Willibrord Benzler

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Willibrord Benzler OSB
Image illustrative de l'article Willibrord Benzler
Biographie
Nom de naissance Karl Heinrich Johannes Willibrord Benzler
Naissance 16 octobre 1853
à Niederhemer, en Westphalie
Ordination sacerdotale 28 août 1877
Décès 16 avril 1921 (à 67 ans)
à Baden-Baden
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 28 septembre 1901
Dernier titre ou fonction Archevêque d'Attalie en Pamphylie
Archevêque titulaire d'Attalie
31 juillet 191916 avril 1921
Évêque de Metz
21 septembre 190110 juillet 1919
Précédent François-Louis Fleck Jean-Baptiste Pelt Suivant

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Karl dit Willibrord Benzler, né le 16 octobre 1853 à Niederhemer, en Westphalie prussienne, mort le 16 avril 1921 à Baden-Baden, est le 101e évêque de Metz (1901 - 1919).

Vocation[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Karl Benzler, aubergiste et cultivateur et de son épouse Klementine, née Kissing.

Il perd sa mère jeune et est élevé par sa tante Sophie, une femme célibataire et pieuse. Son père meurt alors qu'il a 17 ans.

Après avoir étudié à Attendorn et au lycée Paulinum de Münster de 1867 à 1871, il est placé comme commis chez un architecte de Cologne mais quitta son emploi au bout d'un mois pour étudier la philosophie et la théologie catholique à l’université d’Innsbruck. Il intègre le Collège Canisianum en automne 1872, tenu par des Jésuites. Les jésuites comme les autres congrégations et ordres catholiques avaient été chassés d'Allemagne par le Kulturkampf du chancelier Bismarck.

N'ayant pas été accepté dans la compagnie - "un lourd sacrifice" -, il découvrit grâce à un ami, les bénédictins de Beuron. Il prit l'habit le 7 octobre 1874 et reçu le nom de saint Willibrord, apôtre de la Germanie. Il est ordonné prêtre le 28 août 1877.

Bénédictin[modifier | modifier le code]

Après un court passage à l’abbaye Emmaüs de Prague, et à l’abbaye de Seckau en Styrie dont il est élu prieur, il est élu prieur en 1892 puis nommé le 15 octobre 1893 premier abbé de la abbaye Maria Laach récemment fondée.

C'est à cette occasion qu'il rencontra le kaiser, passionné d'architecture, qui s'intéressait à la restauration de l'abbaye. Ainsi lorsqu’il effectua une visite officielle dans l'empire ottoman qui comportait un pèlerinage en Terre sainte, le kaiser voulut-il que l'abbé de Maria Laach figure dans sa suite.

Entretemps l'abbé avait du effectuer deux séjours à Paris pour y subir un traitement médical. Il en avait profité pour se rendre à l'abbaye de Solesmes.

Étant également proche de l'abbé de Maredsous en Belgique wallonne, il met à profit ses contacts pour apprendre puis perfectionner son français.

Évêque[modifier | modifier le code]

Willibrord Benzler, évêque de Metz (1901)

Bien que l'abbé Benzler soit dans les discussions pour devenir évêque de Cologne ou de Fulda, sa nomination à l’évêché de Metz, le 21 septembre 1901, apparaît comme une surprise. C'est un compromis résultant des difficiles négociations entre Berlin et le Saint-Siège pour pourvoir enfin un siège épiscopal vacant depuis 1899. Il est consacré le 28 octobre 1901 et s’installe dans l'austère abbatiale Sainte-Glossinde qui sert d'évêché depuis la fin de la révolution française.

Son respect pour la population locale, notamment ses efforts pour parler un français correct, lui vaut de nombreuses sympathies dans la cité. Il déclare qu'il n'est « pas à Metz pour germaniser la Lorraine, mais pour la christianiser. »

Il se doit cependant de conserver des relations avec les autorités civiles et militaires - en majorité protestantes - de l'importante ville de garnison et reçoit l'empereur pour l'inauguration du nouveau portail de la cathédrale en 1903.

En 1907, Metz reçoit le Congrès Eucharistique.

En 1913, Metz est la ville allemande des Katholikentag.

Après la Première Guerre mondiale, le diocèse de Metz redevient français et dans un contexte nationaliste, avoir un évêque allemand dans une des cités « retrouvées » n’est pas acceptable pour le nouveau pouvoir français, bien moins ouvert finalement dans ce domaine que les Allemands vainqueurs de 1871, lesquels se sont accommodés de l'évêque protestataire Paul Dupont des Loges (1843-1886). Mgr Benzler donne donc sa démission en janvier 1919. Apprécié des Lorrains, il avait préparé sa succession en nommant vicaire général Jean-Baptiste Pelt qui lui succède quelques mois plus tard.

Son départ est officiellement accepté le 10 juillet et, le 31 juillet, il est nommé archevêque d’Attalie. Il retourne à l’abbaye de Maria Laach et plus tard à l'abbaye de Beuron. De sérieux problèmes cardiaques l’obligent à se rendre à l’abbaye cistercienne de Baden-Baden-Lichtenthal pour recevoir une assistance médicale. Il décède en 1921 à Baden-Baden, et est inhumé à l’abbaye de Beuron.

Sources[modifier | modifier le code]

  • François Roth, "Lorraine, France, Allemagne, Un parcours d'historien;" Éditions Sepenoise, Metz, 2002

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]