Ali Abdallah Saleh

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Ali Abdallah Saleh
علي عبد الله صالح
Ali Abdallah Saleh, en 2004.
Ali Abdallah Saleh, en 2004.
Fonctions
1er président de la République du Yémen[1],[2]

(21 ans 9 mois et 3 jours)
Élection
Réélection
Vice-président Ali Salim al-Beidh
(vice-président du Conseil présidentiel)
Abd Rabo Mansour Hadi
Premier ministre Haider Aboubaker al-Attas
Muhammad Said al-Attar
Abdul Aziz Abdul Ghani
Faraj Said Bin Ghanem
Abd al-Karim al-Iryani
Abdul Qadir Bajamal
Ali Muhammad Mujawar
Muhammad Basindawa
Prédécesseur Lui-même (Yémen du Nord)
Haider Aboubaker al-Attas (Yémen du Sud)
Successeur Abd Rabo Mansour Hadi
6e président de la République arabe du Yémen
(Yémen du Nord)

(11 ans 10 mois et 4 jours)
Premier ministre Abdul Aziz Abdul Ghani
Abd al-Karim al-Iryani
Abdul Aziz Abdul Ghani
Prédécesseur Abdul Karim Abdullah al-Arashi
Successeur Lui-même (réunification du Yémen)
Biographie
Nom de naissance Ali Abdallah Saleh
Date de naissance (73 ans)
Lieu de naissance Bayt al-Ahmar
(Royaume du Yémen)
Parti politique Congrès général du peuple

Ali Abdallah Saleh Ali Abdallah Saleh
Présidents de la République arabe du Yémen
Présidents de la République du Yémen

Ali Abdallah Saleh (en arabe : علي عبد الله صالح, également retranscrit Ali Abdullah Saleh), né le , est un homme d'État yéménite.

Président de la République arabe du Yémen (Yémen du Nord) de 1978 à 1990, il est président de la République du Yémen entre 1990, année de la réunification des deux États, et 2012. Lors du Printemps arabe, il est confronté en 2011 à une révolte contre son gouvernement. Blessé lors d'une attaque de son palais présidentiel en juin 2011, il demeure absent de son pays pendant plusieurs mois, puis signe un plan de sortie de crise, préparé par les monarchies du golfe persique, qui aboutit à son départ du pouvoir en février 2012.

Biographie[modifier | modifier le code]

Accès au pouvoir[modifier | modifier le code]

Ali Abdallah Saleh en tant que soldat.

Il rejoint les forces armées en 1958. Avant d'être nommé président de la République arabe du Yémen (Yémen du Nord) à la suite de l'assassinat du président Ahmad al-Ghashmi le , il n'était qu'un obscur officier et les diplomates occidentaux le surnommaient « le petit caporal ». Il s'entoure alors d'un noyau restreint de ses proches qu'il nomme à des postes clés de l'appareil militaire et de sécurité[3]. Sa présidence de 1978 à 1990 est fortement marquée par la Guerre froide et la lutte idéologique qui l'opposait à la République démocratique populaire du Yémen (Yémen du Sud).

Présidence de la République du Yémen[modifier | modifier le code]

À la suite de la réunifications des deux Yémen, il est devenu le président de la République du Yémen unifié en 1990 et a soutenu l'Irak de Saddam Hussein lors de la guerre du Golfe[4], sans pour autant soutenir l'annexion du Koweït par l'armée irakienne. Il fut partie prenante de la guerre civile au Yémen en 1994 faisant de 7 000 à 8 000 victimes lorsque les autorités du Sud tentèrent de faire sécession, en vain.

Il est le premier président élu du pays en 1999 avec 96 % des voix et est réélu le avec 77,2 % des suffrages. En 2000, il régla le long contentieux frontalier avec l'Arabie Saoudite. En 2004, il ordonna une campagne militaire contre les Houthis dans le cadre de l'insurrection au Saada. Cette campagne dura jusqu'à début 2010 et provoqua la mort d'environ de 5 000 à 7 000 Yéménites.

Malgré les axes politiques que déclare d'Ali Abdallah Saleh dans la démocratisation du pays[réf. nécessaire] et dans la lutte contre l'islamisme[réf. nécessaire], le Yémen reste un foyer d'instabilité pendant les années 2000/2010, d'autant qu'une insurrection dans le sud du pays appelle au retour d'un État indépendant au Sud sur le territoire de l'ancienne République démocratique populaire du Yémen (communément appelée « Yémen du Sud »).

Révolution de 2011-2012[modifier | modifier le code]

Le Yémen est touché par les protestations qui touchent le monde arabe en 2010-2011. À la suite des différentes manifestations qui touchent le pays à partir du 27 janvier, le président Saleh fait plusieurs annonces successives:

  • le 2 février, il renonce à se présenter pour un nouveau mandat présidentiel en 2013[5]
  • le 10 mars, il annonce une nouvelle Constitution et des élections pour le début de l'année 2012[6],
  • le 20 mars, il limoge son gouvernement[7]
  • le 23 mars, il propose un référendum constitutionnel, des élections législatives et présidentielles avant la fin de l'année 2011[8]
  • le 23 avril, il accepte le compromis proposé par le conseil de coopération du Golfe : il s'engage à quitter le pouvoir après trente jours de transition (transmission du pouvoir au vice-président), en échange d'une immunité[9],[10].

Blessé à la tête le par des tirs d'obus visant la mosquée du palais présidentiel de Sanaa, il quitte le pays le lendemain pour aller se faire soigner à Riyad[11]. Cela marque pour les manifestants la fin de sa présidence et de ses 33 ans de dictature à la tête du Yémen. Le 10 juin, le cabinet privé américain Stratfor, spécialisé dans le renseignement tactique, rend publique la thèse de ses experts selon laquelle le président Saleh aurait été victime d'une tentative d'assassinat à la bombe montée de l'intérieur[12].

Cependant, le , la télévision d'État yéménite annonce que Saleh avait regagné le pays après trois mois d'absence. Cela entraîne de nouvelles manifestations dans les rues de Sanaa, sévèrement réprimées par la police. Saleh fait diffuser un nouveau communiqué le 8 octobre 2011 par le biais de la télévision d'État yéménite, déclarant qu'il démissionnerait « dans les prochains jours ». Échaudée, l'opposition exprime son scepticisme malgré la déclaration d'un ministre du gouvernement qui affirmait que Saleh allait quitter le pouvoir dans le cadre d'un plan de coopération conçu par les monarchies arabes du Golfe afin de permettre la transition vers la démocratie.

Le 21 octobre, le Conseil de sécurité des Nations unies demande au président Saleh de signer le plan de sortie de crise proposé par les monarchies du Golfe et renouvelle l'injonction à cesser la répression meurtrière contre les manifestants yéménites qui avait déjà fait plusieurs centaines de victimes depuis le début des évènements. Le , le président Saleh, toujours au pouvoir, fait une nouvelle déclaration devant la presse internationale affirmant qu'il quittera le pouvoir après un accord entre les différentes parties sur un mécanisme de transfert du pouvoir et après des élections[13]. Le 23 novembre, après s'être plusieurs fois récusé, il signe à Riyad le plan de sortie de crise prévoyant son départ, le transfert du pouvoir exécutif au vice-président Abd Rab Mansour Hadi et son maintien comme « président d'honneur » pour une période transitoire de 90 jours[14].

Le , Ali Abdallah Saleh annonce qu'il va se rendre aux États-Unis pour des soins et demande à ses compatriotes de lui pardonner ses erreurs. Il déclare qu'il reviendra à Sanaa mais cette fois en tant que président du Congrès général du peuple[15].

En mars 2015, les rebelles chiites houthis s'emparent de la capitale Sanaa. Pour de nombreux experts, l'avancée des miliciens chiites n’a pu se faire sans le soutien de l'ancien président Saleh, qui les avait pourtant violemment combattus des années durant[16]. Ce dernier, qui espère revenir au pouvoir, aurait notamment ordonné à ses partisans de rejoindre la rébellion chiite pour déstabiliser le gouvernement en place[16]. Une thèse confortée par la passivité de l’armée, dont certaines unités sont restées fidèles à l’ancien régime,  face à la progression des combattants houthis[16].

Le , il confirme cette alliance[17].

Appartenance politique[modifier | modifier le code]

Ali Abdallah Saleh appartient au Congrès général du peuple. C'est le principal parti politique au Yémen avec le Parti socialiste yéménite, qui dirigeait auparavant la République démocratique populaire du Yémen, régime d'obédience marxiste.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié à Asama Saleh. Son demi-frère, le général Mohamed Saleh al-Ahmar, était commandant des forces aériennes yéménites[18]. Son fils aîné Ahmed commandait la Garde républicaine[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Président du Conseil présidentiel du 22 mai 1990 au 1er octobre 1994.
  2. Abd Rab Mansour Hadi a été président par intérim du 4 juin au puis du au .
  3. Saleh, l'autocrate qui s'accroche au pouvoir, Le Figaro, 3 juin 2011.
  4. (en) YEMEN - Ali Abdullah Saleh (Al Ahmar) - President., APS Review Downstream Trends, 28 juin 2004
  5. « Le président du Yémen renonce à briguer un nouveau mandat », sur lemonde.fr,‎
  6. « Yémen: le président Saleh propose une nouvelle Constitution », sur Nouvel Observateur,‎
  7. « Yémen: le président limoge son gouvernement », sur Nouvel Observateur,‎
  8. « Le président du Yémen propose des élections dans l'année », sur L'Express, Reuters,‎
  9. « Yémen: le plan de sortie de crise accepté », AFP, le 23/04/2011
  10. « Yemen leader Saleh agrees to step down under Gulf plan », bbc.co.uk, 23/04/2011
  11. Yémen : l'opposition veut empêcher le retour de Saleh, Le Figaro, 5 juin 2011.
  12. Yémen : le président Saleh, victime d'un complot interne, L'Express, 10 juin 2011.
  13. Le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, dit qu'il partira dans trois mois, Le Monde, 15 novembre 2011.
  14. Yémen : tirs sur une manifestation anti-Saleh après l'accord, 5 morts, L'Express, 23 novembre 2011.
  15. Yémen : Saleh dit partir aux États-Unis, Le Figaro, 22 janvier 2012.
  16. a, b et c « Yémen : qui sont les [[Houthis]], dont l'avancée fait craindre une guerre civile ? », sur France 24,‎
  17. http://english.alarabiya.net/en/News/middle-east/2015/05/11/Yemen-s-Saleh-declares-support-for-Houthi-militias-.html
  18. Limogé, un proche de Saleh résiste, Le Figaro, 7 avril 2012.
  19. Yémen : des généraux proches de l'ex-président défient le nouveau pouvoir, Le Monde, 7 avril 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) « Ali Abdallah Saleh, l'équilibriste », article de Nicolas Michel dans Jeune Afrique, no 2561, du 7 au 13 février 2010, p. 44-45

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]