Reichsland Elsaß-Lothringen
Reichsland Alsace-Lorraine
Reichsland Elsaß-Lothringen de
1871 – 1919
Position du Reichsland Elsaß-Lothringen au sein de l'Empire allemand
| Statut | Monarchie constitutionnelle |
|---|---|
| Capitale | Strasbourg |
| Langue | Allemand, comme seule langue officielle, avec minorités linguistiques non-officielles : français, italien, polonais. |
| Monnaie | Goldmark |
| Population | 1 874 014 habitants (est. 1910) |
|---|
| Superficie | 14 522 km2 (1910) |
|---|
| 18 janvier 1871 | Reich allemand |
|---|---|
| 31 mai 1911 | Adoption de la Constitution d’Alsace-Lorraine |
| novembre 1918 | Troubles de Novembre 1918 |
| courant novembre 1918 | Armistice de 1918, entrée des troupes françaises |
| 28 juin 1919 | Traité de Versailles, rétrocession à la France |
Le Reichsland Elsaß-Lothringen est une subdivision administrative territoriale de l’Empire allemand entre 1871 et 1919.
Sommaire |
Contexte historique [modifier]
Le Reichsland Elsaß-Lothringen était la nouvelle terre d’empire, ou territoire impérial d’Alsace-Lorraine, cédée par la France par le traité de Francfort du 10 mai 1871[note 1]. La capitale du Land était Strasbourg (Straßburg à l’époque). Le land dépendait directement de l’empereur, représenté par un Reichsstatthalter (gouverneur).
Le Land fut une partie intégrante de l’Empire allemand de 1871 à 1918. Sa superficie était de 14 522 km2. Il comptait 1 874 014 habitants en 1910 et la densité démographique était de 129 habitants au km². Formé à partir des territoires français correspondant aujourd’hui à la Moselle, au Bas-Rhin et au Haut-Rhin, le Reichsland disposa de trois voix au Bundesrat à partir de 1911. Il fut supprimé en 1919 par le traité de Versailles. Quelques semaines avant l'Armistice, en octobre 1918, le Reichsland devint un état fédéral qui s'effondra lors du retour du Land à la France[1].
Organisation administrative [modifier]
Le Reichsland Elsaß-Lothringen était divisé en trois districts :
- Bezirk Unterelsass (district de Basse-Alsace), chef-lieu Strasbourg, correspond à l’actuel Bas-Rhin, avec quelques villages des cantons de Schirmeck et Saales pris à l’ancien département des Vosges ;
- Bezirk Oberelsass (district de Haute-Alsace), chef-lieu Colmar, correspond à l’actuel Haut-Rhin. Le territoire de Belfort, qui n’a pas été cédé à l’Allemagne par le Traité de Francfort, n’a obtenu le statut de département français de pleins droits qu’en 1922 ;
- Bezirk Lothringen, (district de Lorraine), chef-lieu Metz, correspond à l’actuel département de la Moselle, formé à partir de l’ancien département de la Moselle (à l'exception des cantons de Longwy et Briey) et d’une partie de l’ancien département de la Meurthe. Les arrondissements n’ayant pas été cédés à l’Allemagne ont été par la suite fusionnés en un seul département : la Meurthe-et-Moselle.
Organisation institutionnelle [modifier]
Après la loi du 4 juillet 1879, un Statthalter, ou gouverneur provincial, est nommé par l’empereur. En son nom, il gouverne et administre le Reichsland depuis sa résidence de Strasbourg. À la tête de chaque district du Reichsland, un Bezirkspräsident, équivalent à un préfet français, est également nommé par Berlin. Le Reichsland envoie 15 députés au Reichstag. En 1874, un Landesausschuß, sorte de parlement provincial, est créé. Une nouvelle Constitution, votée à Berlin par le Reichstag, le 31 mai 1911, accorde une plus grande autonomie au territoire, et un parlement, le Landtag d'Alsace-Lorraine, qui remplace le Landesausschuß. Bien que la province soit institutionnellement encore très dépendante de Berlin, elle est dès lors considérée comme un Land à part entière. Chacun des trois Bezirk d'Alsace-Lorraine possédait en outre un Bezirkstag, une assemblée délibérante, constituée par des élus locaux.
Population du Reichsland [modifier]
Comme le montrent les statistiques de 1900[2], la population du Reichsland était majoritairement germanophone et de confession catholique.
Langue maternelle :
- allemand : 1 492 347 habitants (86,8 %) (Il s'agit très majoritairement des dialectes alémaniques et franciques locaux ; progressivement, notamment à Strasbourg, une émigration "vieille allemande" principalement constituée de fonctionnaires, allait installer une population s'exprimant naturellement en "hochdeutsch").
- allemand et autres langues : 7 485 (0,4 %) ;
- français : 198 318 (11,5 %) ; (la déclaration de langue maternelle française avait double valeur : manifestation d'un sentiment pro-français et monstration de son appartenance à la bourgeoisie locale ; de fait, la quasi totalité des locuteurs du français s'exprimaient très aisément en alsacien, continuum que seuls les "immigrés allemands et les résidents des communes francophones et "welches" du piémont des Vosges ignoraient quasi universellement).
- italien : 18 750 (1,1 %) ;
- polonais : 1 410 (0,1 %).
Confession :
- catholiques : 1 310 450 (76,21 %) ;
- protestants : 372 078 (21,64 %) ;
- autres chrétiens : 4 416 (0,26 %) ;
- juifs : 32 264 (1,88 %) ;
- sans confession : 262 (0,02 %).
Héraldique [modifier]
Le blason de l’Alsace-Lorraine est défini par un décret impérial du 29 décembre 1891.
Oberpräsidenten et Reichsstatthalter 1871–1918 [modifier]
| Oberpräsident des Reichslandes Elsaß-Lothringen | |||
| Numéro | Nom | Prise de fonction | Fin de mandat |
|---|---|---|---|
| 1er | Eduard von Möller | 1871 | 1879 |
| Reichsstatthalter des Reichslandes Elsaß-Lothringen | |||
| Numéros | Noms | Prise de fonction | Fin de mandat |
| 1er | Edwin von Manteuffel | 1879 | 1885 |
| 2e | Chlodwig Fürst zu Hohenlohe-Schillingsfürst | 1885 | 1894 |
| 3e | Hermann Fürst zu Hohenlohe-Langenburg | 1894 | 1907 |
| 4e | Karl Graf von Wedel | 1907 | 1914 |
| 5e | Nikolaus Michael Louis Hans von Dallwitz | 1914 | 1918 |
| 6e | Rudolf Schwander | 1918 | 1918 |
Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
- Après la signature du traité, reconnu de jure par les autres nations, il ne fut juridiquement plus question de parler d’annexion pour ces territoires.
Références [modifier]
- Henri Hiegel: Un projet allemand de partage de la Lorraine entre la Prusse et la Bavière en 1917, In Cahiers Lorrains, 1967 (pp. 119-122)
- Statistiques sur verwaltungsgeschichte.de
Bibliographie [modifier]
- (de) Ernst Bruck, Das Verfassungs- und Verwaltungsrecht von Elsaß-Lothringen, Trübner, Strasbourg, 3 vol., 1908–1910. (ouvrage en ligne).
- (de) Stefan Fisch, « Das Elsaß im deutschen Kaiserreich (1870/71–1918) » dans Michael Erbe (Hg.), Das Elsass. Historische Landschaft im Wandel der Zeit, Stuttgart, 2003, p. 123–46.
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Annexions de l’Alsace-Lorraine : historique des annexions de 1871 et de 1940.
- Alsace-Lorraine: aspects sociologiques de l'annexion.
- Alsace-Moselle : statut actuel des départements français anciennement rattachés à l’Allemagne.
Liens externes [modifier]
- Reichsland Elsass-Lothringen sur le site deutsche-schutzgebiete.de.