Orbey

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Orbey
Église Sainte-Catherine à Basses Huttes.
Église Sainte-Catherine à Basses Huttes.
Blason de Orbey
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Arrondissement Ribeauvillé
Canton Lapoutroie
Intercommunalité C.C. de la Vallée de Kaysersberg
Maire
Mandat
Guy Jacquey
2014-2020
Code postal 68370
Code commune 68249
Démographie
Gentilé Orbelais / Orbelaises
Population
municipale
3 638 hab. (2011)
Densité 79 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 07′ 38″ N 7° 09′ 42″ E / 48.1272, 7.161748° 07′ 38″ Nord 7° 09′ 42″ Est / 48.1272, 7.1617  
Altitude Min. 397 m – Max. 1 149 m
Superficie 46,02 km2
Localisation

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Orbey est une commune française située dans le département du Haut-Rhin, en région Alsace.

Ses habitants sont appelés les Orbelais et les Orbelaises.

Vue générale depuis la Tour du Faudé.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune d'Orbey fait partie du canton de Lapoutroie et de l'arrondissement de Ribeauvillé et occupe la haute vallée de la Weiss, incluant les lacs Blanc et Noir. Elle s'adosse au massif des Vosges, dominée par les sommets du Linge, du Gazon du Faing et de la Tête des Faux. L’altitude du bourg est de 550 mètres. Orbey comprend de nombreux hameaux et des fermes éparpillées sur les versants de la montagne : ces dernières étant transformées en grande partie en maisons de vacances ou de weekend. La population est de langue française.

Écarts et lieux-dits[modifier | modifier le code]

les Allagouttes, le Bâa, les Basses Huttes, Bermont, Bethlehem, Blancrupt, Beauregard, Bois-le-Sire, Boursenoire, le Busset, la Camme, les Champs Simon, Chamont, Chenor, Chiaigayas, le Creux d'Argent, la Conatte, la Combe, le Faudé, le Faing (Effaim en 1441), la Geishof, Grande Vallée, Holnet, Hachegoutte, les Hautes Huttes (Ober-Hütten), le Lait, le Noirmont, les Mélèzes, la Mossure, Pairis, le Rain des Chênes, le rain des Guiomes, Remomont, Le Surcenord, Tannach, Voirimont

Ban communal[modifier | modifier le code]

Dans le ban d'Orbey se trouvent les villages ou hameaux des Basses-Huttes et des Hautes-Huttes. Les Basses-Huttes sont mentionnées en premier lieu en tant que rivière : Unterterhüttenbach (1252, 1318). Le hameau n'est cité qu'en 1441 et 1442 ( zu der Nidern Hütten) : en 1484, on mentionne Obern und nydern hütten. Au XVIIe siècle, seules sont indiquées les Hautes et Basses Huttes, et en 1648, Basses-Huttes. Pour les Hautes-Huttes, il est question en 1318 de la Oberen glasehütten, puis en 1441 de Zue der Oberen hutten et en 1607 « les haultes heutte ». Pendant la Guerre de Trente Ans, les deux hameaux furent ruinés. Les lieux-dits sont la plupart allemands, il faut admettre une colonisation venue de la vallée de Munster. Le Quimberg d'aujourd'hui est dénommé Kimberg en 1252 et 1318. En dessous des hautes Huttes se trouvent des fermes éparpillées du Schultzbach, citées en 1456 : le nom vient de Schulz, Schultheiss, la rivière du prévôt. Les noms des confins ou lieux-dits du ban d'Orbey sont la plupart en français, mais on rencontre également des noms allemands anciens. Exemple : Tannach en 1322, 1374 -(Tann = sapin, ach = eau courante) , Tangnach, 1421, Tanguenay 1442 der Schultheiss von Tangnach. L'origine du hameau qui est ancien, est inconnue. Au Tannach existe actuellement un couvent de Dominicaines qui était auparavant à Logelbach, près de Colmar. Le couvent conserve deux statues de l'ancien couvent d'Unterlinden de Colmar, un saint Jean-Baptiste archaïque (roman) et un Christ en croix mystique extrêmement rare du XIVe siècle.

  • Le Noirmont s'appelait en 1318 le Schwartzenberg ; en 1441, on parle de Rotenbach : Noirmont n'apparaît qu'en 1507, 1613. Le nom vient de la couleur sombre des sapins.

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Du germanique *ur-bek "ruisseau":[réf. nécessaire]. A comparer avec les divers Urbach et Orbais (Belgique, Marne)

  • Orbeiz en 1049
  • Orbetz vers 1080
  • Urbeis en 1241
  • Urbeisz en 1318
  • vault d'Orbeis en 1421
  • vaux de Urbeis en 1440
  • Urbeiss en 1441
  • Orbey en 1580

Histoire[modifier | modifier le code]

Première mention[modifier | modifier le code]

Orbey apparaît pour la première fois en 1049 avec la donation faite par le pape Léon IX au couvent de Wolffenheim (Sainte-Croix-en-Plaine). Il s'agit d'une « villication », Meierhof ou Dinghof (cour domaniale) dont le règlement date de 1536[1]. Orbey est aussi mentionné en 1252 comme commune, une des premières d'Alsace. Elle avait le droit d'avoir un marché hebdomadaire.

Le village est d'abord régi par la seigneurie du Honack[modifier | modifier le code]

Le village fait partie des possessions de la seigneurie du Hohnack puis des comtes d'Eguisheim, ensuite des comtes de Ferrette puis aux Habsbourg qui le cèdent en fief aux sires de Ribeaupierre. Cette commune, autrefois chef-lieu de bailliage, renferme les ruines de la célèbre abbaye de Pairis (abbatia Parisiennsis) de l'ordre de Citeaux, fondée en 1138, par Ulric ou Udalric, petit-fils de Gérard d'Alsace et dernier comte d'Eguisheim. Orbey est alors seule localité de la vallée à avoir le droit de tenir un marché hebdomadaire.

Abbaye cistérienne de Pairis[modifier | modifier le code]

L'abbaye cistérienne de Pairis fut particulièrement importante pour l'histoire de la vallée. Elle fut fondée en 1138 par Ulrich de Ferrette qui fit venir des moines de Lucelle. Le comte d'Eguisheim qui était propriétaire de la vallée fit d'importantes donations au couvent. L'abbaye reçut également de nombreux privilèges de l'empereur Frédéric I Barberousse, qui la prit sous sa protection. Frédéric II lui accorda par la suite l'exemption de tout impôt. L'abbaye jouissait du privilège d'être libérée de toute autorité spirituelle et laïque et de toute juridiction, ne dépendant que de l'ordre cistérien et du pape. Elle disposait aussi d'élire librement son abbé. Les empereurs étaient les avoués de l'abbaye, mais elle ne pouvait en choisir à sa guise comme en 1218 le duc de Lorraine et le comte Frédéric de Ferrette. L'abbaye était richement possessionnée en 1500 dans plus de 80 localités et en 1652 dans 90 localités. Mais par suite d'une mauvaise administration, la communauté s'endetta. À partir de 1452 elle devint un prieuré dépendant de l'abbaye de Maulbronn au Wurtemberg.Pendant la guerre des paysans, en 1525, Pairis fut pillé par les Rustauds, mais après la répression de la révolte, les paysans durent payer les réparations. Quant en 1536, les ducs de Wurtemberg embrassèrent la Réforme, l'abbé de Maulbronn se rendit avec la plupart des moines à Pairis, puis il quitta les lieux pour se rendre à Einsiedeln. La Guerre de Trente Ans fut ruineuse pour Pairis qui fut pillé et détruit en grande partie par les Suédois. Ils donnèrent l'abbaye au noble Wetzel von Marsilien et à sa veuve, puis le droit de collation revint au roi Louis XIII qui nomma Bernardin Buchinger. Il fait restaurer l'abbaye au XVIIIe siècle. Au cours de la Révolution, l'abbaye devint un bien national. Le dernier abbé Antoine Delort et les neuf moines encore sur les lieux quittèrent l'endroit. Les bâtiments furent saccagés de fond en comble. En 1849, la commune d'Orbey propriétaire des lieux fit installer dans les bâtiments en ruines un hospice pour les personnes âgées.

Pillage et invasions[modifier | modifier le code]

Après avoir été pillée par les Anglais en 1356 et par les Armagnacs en 1444, puis par les paysans en 1525 le couvent de Pairis fut rattachée en 1453, comme prieuré, à l'abbaye wurtembergeoise de Maulbronn, et devint la proie des flammes vers la fin du XVe siècle.

Gustaf Horn en fit don, en 1632 à la famille de Marsilly, mais Louis XIII la rendit à l'ordre de Citeaux et à son savant dignitaire, l'abbé Buchinger.

La Révolution la mit au nombre des biens nationaux. Les bâtiments, quoique relativement modernes et affectés à l'hospice d'Orbey, ont des caveaux et autres substructions fort anciennes. On y voit encore quelques débris de sculptures des XIIe et XIIIe siècles.

Le 16 décembre 1944, après de durs combats, Orbey est libérée par Doyen,descendant direct de Husson Urbain né en 1597 à Orbey ,ds l'abbaye,permettant de réduire la poche de Colmar.

L'abbaye de Pairis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abbaye de Pairis.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'argent à un monde d'azur contré et croisé d'or[2].
Commentaires : Orbey possède ces armoiries depuis la fin du XVIIe siècle. Elles sont peut-être parlantes, le mot orbis désignant le monde dans le latin des chrétiens.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours Guy Jacquey DVD Conseiller général
mars 1989 mars 2008 Jean Schuster DVD Conseiller général
1977 mars 1989 Jacques Schneider    
1959 1977 René Schuster    
1945 1959 Louis Waltzer    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 638 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 803 4 380 4 040 4 809 4 926 5 142 5 656 5 619 5 556
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
5 172 5 259 5 431 5 155 4 778 4 744 4 683 4 686 4 545
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 478 4 512 4 485 3 232 3 622 3 976 3 869 3 652 3 488
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
3 312 3 236 3 369 3 114 3 282 3 548 3 608 3 638 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

Orbey a un collège public d'enseignement secondaire, le collège Georges Martelot.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Urbain[modifier | modifier le code]

Cette église[5] est dédiée à saint Urbain, le patron des vignerons, patronage inspiré par les comtes d'Eguisheim. Aucun document ne nous renseigne sur l'emplacement du premier lieu de culte d'Orbeiz. Il s'agissait probablement d'une métairie placée sous l'administration de l'abbaye de Pairis. La première apparition d'un lieu de culte à Orbey est mentionné dans une bulle papale du 18 novembre 1049 adressée au couvent de Heiligkreuz (Sainte-Croix-en-Plaine). Un habitant d'Orbey était désigné pour collecter les dîmes revenant à l'église d'Orbeiz. Les revenus du domaine étaient partagés avec les comtes d'Eguisheim, l'autre partie allant à l'abbaye de Pairis pour les rémunérer de l'administration du village. La communauté paroissiale était alors rattachée à celle de Savamont connue aujourd'hui sous le nom de Sigolsheim. Orbeiz apparaît en tant que commune à partir de 1252 et comme paroisse autonome à partir de 1398. L'existence d'une tour, dont on a découvert les fondations lors de la construction de la deuxième église et que l'on a utilisée pour refaire le clocher ne révèle pas nécessairement l'édifice de la première église. Celle-ci devait être assez modeste, vu la position stratégique de cette tour. Elle était probablement destinée avant tout à surveiller la vallée de Tannach et celle de la Weiss. La forteresse du Gutemberg au Bonhomme avait à peu près le même objectif. L'église d'Orbey existait sans doute déjà avant l'arrivée des moines de l'abbaye de Pairis vers 1138. Lors de la disparition du monastère de Sainte Croix-en-Plaine en 1536, les droits de celle-ci furent octroyés à la ville de Colmar, qui les transmit rapidement à l'abbaye de Pairis. C'est à cette époque que l'église d'Orbey fut placée sous le patronage de saint Urbain, pape clunisien. La population d'Orbey devenant plus importante, la construction d'une lieu de culte plus important fut envisagée. C'est alors qu'une deuxième église fut édifiée. Les archives de l'abbaye de Pairis mentionnent qu'en 1736, elle finança la réfection du toit. À partir de 1760, une troisième construction de style roman fut édifiée sur l'emplacement du bâtiment actuel. Les pierres de l'ancienne tour furent utilisées pour le clocher qui fut surélevé en 1837 pour y placer une nouvelle cloche. Le maire d'Orbey, Eugène Lefebure, député du Haut-Rhin, prit l'initiative de construire un édifice plus digne d'une commune dont la population ne faisait qu'augmenter. En 1841, Orbey comptait une population de 5656 âmes, et en 1858 la population déclina légèrement pour approcher les 5259 habitants. En accord avec le curé Léon Deschamps, la municipalité, après quelques réticences, dues au coût élevé de la construction, accepta le projet présenté par le maire. La belle église que le visiteur peut admirer fut placée perpendiculairement à l'ancien emplacement et le cimetière transféré sur la pente voisine. En 1858, l'église étant toujours en construction, les curés successifs firent appel à la générosité des Orbelais pour embellir l'église, placer des vitraux et refaire les peintures, mosaïques... Au cours de la Première Guerre mondiale, l'église à peine achevée fut endommagée, et les réparations durèrent plusieurs années. Au cours de la guerre1940-1945 trois obus détruisirent le chœur et la nef de l'église. Tout était donc à refaire. Les travaux durèrent jusqu'au 22 avril 1957, année où monseigneur Jean-Julien Weber, évêque de Strasbourg consacra l'église restaurée. Mais ce n'est qu'entre 1963 et 1967 que la restauration de l'église d'Orbey fut achevée.

Chapelle Sainte Barbe (Hautes Huttes)[modifier | modifier le code]

Une ancienne chapelle devait déjà exister avant 1600, mais avec les troubles de la Révolution des fanatiques ont mis cette chapelle à terre. Plus tard, au XVIIIe siècle la chapelle est reconstruite, mais on y associe alors une école. Bombardée pendant la Première Guerre mondiale en 1915 précisément, le bâtiment est à nouveau endommagé. Il sera à nouveau restauré en 1927. L'édifice actuel est surmonté d'un clocher. Une cloison sépare l'église de l'école, ce qui est très utile lors de l'affluence des fidèles pendant les grandes fêtes, notamment la fête patronale célébrée le 4 décembre. Dans ce cas on déplace la cloison mobile qui sépare l'école de la chapelle.

Église Sainte Catherine de Basses-Huttes[modifier | modifier le code]

La pose de la première pierre de l'église[6] a lieu le 8 septembre 1865. La construction fut cependant très problématique. Il existait déjà au même endroit une chapelle érigée en 1810, qui fut bien trop petite pour accueillir les fidèles avec l'augmentation de la population. Le hameau de Basses-Huttes possédait en 1810 une chapelle qui devait abriter les paroissiens du hameau et des écarts voisins des Hautes-Huttes et du Soultzbach, la population avoisinait alors les mille habitants. Dès 1853, les Basses-Huttes sont érigées en paroisse auxiliaire de Lapoutroie, cela en dépit même de la modestie des lieux du culte. Très vite, il s'avère que la chapelle des Basses-Huttes est beaucoup trop petite pour accueillir les paroissiens. Le curé Claudepierre échafaude alors un plan pour faire construire un nouvel édifice plus grand. Il achète un terrain à proximité de la petite chapelle et en fait don à la fabrique de la paroisse. Il sollicite des dons de tous les côtés pour entreprendre la construction de la nouvelle église. Il organise des quêtes dans tout l'arrondissement de Colmar et le succès est au rendez-vous. Le 8 septembre 1865, on procède à la pose de la première pierre de l'église Sainte-Catherine. Deux ans plus tard, en 1867, l'église est consacrée. Pourtant le chantier s'éternise, faute d'argent. En 1870, en désespoir de cause, le curé s'adresse à l'impératrice Eugénie, épouse de l'empereur Napoléon III et fervente catholique. Il adresse une lettre à l'impératrice : « La commune d'Orbey, dont ma paroisse fait partie est pauvre. Elle vient de construire une église aussi. Mes paroissiens qui sont pauvres, mais pleins de bonne volonté, ont employé les matériaux gratuitement » écrit-il. Finalement l'église sera achevée. Pendant la Première Guerre mondiale, le bâtiment est endommagé du fait de la proximité de la montagne du Noirmont et du Rain des Chênes, situés au pied du collet du Linge où les combats font rage. Dans les décombres de l'église bombardée, un chasseur alpin français retrouve intacte la statue en bois de la Vierge datant du XVIIe siècle. Il décide de la placer dans un petit oratoire creusé dans les tranchées du Linge où les Poilus viennent se recueillir avant les combats. À la fin de la guerre, la statue est rapportée à l'église, qui est reconstruite en 1925. L'église sera à nouveau détruite lors des combats de la libération de l'hiver 1944-1945. La paix revenue, l'église renaît de ses cendres.

Chapelle Saint-Genest (Creux d'Argent)[modifier | modifier le code]

Sur les hauteurs d'Orbey, en direction du Col de Bermont et de la statue du Sacré-Cœur se trouve la chapelle Saint-Genest.Construite en 1888, puis reconstruite en 1925, elle comprend une nef et une abside légèrement plus basse, un clocher avec un toit en bâtière flanqué sur le bâtiment. L'intérieur de la chapelle est décoré de statues, de vitraux financés par de généreux donateurs du hameau. L'autel comme les vitraux témoignent de cet art religieux rural robuste et soigné de la fin du XIXe siècle et début du XXe siècle. C'est un décret impérial du 6 septembre 1813 qui a autorisé un culte public dans cette chapelle sous le vocable de chapelle du Bon Secours de Saint-Genest. Pendant la Première Guerre mondiale, la chapelle située sur la ligne du front a été endommagée puis reconstruite. Plusieurs vestiges et des tranchés ainsi que des bunkers se trouvent à proximité de la chapelle. Les habitants du secteur, après la guerre se sont activés à relever des ruines cette chapelle grâces à des dons et aux dommages de guerre. Une bénédiction solennelle a marqué le retour au culte le 11 novembre 1926. La reconstruction a été l'œuvre d'Émile Jokers. Les peintures murales sont de M. Bottinelli, artiste peintre du Bonhomme, le maître autel étant de MM. Ruthmann et Russchmann. Vitraux et statues ont été offerts par les habitants du hameau: on y retrouve notamment les noms des familles du Creux d'Argent mais aussi des hameaux du Lait, de la Matrelle tous proches. Au début des années quatre-vingt dix, la commune a procédé à des travaux de remise à neuf des peintures extérieures. Des messes sont encore régulièrement célébrées dans ce qui était autrefois un lieu de pèlerinage. Les propriétaires de la ferme à proximité, la famille Knopf, entretiennent le lieu. On peut s'adresser à eux pour les visiter.

Monastère Saint-Jean-Baptiste d'Unterlinden (Bois le Sire)[modifier | modifier le code]

Le monastère Saint Jean-Baptiste est occupée par des moniales Dominicaines et a été transféré à Orbey depuis 1973, dans une ferme aménagée permettant la vie communautaire. Ce monastère était auparavant implanté à Logelbach près de Colmar. Ce sont deux veuves désirant se consacrer à la vie contemplative qui ont fondé la première communauté à Colmar, onze ans après le décès de Saint Dominique. La communauté s'est ensuite agrandie. Les deux fondatrices ont été initiées à leur forme de vie monastique de saint Sixte à Rome. A leur retour, elles prirent l'habit de l'ordre des Dominicaines et placées sous cet ordre en 1245. Le monastère d'origine fut dédié à Saint Jean Baptiste. En 1269, Albert le Grand consacra l'église et Maître Eckhart fit une visite canonique en 1322. En 1792 les religieuses furent expulsées de leur bâtiment qui est devenue aujourd'hui le musée Unterlinden de Colmar. Pendant plus d'une centaine d'années, la communauté avait ainsi disparu de l'Alsace. En 1899, six moniales dont trois alsaciennes, toutes du monastère d'Oullins(Lyon) se rendirent à Colmar pour y refonder un monastère des Dominicaines. En 1926, le monastère est transféré à Logelbach, dans la banlieue de Colmar et y reste jusqu'au transfert à Orbey en 1973. La communauté compte quatorze religieuses âgées de 26 à 92 ans. Le Monastère est affilié à la Fédération Notre-Dame des Prêcheurs.

Le Sacré-Cœur de Remomont[modifier | modifier le code]

Ce monument fut édifié sur la chaume de la colline du Creux d'Argent à la suite du mission prêchée en 1933. Conçue comme un acte à Dieu, la mission est un acte important dans la vie religieuse, marqué par de nombreuses prédications, messes et processions. L'usage veut qu'à la suite de cette période on édifie un croix ou un monument religieux. Sur le socle de la statue du Sacré-Cœur figure deux plaques, l'une commémorant la mission, tandis que la seconde rappelle la rupture de la digue du lac Noir en 1933.

La Tour du Faudé[modifier | modifier le code]

Une première tour est construite en 1891. Elle est détruite en juillet 1915 car elle servait à l'observation de l'armée allemande. Reconstruite entre 1932 et 1934, elle est inaugurée le 19 août 1934. Elle est à nouveau détruite le 11 décembre 1944 lors de la libération d'Orbey. Reconstruite à l'identique, elle est inaugurée le 15 août 2002. Depuis le sommet de la tour du Faudé on a une magnifique vue de tout le canton.

Cimetière Duchêne[modifier | modifier le code]

La Stupa de la compassion à la ferme Graine-Champ (2007)[modifier | modifier le code]

Les ruines du Château du Petit Hohnack[modifier | modifier le code]

Les ruines sont situés sur un piton, à 927 mètres d'altitude, sur le banc de la commune de Labaroche qui se trouve sur la ligne de crête qui sépare la vallée de Munster de celle d'Orbey. Il domine les Vosges jusqu'au Haut-Koenigsbourg et la plaine d'Alsace jusqu'à la Forêt-Noire. Les premiers maîtres de la région furent les comtes d'Eguisheim qui prirent le nom de leur château vers 1038. C'était une famille très puissante qui descendait probablement des anciens ducs d'Alsace et détenait à ce titre de comte du Nordgau, c'est-à-dire de la Basse Alsace.C'est probablement Hugues IV, le père de Bruno d'Eguisheim, devenu pape sous le nom de Léon IX, qui fera construire le château du Hohnack. Il sera ainsi à l'origine de la seigneurie du Hohnack et de la mise en valeur de la région. Les comtes d'Eguisheim avaient de bons rapports avec la Lorraine. Pour protéger le passage de la route du Bonhomme,les religieux de Saint-Dié qu'ils connaissaient firent défricher l'endroit pour permettre de construire une route reliant la Lorraine à l'Alsace à travers le Col du Bonhomme. Le château du Hohnack était une bâtisse imposante ayant 280 pieds de longueur (soit 90 m) et 210 pieds de largeur (soit 67 m). Une enceinte polygonale entourait une cour à l'intérieur de laquelle s'élevait un donjon carré. la famille d'Eguisheim s'éteignit avec le décès du comte Ulrich en 1141. Comme il n'avait pas d'héritier direct, les biens passèrent à son neveu Louis, comte de Ferrette. Mais le Honack échappèrent aux Ferrette. Les sires de Ribeaupierre une autre famille puissante, cherchaient à agrandir leur domaine, ils s'emparèrent du Hohnack, tout en restant vassaux des Ferrette. En 1324, le comte Ulrich III mourut, et ses domaines passèrent à sa fille Jeanne, mariée à Albert de Habsbourg, duc d'Autriche. Désormais les Ribeaupierre furent les vassaux des Habsbourg.

Lac Blanc et Lac Noir[modifier | modifier le code]

Les deux lacs, naturels, datent de la période glaciaire et sont nichés dans le paysage sauvage du Parc naturel régional des Ballons des Vosges. L'aménagement du Lac Blanc et du Lac Noir associe de façon originale les deux lacs naturels dans un système de transfert d'énergie par pompage/turbinage. C'est la première installation française de ce type, construite de 1928 à 1933 par le groupe industriel de René Koechlin, l'inventeur de l'aménagement hydroélectrique du Rhin. Elle avait pour but de produire de l'électricité aux heures de pointe, tout en utilisant la production de nuit de Kembs, première centrale française du Rhin. L'exploitation et la maintenance sont assurées par les équipes du Rhin. La centrale est reliée aux hommes 24 h sur 24. Tout dysfonctionnement est enregistré par un automate qui met l'installation en sécurité et transmet un message d'alarme par téléphone à l'agent de service. Celui-ci intervient à distance ou sur place selon l'évènement. Propriété de l'EDF depuis 1946, la station a été rénovée et modernisée de 1990 à 2002. L'originalité de fonctionnement de l'ouvrage consiste à échanger la même eau entre le Lac Blanc et le Lac Noir, séparés par 120 mètres de dénivelé. La production d'électricité est réalisée lors des pointes de consommation par le turbinage de l'eau du bassin supérieur. En faible consommation, l'eau du bassin inférieur est renvoyée dans le Lac Blanc par pompage pour y être stockée jusqu'au prochain besoin. Cette opération consomme de l'électricité mais au coût des « heures creuses », d'où son atout économique. Compte tenu de la rapidité de la mise en service des groupes (80 000 kW) en 7 minutes, pendant 6 heures (si nécessaire), le Lac Noir constitue un maillon intéressant dans la sécurité d'alimentation électrique des clients. Le fonctionnement est entièrement piloté à distance depuis un centre de commande régional.

Usine hydroélectrique du Lac Noir[modifier | modifier le code]

Le Lac Noir est situé dans un cirque glacier érodé par les glaciers, à une distance d'un kilomètre en aval du Lac Blanc. Contrairement à ce dernier, ses eaux sont de couleur brunes car il est alimenté par une tourbière, d'où son nom. Pourvu comme son voisin d'une digue artificielle, le Lac Noir constitue avec le Lac Blanc, un double réservoir qui permet le fonctionnement de l'usine hydroélectrique implantée sur la rive nord-est. La conduite de pompage qui relie les deux lacs se rompt en 1934 ; une masse d'eau s'abat sur le toit de l'usine, qui s'effondre engloutissant neuf personnes. En 1938, la centrale est remise en service.

Vestiges de Glacière (Parc Lefébure) 1860[modifier | modifier le code]

Le Musée mémorial du Linge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musée-Mémorial du Linge.

Le Linge fut un champ de bataille de la Première Guerre mondiale autour du collet du Linge où un affrontement particulièrement meurtrier se déroula entre le 20 juillet et le 15 octobre 1915 et fit 17 000 morts. Le musée mémorial du Linge a rassemblé tous les objets français et allemands qui ont été trouvés sur place : armes, munitions, objets personnels et reliques avec montage vidéo et photographies d'époque. Les tranchées et retranchements remarquablement conservés en font également partie.

Le Gisant (cimetière français du Wettstein)[modifier | modifier le code]

Ce gisant repose au pied de la grande croix du Col du Wettstein représente un chasseur tombé au champ d'honneur. L'ensemble constitue un mémorial consacré au souvenir des milliers de soldats morts en 1915 au Lingekopf.

Cimetière français du Wettstein (Col du Wettstein)[modifier | modifier le code]

Un jeune lieutenant de chasseurs est vraisemblablement à l'origine du cimetière militaire du Wettstein. Avec le bois des sapins brisés par les bombardements lors des combats de la Première Guerre mondiale, il fabrique une petite croix qui par la suite est enchâssée dans la base d'une croix en granit. Celle-ci est inaugurée par le Général Gamelin en 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Dans ce cimetière reposent 2 664 soldats tombés lors des combats.

Les calvaires[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Pierre de Blarru : poète de langue latine, né le 6 avril 1437 à Blancrupt, décédé à Saint-Dié le 23 novembre 1505.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Grimm-Stoffel, Weistümer, t. V, p.347
  2. Archives Départementales du Haut-Rhin
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  5. D'après une fiche signalétique se trouvant dans l'église Saint-Urbain d'Orbey.
  6. D'après Détours en pays welche, 1997