Charles Spindler

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Charles Spindler

Description de l'image  Charles Spindler.jpg.
Naissance
Boersch
Décès (à 72 ans)
Saint-Léonard
Nationalité Drapeau de la FranceDrapeau de l'AllemagneDrapeau de la France
Activités Peinture, Marqueterie

Charles Spindler ( à Bœrsch - à Saint-Léonard) est un peintre, aquarelliste, marqueteur, écrivain et photographe alsacien[1]. Il est le créateur de la Revue Alsacienne Illustrée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était le neveu du portraitiste et peintre de genre Louis-Pierre Spindler.

Il a tenu régulièrement son journal pour occuper ses insomnies dues à des crises de goutte, maladie qu’on ne savait pas encore soigner. La partie allant du au a été publiée en 1925[2]. C’est un document incomparable qui restitue l’état d’esprit de la population pendant ces heures sombres car, malgré son patriotisme français évident, il essaie de garder la tête froide et de rester objectif, ne cessant de rapporter ce qu’il entend dire autour de lui.

C’est ainsi qu'on peut lire, à la date du  :

« Aujourd’hui dimanche, visite du notaire H., de Strasbourg, avec quelques amis ; parmi eux, le potier W. de Betschdorf, le jeune peintre D., de Gresswiller. Court et gros, l’œil spirituel et malicieux, le notaire offre le type de l’habitué de la Taverne. Il est plein d’anecdotes contre les Boches, car c’est, paraît-il, le surnom qu’on donne maintenant en France aux Allemands. »

Chaise à dossier pensée (1908)
Dame aux cygnes, paravent en chêne)

Qu’un Alsacien aussi patriote que Spindler ait ignoré jusqu’à l’existence du mot « boche » avant cette date montre que ce mot n’était pas vraiment répandu avant la guerre alors qu'il était devenu courant dès la fin de l'année 1914.

Le livre est d’autant plus savoureux que, si les propos tenus en allemand ou en alsacien sont traduits, de façon d’ailleurs fort brillante (« Wir sind fürchterlich blamiert » devient « On va se ficher de nous, et comment ! »), souvent le texte original est donné en note ou immédiatement après.

La partie du journal postérieure au n'a pas encore été publiée. Le 24 mars 2006 Jean-Marie Gyss a prononcé à la salle des fêtes de Bœrsch une conférence où il a parlé de la suite du journal, qui s'arrête pratiquement en 1928. De cette conférence, il apparait que l'enthousiasme patriotique de Spindler est bien vite retombé devant les maladresses des autorités françaises et que ce patriote français a été outré par les exactions commises contre les Allemands ; étant encore bien vu il a réussi à intervenir utilement en faveur de quelques-uns mais cette attitude modérée, dans le climat exalté de l'époque, a commencé à lui valoir des inimitiés ; nombre de ses proches ont rompu avec lui quand, à l'occasion de l'absurde procès de Colmar[3], il est venu témoigner en faveur d'un autonomiste, innocent des faits dont on l'accusait. On comprend qu’à pareille époque une telle publication aurait paru un soutien à la cause autonomiste qu’il n’a jamais soutenue.

Dans ses Mémoires inédits publiés soixante-dix ans après sa mort[4] il mâche encore moins ses mots. Sur Hansi, dont la légende fait son ami, il n'hésite pas à écrire[5]:

« Hansi, un singe mal bâti, le dos voûté, une figure de gavroche aux traits flétris sur un corps trop grand, le regard méfiant et fuyant, un débit nasillard, ressemble à un Boche qui aurait voulu se donner des allures de rapin français. »

Cet ouvrage rassemble ses souvenirs allant de 1889 à 1914 et a été rédigé après 1928, quand il a arrêté de tenir son journal. C'est un ouvrage essentiel pour qui s'intéresse à la vie artistique et intellectuelle de l'Alsace avant 1914 ; par ailleurs, bien que profondément déçu par la politique française en Alsace après 1918, il cherche toujours à rester objectif dans ce domaine et constate que :

« La guerre a été provoquée surtout par la bêtise et la maladresse des hommes d'État allemands, et elle se serait déclenchée aussi bien avec ou sans le redressement de l'Alsace ; de même qu'une Alsace absolument germanisée n'eût pas été un empêchement à la désannexion par la France. »

Une partie de son travail est protégée par l'inscription à l'inventaire complémentaire des monuments historiques, catégorie mobilier (Base Palissy) : ils sont visibles à la mairie d'Étampes, ou à Soultz-sous-Forêts[6].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Biographie Charles Spindler
  2. Charles Spindler, L'Alsace pendant la guerre. Strasbourg, Librairie Treuttel & Würtz, 1925 ; réimpression: L'Alsace pendant la guerre 1914-1918. Nancy et Colmar, Éditions Place Stanislas, 2008.
  3. Ce procès qui concernait 22 autonomistes a eu lieu en mai 1928.
  4. Charles Spindler, L'âge d'or d'un artiste en Alsace. Mémoires inédits 1889-1914. Nancy et Colmar, Éditions Place Stanislas, 2009.
  5. p. 247.
  6. oeuvres classées

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles, Paul, Jean-Charles Spindler, un siècle d'art en Alsace, de Michel Loetscher et Jean-Charles Spindler, éditions La Nuée Bleue.
  • Collectif, Boches ou tricolores : Les alsaciens-lorrains dans la Grande Guerre, Strasbourg, La Nuée Bleue,‎ 2008, 464 p. (ISBN 978-2-7165-0741-7), chap. 13, (« "L'Alsace pendant la guerre" de Charles Spindler. Le journal d'un artiste alsacien »), p. 217-229
  • Jean-Marie Gyss, professeur agrégé d'histoire et de géographie au Lycée Freppel d'Obernai, a présenté en 2005 un mémoire de DEA (non publié) : Charles Spindler mémorialiste : son journal d'après-guerre (1919-1933).
  • Étienne Martin, « Charles Spindler et le cercle de Saint-Léonard. Régionalisme et modernité », in Strasbourg 1900 : naissance d'une capitale (actes du colloque, Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, 1-4 décembre 1999), Somogy, Paris ; Musées de Strasbourg, Strasbourg, 2000, p. 92-97 (ISBN 2-85056-387-0)
  • Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, article d'Étienne Martin, vol. 35, p. 3700

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