Philippe Gaubert

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Philippe Gaubert

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Photo dédicacée de Philippe Gaubert (vers 1920)

Naissance 5 juillet 1879
Cahors, Drapeau français France
Décès 8 juillet 1941 (à 62 ans)
Paris, Flag of France.svg État français (Vichy)
Activité principale Chef d'orchestre, flûtiste, compositeur, pédagogue
Collaborations Opéra de Paris
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Jules Garcin, Paul Taffanel
Enseignement Conservatoire de Paris
Récompenses Prix de Rome (1905)
Distinctions honorifiques Chevalier de la Légion d'honneur

Œuvres principales

  • Grande méthode de flûte
  • Sonia (1913)
  • Naïla (Paris, 7 avril 1927)

Répertoire

Philippe Gaubert est un chef d’orchestre, flûtiste et compositeur français, né à Cahors le 5 juillet 1879 et mort à Paris le 8 juillet 1941. Il était Directeur de la Musique à l'Opéra de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Du cinéma de quartier à l’Opéra de Paris[modifier | modifier le code]

Le père de Philippe Gaubert, cordonnier à Cahors, clarinettiste amateur dans des orchestres locaux, décide en 1888 de partir avec sa femme pour Paris et d'amener avec eux leurs enfants pour qu'ils puissent devenir des musiciens professionnels. Hélas, il meurt trois ans plus tard, en 1891. Philippe qui n'a alors que douze ans, doit gagner sa vie et celle de sa famille en jouant du violon dans un cinéma de quartier. Il s'exerce aussi à la flûte traversière. Le père de Paul Taffanel, le plus célèbre flûtiste de l'époque, qui l'entend, est immédiatement convaincu de ses dons. Il le prend aussitôt sous son aile pour l'initier aux subtilités et à la virtuosité. Paul Taffanel, charmé lui aussi, l'inscrit alors dans sa propre classe du Conservatoire. Ainsi, à quinze ans, en 1894, Philippe Gaubert obtient un premier prix. Mais il continue de travailler aussi le violon auprès de Jules Garcin et en joue, comme remplaçant, dans l'orchestre du théâtre national de l’Opéra. En 1895, Taffanel l'y fait nommer "première flûte solo". Philippe Gaubert poursuit néanmoins ses études d'harmonie puis de composition au Conservatoire. En 1903, il y obtient "premier prix de fugue et contrepoint", et en 1905, un second "Grand prix de Rome".

Chef d’orchestre[modifier | modifier le code]

En 1904 - il a 25 ans- il passe sur les conseils de Paul Taffanel, le concours ouvert pour le poste de second chef de l'orchestre de la Société des concerts du Conservatoire. Il interprète le Final de la "IXe symphonie" de Beethoven et remporte la place haut la main. Mobilisé en 1914, il revient de la Guerre en 1919 et succède à André Messager à la tête de la Société des Conservatoires. Il y reste, jusqu'en 1938. En 1919, il est nommé, parallèlement professeur de flûte au Conservatoire de Paris. Il le sera jusqu'en 1931. Mais il a abandonné lui-même la pratique de la flûte en 1922, avant de publier, en 1923, la Grande méthode de flûte de Paul Taffanel. En 1931, il est chargé, au Conservatoire, de la classe de direction d'orchestre que la mort de Vincent d'Indy laisse vacante.

L’Opéra de Paris[modifier | modifier le code]

En 1920, nommé premier chef à l'Opéra, dirige Faust pour la première fois le 19 septembre. Il va franchir toutes le étapes : Chef de la Musique en décembre 1931, Directeur de la Musique le 1er juin 1939... Il y crée, entre autres, Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas, Œdipe d'Enesco, Daphnis et Chloé de Maurice Ravel, Oriane et le prince d'Amour de Schmitt, Médée de Darius Milhaud, Turandot de Puccini, Elektra de Richard Strauss. La 200ème représentation du Faust de Gounod, le 31 décembre 1934, crée l'événement : les plus célèbres chanteurs de l'époque ont rejoint le chœur pour interpréter avec lui le fameux "Gloire immortelle de nos aïeux".

Compositeur[modifier | modifier le code]

Philippe Gaubert a également été un grand compositeur. À son actif figurent de nombreuses musiques pour un instrument (la flûte notamment) et piano ou orchestre; des morceaux orchestraux, tableaux ou du poèmes symphoniques: Le Cortège d'Amphitrite ; Inscriptions pour les portes de la Ville ; Les chants de la Mer ; des pièces pour la scène : Sonia, drame lyrique en trois actes ; Naïla, conte lyrique en trois actes ; une musique de scène pour l'Antigone de Sophocle et quatre ballets : Philotis, Fresque, Alexandre le Grand et Le Chevalier et la Demoiselle, ballet chorégraphié par Serge Lifar et représenté en 1941 ; quelque 90 mélodies pour la voix humaine.

Philippe Gaubert est mort brutalement à Paris en 1941.

Albert Roussel lui a dédié Monsieur de la Péjaudie, le quatrième mouvement de sa pièce Joueurs de Flûte.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Philippe Gaubert a été nommé Chevalier de la Légion d'honneur en 1921, promu officier en 1928 et Officier de l'Instruction Publique en 1929. Son ami Jean Bouzerand, journaliste, a obtenu vers la fin des années 1930 que la municipalité de Cahors lui dédie un square-jardin qui porte son nom, en ville, au bord du Lot. En 1994, à l'occasion du XXème anniversaire de l'École de Musique agréée de Cahors et sur la proposition de son Directeur Jean-Pierre Rodrigo, la Municipalité donne le nom de Philippe Gaubert à l'Établissement musical.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ses compositions qui, sur le plan du style, sont fort influencées par Gabriel Fauré, comprennent :

  • Deux opéras :
    • Sonia (1913)
    • Naïla (Paris, 7 avril 1927)
  • Trois ballets :
    • Philotis, danseuse de Corinthe (1914)
    • Alexandre le Grand (1937)
    • Le Chevalier et la Damoiselle (1941)
  • Des compositions pour orchestres :
    • Rhapsodie sur des thèmes populaires (1909)
    • Le Cortège d'Amphitrite (1910)
    • Madrigal (1910)
    • Poème pastoral (1911)
    • Fantaisie pour violon et orchestre (1922)
    • Fresques, suite symphonique (1923)
    • Concerto pour violon (1928)
    • Les Chants de la Mer, trois tableaux symphoniques (1929)
    • Au Pays Basque, deux tableaux symphoniques (1930)
    • Les Chants de la Terre (1931)
    • Poème romanesque pour violoncelle et orchestre (1932)
    • Concert en Fa (1933)
    • Inscriptions sur les portes de la ville, 4 tableaux symphoniques (1934)
    • Symphonie en Fa (1934)
    • Poème des Champs et des Villages (1939)
  • Sa musique de chambre est consacrée surtout à la flûte :
    • 3 sonates pour flûte et piano (1917, 1924 et 1934)
    • Sonatine pour flûte et piano
    • Ballade pour alto et piano (1938)
    • Nocturne et Allegro scherzando pour flûte et piano (existe aussi pour flûte et orchestre de chambre)
    • Trois Aquarelles pour flûte, violoncelle et piano
    • Pièce romantique pour flûte, violoncelle et piano
    • Trois pièces pour violoncelle et piano
    • Médailles antiques, pour flûte, violon et piano
    • Divertissement grec pour flûte et harpe
    • Sur l'eau, pour flûte et piano
    • Romance et Fantaisie pour flûte et piano
    • Intermède champêtre pour hautbois et piano
    • Sonate pour violon et piano
    • Quintette à vent
    • Cantabile et Scherzetto pour cornet à pistons et piano

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Gaubert : Les Chants de la mer, Inscriptions pour les portes de la ville, sous la direction du compositeur (CD alpha, enregistrements historiques de 1930-1936, 2006)
  • Philippe Gaubert : Symphonie en Fa, Les Chants de la mer, Concert en Fa - Orchestre Philharmonique du Luxembourg dirigé par Marc Soustrot (CD Timpani, 1C1135, 2008)
  • Philippe Gaubert : Le chevalier et la Damoiselle, Orchestre Philharmonique du Luxembourg dirigé par Marc Soustrot (CD Timpani, 1C1175, 2010)
  • Philippe Gaubert : Au Pays basque, Concerto pour violon, Poème romanesque, Le Cortège d'Amphitrite - Philippe Graffin (violon), Henri Demarquette (violoncelle), Orchestre philharmonique du Luxembourg dirigé par Marc Soutrot. (CD Timpani, 1C1186, 2011)

Prix Philippe Gaubert[modifier | modifier le code]

Un "Prix Philippe Gaubert", créé autour du Festival de cinéma de Gindou (Lot) est décerné en août "au projet de musique de film de court métrage présenté et défendu par le compositeur d'un des scénarios de la résidence d'écriture de Gindou" . Ce prix consiste en une bourse de 1 500 euros et une aide à la production de la musique. Le "Prix Philippe Gaubert 2012" a été attribué à Samuel Leloup pour le projet de musique pour "Les Pieds Rouges" de Thomas Bousquet Mention spéciale à Mathieu Lamboley pour le projet de musique pour "Le Goût de l'Alfajor" de Victoria Stagni.

Liens externes[modifier | modifier le code]