Place Kléber

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48° 35′ 00″ N 7° 44′ 46″ E / 48.58333, 7.74611

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La Place Kléber

La place Kléber est la place centrale de Strasbourg.

Historique[modifier | modifier le code]

La place Kléber vers 1900

Anciennement nommée Barfüsserplatz (place des va-nu-pieds en allemand, en raison de la présence d'un monastère franciscain[1], ce dernier fut détruit entre 1528 et 1531[2]) puis Place des Cordeliers (Wenzel Hollar, graveur (1607-1677, l'Hiver, Vue de la Place des Cordeliers à Strasbourg, vers 1630 - Collection Cabinet des Estampes et Dessins, Strasbourg) elle devient la Waffenplatz au XVIIe siècle (place d'Armes en allemand), puis la Place Kléber le 24 juin 1840, lors de l'inauguration du mausolée à la gloire du général strasbourgeois Jean-Baptiste Kléber, statue le représentant en pied, sous laquelle un caveau renferme son cercueil depuis 1838. De 1940 à 1944, la place est rebaptisée Karl Roos Platz du nom de l'autonomiste alsacien Karl Roos (en français Charles Roos) exécuté par les soldats français en 1940.

Après avoir été le cœur du réseau de l’ancien tramway (1886 - 1960), puis vaste parking de surface, traversée d’une voie routière, la place a été réaménagée de manière controversée en 1994 par l’architecte Guy Clapot.

Cette transformation s’est faite dans le cadre de la piétonisation du centre historique de la ville, ainsi que dans le cadre du retour du tramway dont les lignes A et D traversent la frange ouest de la place, dans le prolongement de la rue des Francs-Bourgeois.

En 2007, la place Kléber est entièrement réaménagée (concomitamment à la restructuration complète de l’îlot de l’Aubette). Des espaces verts (selon le cahier des charges du paysagiste Gilles Clément) et de longs bassins d’eau entourés de pierre de gneiss font leur apparition.

L'Aubette[modifier | modifier le code]

L'Aubette

La place est bordée sur son flanc nord par l'Aubette, bâtiment néo-classique construit au XVIIIe siècle dans le cadre du plan d'embellissement Blondel.

Construite en 1778, l'Aubette, grand et splendide palais de style classique fut tout d'abord un corps de garde, point duquel étaient transmis les ordres à l'aube, d'où son nom.

Conservatoire de musique vers la fin du XIXe siècle, le bâtiment abrite ensuite un complexe de loisirs décoré en 1928 par les artistes Theo van Doesburg, Hans Arp et Sophie Taeuber-Arp, et très vite considéré par certains experts comme la chapelle Sixtine de l'art moderne.

Initié par Fabienne Keller en 2008, l'Aubette fut réhabilitée en boutiques et restaurants haut de gamme sur près de 6000 m² de surface[3].

La statue de Kléber[modifier | modifier le code]

Statue de Kléber
La bataille d'Altenkirchen : bas-relief sur le socle de la statue

Le 14 juin 1800, au Caire, Soleyman el-Halaby, un jeune étudiant syrien, assassine le général Jean-Baptiste Kléber. Le commandant suprême de l’armée d’Égypte est alors au faîte de sa gloire : il a remporté, trois mois plus tôt, la victoire d’Héliopolis, reprenant la Haute-Égypte aux Turcs et aux Anglais. La gloire de Kléber surpasse alors celle de Bonaparte. Son assassinat le fait passer de la gloire à la légende. La mort de Kléber est donc un souci pour Bonaparte. Pas question donc de lui célébrer des obsèques nationales, ni même de lui donner une sépulture qui pourrait devenir très vite un lieu de pèlerinage républicain. Au Caire, on embaume le corps, on le dépose dans un cercueil de plomb, disposé lui-même dans un cercueil de chêne et on l’enterre au fort Ibrahim.

Finalement, en 1818, Louis XVIII ordonna qu’on transfère les cendres de Jean-Baptiste Kléber à Strasbourg, sa ville natale.

Le corps de Jean-Baptiste Kléber repose depuis le 15 décembre 1838 dans un caveau situé sous sa statue au centre de la place Kléber. La statue, œuvre de Philippe Grass de 1840, représente le général en pieds, tenant la lettre de l'amiral Keith qui demandait la capitulation des troupes françaises. Kléber s'adressa alors à ses troupes : « Soldats, on ne répond à une telle insolence que par des victoires. Préparez-vous à combattre ». L'armée turque acheminée par les Britanniques fut écrasée par les troupes de Kléber. L'inauguration de cette statue fut faite avec une certaine gêne par les autorités de l'époque. C'était en effet le temps de la Monarchie de Juillet et de la réconciliation et l'oubli des conflits passés. La ville organisa donc une grande fête pour l'inauguration de la statue de Gutenberg, sujet consensuel et rassembleur, alors que l'inauguration de la statue de Kléber se fit beaucoup plus discrètement 10 jours plus tôt en juin 1840.

La Maison Rouge[modifier | modifier le code]

La Maison Rouge (1918)

À cet emplacement fut érigé, au 22-24 place Kleber, vers la fin du XIXe siècle un magnifique immeuble de style Guillaume II, baptisé « la Maison Rouge ». Vers la fin des années 1960, la décision fut prise de raser l'ensemble architectural pour y construire un centre commercial.

Celui-ci fut érigé en 1978 par l'architecte François Herrenschmidt dans un style post-moderne, avec un patchwork de grands espaces vitrés, et une surface inégale.

L'immeuble, baptisé lui-aussi « Maison Rouge » est toujours au centre d'une polémique sur la destruction de l'ancien bâtiment.

Le sapin de Noël[modifier | modifier le code]

Le grand sapin de Noël, en 2010 avec le village de Noël à ses pieds

À l'occasion du traditionnel Christkindlmärik, le célèbre Marché de Noël de Strasbourg, un sapin de Noël monumental venu des Vosges et richement décoré est planté dans l'angle sud-est de la place.

Une place centrale[modifier | modifier le code]

La place servait, jusqu'aux travaux de reconversion, de point de ralliement aux grandes manifestations, qu'elles soient organisées ou spontanées, à l'image d'évènements sportifs (célébration de la victoire française lors de la coupe du monde de football de 1998, finale de la coupe de la Ligue remportée en 2005 par le RC Strasbourg) ou politiques (manifestation spontanée pour célébrer la victoire François Mitterrand, le 10 mai 1981, manifestation au soir du 1er tour de l'élection présidentielle de 2002, manifestations anti-CPE en 2006).

Jusqu'en 2003, la place Kléber accueillait l'un des principaux marchés de la ville, les mercredi et vendredi.

Ces événements ont permis de constater que la place était centrale non seulement pour les Strasbourgeois, mais également pour les touristes et les habitants de l'agglomération et de sa large périphérie, puisqu'on y a vu converger un grand nombre de personnes habitant l'ensemble de l'aire d'influence de Strasbourg.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Hofmann, La Place Kléber 1840-1870 : un lieu de sociabilité, Centre de recherches historiques sur la ville, cultures, arts et sociétés des villes européennes, 1995 Strasbourg, 1995, 2 vol. (mémoire DEA)
  • Marina Martinez, La notion de patrimoine urbain : l'exemple de la place Kléber à Strasbourg à travers l'étude de l'évolution de ses fonctions et de son environnement architectural, Université Strasbourg 3, 1999 (mémoire de maîtrise d'histoire de l'art)
  • Maurice Moszberger (dir.), Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), p. 99 (ISBN 9782845741393)
  • Roland Recht, Jean-Pierre Klein et Georges Foessel (dir.), Connaître Strasbourg : cathédrales, musées, églises, monuments, palais et maisons, places et rues, Alsatia, Colmar ?, 1998 (nouvelle édition remaniée), p. 208-211 (ISBN 2-7032-0207-5)
  • Myriam Tessariol et Sabine Groetembril, « Les peintures murales de la place Kléber : étude et analyse stylistique », dans Un art de l'illusion : peintures murales romaines en Alsace, Musées de la Ville de Strasbourg, 2012, p. 84-97
  • Martine Schmitt, Requalification par densification d'un hypercentre : la place Kléber à Strasbourg, Strasbourg, 1992, 51 p. (mémoire d'architecture)
  • Camille Schneider, « Philippe Grass, auteur du monument Kléber et les vicissitudes de ce monument », dans Kléber, fils d'Alsace. Hommage collectif a l'occasion du 2e centenaire, Alsatia, Strasbourg, 1953, p. 199-206

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Notes et références[modifier | modifier le code]