Piraterie

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Stéréotype : le pirate creusant, à la recherche d'un trésor (Howard Pyle, Harper's Magazine. 1894).
Autre stéréotype : les pirates n'enterrent pas leur trésor (en), à l'exception de celui du capitaine Kidd[1].

La piraterie ou forbannerie est une forme de banditisme pratiquée sur mer par des marins appelés pirates ou forbans, mais aussi sur terre. Les pirates ne se limitent pas aux pillages de navire, ils ravagent également les petites villes côtières et les arrière-pays parfois loin des côtes en remontant les cours d'eau, ce qui conduit l'historien Hubert Deschamps à définir la piraterie comme étant du « brigandage par mer »[2].

Étymologie et définition[modifier | modifier le code]

Le mot « pirate » vient du latin pirata[3] (« celui qui tente la fortune, qui est entreprenant ») — attesté depuis Cicéron —, qui s'est imposé devant le terme praedo maritimus. Pirata est un emprunt au grec πειρατής (peiratês), c'est-à-dire « brigand, bandit qui court les mers pour attaquer les navires », mot avec spécialisation de sens dérivé du verbe πειράω (peiráō) signifiant « s'efforcer de », « essayer de », « tenter sa chance à l'aventure » qui est aussi à l'origine du nom « Pirée »[4]. Cicéron déclare les pirates de l'Antiquité « ennemis communs à tous » (communis hostis omnium) car ils échappent aux catégories habituelles du droit[5]. Au Moyen Âge, la signification du terme « pirate » se restreint pour désigner plus spécifiquement des bandits qui parcourent les mers pour piller des navires marchands.

Le forban (de fors et ban, « hors du ban », « hors de la loi ») est un synonyme de pirate.

Les pirates se distinguent des corsaires, qui sont des civils faisant la guerre sur mer avec l'autorisation de leur gouvernement (grâce aux lettres de marque), selon les lois de la guerre, avec un statut équivalent aux militaires mais sans être soumis à l'autorité d'un état-major et au contraire d'une façon indépendante. La confusion entre pirates et corsaires résulte de plusieurs faits : jusqu'à la fin du Moyen Âge, les termes de corsaire et pirate, synonymes, étaient employés indifféremment (pour les distinguer, il faut qu'un État souverain délivre une lettre de marque - or l’État souverain n'apparaît en Europe qu'au cours des XVIe et XVIIe siècles[6]) ; les corsaires faisaient la guerre aux nations ennemies en s'attaquant à leur commerce mais, sans ressources en temps de paix, ils devenaient pirates (comme Francis Drake ou Jean Ango)[7]. Cette apparence ne doit pas faire oublier qu'ils respectaient en général les vies et les biens personnels ; seul le navire et le fret faisaient l'objet de la prise, une enquête établissait si la prise avait été légitime et le bien était rendu si tel n'avait pas été le cas. Notons toutefois qu'un corsaire autorisé par un État particulier était qualifié de pirate par les États ennemis. Tout corsaire, donc, est un pirate du point de vue d'un État tiers. L'épisode de la prise du navire portugais Santa Catarina en 1603 par un corsaire hollandais, accusé de piraterie par les Portugais, illustre bien l'ambiguïté de la distinction entre corsaire et pirate - cet incident diplomatique est d'ailleurs à l'origine de la rédaction par le célèbre juriste Hugo Grotius du traité sur « La Liberté des Mers »[8]. Anne Pérotin-Dumon résume bien la situation en écrivant que « savoir si quelqu'un ou non doit être qualifié de pirate est une question dont la réponse appartient à celui qui a le pouvoir »[9].

La piraterie a connu plusieurs périodes fastes, à la fin du Ier siècle av. J.-C. en Méditerranée, et au XVIIIe siècle dans les Antilles et l’océan Indien puis peu à peu disparu de ces régions, du fait du quadrillage des marines d'État. Le mot pirate est utilisé aussi dans différents contextes autres que maritime : le « pirate de la route », que l'on appelait autrefois « voleur de grand chemin », le « pirate informatique », qui désigne un individu s'introduisant illégalement dans un système informatique. On parle parfois de « pirates » dans le cas de détournement d'avions : c'est le cas des pirates de l'air. Toutefois, il s'agit ici d'une déformation du sens de pirate car il s'agit d'actions terroristes, politiques et non de crimes de droit commun. Plus récemment, on évoque le cas des « biopirates », qui manipulent le vivant en dehors de tout cadre légal, souvent dans des laboratoires clandestins, afin de modifier certaines caractéristiques des espèces vivantes ou d'en créer de nouvelles[10]. Alors que le Moyen Âge et l'époque moderne ont repris une formule de Cicéron selon laquelle le pirate est « l'ennemi commun à tous », la Convention des Nations unies sur le droit de la mer a donné en 1982 une définition plus restrictive du pirate qui est selon le droit international un criminel de droit commun intervenant en haute mer à partir d'un bâtiment[11].

Histoire[modifier | modifier le code]

La piraterie existait déjà dans l'Antiquité. Toutes les civilisations anciennes ayant possédé une marine l'ont connue, les Phéniciens comme les Mycéniens, la mer étant considérée comme un espace libre où règne la « loi du plus fort ». Lorsque les États deviennent plus puissants, à la piraterie s'ajoute la guerre de course[12].

Jules César dut lui-même affronter la piraterie. Lors d'un voyage vers l'Orient entre les années et , il fut capturé par ceux-ci, à hauteur de l'île de Pharmacuse, à proximité de la ville de Milet en Asie Mineure. Dès sa libération contre rançon, il entreprit de se venger. Après avoir réuni en toute hâte une flottille, il surprit et captura les pirates qu'il fit exécuter et, en partie, crucifier. Pompée se rendit célèbre en nettoyant la Méditerranée des pirates ciliciens.

Les Vikings furent des pirates mais aussi des explorateurs, qui dévastèrent l'Europe occidentale de la fin du VIIIe au début du XIe siècle.

Les Narentins sont des pirates slaves païens qui depuis leurs bases installées en actuelle Croatie, attaquèrent les navires marchands en mer Adriatique du IXe au XIe siècle avant d'être éliminés par les Vénitiens[13]. En 928, les musulmans de Sicile recrutèrent ces pirates pour piller la Calabre, la Sardaigne et la Corse[14].

La piraterie connaît son âge d'or dans les années 1660, lorsque Français, Anglais et Hollandais attaquent les navires pleins d'or de la couronne espagnole. À partir de 1690, de nouveaux groupes opèrent dans l'océan Indien. Les pirates sont alors encouragés par les Anglais car ils rapportent de l'argent aux Antilles anglaises et en Angleterre. Mais ce n'est plus le cas à partir de 1700, où le commerce se mondialise. Entre 1716 et 1726 apparaît un mouvement pirate spontané, de 1 800 à 2 400 individus. Il n'a pas de soutien de la part de classes dirigeantes. Britanniques et Français vont coopérer pour le réduire, et ils pendront les pirates par centaines[15].

Dans le domaine du droit international la piraterie est généralement considérée comme le plus ancien exemple d'utilisation du principe de juridiction universelle. Piller les navires en haute mer, bloquer les routes commerciales ou mettre en danger les communications maritimes était considéré par les États souverains comme étant hostis humani generis (ennemi de l'humanité). Puisque la piraterie, par définition, est pratiquée en dehors des juridictions nationales, les poursuites engagées par des États souverains contre des pirates constituent une situation juridique exceptionnelle. Cicéron expliquait déjà dans son traité De officiis que, en tant qu'« ennemi de tous » (communis hostis omnium), le pirate ne devait pas être considéré comme un ennemi légitime, envers lequel on est tenu de respecter certains devoirs : ainsi, d'après le philosophe romain, l'obligation de tenir parole et d'honorer ses serments ne s'appliquait pas au cas où l'on a affaire aux pirates[16].

La piraterie aux Canaries[modifier | modifier le code]

Fresque représentant l'attaque de Charles Windon à San Sebastián de La Gomera (1743).

En raison de la situation stratégique de cet archipel espagnol en tant que carrefour des routes maritimes et pont commercial entre l'Europe, l'Afrique et l'Amérique[17], c'était l'un des endroits sur la planète avec la plus grande présence de pirates.

Dans les îles Canaries, on distinguait : les attaques et le pillage continu des corsaires berbères, anglais, français et hollandais[17]; et d'autre part la présence de pirates et de corsaires de cet archipel, qui ont fait leurs incursions dans les Caraïbes. Des pirates et des corsaires tels que François Le Clerc, Jacques de Sores, Francis Drake, Pieter van der Does, Murat Rais et Horatio Nelson ont attaqué les îles. Parmi ceux qui sont nés dans l'archipel se distingue surtout Amaro Pargo, que le monarque Philippe V d'Espagne bénéficié fréquemment[18],[19] et l'a autorisé à construire un navire à destination de Campeche, qui était armé comme un navire corsaire[18].

Terminologie[modifier | modifier le code]

Boucaniers : les pirates qui sévissaient dans la mer des Caraïbes étaient parfois appelés abusivement boucaniers. À l'origine soit aventuriers, soit déserteurs des différentes nations européennes, les boucaniers vivaient sans chef, et s'occupaient surtout du ravitaillement en viande fumée (« boucanées », d'où leur nom) des équipages de passage quels qu'ils soient. Ils élevaient des bœufs et chassaient les petits cochons sauvages. Ils se trouvaient dans le nord-ouest de Saint-Domingue et dans la baie de Campêche, mais ils avaient souvent leurs comptoirs à la Tortue. À l'occasion, il leur arrivait de se mêler à une expédition, mais ce n'était pas leur activité principale.

Flibustiers : le mot « flibustier » est dérivé du néerlandais vrijbuiter (« qui fait du butin librement »)[20]. Certaines sources citent comme origine le mot flibot (« sorte de petit bateau »), d’autres préfèrent free booter (« libre pillard »). Le mot apparaît lorsque les Hollandais révoltés contre la domination espagnole avaient armé des navires corsaires pour lutter contre l'Espagne. Mais les Pays-Bas n'existant pas en tant qu'État indépendant reconnu avant 1648, leur statut de corsaire n'était pas reconnu. Les Espagnols les considéraient comme pirates pendant que les alliés des Hollandais les voyaient comme des corsaires. Toute une population va naître à mi-chemin entre piraterie, aventure, guerre de course. Le flibustier est un aventurier qui peut se louer en tant que corsaire au plus offrant en temps de guerre, qui peut naviguer comme marin de commerce comme s'adonner à la piraterie.

Corsaire : une personne qui est (le plus souvent l'armateur, le capitaine ou le membre de l'équipage d'un navire civil armé) autorisée par une lettre de marque (également appelée « lettre de commission » ou « lettre de course ») à attaquer en temps de guerre, tout navire battant pavillon d'États ennemis (notamment l'Angleterre à l'époque) , et particulièrement son trafic marchand, laissant à la flotte de guerre le soin de s'attaquer aux objectifs militaires. Les corsaires ne doivent donc pas être confondus avec les pirates puisqu'ils exercent leur activité selon les lois de la guerre, uniquement en temps de guerre et avec l'autorisation de leur gouvernement. Capturés, ils ont droit au statut de prisonnier de guerre.

Mode de vie et coutumes[modifier | modifier le code]

Contrairement à l'image répandue par les fictions cinématographiques, du fait même de leur mode de vie, peu de pirates mangeaient à leur faim ou devenaient riches, la plupart mouraient jeunes au combat, lors de luttes intestines ou pendus. Les pirates élisaient leurs dirigeants : le capitaine (pour son savoir-faire, son audace, son autorité lors des batailles) et le quartier-maître (pour exercer un contre-pouvoir et faire régner l'ordre)[21]. En assemblée, chaque homme avait le droit à la parole et chaque membre de l'équipage, hormis les mousses et les marins pas encore totalement intégrés, avait une voix dans le vote tout comme le capitaine : c'était une forme de démocratie[réf. nécessaire]. Dans certains équipages pirates, il y avait un conseil : une assemblée où uniquement les officiers et artisans pouvaient siéger avec quelques marins expérimentés[réf. souhaitée].

Le quartier-maître élu pouvait aussi faire entamer un procès contre le capitaine. Si le capitaine refusait le procès, il était reconnu coupable et était maronné sur une île le plus souvent. De nombreux groupes de pirates partageaient les butins obtenus en suivant un schéma préalable. Les pirates blessés au cours d'une bataille recevaient parfois une prime spéciale[22]. Le butin pouvait être partagé de manière que le capitaine reçoive tout au plus 1,5 fois ou 2 fois plus que les autres, mais jamais plus[23]. Cependant, ces pratiques égalitaires ne se limitaient qu'à très peu des aspects de la vie des pirates, et n'atténuaient pas réellement la rudesse de leurs mœurs.

La torture chez les pirates est relatée par plusieurs auteurs comme Alexandre-Olivier Exquemelin dans Histoire d'avanturiers (1678)[24] ou le capitaine Charles Johnson dans l'Histoire générale des plus fameux pirates (1724).

La pratique de la piraterie a été essentiellement masculine mais il a existé des femmes pirates. Des noms célèbres tels que Mary Read et Anne Bonny sont connus pour avoir navigué avec le pirate Jack Rackham. A contrario de nombreuses femmes, leurs présences sur le navire était de notoriété publique.

Imagerie[modifier | modifier le code]

Les cosplays de Jack Sparrow prennent appui sur certains faits historiques[25] mais sont aussi un condensé de la plupart des clichés du pirate[26].
Le pirate Bartholomew Roberts a les valeurs et la tenue[27] d'un officier de la Royal Navy, ce qui remet en cause l'iconographie caricaturale du pirate.

C'est la littérature romantique du XIXe siècle (notamment L'Île au trésor de Robert Louis Stevenson en 1883) qui met en place l'image stéréotypée du pirate[28] : homme rusé, plutôt patibulaire, qui boit du rhum et manie le sabre marin ; assoiffé d'or, il recherche un trésor caché sur une île déserte sous le soleil des Caraïbes ou des mers du Sud ; vêtu d'une chemise bouffante, d'un pantalon ample et d'un foulard, il arbore un grand anneau d'or à l'oreille gauche[29], un perroquet impertinent sur l'épaule qui répète les jurons de son maître[30], et porte les stigmates des combats (gueule balafrée, jambe de bois qui bat lugubrement sur le pont, œil borgne caché par un bandeau noir, crochet en guise de main)[31]. La piraterie comporte de nombreux risques, « d'où cette constance de la marque sur le corps du pirate : cicatrices, amputations[32], énucléations agissent comme des signatures indélébile de la pratique. Cette marque est aussi celle de la prothèse, qui vient machiner le corps du pirate : crochet, jambe de bois, bandeau, ce à quoi on peut aussi ajouter l'excroissance animale du corps que constitue le perroquet[33] ».

La piraterie évoque des aventuriers de la mer sur des voiliers, constitués de bannis, rebelles et marginaux recrutés sur les docks, grâce à une copieuse quantité d'alcool qui suffit à les convaincre d'embarquer. L'imagerie classique veut qu'ils forment un équipage indiscipliné se livrant à la débauche et à l'ivrognerie. En réalité, les transgressions à la discipline sont sévèrement punies. L'équipage est nombreux[34], sans contraintes horaires, avec une hiérarchie moins pesante que dans la marine royale car il obéit à un « code d'honneur » et à des règles qui peuvent paraître plus démocratiques (élection du capitaine à la majorité des voix[35] mais aussi dégradation et révocation[36], partage des butins…). Ce code a été instauré par le capitaine Bartholomew Roberts au XVIIIe siècle. De même est attesté le Jolly Roger (qui pourrait venir du français joli rouge), le pavillon de pirates noir ou rouge orné d’une tête de mort surmontant deux tibias entrecroisés[12], selon la représentation classique ; mais il y avait parfois des squelettes, des armes, des sabliers et parfois le capitaine lui-même (tel celui de Barbe Noire).

L'imagerie d'une vie de pirate remplie d'aventures, d'îles au trésor perdure encore de nos jours dans les arts visuels (cinéma[37], bande dessinée… et plus récemment les jeux vidéos) qui contribuent à entretenir une vision de la piraterie basée sur une iconographie simple, voire simpliste et en faire « un sujet de rêve, d'évasion sinon de fantasme[38] ». Depuis mai 1968, quelques artistes tentent de faire évoluer cette imagerie traditionnelle, et développent la représentation du pirate comme « un révolté social, anarchiste avant la lettre, symbolisant la lutte contre une société injuste[39] ».

Piraterie moderne[modifier | modifier le code]

Le Sirius Star, capturé par la piraterie autour de la Corne de l'Afrique. C'est le plus grand navire à avoir été capturé par des pirates.

La piraterie moderne est la cible d'un arsenal législatif et d'alliances de la part des États. Elle est le sujet de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies 1918, adoptée à l'unanimité en 2010[41]. Elle est également le sujet des articles 100 et 107 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, articles approuvés en 1982[42]. En France, la piraterie est punie de 20 ans de réclusion criminelle par l'article 224-6 du code pénal[43].

D'après le Bureau maritime international, organisme référence pour la lutte contre la piraterie, la région la plus touchée en 2019 est le golfe de Guinée, avec 90% des enlèvements, entre autres. Toutefois, sur l'ensemble du monde, le nombre des faits de piraterie est en régression, s'élevant à 201, contre 162 en 2018[44].

L'équipage et les pirates du navire Faina, piraté sur les côtes de la Somalie.

Pirates célèbres et légendaires[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Pirate.
  • Charles Vane : pirate célèbre pour sa cruauté et pour avoir refusé le pardon royal au gouverneur Woods Rogers. Abandonné par Jack Rackham puis emprisonné avant d'être pendu le .
  • Ching Shih : une célèbre pirate chinoise.
  • François l'Olonnais.
  • Henry Every : également connu sous le nom de John Avery, ce pirate est devenu célèbre pour s'être emparé des incroyables richesses du Gang-i-Sawai, un bateau du Moghol, de retour de La Mecque.
  • Henry Morgan : boucanier richissime pour avoir pillé Puerto del Principe, Maracaibo, Gibraltar et Panama. Il devint chevalier et gouverneur de Port-Royal par Charles II.
  • Henry Jennings : corsaire devenu pirate. Il sera gouverneur du "paradis de pirates" de New Providence, Henry Jennings se rendit coupable de deux actes de piraterie – gagnant une fortune de 410 000 pesos.
  • Mary Read : Lorsqu'elle était enfant, après la mort de son petit frère, sa mère la déguisait en garçon pour continuer à percevoir le soutien financier de la grand-mère paternelle de Mary. C'est à partir de là que Mary Read, prit le nom de Mark Read, et commença à travailler en tant que valet, puis soldat et enfin pirate. Mary fut, avec Anne Bonny, l’une des deux femmes pirates les plus célèbres de l’histoire.
  • Maria Lindsey : elle pratiquait la piraterie au large de Terre-Neuve au cours du XVIIIe siècle.
  • La Buse (Olivier Levasseur) : pirate français qui sévit au début du XVIIIe siècle. À l'aide de l'Anglais John Taylor (pirate), il capture dans l'océan Indien la Vierge du Cap, navire portugais de 72 canons (renommé Le Victorieux par La Buse). Le butin de la Vierge du Cap est considéré à ce jour comme la plus grosse prise de l'histoire (estimé à plusieurs millions, voire milliards d'euros). La Buse entre définitivement dans la légende lorsque, sur le point d'être pendu il aurait jeté un cryptogramme dans la foule en s'écriant : « Mon trésor à qui saura le prendre ! » Il est aujourd'hui toujours recherché.
  • William Kidd : marin honnête, puis corsaire du comte de Bellomont, et enfin pirate. Il fut pendu après avoir attaqué un navire anglais par accident. Son corps goudronné fut exposé à Tilbury Point, à l'estuaire de la Tamise. Son trésor est actuellement perdu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Non seulement les pirates préféraient dépenser tout de suite leur butin en alcool et en femmes mais, de surcroit, enfouir un trésor dans le sable était une manœuvre risquée à cause des marées ». Cf Alice Kriescher, « La véritable histoire des pirates », sur telepro.be, .
  2. Hubert Deschamps, Pirates et flibustiers, Presses universitaires de France, , p. 5.
  3. Informations lexicographiques et étymologiques de « pirata » dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  4. Alain Rey, « Pirate », in Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Le Robert, 2010, p. 1651b.
  5. Daniel Heller-Roazen, L'Ennemi de tous : le pirate contre les Nations, 2010, Éd. Seuil[Où ?].
  6. Rodolphe Durand & Jean-Philippe Vergne, L'Organisation Pirate: Essai sur l'évolution du capitalisme, p. 25-35, 2010, éd. Le Bord de l'eau.
  7. Alain Berbouche, op. cit., p. 5.
  8. Durand & Vergne, op. cit., p. 36-44.
  9. Pérotin-Dumon, Le Pirate et l'Empereur, p. 204, in J.D. Tracy, The political economy of merchant empires, Cambridge Univ. Press, 1991 (traduit de l'anglais).
  10. Dardel & Leblond, Main basse sur le génome, 2008, Éd. Anne Carrière.
  11. Institut de recherche stratégique de l'École militaire, colloque international La piraterie au fil de l'histoire : un défi pour l'État, La Rochelle, 9 mai 2012 : thème 1 « Terminologie et pratiques ».
  12. a et b Jean-Pierre Moreau, Pirates au jour le jour, Éd. Tallandier, 2009
  13. (hr) « Neretvani », sur enciklopedija.hr
  14. (en) Michal Warczakowski, « Slavs of Muslim Spain », 2004.
  15. “La piraterie souffre de ses légendes et de ses représentations”, Marcus Rediker, historien
  16. Cicéron, Des devoirs|De oficiis, livre III, cité et commenté par Daniel Heller-Roazen, L'Ennemi de tous. Le pirate contre les nations, Seuil, La librairie du XXIe siècle, 2010, p. 13-22.
  17. a et b La piratería. Enciclopedia Virtual de Canarias
  18. a et b Amaro Pargo: documentos de una vida, I. Héroe y forajido
  19. La evolución de una fortuna indiana: D. Amaro Rodríguez Felipe (Amaro Pargo)
  20. Patrick Boman, Boulevard de la flibuste, Ginkgo éditeur, 2007, p. 16
  21. [PDF](en) Peter T. Leeson (George Mason University), « An-arrgh-chy: The Law and Economics of Pirate Organization », Journal of Political Economy, vol. 115, no 6,‎ , p. 1065 (lire en ligne).
  22. Durand & Vergne, op. cit., p. 85-95
  23. commentaire tiré du livre TAZ d'Hakim Bey
  24. Pirates, entre romans et réalité
  25. Vêtements (gilet, chemise sans col et culotte) en lin ou en laine typiques des marins qui pouvaient aussi porter une veste et, pour les capitaines, un long manteau. Parfois, des habits plus ornés étaient acquis aux enchères au pied du grand mât, après une prise ou à la mort d'un matelot ; sabre d'abordage et pistolet à silex artistiquement décorés ; accessoires (porte-bonheur, compas…) ; sash (bande de tissu nouée autour de la taille sous une ceinture pour empêcher les frottements du cuir de blesser son porteur) ; bandana qui n'est porté que lors des attaques d'artillerie pour se protéger des éclats de bois.
  26. Le port de bijoux ou le khôl anti-éblouissement ne sont pas attestés. Les souliers à boucles et à talons sont plus adaptés à la chaleur humide des Caraïbes que les bottes à revers en cuir. Les tatouages des pirates (ancre, tête de mort, bateau 3 mâts, perroquet, gouvernail, boussole, rose des vents, jeune femme dénudée…) sont un cliché, les bandits des mers n'étant pas tatoués ou très accessoirement, ces marques corporelles ne gagnant en popularité qu'à la fin du XVIIIe siècle. Cf Jean-Pierre Moreau, Pirates au jour le jour, Tallandier, , p. 62-64
  27. Il porte une jaquette, une culotte de riche damas rouge, des bas de soie, et un tricorne orné de plumes. Sur son jabot, brille une grande croix de diamants suspendu par une chaîne d'or à son cou. Cf Gilles Lapouge, Les Pirates, Les Pirates. Forbans, flibustiers, boucaniers et autres gueux de mer, Phébus, , p. 189-190
  28. Philippe Hrodej, « Pirates. Comment les reconnaître ? », Dossiers d'Archéologie, no 394,‎ , p. 6-13
  29. Selon les récits dans les milieux maritimes, le port de boucles d'oreilles en or, outre son aspect symbolique et de supposées vertus protectrices, permettait au pirate d'avoir sa fortune sur soi, les vols étant nombreux à bord. À sa mort, cette monnaie d'échange pouvait servir au curé pour payer ses obsèques. D'autres récits mentionnent que le port de cet anneau est la marque du marin qui a franchi le cap Horn, qu'il augmente l'acuité visuelle en étant fixé sur un point d'acupuncture. En réalité, l'anneau à l'oreille est attesté chez quelques nobles et groupes indigènes mais la coutume de porter des bijoux n'a vraisemblablement pas gagné le monde maritime, comme le suggèrent les documents d'époque, notamment les inventaires des effets et des hardes des marins, dressés suite à leur mort en mer ou à terre. Cf Philippe Hrodej, « Pirates. Comment les reconnaître ? », Dossiers d'Archéologie, no 394,‎ , p. 7-8.
  30. « "Cul rouge", "rat de cale", "marin d'eau douce" (marin médiocre et inexpérimenté), "écrevisse de rempart", bois d'ébène (esclave noir), bois-sans-soif (ivrogne), capon (lâche), gibier de potence (qui mérite d'être pendu), forban (bandit), morbleu ! Parsambleu ! ». Cf « Quels gros-mots / jurons employaient les pirates ? », sur pirates-corsaires.com,
  31. Ce mythe du pirate à la jambe de bois ou borgne repose cependant sur des faits : « le capitaine doit souvent recruter des vieillards (on est « vieux et usés » dès 40 ans), des invalides (« tout cassés »), des malingres, des « pocrins », et des mousses ou garçons qui, à eux tous, sont parfois plus nombreux que les matelots ». Cf Gilbert Buti, Philippe Hrodej (dir.), Histoire des pirates et des corsaires. De l'antiquité à nos jours. De l'Antiquité à nos jours, CNRS Éditions, , p. 183.
  32. L'amputation des membres gravement touchés par une balle, un boulet ou des éclats de bois, ou la trépanation au vilebrequin pour tenter d'évacuer un hématome dans le crâne, est réalisée par des chirurgiens, ou par défaut par des charpentiers qui sont kidnappés pour leurs compétences. L'amputation en pleine mer est faite sous garrot, sans anesthésie ni antidouleur (l'effet anesthésiant de l'eau-de-vie est limité) et l'absence d'asepsie conduit souvent à une mort par gangrène, si bien que les pirates portant une prothèse (jambe de bois, crochet) sont rares. Cf (en) Val Garwood, The World of the Pirate, Peter Bedrick Books, , p. 47.
  33. Mustapha Trabelsi, L'insularité, Presses universitaires Blaise Pascal, , p. 107
  34. les statistiques montrent que pour un tonnage équivalent, un navire pirate compte généralement sept fois plus d’hommes qu'un navire marchand. Cf Jean-Pierre Moreau, Pirates au jour le jour, Tallandier, , p. 82.
  35. « En pratique se retrouve capitaine celui qui est le plus déterminé, à l'origine du vol du navire, de la mutinerie en mer ou qui a le plus d'autorité et d'ardeur au combat ». Cf Jean-Pierre Moreau, Pirates au jour le jour, Tallandier, , p. 87.
  36. Son autorité n'est absolue que pendant les combats. La dégradation peut même aller jusqu'à l'abandon sur une île déserte, comme pour Charles Vane. Somme toute, selon l'archéologue, Jean-Pierre Moreau, « le contrat liant les pirates a pu paraître à certains plus démocratique, mais ce n'est que la simple application des contrats juridiques en vigueur à l'époque dans le milieu maritime ». Cf Jean-Pierre Moreau, Pirates au jour le jour, Tallandier, , p. 88
  37. Le cinéma hollywoodien perpétue deux profils stéréotypés du bandit des mers : « D'un côté il est lumineux, c'est le capitaine Blood (immortalisé par Errol Flynn), pirate un peu mâtiné de flibustier, courageux, intrépide, désintéressé, galant homme, séducteur… De l'autre, il est sombre, souvent barbu, rusé, cruel, avide et, s'il est amoureux, ce n'est pas par la séduction, mais plutôt par la force qu'il arrive à ses fins. C'est le personnage inspiré par Barbe-Noire ». Cf Jean-Pierre Moreau, Pirates au jour le jour, Tallandier, , p. 37-38.
  38. Gilbert Buti, Philippe Hrodej (dir.), Histoire des pirates et des corsaires. De l'antiquité à nos jours. De l'Antiquité à nos jours, CNRS Éditions, , p. 17
  39. Jean-Pierre Moreau, Pirates au jour le jour, Tallandier, , p. 38
  40. (en) Barb Karg, Arjean Spaite, The Everything Pirates Book. A Swashbuckling History of Adventure on the High Seas, Adams Media, , p. 20.
  41. « Piraterie et vols à main armée à l'encontre des navires », sur imo.org (consulté le )
  42. extrait de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer
  43. Droit pénal français, « code pénal français sur la piraterie : article 224-6 », (consulté le ).
    Le fait de s'emparer ou de prendre le contrôle par violence ou menace de violence d'un aéronef, d'un navire ou de tout autre moyen de transport à bord desquels des personnes ont pris place, ainsi que d'une plate-forme fixe située sur le plateau continental.
  44. Léon Koungou, « Piraterie et insurrections dans le golfe de Guinée », Politique étrangère, vol. Été, no 2,‎ , p. 117 (ISSN 0032-342X et 1958-8992, DOI 10.3917/pe.182.0117, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les ouvrages sur le sujet sont très nombreux. Seuls quelques exemples sont donnés ici.

  • Ouvrages de fiction
    • L'Île au trésor, Robert Louis Stevenson.
    • Tortuga, bande dessinée en 2 tomes (éditions Ankama).
    • La série Ian Flibus - L'écumeur des mers (Ian Flix en version anglaise) de Alain Ruiz
      • Ian Flibus, L'île aux Treize os (2008)
      • Ian Flibus, Les joyaux de Pékin (2008)
      • Ian Flibus, La Ligue des pirates (2008)
      • Ian Flibus, La terre des Géants (2008)
      • Ian Flibus, L'escarboucle des sages (2009)
      • Ian Flibus, Les oubliés de la Cité d'Or (2009)
      • Ian Flibus, Les Larmes du maharadjah (2010)
    • Le Sang pirate roman de Ambre Lazuli, éd. Le Dahu, 430 pages (2018)
    • La Malédiction du perroquet roman de Marie Kneib, éd. Le héron d'argent, 216 pages (2019)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]