la route
image illustrative de l’article Route nationale 91 (France)
Photo du col du Lautaret
Historique
Déclassement D 1091
Caractéristiques
Longueur 115 km
Direction ouest / est
Extrémité ouest N85 D524 à Vizille
Intersections
Extrémité est N94 à Briançon
Réseau Route nationale déclassée
Territoire traversé
2 régions Avergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur
2 départements Isère, Hautes-Alpes
Villes principales Le Bourg-d'Oisans, La Grave

La route nationale 91, ou RN 91, était une route nationale française reliant Grenoble à Briançon. La route est entièrement déclassée en départementale et renommée RD 1091 (route départementale 1091).

Cet axe permet une liaison directe entre le sud du département de l'Isère (région Auvergne-Rhône-Alpes) et le nord du département des Hautes-Alpes (région Provence-Alpes-Côte-d'Azur), à travers le massif alpin.

Cette route à travers les Alpes a été précédée par plusieurs autres voies de circulation, dont une voie romaine reliant Grenoble à Briançon durant l'Antiquité et, des siècles plus tard, la route de Grenoble à Briançon, aussi nommée petite route de l'Oisans[1],[2], puis la route impériale no 110 au début du XIXe siècle. Leurs tracés n'étaient pas identiques, mais globalement proches.

Tracé[modifier | modifier le code]

La route nationale 91 passe par :

Historique général[modifier | modifier le code]

Route de Briançon, par le Bourg-d'Oisans (Isère), illustration de Victor Cassien (1808-1893)
La ligne de Jarrie à Bourg-d'Oisans, que l'on voit ici en 1964, était implantée pour une large part en accotement de la RN 91

La route nationale 91 succède à la route impériale no 110, elle-même ayant remplacé la « petite route de l'Oisans » ou « petite route de Grenoble à Briançon », qui avait elle-même succédé à une voie romaine et d'autres sentiers plus anciens encore permettant le déplacement des humains depuis plusieurs millénaires le long de la vallée de la Romanche et à travers l'Oisans.

Cette route devient la départementale 1091 lors du déclassement de la route nationale 91 en route départementale. Son tracé ne change pas.

Ouvrages d'art[modifier | modifier le code]

Ce tracé comporte le franchissement de plusieurs ouvrages d'art tels que ponts et tunnels. Parmi les tunnels, se trouvent : le tunnel des Commères (entre Bourg-d'Oisans et le Freney-d'Oisans), le tunnel de l'Infernet[3],[4] (près du Freney-d'Oisans), de courtes galeries creusées dans la roche vers le barrage du Chambon, le tunnel du Chambon, la galerie du Grand Clos, le tunnel du Serre du Coin (à La Grave), le tunnel des Ardoisières (à Villar-d'Arène), la galerie paravalanche de la Marionaise (près du col du Lautaret). Autrefois, la route passait dans les tunnels des Valois et du Rif Blanc (entre le col du Lautaret et Le Monêtier-les-Bains).

Modification du tracé par la mise en eau du barrage du Chambon[modifier | modifier le code]

Passage du Tour de France 1936 dans le tunnel du Chambon.

Avant la création du barrage du Chambon (mis en eau en 1935), la route passait en fond de vallée[5]. Le lac de retenue ayant pour effet de noyer cet endroit, un nouveau tracé est fait pour la route, qui passe sur le couronnement du barrage avant de longer le lac sur son côté nord en passant par le tunnel du Chambon.

Lors de la vidange totale du barrage, on peut apercevoir l'ancien tracé de la RN 91, suivant le torrent de la Romanche et traversant le cours d'eau par un pont, près des ruines de hameaux noyés eux aussi dans le lac du Chambon.

Les Ruines de Séchilienne[modifier | modifier le code]

Le site des Ruines de Séchilienne est le lieu d'un mouvement de terrain complexe, lié à la désagrégation de la montagne du Mont Sec. C'est l'un des plus importants terrains d'étude scientifique des phénomènes gravitaires en Europe. Il existe un risque lié à un mouvement de terrain de grande ampleur menaçant la basse vallée de la Romanche, avec notamment possibilité de formation d'un barrage naturel sur ce cours d'eau. Des études poursuivies dans la durée ont permis son suivi sur plus de 25 ans et une réévaluation du risque, revu à la baisse[6]. Ce risque est toutefois à l'origine de différents travaux près du site, dont un déplacement du tracé de la route départementale 1901, qui a été inauguré dans le courant des années 2010.

2015 - 2017 : Fermeture du tunnel du Chambon, travaux, puis réouverture[modifier | modifier le code]

La route RD 1091 au niveau de l'entrée est du tunnel du chambon, avec le glissement de terrain de 2015, qui a fragilisé une partie du tunnel.

Fermeture du tunnel du Chambon et coupure de la RD 1091[modifier | modifier le code]

Le 10 avril 2015, le tunnel du Chambon dans l'Isère, entre la Grave (Hautes-Alpes) et le Freney-d'Oisans (Isère), est complètement fermé à la circulation, pour cause d'éboulements et glissements de terrain ayant fragilisé l'ouvrage. Ceci provoque une coupure totale de la D1091 et d'importants problèmes de circulation dans la vallée, pour les habitants comme pour les professionnels et touristes habitués à l'emprunter. Cet événement a eu des conséquences importantes pour les villages proches, et l'état de catastrophe naturelle a été reconnu pour trois d'entre eux, particulièrement impactés car cet axe était le principal accès vers celles-ci[7],[8],[9]. La coupure occasionnée par cet événement a duré plusieurs mois et des solutions de remplacement ont du être trouvées.

Les déviations routières et autres solutions de court terme[modifier | modifier le code]

Des déviations routières ont été mises en place : au nord du massif montagneux par le col du Galibier (petite route de montagne ouverte uniquement en été), ou le tunnel du Fréjus et le col de Montgenèvre (avec passage par l'Italie); au sud du massif via le col de la Croix Haute et Gap[10]. Ces déviations occasionnant entre deux et quatre heures de route, des solutions pour le trafic local ont été mises en place de façon précaire pendant les premiers mois de fermeture du tunnel : accès à pieds par un chemin de randonnée, navettes lacustres, navettes héliportées[11], certains résidents et professionnels du secteur ayant à passer quotidiennement d'une rive à l'autre du lac pour aller de leur résidence à leur lieu de travail.

La route de secours[modifier | modifier le code]

L'entrée de la Route de secours 1091, depuis la RD 1091, côté Hautes-Alpes.

Une route de secours (RS 1091) a été ouverte sur la rive gauche du lac le 24 novembre 2015[12]. Cette piste de secours, conçue pour absorber le trafic local, reste cependant déconseillée aux touristes, bien qu'elle soit accessible selon certaines conditions[13].

Cette route elle-même a par moments connu quelques périodes de fermeture allant de quelques heures à quelques jours, en raison de déclenchement d'avalanches, d'affaissement de talus, d'éboulements[14] ou de fort risque d'avalanche[15].

Travaux de dérivation, réouvertures temporaires, réouverture définitive du tunnel[modifier | modifier le code]

Les travaux de percement d'un tunnel de dérivation, menés par le Département de l'Isère, ont commencé en mai 2016. Ce tunnel de dérivation est creusé plus profondément dans la montagne et permet d'éviter la zone fragilisée.

Du 17 décembre 2016 au 6 mars 2017, a lieu une réouverture temporaire du tunnel, encore en travaux, afin de permettre le passage des automobiles pour la saison de sports d'hiver (la route de secours est close pendant cette période). Une nouvelle période de fermeture pour travaux a lieu à partir du 6 mars 2017, accompagnée d'une réouverture de la route de secours. Une réouverture en journée du tunnel est ensuite prévue du 13 juillet 2017 au 21 août[16], avant une ouverture définitive prévue à la mi-décembre 2017.

Peu avant sa réouverture définitive, le tunnel connaît cependant des périodes de réouverture de quelques heures par jour à partir du 11 décembre 2017, en raison de la fermeture temporaire du col du Lautaret et de la route de secours du fait des conditions climatiques, d'enneigement et de risque d'avalanche. En effet, si le tunnel n'avait été ouvert, tout accès routier entre le canton de La Grave et Villar-d'Arène et le reste du monde aurait été coupé[17],[18],[15],[19].

L'ouverture définitive du tunnel après la fin des travaux a eu lieu le 15 décembre 2017, après deux ans et demi de fermeture[15].

Étude de vulnérabilité de l'axe Briançon-Grenoble[modifier | modifier le code]

Le col du Lautaret dans la neige.

À la suite de la fermeture prolongée de la route en 2015 et à plusieurs événements précédents ayant provoqué des accidents et des fermetures de moindre importance de la RN 91 / RD 1091 au fil des ans, une étude de vulnérabilité de cet axe est prévue par les Départements des Hautes-Alpes et de l'Isère, avec cofinancement par l’État français et les Régions Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes[20],[21].

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. André Allix, « Le trafic en Dauphiné à la fin du Moyen-Age. [Esquisse rétrospective de géographie économique] », Revue de géographie alpine,‎ , p. 373-420 (lire en ligne)
  2. Raoul Blanchard, R. Caillemer et D.-M. Vaughan, « Travaux historiques et géographiques sur l'Oisans [Etude géographique et historique sur la route du Lautaret] », Recueil des travaux de l'institut de géographie alpine,‎ , p. 4-44 (www.persee.fr/doc/rga_0249-6178_1913_num_1_1_5577)
  3. « Isère Acrobatie au tunnel de l’Infernet », sur www.lemoniteur.fr, (consulté en juillet 2017)
  4. « Le Freney-d'Oisans - La RD1091 restera coupée toute la journée », sur www.ledauphine.com, (consulté en juillet 2017)
  5. Maurice Gignoux, « Les conditions géologiques du barrage Chambon-Romanche (département de l'Isère) », Géologie alpine - Travaux du Laboratoire de Géologie de Grenoble,‎ 1940-1942 (lire en ligne)
  6. « Dossier thématique : Les Ruines de Séchilienne », sur www.irma-grenoble.com (consulté le 16 décembre 2017)
  7. « Lac du Chambon : l'état de catastrophe naturelle reconnu pour trois communes », sur www.francetvinfo.fr, (consulté le 12 septembre 2016)
  8. « La fermeture du tunnel du Chambon : un exemple de risque en montagne — Géoconfluences », sur geoconfluences.ens-lyon.fr (consulté le 13 septembre 2016)
  9. France 3 Alpes, « Le collectif du Chambon publie une étude sur l'impact de la fermeture de la route », France Info,‎ (lire en ligne)
  10. « Comment venir à La Grave Villar d'Arène et leurs Hameaux | Office de tourisme de La Grave - La Meije », sur www.lagrave-lameije.com (consulté le 13 septembre 2016)
  11. « VIDÉO - Tunnel du Chambon : les habitants de l'Oisans partent travailler en hélicoptère », (consulté le 13 septembre 2016)
  12. « CCI Hautes-Alpes », sur www.hautes-alpes.cci.fr (consulté le 13 septembre 2016)
  13. « La "petite" route du Chambon reste et demeure une route de secours », France Info,‎ (lire en ligne)
  14. « 2.000m3 de terre et de roches glissent sur la route de secours du Chambon », France Info,‎ (lire en ligne)
  15. a, b et c Yann Gonon, « 32 mois après son effondrement, le tunnel du Chambon (Isère) définitivement rouvert à la circulation », France Info,‎ (lire en ligne)
  16. « Le tunnel du Chambon : ouverture définitive au plus tard le 15 décembre », Le Dauphiné Libéré,‎ (lire en ligne)
  17. « Le tunnel du Chambon rouvre dès ce soir », France Info,‎ (lire en ligne)
  18. Marielle Coste, « Hautes-Alpes : ouverture anticipée du tunnel du Chambon pour risque d'avalanche », France Info,‎ (lire en ligne)
  19. « Le tunnel du Chambon ouvert temporairement », Le Dauphiné Libéré,‎ (lire en ligne)
  20. « Chambon : l’Etat et les deux Régions financeront 50 % du nouveau tunnel », (consulté le 13 septembre 2016)
  21. « Rapport 3 - Fermeture du tunnel du Chambon – Solidarité régionale envers les habitants des vallées de l’Oisans et de la Romanche – Principes de l’intervention régionale en faveur du rétablissement de la liaison routière Briançon-Grenoble », sur www.regionpaca.fr, (consulté le 13 septembre 2016)

Lien interne[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]