Dordogne (cours d'eau)

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Dordogne
La Dordogne.
La Dordogne.
Localisation du cours de la Dordogne.
Localisation du cours de la Dordogne.
Caractéristiques
Longueur 483 km [1]
Bassin 23 957 km2 [1]
Bassin collecteur Bassin versant de la Dordogne
Débit moyen 380 m3/s (Ambès)
Organisme gestionnaire EPTB Épidor[2]
Régime Pluvio-nival
Cours
Source Puy de Sancy
· Localisation Puy-de-Dôme, France
· Coordonnées 45° 31′ 42″ N 2° 48′ 51″ E / 45.5283, 2.8142 (Source - Dordogne)  
Embouchure Océan Atlantique
· Localisation Estuaire de la Gironde, France
· Altitude 0 m
· Coordonnées 45° 35′ 08″ N 1° 02′ 50″ O / 45.585693, -1.047134 (Embouchure - Dordogne)  
Confluence Garonne
· Localisation Gironde, France
· Altitude 3 m
· Coordonnées 45° 02′ 30″ N 0° 36′ 27″ O / 45.04166667, -0.6075 (Confluence - Dordogne)  
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Puy-de-Dôme, Corrèze, Cantal, Lot, Dordogne, Gironde
Régions traversées Auvergne, Limousin, Midi-Pyrénées, Aquitaine

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro

La Dordogne est un cours d'eau français qui prend naissance au puy de Sancy, point culminant du Massif central (1 886 mètres), dans la chaîne des monts Dore. Elle conflue avec la Garonne pour former l'estuaire de la Gironde qui débouche sur l'océan Atlantique après avoir traversé le département de la Dordogne et une partie de celui de la Gironde, dans le Bassin aquitain.

La vallée de la Dordogne est classée pays d'art et d'histoire dans sa partie lotoise[3]. Le 11 juillet 2012, l'ensemble de son bassin versant est classé en tant que réserve de biosphère par l'UNESCO[4].

Rivière ou fleuve ?[modifier | modifier le code]

La Dordogne conflue avec la Garonne au niveau de l'estuaire de la Gironde. Pour cette raison elle est qualifiée de rivière dans les dictionnaires et encyclopédies ainsi que par le Sandre[1]. Toutefois quelques organismes régionaux[5] la qualifient de fleuve, considérant que la Gironde est un estuaire commun à la Garonne et à la Dordogne, ce qui en ferait le cinquième plus long fleuve français métropolitain.

La divergence de dénomination (alors que ses caractéristiques hydrologiques ne sont pas en cause) renvoie au problème de la définition d'un estuaire et illustre le manque de pertinence de la différenciation faite dans la langue française entre « fleuve » et « rivière » pour caractériser un cours d'eau. Si le choix reste anodin pour l'appellation du cours d'eau, il implique toutefois une hiérarchisation différente du ou des bassins versants.

Un argument notable fait de la Dordogne un fleuve, c'est la présence d'un mascaret puissant, résultant, lors des hautes marées, de la pénétration saisonnière du domaine maritime dans le cours d'eau. Le mascaret de la Dordogne est très connu et constitue une attraction, le mot a même une origine gasconne de l'estuaire. Pour la Dordogne, la vague remonte jusqu'à Vayres[6] soit à une trentaine de kilomètres à l'intérieur.

La Dordogne aurait fort bien pu ne pas dépasser sa confluence avec le Chavanon, au niveau de la très modeste commune corrézienne de Confolent-Port-Dieu, qui se situe au début de la retenue d'eau du barrage de Bort-les-Orgues[7]. Le Chavanon, parfois dénommé Chavanou, rejoint le lit de la Dordogne après un creuset de 54 km. La Dordogne, à cette confluence, en a seulement parcouru 39, soit une quinzaine de moins mais, a contrario, elle déverse un volume d'eau supérieur. Le Chavanon est aussi appelé Ramade dans son cours supérieur.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Dordogne se forme dans le Puy-de-Dôme (63), sur les flancs du Puy de Sancy, la plus haute montagne de l'intérieur de la France, par la réunion de deux torrents : la Dore (1 885 m, (dont la source se trouvait à 1 694 mètres d'altitude en 1864) et qui reçoit à 1 366 mètres d'altitude la Dogne.

Au bec d'Ambès, dans le département de la Gironde, elle se jette avec la Garonne dans un estuaire commun, la Gironde.

D'une longueur de 483 km[1], la Dordogne est navigable en aval de Libourne. La marée se fait sentir jusqu'à Castillon-la-Bataille[8].

Si la Dordogne elle-même arrose six départements (le Puy-de-Dôme, le Cantal, la Corrèze, le Lot, la Dordogne et la Gironde, d'amont en aval), son bassin versant s'étend à cinq autres : la Creuse, la Haute-Vienne, le Lot-et-Garonne, la Charente et la Charente-Maritime[2].

Nom[modifier | modifier le code]

Contrairement aux apparences, le nom de la Dordogne n'est pas un assemblage récent des noms de la Dore et la Dogne[notes 1]. Son nom vient d'un ancien Durānius[notes 2], dérivé de la racine préceltique dur-, dor- (cf. la Durance, le Douro/Duero, etc.).

Les formes médiévales ont adopté un suffixe redoublé -ononia[notes 3] : Dorononia fluvius[notes 4] (VIe siècle), Dornonia (VIIIe siècle) qui évolue en Dordonia[9] (IXe siècle) par un phénomène de dissimilation donnant ainsi l'impression d'une étymologie * Dore-Dogne. Aimoin de Fleury est le premier auteur connu à utiliser le nom dordonia[10].

La Dordogne à Bergerac

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des autres cours d'eau français de la façade atlantique, la Dordogne est un fleuve abondant, bénéficiant du climat humide et des fortes précipitations qui règnent sur la plus grande partie de son bassin. Son débit a été observé sur une période de 54 ans (1958-2011), à Bergerac, localité située à une distance importante de son confluent avec la Garonne[11]. La surface étudiée y est de 14 040 km2 soit à peine 59 % de la totalité du bassin versant du fleuve, et à 18 m d'altitude. Les chiffres suivants excluent notamment l'important débit de l'Isle.

Le module du fleuve à Bergerac est de 274 m3⋅s-1.

La Dordogne présente des fluctuations saisonnières de débit, avec une période de hautes eaux d'hiver portant le débit mensuel moyen à un niveau situé entre 345 et 470 m3⋅s-1, de décembre à avril inclus (avec un maximum en janvier-février). Dès fin mars le débit diminue progressivement pour aboutir à la période des basses eaux qui se déroule de juillet à septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel allant jusqu'à 81,2 m3⋅/s au mois d'août, ce qui reste considérable comparé à bien des fleuves français. Cependant les fluctuations de débit peuvent être plus importantes d'après les années et sur des périodes plus courtes.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : P5140010 - La Dordogne à Bergerac à 18 m d'altitude pour un bassin versant de 14 040 km2[11]
(08/09/2013 sur 54 ans de 1958-2011)

Source : Banque Hydro - Ministère de l'écologie et du développement durable

À l'étiage le VCN3 peut chuter jusque 23 m3⋅/s, en cas de période quinquennale sèche, ce qui est relativement sévère, surtout comparé à la Garonne sa voisine, dont les débits d'étiage sont partiellement soutenus par les neiges et pluies des Pyrénées.

Les crues peuvent être importantes, à l'instar de celles des autres cours d'eau du bassin aquitain. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 1400 et 1 900 m3⋅s-1. Le QIX 10 est de 2 200 m3⋅s-1, le QIX 20 de 2 500 m3⋅/s, tandis que le QIX 50 se monte à pas moins de 2 900 m3⋅s-1.

Le débit journalier maximal enregistré à Bergerac a été de 2 600 m3⋅s-1 le 15 janvier 1962. En comparant cette valeur à l'échelle des QIX du fleuve, il apparaît que cette crue était d'ordre vicennal, et donc destinée à se reproduire assez fréquemment, tous les 20 ans en moyenne. Le débit instantané maximal a été de 2 430 m3⋅s-1 le 8 janvier 1994 et ce même jour, la hauteur maximale instantanée a été de 506 cm soit 5,06 m.

Au total, la Dordogne est un fleuve très abondant. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 627 millimètres annuellement, ce qui est près de deux fois supérieur à la moyenne française, tous bassins confondus (plus ou moins 320 millimètres), et aussi largement supérieur au bassin de la Garonne (384 millimètres au Mas-d'Agenais). Le débit spécifique (ou Qsp) du fleuve atteint 19,8 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

La navigation fut longtemps active sur la Dordogne, avec un trafic intense de marchandises de toutes sortes. En dépit de ses dangers et de ses irrégularités, elle fait vivre jusqu'au XIXe siècle tout un peuple de mariniers. Le flottage de bois était une activité importante à Souillac. Les argentats étaient des bateaux éphémères construits à Argentat dans le même style que les rambertes pour la Loire. Ils transportaient du bois à brûler et du charbon de bois[12]. Aujourd'hui, seule la Dordogne maritime a conservé un trafic notable. La Dordogne entre l'aval de Bergerac (Barrage de Grand-Salvette) et l'estuaire est toujours classée « voie navigable » sous la responsabilité de Voies navigables de France (VNF) et permet une navigation de loisir de qualité (bateaux promenade et bateaux motorisés) en tenant compte du tirant d'eau suivant les débits. L'amont ne porte plus que les barques des pêcheurs et les canoës.

Départements et communes traversés[modifier | modifier le code]

La Dordogne traverse six (6) départements et cent-soixante-treize (173) communes[1] dont les principales traversées sont :

Principaux affluents[modifier | modifier le code]

La Dordogne un peu en amont du Mont Dore
Pont sur la Dordogne à Argentat
Vue rive d'Altillac de la Dordogne et de Beaulieu-sur-Dordogne
La Dordogne à Vayrac (département du Lot) devant le hameau de Mézels
La Dordogne dans le Périgord noir
La Dordogne à Cénac-et-Saint-Julien
La Dordogne à Bergerac
La Dordogne à Sainte-Foy-la-Grande en Gironde.

D'amont vers l'aval :

N.B. : (D) = affluent rive droite ; (G) = affluent rive gauche ; (1864) = Dictionnaire des communes de France, Adolphe Joanne, Hachette, 1864

Barrages[modifier | modifier le code]

Le 16 mars 2009, une convention a été signée entre ERDF qui exploite les barrages, l'Agence de l'eau Adour-Garonne et l'établissement public interdépartemental de la Dordogne (Épidor) concernant l'encadrement des lâchers d'eau pour les trois années à venir, de façon à améliorer à la fois la sécurité, l'environnement et la qualité de l'eau[13].

Activités touristiques[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Au IXe siècle, quand les Vikings ravagent la Dordogne, les habitants de la vallée délaissent leurs villages, réinvestissent les abris de leurs lointains ancêtres. Ils en grattent les parois, ouvrent salles et corridors, pour installer leurs demeures dans ces cavernes qu'ils appellent des cluzeaux. Hauts perchés, pourvus de guetteurs, ce sont d'excellents refuges pour résister aux envahisseurs.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Comme la Midouze, mot-valise formée du nom de ses contributeurs, le Midou et la Douze.
  2. Sidoine Apollinaire
  3. par influence du suffixe -onna, qui se rencontre dans de nombreux noms de rivières.
  4. Grégoire de Tours

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Sandre, « Fiche cours d'eau - La Dordogne (P---0000) » (consulté le 1er octobre 2013)
  2. a et b Épidor, Dordogne, Contexte physique. Consulté le 26 juin 2010.
  3. Villes et pays d'art et d'histoire par région sur le site des Villes et pays d'art et d'histoire, consulté le 11 juillet 2013.
  4. Chantal Gibert, La Dordogne labellisée, Sud Ouest édition Dordogne du 13 juillet 2012.
  5. exemples : le Comité de Bassin Adour-Garonne ([1]) ou l'Établissement public territorial du bassin de la Dordogne (Épidor) ([2])
  6. Le Mascaret sur le site de la mairie de Vayres, consulté le 23 août 2013.
  7. Armelle Faure et René Gouvéia, Mémoires de la vallée de la Dordogne, revue Arkheia, no 21, Montauban, 2009.
  8. Conservatoire de l'estuaire de la Gironde, « [PDF] La chronique du fleuve, p.3 »,‎ 2004 (consulté le 31 août 2010)
  9. Marcel Villoutreix, Noms de lieux du Limousin, Christine Bonneton éditeur, 1995, (ISBN 2-86-253165-0)
  10. Etudes archéologiques des eaux thermales ou minérales de la Gaule à l'époque romaine. J. G. H. Greppo. année illisible, XIXe siècle. p. 105.
  11. a et b Banque Hydro - MEDDE, « Synthèse de la Banque Hydro - La Dordogne à Bergerac (P5140010) » (consulté le 1er octobre 2013)
  12. La France industrielle aux XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, par Paul Delsalle. Éd. Orphrys, Gap, 1993, p. 26. ISBN 2-7080-0689-4.
  13. Journal Sud Ouest, édition Périgueux du 17 mars 2009