Novembre 1918 en Alsace-Lorraine

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Drapeau de la république d'Alsace-Lorraine en novembre 1918

Novembre 1918 en Alsace est une période de transition qui voit le retour à la France de l'Alsace-Lorraine, soit le territoire d'Alsace-Moselle annexé en 1871 par l'Empire allemand. Avant même l'armistice du 11 novembre 1918 qui met fin à la Première Guerre mondiale, des troubles se produisent dans les principales villes de la région. Des conseils d'ouvriers et de soldats (Soldaten und Arbeiterräte) d'inspiration marxiste se forment à Mulhouse le 9 novembre, puis à Strasbourg, Colmar et ensuite Metz à partir du 10, sur le modèle de la Révolution allemande.

Jacques Peirotes se fait acclamer place Kléber à Strasbourg[1]

En même temps, « un Conseil national (Nationalrat) d'Alsace-Lorraine est constitué sous l'impulsion des notables, soutenus par la grande majorité de la population[2] ». Le « soviet de Strasbourg » proclame une « République d'Alsace-Lorraine »[réf. nécessaire], « le même jour, le socialiste Jacques Peirotes, élu maire de Strasbourg, proclame aussi la République devant la statue du général Kléber[3], sans plus de précision[4] ». Les « conseils » se dissolvent d'eux-mêmes après le départ des troupes allemandes, entre le 11 et le 17 novembre[2].

Les troupes françaises arrivent en Alsace-Lorraine à partir du 21 novembre et sont accueillies triomphalement par la population, très majoritairement favorable à la France. Poincaré et Clemenceau sont reçus en Alsace et en Lorraine du 8 au 10 décembre. C'est au balcon de l'hôtel de ville de Strasbourg, devant l'enthousiasme de la foule, que Poincaré s'exclamera  : « Le plébiscite est fait[2]! »

L'opinion publique en Alsace-Lorraine à la veille de l'Armistice[modifier | modifier le code]

Carte postale alsacienne durant la guerre de 14-18. « Wir kennen keine Parteien mehr » : « Nous ne connaissons désormais aucun parti. »

Quand la guerre s'achève l'opinion publique alsacienne est massivement en faveur de la France[5]. Dans son journal[6] Charles Spindler montre la joie de ses compatriotes face au désarroi des Allemands immigrés. Le 6 novembre il nous dit que sa sœur revient de Strasbourg où elle a acheté rubans et papiers tricolores  : « On ne vend plus que cela, aussi bien dans les magasins allemands que dans les vieilles maisons alsaciennes ». Le 8 novembre, après avoir écrit  : « Les journaux, tels que la Neue Zeitung[7] et l'Elsässer[8], proclament l'attachement de l'Alsace à la France », il ajoute  : « J'éprouve une singulière impression à lire imprimé ce que jusqu'à présent on ne se disait qu'à voix basse entre amis. »

Le prince Alexandre de Hohenlohe, ancien bezirksdirektor (plus ou moins équivalent de préfet) en Haute-Alsace, se lamente dans ses mémoires en se demandant : « D'où vient […] que les armées françaises aient été accueillies en libératrices, lorsqu'après l'effondrement de l'Allemagne en automne 1918 elles entrèrent victorieuses en Alsace-Lorraine ? »[9]

Le germanophile Philippe Husser[10] explique dans son journal. Le 16 octobre, après avoir écrit : « Je parcours le journal. Les nouvelles sont déprimantes. L'Allemagne a perdu la guerre… », il ajoute : « La plupart espèrent – quelques-uns le craignent – que l'Alsace-Lorraine sera bientôt française. » Et il explique cet état de l'opinion par la conduite de l'armée allemande en Alsace : « Ce qui est impardonnable, c'est d'avoir traité l'Alsace en pays ennemi. À qui la faute si la sympathie pour l'Allemagne, qui était indéniable en Alsace-Lorraine au départ, s'est muée en son contraire pendant la guerre, sinon au manque d'égards des autorités militaires ? » Les résultats de ce comportement apparaissent d'ailleurs dans ces lignes de la main du Statthalter Johann von Dallwitz et datées du 25 février 1918 : « Les sympathies à l'égard de la France et l'aversion contre les Allemands ont pénétré jusqu'à une profondeur effrayante dans les milieux des petits bourgeois et des paysans[11] ». Le 2 novembre on peut lire : « Dans les villes la joie prédomine à la perspective de devenir français. On entend aussi formuler toutes sortes de réserves, surtout à la campagne. La raison n'est pas prête à s'emballer sans réfléchir pour suivre les élans du cœur. »

À la jubilation des Alsaciens-Lorrains répond l'accablement des Allemands immigrés, d'autant plus atterrés que les événements sont allés trop vite ; chacun se débrouille comme il peut et, le 6 novembre, Philippe Husser écrit  : « Des familles d'Allemands de souche font leurs paquets et se préparent à partir. » Mais un déménagement pour Stuttgart coûte 3 000 marks ! D'autres essaient de se faire passer pour Alsaciens ou Lorrains, mais c'est pour s'entendre répondre que les chiens ne font pas des chats[12] : « Figurez-vous que ma chatte vient de mettre bas dans le chenil ; et, tenez-vous bien, ce sont des chatons[13]. » Le garde général des forêts prussien de Lassaux parle de son ascendance française[14]. L'administrateur d'Obernai se fiance avec une Alsacienne de dix ans plus âgée que lui[15].

Le gouvernement allemand tente in extremis de garder l'Alsace-Lorraine en lui accordant ce qu'il lui avait toujours refusé  : l'autonomie et l'égalité avec les autres États allemands et, le 14 octobre, il nomme Statthalter Rudolf Schwander assisté du Staatssekretär Karl Hauss ; avec un protestant et un catholique, on pense ainsi ménager les susceptibilités religieuses, mais cette nomination déchaîne la fureur d'Eugène Ricklin, « le Lion du Sundgau », qui se voyait déjà dans la place  : il joue donc la carte anti-allemande et déclare dépassé le statut d'autonomie ; naïvement, il croit que le futur statut de l'Alsace-Lorraine sera débattu lors de la conférence de la paix et qu'alors il pourra jouer son rôle.

La statue de Kléber.

Le 3 novembre éclate la mutinerie de Kiel, mais le mouvement met du temps à gagner l'Alsace-Lorraine. Si le 7 novembre Strasbourg entre en ébullition, c'est aux cris de  : « Vive la France ! » On pare du drapeau tricolore la statue de Kléber et on casse les vitres de la maison où réside le dernier fils de l'empereur[16]. Pour l'instant on en est encore aux intrigues des civils, ce 3 novembre six Alsaciens, membre de l'Elsaesser-Bund[17], envoient un télégramme au président Wilson pour lui demander que le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes soit reconnu à l'Alsace-Lorraine. Pendant ce temps l'abbé Sigwalt, curé de Rountzenheim, fait de la propagande pour une République d'Alsace-Lorraine neutre, mais le 6 novembre il y ajoute un article très maladroit dans l'Elsässer, où il rappelle que  : « Un peuple catholique ne peut s'accommoder d'un État athée », ce qui rappelle aux protestants qu'une Alsace-Lorraine indépendante risquerait d'être dominée par la religion rivale.

Carte postale montrant partiellement et en perspective la gare de Strasbourg, un imposant bâtiment de style wilhelmien, avec son entrée par la partie centrale et son aile droite. Ses façades, librement inspirées du style Renaissance, s'ouvrent par de grandes baies vitrées. Devant l'auvent de la gare stationnement plusieurs personnes et chevaux attelés ou montés. Les impressions en allemand Strassburg et Zentralbahnhoff figurent au-dessus de la gare parmi d'autres mots manuscrits.
La gare de Strasbourg, d'où sont parties les premières émeutes[18].
Le conseil des soldats à Strasbourg

Le 10 novembre, avec l'arrivée des marins de Kiel, une « République des conseils » est proclamée ; il y avait donc deux gouvernements, dans la mesure où l'équipe Schwander-Hauss représentait encore quelque chose et où l'on pouvait considérer comme un ensemble les divers conseils d'ouvriers et de soldats qui surgissaient partout en Alsace-Lorraine, et étaient parfois deux à se partager la même ville. Pour ajouter à la confusion le professeur Wurtz avait prévu de convoquer au Sängerhaus le 11 novembre un comité réunissant des personnalités d'Alsace-Lorraine pour prendre le pouvoir et proclamer d'indépendance de l'Alsace-Lorraine. Mais la tentative avorte. Le Landtag, qui s'est transformé en Nationalrat après avoir absorbé les députés alsaciens Lorrains au Reichstag, renverse Schwander, et c'est Eugène Ricklin qui le remplace, pour peu de temps d'ailleurs, car vient alors le chanoine Delsor. On ne sait plus qui gouverne ; d'autant plus qu'éclate la révolution et qu'une république des conseils est proclamée.

Place Kléber en novembre 1918

Cette proclamation ne semble guère sérieuse à certains Alsaciens Lorrains. Le 10 novembre, Spindler décrit un soldat faisant irruption dans l'hôtel de Strasbourg, où il réside, et ordonnant aux officiers d'enlever les insignes de leur grade. Commentaire de Spindler  : « Cela parait si peu sérieux que nous en rions, Mme Noth et moi ». C'est dimanche et il observe  : « La plupart des gens se rendent paisiblement aux offices, tout comme s'il n'y avait pas de révolution ». Il assiste, place Kléber, à la proclamation du nouveau gouvernement et la qualifie de « fumisterie ». Pendant ce temps des gamins lancent des serpentins bleus blancs et rouges sur la statue de Kléber. Les soldats « s'efforcent de se donner des attitudes crânes, mais le public ne les prend pas au sérieux ». Quand il va prendre son billet à la gare, un soldat essaie se faire obéir  : « “Le Conseil des soldats vous donne l'ordre de fermer votre guichet. On ne voyage plus !” La demoiselle, sans tenir compte de l'injonction, continue sa distribution en haussant les épaules. Les Alsaciens, qui savent que déjà les Français sont en route, considèrent cette révolution comme une mascarade, une dernière bêtise venant s'ajouter à bon nombre d'autres. Aussi le soldat se défile, de peur qu'on ne lui fasse un mauvais parti. » Spindler rentre chez lui et écrit  : « La nouvelle de la révolution est déjà parvenue à Bœrsch avec des détails plus ou moins fantaisistes : on n'y attache pas grande importance et on la considère comme une manœuvre machiavélique inventée pour éluder l'armistice. »

À Mulhouse, Husser[19] nous parle d'une explosion de cocardes tricolores : « Même des personnes à l'allure tout à fait sérieuse par ailleurs en sont pourvues ». Un « “conseil militaire” » nous dit-il, ordonne aux soldats de les retirer de gré ou de force ; on ne sait pas avec quel succès. En tout cas ce conseil ne peut empêcher les manifestations devant le domicile des gens mal vus, « entre autres des enseignants qui se sont rendus odieux par des dénonciations », voire des voies de fait contre des individus : « Il paraît aussi que le docteur Wegelin a été molesté. En établissant sans ménagement des certificats d'aptitude au service armé, il s'est fait des ennemis acharnés. » Le conseil militaire semble d'ailleurs coopérer avec le conseil municipal pour lancer des appels au calme. Une milice civile est constituée pour maintenir l'ordre, mais une délégation est envoyée dans le camp français pour demander aux troupes française de venir le plus tôt possible pour empêcher les troubles après le départ des troupes allemandes.

Selon Spindler, la révolution communiste du 10 novembre n'aurait été qu'une comédie destinée à garder l'Alsace-Lorraine dans le Reich[20], même s'ils ne connaissaient pas, bien sûr, les télégrammes secrets de Hindenburg ordonnant à tous les chefs militaires de s'entendre à tout prix avec les conseils de soldats et, le cas échéant, d'en provoquer la constitution[21]. D'ailleurs pendant fort longtemps cet épisode n'a guère paru intéressant aux historiens, au point que Robert Heitz constatait en 1968 la pauvreté des publications à ce sujet[22], tandis que Pierri Zind, historien indépendantiste, évoque beaucoup moins les péripéties, d'ailleurs confuses, des conseils d'ouvriers et de soldats, préférant s'attarder sur les jeux parlementaires du Landtag dont il déplore l'échec[23].

Déroulement des événements[modifier | modifier le code]

Foule place Kléber en novembre 1918

À la fin de la Première Guerre mondiale, le commandement de l'armée allemande centré sur la personne du général Erich Ludendorff[24] et le gouvernement civil se soumirent à contrecœur aux termes posés par les Alliés. Cependant, le commandement de la Kaiserliche Marine, qui n'avait joué qu'un rôle mineur dans le conflit, donna l'ordre d'attaquer les bâtiments de la Royal Navy[25], conduisant ainsi les marins à la mutinerie à Kiel[26]. Les mutins prirent le contrôle du port – alors premier port militaire d'Allemagne – et furent rapidement rejoints par les ouvriers et leurs syndicats. La révolte se propagea très rapidement dans toute l'Allemagne, conduisant ainsi au renversement de la monarchie en quelques jours. Des conseils d'ouvriers, de paysans et de soldats, semblables aux soviets s'emparèrent du pouvoir dans tout le pays.

Environ 15 000 marins d'Alsace et de Moselle servaient dans la marine impériale. Nombre d'entre eux avaient pris part à l'insurrection de Kiel avant de rentrer chez eux. En arrivant le 9 novembre 1918 à Strasbourg seulement une journée après l'annonce de la proclamation de la République des conseils de Bavière, ils furent accueillis par des milliers de manifestants, place Kléber[27]. Ils établissent un Conseil des soldats et ouvriers et prennent le contrôle de la ville. Le drapeau rouge est hissé au sommet du clocher de la cathédrale de Strasbourg le 13 novembre à 15 h[28]. Durant la même semaine, le "soviet" ouvrier et militaire de Metz prend forme, se joignant alors à ceux de Strasbourg, Colmar, et autres. En guise de symbole fut dressé sur l'Hôtel de Ville, non un drapeau rouge simple, mais, par manque probablement, un drapeau turc dont le croissant et l'étoile blancs ont été recouverts par du minium[29].

Proclamation de la République devant l'aubette place Kléber

Du 10 au 20 novembre, un comité révolutionnaire de 13 membres (élu par les conseils d'ouvriers et de soldats) siège au Palais de Justice de Strasbourg. Il est dirigé par le syndicaliste Rebholz, qui proclame la République des conseils le 10 novembre. Cet exécutif des conseils s'attache à la liberté d'expression et à la libération des prisonniers politiques[28].

Le témoignage de Robert Heitz[modifier | modifier le code]

Concernant les événements de novembre 1918, voici ce qu'en disait un demi-siècle plus tard Robert Heitz, témoin de son temps, sous le titre « Une immense confusion »[30] :

« Les semaines qui ont précédé la libération du 22 novembre 1918 ont été marquées par une immense confusion de mouvements de foule, de cortèges, de manifestations, de pillages, de bagarres, de fusillades, mais aussi d'intrigues secrètes, de palabres, de faux-semblants et de double jeu, écheveau embrouillé dont il est difficile de dévider les fils. D'autant plus qu'aucun des principaux acteurs de la tragi-comédie locale qui faisait suite au grand massacre n'a laissé un récit complet des événements. »

Et à la fin de l'article il donne sept publications dont il considère qu'on puisse tirer quelque chose. Cette pauvreté de l'information peut étonner, mais certains[Qui ?] voient la « révolution des conseils » comme une tentative désespérée de la part des autorités allemandes pour garder l'Alsace-Lorraine au sein du Reich ; ce n'était pas la peine d'en parler[pourquoi ?].

Dénomination et fondement idéologique[modifier | modifier le code]

Place Kléber le 10 novembre 1918

L'appellation de « République des conseils » est parfois donnée comme « République soviétique alsacienne », ce qui pose un problème de traduction ; en effet l'appellation « soviet[31] » qui est couramment utilisée en français pour désigner les « soviets » de Strasbourg, Mulhouse, Colmar, etc., est inexacte : Elsässische Räterepublik[réf. nécessaire] signifie littéralement République alsacienne des conseils. République soviétique alsacienne se traduirait lui par Elsässische Sowjetrepublik. De même l'appellation République soviétique de Bavière est issu de la même mauvaise traduction[32]. Cet usage sous-entend un rapport avec l'Union soviétique, ce qui n'est absolument pas le cas.

La forme organisationnelle[réf. nécessaire] est celle du communisme de conseils. Le communisme de conseils se base sur la « démocratie de conseil » et marque l'opposition avec le communisme de parti qui se base sur l'unique parti communiste. Ces conseils ouvriers doivent être une forme de démocratie directe dans laquelle les travailleurs exercent au plus près le pouvoir politique (c'est-à-dire au niveau de la commune), ce dernier n'est alors plus « confisqué » par un État. Le communisme de conseils entre dans la droite ligne du mouvement ouvrier.

Le règlement de la question alsacienne-lorraine[modifier | modifier le code]

L'Alsace, ainsi que la Lorraine, retourne à la France en conservant un régime juridique particulier. L'Alsace-Lorraine est partagée en départements comme avant 1871, la Moselle, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin. À l'exception du district de Belfort[33] dont elle avait été séparée en 1871 et qui forme depuis un département sous le nom de Territoire de Belfort. La Moselle et la Meurthe-et-Moselle conservent également les frontières dessinées par le traité de Francfort (1871).

Sur le plan linguistique, le français remplaça l'allemand à l'école et dans les services publics, en utilisant la méthode d'enseignement directe dans les écoles, qui consistait à utiliser le français sans transition.

Les Alsaciens Lorrains furent divisés par une commission des triages en quatre classes de citoyens, qui marquées par les inscriptions A-B-C-D sur leur carte d'identité. Ce classement des citoyens fut établi en fonction de leur ascendance et caractéristique du degré de francophilie. Chaque classe correspondait à des droits civiques différents[34].

Les autorités françaises mirent en place une politique d'épuration, et 112 000 résidents alsaciens Lorrains, décrétés « Allemands » ou insuffisamment francophiles furent expulsés[35],[36].

Dates clés[modifier | modifier le code]

  • 9 novembre : premières manifestations importantes à Strasbourg[18].
  • 10 novembre : manifestations ; des conseils révolutionnaires se forment à Strasbourg, Colmar, Mulhouse, Sélestat, Haguenau, Schiltigheim, Bischwiller, Molsheim, Erstein, Saverne, ainsi qu'en Lorraine.
  • 13 novembre : le drapeau rouge flotte sur la cathédrale de Strasbourg, et y reste jusqu'au 20 novembre.
  • 17 novembre : l'armée française marche vers Mulhouse et entre dans la ville.
  • 18 novembre : les troupes françaises entrent dans Colmar, Ribeauvillé, Obernai et Sélestat.
  • 19 novembre : l'armée française entre dans la ville de Metz
  • 21 novembre : les troupes françaises commencent à arriver à Strasbourg.
  • 22 novembre : l'armée française contrôle l'Alsace-Lorraine.

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages
  • Christian Baechler, Le Parti catholique alsacien, 1890-1939, Presses universitaires de Strasbourg, 1982
  • Christian Baechler, Les Alsaciens et le grand tournant de 1918, L'Alsatique de poche, 2008
  • Alfred Döblin, Bourgeois et soldats, Agone, 2009
  • Robert Heitz dans Jacques Granier, Novembre 1918 en Alsace, Les Dernières Nouvelles d'Alsace, 1969
  • Philippe Husser, Un instituteur alsacien, Entre la France et l'Allemagne, journal 1914-1951, publié par Franck Ténot, présenté et annoté par Alfred Wahl, traduction des passages en allemand par L. Leininger, Hachette (La Nuée bleue)/Les Dernières Nouvelles d'Alsace, 1989
  • Jacques Meyer, Le 11 novembre, Hachette, 1964
  • Jean-Claude Richez, Léon Strauss, François Igersheim et Stéphane Jonas, Jacques Peirotes (1869-1935) et le socialisme en Alsace, BF, 1989
  • Alfred Wahl et Jean-Claude Richez, L'Alsace entre France et Allemagne, 1850-1950, Hachette Littérature, 1994
  • Pierri Zind, Alsace-Lorraine, Elsass-Lothringen, une nation interdite, 1870-1940, Copernic, 1979
Revues et journaux
  • Christian Baechler, « Les "nœuds" du malaise alsacien », propos recueillis par Jacques Fortier, Dernières Nouvelles d'Alsace, 18 novembre 2008, texte en ligne
  • Jacques Fortier, « La chute de l'Empire », Dernières Nouvelles d'Alsace, 16 novembre 2008, texte en ligne
  • Jean-Noël Grandhomme, « Le retour de l'Alsace-Lorraine », L'Histoire, no 336, novembre 2008
  • Jean-Claude Richez, « Les "conseils" de 1918 annoncent les grèves de 1919 », propos recueillis par Jacques Fortier, Dernières Nouvelles d'Alsace, 16 novembre 2008, texte en ligne

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Quand le drapeau rouge flottait sur la cathédrale, film documentaire de Jean-Noël Delamarre : « Entre le 8 et le 22 novembre 1918, des conseils de soldats et d'ouvriers sont constitués dans les villes d'Alsace par des marins... », diffusion sur la LCP le 7 et le 9 août 2010.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nous lisons dans Jacques Granier, Novembre 18 en Alsace, Éditions des Dernières Nouvelles de Strasbourg, 1968, p. 26 : « 10 novembre 1918, au pied de la statue de Kléber. Proclamation par le nouveau maire de Strasbourg Jacques Peirotes d'une république que le symbole de la statue suffit à désigner ». Et dans Souvenirs de jadis et de naguère de Robert Heitz, 1963, à la page 63 : « Peirotes, juché sur le monument, proclame une fois de plus, «La République». République de quoi, de Strasbourg, d'Alsace – on ne sait au juste. D'ailleurs le même Peirotes, dans son journal, défend avec acharnement l'idée française, l'idée du retour à la Patrie, sans plébiscite, sans révolution, etc. La confusion était sans doute voulue. »
  2. a, b et c Jean-Noël Grandhomme, « Le retour de l'Alsace-Lorraine », L'Histoire, no 336, novembre 2008, p. 60-63.
  3. Jacques Fortier, « La chute de l'Empire », Dernières Nouvelles d'Alsace, 16 novembre 2008 [lire en ligne].
  4. Quand le drapeau rouge flottait sur la cathédrale, film documentaire de Jean-Noël Delamarre .
  5. Voir Archives de l'INA, images d'époque et commentaire de Jacques Meyer.
  6. L'Alsace pendant la Guerre publiée en 1925, qui contient la partie du journal de Charles Spindler allant du 25 juillet 1914 au 29 avril 1919 ; son auteur, qui ne cache pas ses sentiments francophiles, prend soin de rapporter avec une grande objectivité tout ce qu'il entend autour de lui, que ce soit ou non favorable à la France. Les dernières pages montrent d'ailleurs son désenchantement devant les erreurs de l'administration française et la suite de son journal (encore inédite) serait nettement moins enthousiaste selon le professeur Gyss, qui a présenté sur elle un mémoire de DEA et prononcé une conférence le 24 mars 2006 à Obernai. L'ouvrage a été réédité en 2008 par les éditions Place Stanislas avec une présentation due au professeur Gyss qui explique la genèse de l'ouvrage et donne quelques extraits du journal postérieurs au 29 avril 1919.
  7. journal protestant.
  8. journal catholique.
  9. Souvenirs du prince Alexandre de Hohenlohe, Payot, 1928, p. 49.
  10. Philippe Husser a tenu son journal du 2 août 1914 au 14 avril 1951, un mois avant sa mort ; simple instituteur haut-rhinois à Mulhouse, issu d'une famille rurale, il n'a pas les relations de Spindler mais reflète bien une mentalité du petit peuple, même s'il s'en distingue par sa germanophilie. Préfacé par son petit-fils, Frank Ténot et enrichi de notes du professeur Alfred Wahl, ce journal a été publié par Hachette en 1988.
  11. Spindler, op. cit. édition de 2008, p. 20.
  12. Le caractère francophone de cette plaisanterie inspirée par un dicton ressort d’autant plus clairement que l’équivalent allemand est très différent : « Der Apfel fällt nicht weit vom Stamm » : « La pomme ne tombe pas loin du tronc. »
  13. Philippe Husser, op. cit., 6 novembre.
  14. Spindler, op. cit..
  15. Spindler, op. cit. 2 septembre.
  16. Jacques Granier, op. cit., p. 24.
  17. L'Elsaesser-Bund, c'est-à-dire la Ligue des Alsaciens avait été fondée en août 1918, au moment où l'on sentait venir la défaite allemande, par Rudolf Schwander et Emil Petri, deux hauts-fonctionnaires nommés par le pouvoir central de Berlin et dépourvus de tout mandat électoral (v. Pierri Zind, Elsass-Lothringen nation interdite, p. 69 et sqq.), comme semblent l'avoir été les soixante-et-un autres signataires à l'exception d'un certain Gilg, conseiller municipal à Colmar. Ils ne représentaient donc qu'eux-mêmes.
  18. a et b Voir Dossier vidéo de France 3 Alsace, 12 novembre 2008, avec une interview de Christian Baechler.
  19. op. cit. 10 novembre et jours suivants.
  20. Spindler, op. cit., 10 novembre 1918.
  21. Robert Heitz in Novembre 18 en Alsace, p. 34.
  22. Robert Heitz, op. cit., p. 43.
  23. Pierri Zind, Elsass-Lothringen nation interdite, Éditions Copernic, p. 86 et suivantes.
  24. Biographie d'Erich Ludendorff http://dhme.dhm.de/lemo/html/biografien/LudendorffErich/index.html.
  25. Epstein, Klaus (1964): « Wrong Man in a Maelstrom: The Government of Max of Baden », The Review of Politics, 26 (2): 215-243, p. 232.
  26. « La Marine transforma Kiel » - site officiel de la ville de Kiel.
  27. La révolution mise à mort par ses célébrateurs, même - Le Mouvement Des Conseils En Allemagne, 1918-1920, de Jean-Paul Musigny, Nautilus, 2001.
  28. a et b Quand le drapeau rouge flottait sur la cathédrale, film documentaire de Jean-Noël Delamarre, 2009.
  29. [1]
  30. Novembre 18 en Alsace, Éditions des Dernières Nouvelles de Strasbourg, 1968, p. 29 et sqq..
  31. Soviet en russe se traduit par « conseil » en français.
  32. La République des conseils de Bavière de Erich Mühsam .
  33. Voir l'histoire de la ville de Belfort et du Territoire de Belfort.
  34. Document relatif à l'histoire publié par l'académie de Bordeaux http://histoire-geographie.ac-bordeaux.fr/espaceeleve/travaux/berquier/alsace/alsace.htm.
  35. Joseph Schmauch, 2004, Sorbonne - Les services d'Alsace-Lorraine face à la réintégration des départements de l'Est - Chapitre 2 Classement, expulsions et commissions de triage : l'épuration en Alsace-Lorraine.
  36. Joseph Schmauch, 2004, Sorbonne - Les services d'Alsace-Lorraine face à la réintégration des départements de l'Est - http://theses.enc.sorbonne.fr/document140.html.