Edwin von Manteuffel

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Edwin von Manteuffel
portrait tiré de Krieg und Sieg 1870-71 (éd. Julius von Pflugk-Harttung, 1895-96)
portrait tiré de Krieg und Sieg 1870-71 (éd. Julius von Pflugk-Harttung, 1895-96)

Naissance 24 février 1809.
Dresde
Décès 17 juin 1885 (à 76 ans)
Karlsbad
Origine Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Allégeance Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Arme cavalerie (Uhlans)
Grade général d'armée
Années de service 1824 – 1885
Conflits Guerre des duchés (1864), Guerre austro-prussienne (1866), Guerre franco-prussienne de 1870
Commandement 1er corps d'armée (1870), puis 1ère armée (été 1870) et armée du sud (sept.-oct. 1870), forces d'occupation en France
Faits d'armes campagne du Main (1866), Bataille de Borny-Colombey, Bataille de Villers-Bretonneux (1870), Bataille de la Lizaine
Distinctions Pour le Mérite (1866), Ordre de l'Aigle noir et Grand-croix de la Croix de fer (1870), maréchal (1873)
Autres fonctions gouverneur militaire du Schleswig (1864), Reichsstatthalter du Reichsland Elsaß-Lothringen (1873-85)

Le baron Hans Edwin von Manteuffel, né à Dresde le 24 février 1809 et mort à Carlsbad, le 17 juin 1885, est un militaire prussien qui fut aide de camp du prince Albert de Prusse, puis de Frédéric-Guillaume IV et gouverneur d'Alsace-Lorraine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Appelé à l'État-major, le baron Edwin von Manteuffel réorganise l'armée prussienne et participe à la guerre prusso-danoise de 1864, puis à la guerre austro-prussienne de 1866. Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, il vainc le général Bourbaki en l'acculant à la frontière Suisse. Après le Traité de Francfort, Edwin von Manteuffel est nommé Oberbefehlshaber de l'armée d'occupation en France, où il travaille en étroite collaboration avec Saint-Vallier. Promu au grade de Generalfeldmarschall le 19 septembre 1873, Manteuffel quitte la France.

Jouissant de l'estime de l'empereur Guillaume Ier, il est pressenti pour succéder à Bismarck. Avec habilité, ce dernier écarte Manteuffel en lui proposant un nouveau poste dans l'Empire allemand. En 1879, Bismarck place ainsi Edwin von Manteuffel à la tête du Reichsland Elsaß-Lothringen, ou Terre d'Empire d'Alsace-Lorraine. Alors que son prédécesseur, le Président Supérieur Eduard Von Möller disposait de pouvoirs civils limités, Manteuffel devient Reichsstatthalter du nouveau territoire d'Empire, avec des pouvoirs civils et militaires plus étendus.

Sans abandonner l'ambition de germaniser les populations annexées, Manteuffel, avec l'appui du conseiller aux cultes Friedrich Althoff, met toutefois en œuvre une politique habile et pleine de tact, en rupture avec la radicalité de ses prédécesseurs.

« Je ressens avec vous combien il doit vous être pénible d’être séparés de la France, si distinguée par son génie et sa vie intérieure ; mais maintenant vous appartenez à l’Allemagne ; attachez-vous à elle franchement et loyalement, sans arrière-pensée. [...] Je serai impuissant si les Alsaciens-Lorrains ne font pas preuve de ce patriotisme. [...] Je réitère mon vœu de voir s’établir entre nous une confiance réciproque pour que nous travaillions de concert au bien-être du pays[1]. »

Cette stratégie de séduction politique s'incarne notamment dans l'attention inédite portée par Edwin Manteuffel à la santé des enfants à l'école. À l'initiative de plusieurs campagnes médicales[2], il participe à la promotion des exercices corporels et de la gymnastique dans les écoles annexées[3].

Le nouveau Statthalter se heurte bientôt à la résistance d'une partie des élites, particulièrement en Alsace. Prenant parti pour le clergé catholique en plein Kulturkampf, il s'aliène naturellement les protestants et les libéraux alsaciens. Conscient de ce contexte politique difficile, Bismarck décide pourtant de le laisser en place. En 1885, fatigué et usé par ses responsabilités, Edwin von Manteuffel se retire à Karlsbad, où il décède le 17 juin 1885. Il est enterré au cimetière principal de Francfort.

Sa politique qui consistait à s'appuyer sur les notables, auxquels il donnait systématiquement raison, avait donné à la population l'habitude de s'adresser à eux pour la moindre requête, faussant ainsi le mécanisme administratif du pays et mécontentant les fonctionnaires allemands. Ami de l'empereur il put rester en fonctions jusqu'au bout mais, à sa mort, tout le travail était à reprendre[4].

Clovis de Hohenlohe-Schillingsfürst lui succéda.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Allocution prononcée le 15 octobre 1879 à l'hôtel de la préfecture de Metz, devant les fonctionnaires, le clergé et les corps constitués de la Lorraine
  2. La surcharge du travail des élèves dans les écoles publiques supérieures en Alsace-Lorraine. Boccard, Gex, 1884 (p.58)
  3. Eric Dreidemy : Article «Edwin Manteuffel et le Turnen de la conciliation en Alsace-Lorraine annexée (1879-1885) », in Thierry Arnal (dir.): Aux origines de la gymnastique moderne. PUV, Valenciennes, 2011 (pp.207-227)
  4. Edmond Dupuybaudy : Préface des Souvenirs du prince Alexandre de Hohenlohe, Payot, 1928

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque nationale de France • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Bogdan Graf von Hutten-Czapski: Sechzig Jahre Politik und Gesellschaft, vol. 1, (pp. 112–129).
  • Jürgen Hahn-Butry (dir.): Preußisch-deutsche Feldmarschälle und Großadmirale. Safari, Berlin, 1937.
  • K. H. Keck,: Das Leben des Generalfeldmarschalls Edwin v. Manteuffel. Bielefeld / Leipzig, 1890.
  • Bernhard von Poten : Article « Manteuffel, Edwin Freiherr von » dans l'Allgemeine Deutsche Biographie, éditée par la Commission historique auprès de l'Académie bavaroise des Sciences, Volume 52 (1906), pp. 176–186, consultable dans Wikisource
  • L’Alsace-Lorraine et l'empire germanique ; étude suivie des discours de M. de Bismarck sur les affaires d’Alsace-Lorraine et des allocutions de M. de Manteuffel dans la Revue des Deux Mondes. Calmann Lévy, Paris, 1881