Nègrepelisse

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Nègrepelisse
Mairie
Mairie
Blason de Nègrepelisse
Blason
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Midi-Pyrénées
Département Tarn-et-Garonne
Arrondissement Montauban
Canton Nègrepelisse
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes Terrasses et Vallée de l'Aveyron
Pays Midi-Quercy
Maire
Mandat
Jean Cambon
2008-2014
Code postal 82800
Code commune 82134
Démographie
Gentilé Nègrepelissiens
Population
municipale
5 168 hab. (2010)
Densité 105 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 04′ 34″ N 1° 31′ 21″ E / 44.0761111111, 1.522544° 04′ 34″ Nord
       1° 31′ 21″ Est
/ 44.0761111111, 1.5225
  
Altitude 103 m (min. : 79 m) (max. : 207 m)
Superficie 49,22 km2
Localisation

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Nègrepelisse

Nègrepelisse est une commune française, située dans le département de Tarn-et-Garonne et la région Midi-Pyrénées.

Ses habitants sont appelés les Nègrepelissiens et les Nègrepelissiennes.

Sommaire

Géographie [modifier]

Commune située dans le Quercy sur l'Aveyron et la D 958 à 15 km au Nord-Est de Montauban

Accès par l'Autoroute A20 sortie n°59 Charmante bastide de l’est du Tarn-et-Garonne, Nègrepelisse est née sur la rive gauche de la rivière, au confluent de l’Aveyron et du ruisseau de Longues-Aygues, et à l’ombre du château qui la protégeait. Nègrepelisse se situe dans la plaine agricole et alluviale de l’Aveyron. La ville est à un carrefour de voie d’une certaine importance reliant de gros bourgs entre eux. A égale distance avec l’Atlantique et la Méditerranée, avec le Massif central et les Pyrénées, et voisine de Toulouse, Nègrepelisse constitue un lieu favorable pour le développement du tourisme vert. A l’instigation des rois de France de nombreuses bastides furent créées. Nègrepelisse fait partie des 35 bastides du Tarn-et-Garonne. Elle a été fondée en 1273 par les rois sous la famille seigneuriale de Bruniquel. Il s'agit d'une bastide royale conçue durant la deuxième phase de création des bastides situées entre 1271 et 1370 pour asseoir l'emprise du pouvoir royal. Un paréage a réuni les deux autorités.

Histoire [modifier]

Article détaillé : Massacre de Nègrepelisse.

Cette ville, jadis l'une des places fortes des Calvinistes, fut prise et brûlée par Louis XIII en 1622[1]. Etablie sur une butte, Nègrepelisse n’est pas le nom d’origine de la ville. Sieurac, puis La Mothe St Pierre dit Nègrepelisse, elle doit son appellation, dit-on, à la forêt tulmonenque et plus précisément aux bûcherons qui fabriquaient du charbon de bois et qui étaient vêtus d’une pelisse noircie par la poussière. L’ancienne domination seigneuriale a investi la cité d’une longue histoire tumultueuse.
C’est un ancien pays de bois, dont les habitants vivaient de la complémentarité des ressources naturelles entre espace forestier et agricole. Sieurac faisait partie du Tulmonenc et appartenait aux vicomtes de Bruniquel. Le tulmonenc, qui fut nommé aussi la forêt de Tulmont à la fin du XIIIe siècle, englobait la plaine bordant l'Aveyron depuis Montricoux jusqu'à Ardus. La bastide était donc ceinturée par de nombreux bois dont aujourd'hui il ne reste que des lambeaux.
Les vicomtes de Bruniquel édifièrent une église dédiée à Saint Saturnin où se trouvait à proximité, un baptistère et un cimetière. Par un acte de 1074, les vicomtes Adhémar et Armand de Bruniquel cédèrent le territoire à l'abbaye de Moissac afin d'en « faire une ville large et longue bordée par l'Aveyron » (Charte communale sous Philippe IV, Le Bel). Ce détail est significatif quant aux suspicions de l'origine du nom de Sieurac car certains laisseraient à penser qu’en fait le nom premier serait St Maffre. St Maffre est une localité qui se trouve à une dizaine de kilomètres de la rivière et donc il improbable qu'une confusion se fasse avec tant de preuves à l'appui.
Les moines se mirent à l'œuvre pour réaliser cette ville ainsi que pour la peupler et augmentant leurs revenus. Le développement du village attira la convoitise du vicomte Adhémar de Bruniquel qui voulut s'en saisir. Sous les ordres du Pontife Géraud III, il fut rendu à l'abbaye de Moissac. Anquetil, moine de Moissac repris donc la ville et fit construire une nouvelle église dédiée à St Pierre les Liens qu'il unit à la précédente. À cette occasion, Sieurac changea de dénomination et fut rebaptisée « La Mothe St Pierre dit Nègrepelisse » en 1097 puis, Nègrepelisse uniquement au XIIIe siècle. Sa possession fut donc très disputée. Nègrepelisse, en latin Nigra Pelliciacum, et Nigrapelissa en langue romane figure pour la première fois dans un titre le 1er avril 1270. Son nom provient du fait que le village avait pour principale industrie le travail du bois favorisée par l'usage des vastes forêts qui entouraient la bastide. Les bûcherons fabriquaient du charbon de bois qu'ils vendaient aux abords de Montauban et des villes voisines. Vêtus d'une pelisse noire et recouverts de la couleur noire du charbon de bois, la nouvelle désignation de la bastide se rapporte aux travaux des habitants et à sa proximité avec les bois du Tulmonenc.
Par la suite, le 5 juillet 1285, elle fut cédée à Philippe III, roi de France qui instaura une charte communale de 78 articles qui est sans doute la charte la plus complète du département. Dès lors, Nègrepelisse était…

Héraldique [modifier]

Nègrepelisse

Son blasonnement est : D'argent à la main au naturel tenant un créquier de gueules.

Administration [modifier]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2014 Jean Cambon DVG Conseiller général
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie [modifier]

En 2010, la commune comptait 5 168 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 903 3 126 3 147 3 179 3 126 3 142 3 122 3 169 3 224
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 170 3 111 2 993 2 898 2 893 2 743 2 637 2 566 2 501
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 396 2 347 2 210 2 051 2 058 2 085 2 080 2 127 2 234
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2010
2 269 2 409 2 589 2 871 3 326 3 487 4 511 4 799 5 168
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1962[2] puis Insee à partir de 1968[3].)

Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments [modifier]

L'église Saint-Pierre-ès-Liens[4] : reconstruite au XIXe siècle par l'architecte Jules Bourdais, ingénieur de l'école Centale, à l’emplacement même des deux édifices précédents. La reconstruction de la nef a été terminée en août 1869.L'architecte a fait le choix innovant des colonnes en fonte de fer pour donner de la visibilité à l'intérieur de la nef [5].
Elle se situe à une place de carrefour entre l’ancienne porte St-Blaise (en direction de Caussade) et le centre de la bastide. Expurgée et utilisée par les calvinistes durant le XVIe siècle, la deuxième construction fut dévastée en 1622, lors de la prise du village par le roi Louis XIII. Les bâtisseurs de l’époque gardèrent le clocher, qui est l’un des plus beaux de la région, et qu’on a pu sans exagération qualifier de « joyau archéologique du XVe siècle». Le clocher de l’église a traversé les guerres de religion. Il date de 1460. Le clocher, d’une hauteur de 49 mètres au-dessus du sol, s’élève à 145 mètres du niveau de la mer. Le sommet de la pyramide a été frappé par la foudre en 1811 (d’après le livre paroissial de la commune) et n’a pas retrouvé sa beauté d’antan. Son style toulousain rappelle celui de Caussade et de Montricoux. La patine lui donne une couleur extraordinaire. De plan octogonal, il appartient au genre dit «Toulousain», dont celui de l’église St-Sernin est le prototype, et dont le Tarn-et-Garonne possède plusieurs beaux spécimens. Il repose sur un porche ouvert.
L'église a été classée Monument historique le 11 décembre 2009.

Le château de Nègrepelisse[6]: C’est à l’époque de la fondation de la ville vers 1074, que semble avoir été bâtie une fortification qui fut remplacée par le château, édifice plus important assurant une plus grande protection pour les 3000 habitants. La date exacte de la construction reste assez imprécise. Le chanoine Pottier la situe en 1268. M. Miquel, expert en châteaux, la date en 1285. L’incertitude restera de mise car tous les documents archivés concernant le château et les seigneurs, entreposés dans l’édifice ou chez un notaire, furent incinérés par les révolutionnaires.
Le gros œuvre date du XIe siècle et des améliorations successives furent ajoutées à d’assez longs intervalles suivant les possibilités financières et les besoins des constructeurs. Le château et ses possessions furent édifiés sous l’égide des vicomtes de Bruniquel, seigneurs du Tulmonenc voulant faire peser leur autorité sur leurs sujets. Différents grands seigneurs succédèrent aux vicomtes de Bruniquel comme le roi Philippe III en 1285 (après une vente pour 400 livres tournois), le Comte d’Évreux en 1319, le comte de Caraman seigneur de Montbrun (se nommant Pierre Duèze), Turenne.
Le château a été laissé à l'abandon après 1846. La commune a racheté les ruines et a transformé le site en esplanade. Des travaux de conservation du site ont été faits entre 1997 et 2001.
On peut encore voir au nord un mur de soutènement dont la base a été réalisée au XVIIe siècle et a été représenté sur un dessin du château fait par Fragonard en 1773.
Le château a été classé à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 26 juin 1989.

Le temple de Nègrepelisse[7] a été construit par l'architecte Jules Bourdais. Il a été inauguré en 1870. Il est classé Monument historique depuis le 19 mai 1994. Le temple actuel fut reconstruit lors d'un décret signé le 4 avril 1806 par Napoléon.

Il est dit dans l'article 1er : " Les protestants réformés de Nègrepelisse, département du Lot, sont autorisés à faire construire à leur frais, un temple pour l'exercice de leur culte sur le terrain de celui qu'ils possédaient dans cette commune. Dès lors, on tenta de bâtir un nouvel édifice mais le manque de moyens financiers en ce début de siècle contraint au consistoire de faire appel à l'aide du ministre de l'intérieur et des fidèles. Les ennuis n'étaient pas terminés. Le temple bâti se lézarda et s'affaissa. Des platras se détachèrent de l'arceau portant le clocher à plusieurs reprises en 50 ans. S'en était trop ! Pour le troisième et dernier projet, on fit appel au concours de Jules Bourdais (qui fut retenu par mis d'autres architectes). Cet ingénieur de l'École Centrale, constructeur, entre autres, du Palais de Justice du Havre eu la lourde tache de reconstruire le temple ainsi que la nef de l'Église St Pierre aux Liens détruite lors de l'affrontement entre les troupes royales et les nègrepelissiens. Il eut le concours de l'entrepreneur de travaux publics du village, M. Coulonjou Jean pour le temple et M. Coulonjou Jean-Pierre maître maçon pour la nef de l'Église.

Ces deux projets furent financés par la commune qui s'endetta durant 30 ans. Le temple fut complètement achevé le dimanche 23 juin 1870. Cet édifice peut accueillir entre 800 et 1000 personnes. Il est enfin stable, couvert d'ardoises allégeant la toiture. L'architecture du monument est un savant mélange de culture et de style, où l'on peut retrouver du romano-byzantin. Il est de style romano-byzantin. Son plafond en voûte d'arêtes, son porche, son fronton, ses quatre colonnes à chapiteau corinthien en font un monument très caractéristique de l’art grec. De l'art roman, on distingue des murs pignons au sommet, des quadrilobes centraux assurant la ventilation des combles. De l'art byzantin, le temple révèle un plan centré du bâtiment en croix grecque, des triples ouvertures des fenêtres caractéristiques de l'Église Sainte Sophie à Constantinople.

Le moulin de Nègrepelisse, dont l'origine est ancienne, appartenait avant la Révolution au propriétaire du château. Il s'est arrêté de fonctionner en 1950. Pour conserver ce patrimoine, la commune l'a racheté dans les années 1980. Alliance d'une technologie ingénieuse et d'une architecture originale, le moulin de Nègrepelisse fut construit grâce à l'apport de matériaux tirés des ressources du sous-sol local : les blocs calcaires blancs et les briques foraines rouges (briques cuites). Maître des eaux, il a capté les éléments naturels, inépuisables et gratuits. Son architecture est donc étroitement lié au paysage et aux propriétés géologiques et climatiques du terroir. Il a marqué la vie économique de la ville jusqu'à la moitié du XXe siècle et de nos jours il est un symbole esthétique. Utilisant la force et le poids de l'eau, il a été construit selon un plan quadrangulaire de 11 m de longueur sur 8,20 m de large et il est doté de quatre niveaux. Il a été le reflet de la société nègrepelissienne, de son évolution technique, et de son développement.

Nègrepelisse compte une station d'épuration des eaux usées par la technique du lagunage[8].

Personnalités liées à la commune [modifier]

Notes [modifier]

  1. Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Nègrepelisse » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878  (Wikisource)
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
  4. Notice no PA82000008, base Mérimée, ministère français de la Culture : Église Saint-Pierre-ès-Liens
  5. GARRIC J.-M., "Supports métalliques et décor ultramontain : l'église de Nègrepelisse au XIXe siècle", Bulletin de la Société Archéologique et Historique de Tarn-et-Garonne, t. CXXIII, 1998, p. 235-252
  6. Notice no PA00095910, base Mérimée, ministère français de la Culture : Château de Nègrepelisse
  7. Notice no PA00095913, base Mérimée, ministère français de la Culture : Temple protestant
  8. Biocontact, n°224, mai 2012, Le filtre planté de roseaux, par André Paulus, p.12 et 14

Notes [modifier]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Voir aussi [modifier]

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