Forces de défense nationale

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Forces de défense nationale
Image illustrative de l'article Forces de défense nationale

Idéologie Baasisme, nationalisme syrien, islamisme chiite (en partie)
Statut Actif
Fondation
Date de formation
Pays d'origine Syrie
Actions
Zone d'opération Syrie, Iran
Organisation
Chefs principaux Hawach Mohammad
Membres 100 000[1]
Soutenu par Drapeau de la Syrie République arabe syrienne
Drapeau de l'Iran Iran
Guerre civile syrienne

Les Forces de défense nationale[2] (en arabe : قوة الدفاع الوطني, Quwat ad-Difa'a al-Watani) sont un groupe paramilitaire syrien organisé par le gouvernement syrien et l'Iran pendant la guerre civile syrienne[3]. Elles sont fondées en 2012 par la fusion de plusieurs milices sous le nom de Jaysh al-Shabi (en arabe : الجيش الشعبي, « L'Armée du peuple »). L'objectif était de former, à l'échelon local, une force efficace et très motivée à partir de milices pro-gouvernementales.

Formation[modifier | modifier le code]

Les Forces de défense nationale, initialement appelées « l'Armée du peuple », sont une fusion de plusieurs groupes paramilitaires syriens et des Shabiha[1]. Elles sont formées et organisées par la Force Al-Qods, commandée par les généraux Qasem Soleimani et Hossein Hamadani, et par le Hezbollah, sous le modèle des Basij. Plusieurs miliciens reçoivent une formation militaire en Iran. Chaque brigade des FDN est supervisée par un officier du Corps des Gardiens de la révolution islamique, dont le rôle, semblable à celui d'un commissaire politique, est de s'assurer de la bonne application de la discipline idéologique[4].

Comparée à l'armée syrienne, qui compte un grand nombre de sunnites, les forces FDN comptent une proportion plus importante d'Alaouites. Elles intègrent également des combattants issus d'autres minorités, notamment des chrétiens[4].

L'effectif comprend une unité féminine de 500 « lionnes de la défense nationale » dévolues au contrôle des check-points[5].

Rôle[modifier | modifier le code]

Ces forces agissent dans le domaine de l'infanterie, combattant directement contre les rebelles sur le terrain et menant des opérations de contre-insurrection en coordination avec l'armée régulière, qui leur fournit un appui logistique et de l'artillerie. Beaucoup de combattants des Forces de défense nationale sont issus des groupes minoritaires syriens tels que les Alaouites, des chrétiens et druzes[6]. Selon le Washington Post et plusieurs analystes, la création du groupe a été un succès et a permis d'améliorer la situation militaire pour le gouvernement en Syrie[7]. Les FDH viennent ainsi en complément d'action des forces de l'armée régulière qui peut ainsi se désengager des opérations de contre-insurrection et se focaliser sur les opérations militaires et de combat des groupes rebelles.

Les Forces de défense nationale reçoivent leur salaire et leur matériel militaire du gouvernement. Leurs membres sont autorisés à piller sur les théâtres d'opérations et à revendre leur butin pour améliorer l'ordinaire[6].

Effectifs et commandement[modifier | modifier le code]

La force était de 60 000 paramilitaires à la mi-2013 et devrait atteindre 100 000 unités dans les années à venir d'après les politologues[8]. Au , les FDN rassemblent 100 000 hommes selon la Brookings Institution[1]. Elles sont commandées par le général de brigade Hawach Mohammad[1].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Le Forces de défense nationale défendent l'idéologie baasiste du régime syrien de Bachar el-Assad. Plusieurs groupes formés et entraînés en Iran sont également influencés par l'islamisme chiite des Gardiens de la révolution islamique. En septembre 2013, un officier de l'armée iranienne interrogé par The Wall Street Journal déclare : « on disait aux stagiaires que la guerre en Syrie était comparable à une guerre épique pour l'islam chiite, et que, s'ils mourraient, ils seraient élevés au plus haut rang des martyrs ». Bon nombre de combattants se signalent également par une forte haine anti-sunnite : Samer, un combattant chrétien de Homs formé en Iran, déclare en 2013 à l'agence Reuters : « Les Iraniens nous répétaient que cette guerre n'était pas contre les sunnites mais dans l'intérêt de la Syrie. Or les alaouites qui participaient à la formation ne cessaient de dire qu'ils voulaient tuer les sunnites et violer leurs femmes en représailles »[4].

Exactions[modifier | modifier le code]

Des brigades des Forces de défense nationale ont été impliquées dans des massacres contre des sunnites, la plus importante tuerie étant le massacre d'al-Bayda et de Baniyas, qui fait 248 à 450 morts, dont des femmes et des enfants, les 2 et [9],[10],[11],[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michael Weiss et Hassan Hassan (trad. Anne Giudicelli), EI ; au cœur de l'armée de la terreur : État islamique, Hugo Doc, . 

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Julien Abi Ramia, Caroline Hauyek, Lina Kennouche, Samia Medawar et Anthony Samrani, Syrie : qui combat qui, et où, OLJ, 17 octobre 2015.
  2. Amara Makhoul-Yatim, « Assad forme une nouvelle force paramilitaire pour seconder l’armée », sur France 24,‎
  3. (en) Elizabeth O'Bagy, « Syria Update: The Fall of al-Qusayr », sur understandingwar.org,‎
  4. a, b, c et d Michael Weiss et Hassan Hassan, EI ; au cœur de l'armée de la terreur, p. 196-202.
  5. Adam Heffez, « Using Women to Win in Syria », Al-Monitor (Eylül),‎ (lire en ligne).
  6. a et b (en) Erika Solomon, « Insight: Battered by war, Syrian army creates its own replacement », sur Reuters,‎
  7. (en) Liz Sly, « Assad forces gaining ground in Syria », sur The Washington Post,‎
  8. (en) « The regime digs in », sur The Economist,‎
  9. Syrie : les forces du régime accusées de massacre, Le Monde avec AFP et Reuters, 13 septembre 2013.
  10. Syrie : Exécutions de masse par les forces gouvernementales, Human Rights Watch, 13 septembre 2013.
  11. Rapport mondial 2014: Syrie, Human Rights Watch, 2014.