Montcuq

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Montcuq
Montcuq, le village
Montcuq, le village
Blason de Montcuq
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Lot
Arrondissement Cahors
Canton Montcuq (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Canton de Montcuq
Maire
Mandat
Alain Lalabarde
2014-2020
Code postal 46800
Code commune 46201
Démographie
Gentilé Montcuquois, Montcuquoises
Population
municipale
1 271 hab. (2011)
Densité 39 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 20′ 23″ N 1° 12′ 37″ E / 44.3397222222, 1.21027777778 ()44° 20′ 23″ Nord 1° 12′ 37″ Est / 44.3397222222, 1.21027777778 ()  
Altitude Min. 135 m – Max. 291 m
Superficie 32,22 km2
Localisation

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Liens
Site web Site officiel

Montcuq (prononcé monkuk [mɔ̃kyk][1]; en occitan Montcuc) est une commune française de 1 273 habitants située dans le département du Lot en région Midi-Pyrénées.

Ses habitants sont appelés les Montcuquois et les Montcuquoises.

Le nom de la ville a été popularisé dans les années 1970 grâce à un sketch de Pierre Bonte avec Daniel Prévost pour l'émission satirique Le Petit Rapporteur.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme latinisée de Montecuco en 1257[2], nom identique à Montcuq (Montcuc vers 1127 - 1139, Belvès, Dordogne).

En réalité, il s'agit probablement d'un toponyme pléonastique, basé sur un thème préceltique *kuk (autrement *cucc) « hauteur », traduit au Moyen Âge par l'occitan mont « mont, hauteur » en référence à l'emplacement du village, bâti au sommet d'une colline[3],[4],[5].

Cette racine préceltique *kuk signifiant « hauteur », « promontoire » ou « lieu élevé » se vérifie régionalement dans des dérivés romans avec le même sens ou un sens voisin : dans la région lyonnaise, un cuchon (avec un suffixe diminutif -on) désigne « un petit tas ». On trouve également kukkuru « pointe, hauteur » en sarde et cucca « tête » en sicilien, termes renforçant l'hypothèse d'une origine préceltique, puisque les langues celtiques n'ont jamais été parlées dans ces régions et qu'en revanche, on possède de nombreuses traces toponymiques de langues pré-italiques, non indo-européennes. La racine *kuk est présente également dans les Balkans et même au-delà en Asie. Sa forme affaiblie est tsuk, suk (juk- en basque) connue en occitan mais aussi en albanais[6].

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville de Montcuq est située sur la RD 653 à 25 km de Cahors, dans le Quercy et plus précisément dans le Quercy Blanc sur la Barguelonnette et au lieu-dit de Saint-Geniez sur le Tartuguié.

Le site de Montcuq est situé sur une colline verte qui domine le cours de la Barguelonnette et les vignobles de Chasselas. Les rues médiévales, parfois en escalier, toujours pentues, montent vers le dôme rocheux dit « la roque », couronné d'un haut donjon solitaire, vertical, rectiligne, fait d'une tour et d'une tourelle rectangulaire. Le tout culmine à 24 mètres de haut. Le donjon est le seul vestige d'un château fort.

Montcuq est un peu « divisée en deux ». En effet, le véritable village est construit sur le haut de la colline et c'est là que l'on y retrouve la place principale, le marché, les ruelles typiques, ses deux églises, saint Privât et saint Hilaire... Mais la ville s'est étendue notamment vers une petite banlieue avec le petit quartier de Saint-Jean et une petite zone industrielle et commerciale qui longe la rivière.

Histoire[modifier | modifier le code]

La fondation de Montcuq remonte à l'époque gallo-romaine.

Au XIIe siècle, c’était le chef-lieu d'une châtellenie à laquelle Raymond VII, comte de Toulouse, donna une charte de coutumes.

Montcuq, à forte implantation cathare et vaudoise, et qui avait reçu sa charte de Raymond VI, prit tout naturellement le parti occitan. Le 1er juin 1212, Simon de Montfort s'empara de la place forte, désertée par ses défenseurs et en fit don à Beaudouin, demi-frère du comte de Toulouse, rallié aux croisés.

Le 17 février 1214, sous le règne de son oncle Philippe-Auguste, Beaudouin comte de Toulouse se rendit au château de Lolmie (commune de Saint-Laurent-Lolmie, ruines du château XIIIe siècle, au sud de Montcuq.) Rallié à la cause albigeoise et cathare, après un bref combat, il fut arrêté par Ratier de Castelnau (pourtant allié de Montfort), Bertrand de Mondenard et le seigneur de Montpezat. Conduit à Montcuq et privé de nourriture, il refusa d'ordonner à ses soldats, enfermés dans le donjon de se rendre. La garnison française se rendit pourtant moyennant la vie sauve. Le chroniqueur assure qu'elle fut aussitôt massacrée. Beaudouin, emmené à Montauban, fut pendu sur ordre de son frère.

Après le traité de Meaux en 1229, le roi de France fit abattre les murs de la ville et le château, dont il ne reste que le donjon, gardé afin de prévenir d'éventuelles attaques ennemies. En effet, le donjon, point stratégique, offre un panorama intéressant sur la vallée de la Barguelonne de par sa hauteur.

Montcuq fut, au XIVe siècle, plusieurs fois reprise par les Anglais et, au XVIe siècle, ravagée par les huguenots qui pillèrent le couvent des Cordeliers.

C'est aujourd'hui un bourg actif, ouvert au tourisme, et riche d'une coopérative agricole et fruitière, et du voisinage de la fabrique de meringues et de gaufres de Saint-Daunès.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Montcuq Blason D'azur aux trois tours d'argent maçonnées de sable, posées sur un mont de gueules mouvant de la pointe, au chef cousu parti aussi d'azur chargé d'une fleur de lys d'or et aussi de gueules chargé d'une croisette cléchée, vidée et pommetée de douze pièces aussi d'or[7].
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2008 2014 Guy Lagarde (suite démission de Daniel Maury) SE 1er adjoint
1989 2008 Daniel Maury PRG Conseiller général
1988 1989 Ismen Lerm - -
1983 1988 Abel Séménadisse - -
1977 1983 Paul Monty-Aly PS -
1976 1977 Henri Dernaucourt - -
1971 1976 André Miquel - -
1944 1971 Marcel Bourrières - -
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 271 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 330 1 970 2 093 2 160 2 272 2 257 2 314 2 329 2 356
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 352 2 321 2 250 2 196 2 111 2 167 1 957 1 977 1 868
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 758 1 639 1 582 1 331 1 407 1 232 1 310 1 256 1 220
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 197 1 121 1 096 1 071 1 189 1 263 1 310 1 321 1 273
2011 - - - - - - - -
1 271 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le donjon, vestige du château de Montcuq
  • Seul reste du château de Montcuq, le donjon haut de 24 mètres, du XIIe siècle est ouvert aux visites en juillet et août. Un escalier taillé dans la pierre mène à l'unique porte, celle de la tourelle-escalier. À travers un mur épais de deux mètres, elle donne accès à la tour où se superposent de grandes salles de 12 mètres sur 8, sur quatre niveaux. La salle basse servait de magasin, celles des premier et second étages avaient une cheminée.
  • La mairie du XIVe siècle a une cloche du XVIe siècle dans son beffroi ; plusieurs maisons sont des XIVe et XVe siècles.
  • L'église Saint-Hilaire, au clocher octogonal, conserve un chœur du XIVe siècle avec de grandes baies gothiques et des vitrages modernes.
  • La chapelle du couvent des Cordeliers, au quartier Saint Privat, a un portail du XIe siècle.
  • Le lac de Saint-Sernin.
  • La grotte de Roland[10].
  • L'église romane de Rouillac et ses fresques du 12e siècle aujourd'hui libérées d'un enduit [11].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Étape du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle[modifier | modifier le code]

Sur la Via Podiensis du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, on vient de Lascabanes ; la commune suivante est Lauzerte, ancienne bastide avec son église Saint-Barthélemy.

Concours d'endurance international de Montcuq[modifier | modifier le code]

Tous les ans, depuis plus de 30 ans, se déroule à Montcuq et sa région un des concours d'endurance internationaux (CEI).

Cette épreuve réputée, appelée « Les Deux Jours de Montcuq », a lieu le week-end le plus proche de la Toussaint.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Le Petit Rapporteur[modifier | modifier le code]

La commune de Montcuq connait une certaine notoriété à partir de 1976 grâce à un sketch sous la forme d'un reportage de Pierre Bonte avec Daniel Prévost pour l'émission satirique Le Petit Rapporteur diffusée sur TF1. Dans ce sketch, le journaliste commente : « Aujourd'hui, pour la première fois, je suis heureux de vous montrer Montcuq à la télévision ». Le nom du village est prononcé volontairement comme « mon cul », ce qui donne lieu à un certain nombre de jeux de mots grivois[13]. Pour rendre hommage à ce sketch qui a donné une notoriété à la commune, une « Rue du Petit Rapporteur » est inaugurée le 8 avril 2007[14]. Pourtant, en langue d'Oc, toutes les lettres se prononcent.

Georges Brassens[modifier | modifier le code]

Georges Brassens avait déjà cité Montcuq dans sa Ballade des gens qui sont nés quelque part[15] (dans l'album Fernande (1972)).

Monopoly[modifier | modifier le code]

En septembre 2007, Hasbro, l’éditeur du jeu le Monopoly, décide de lancer une édition « Villes de France » en donnant libre choix aux internautes qui se rendent sur le site officiel de choisir les villes représentant les 22 cases des rues du jeu de société. À l'initiative d'un habitant de Montcuq, Laurent Bazet, un appel est lancé à voter Montcuq dès le 12 septembre 2007[16]. Cet appel rencontre un fort écho suite au décès de Jacques Martin[réf. nécessaire] le 14 septembre, qui replace le village de Montcuq dans l'actualité. Le 16 septembre, un site fréquenté par des passionnés de jeux de société, Trictrac.net, lance à son tour un appel à voter Montcuq[17]. Le relais se fait alors très rapidement, divers blogs et sites se joignant à cet appel et le faisant circuler. Dès le 20 septembre, Montcuq est premier de ce classement ce qui lui permettrait théoriquement de remplacer la rue la plus chère, c'est-à-dire la « Rue de la Paix ». D'après Hasbro, il y aurait eu plus de 750 000 votes, beaucoup plus que le résultat escompté. Une note AFP en date du 9 octobre[18] parle de ce phénomène et de nombreux journaux français ont écrit un article à ce propos.

L'éditeur a cependant annoncé le 9 novembre 2007 que, bien que la ville arrive largement en tête des suffrages, Montcuq ne fera pas partie des villes retenues, et sera remplacé par la ville de Dunkerque, arrivée en seconde position dans le classement. Cette élimination a scandalisé votants et médias, Télérama n'hésitant pas à la qualifier de scandale et d'injure[19]. Pour atténuer cette élimination contraire à son propre règlement, Hasbro a annoncé la publication parallèle d'une édition spéciale Montcuq, estimant ses prévisions de ventes entre 5 000 et 10 000 exemplaires[20]. Tirée à 5 000 exemplaires, cette édition, après avoir connu un vif succès, est aujourd'hui épuisée.

Raid cycliste[modifier | modifier le code]

En mai 2013, un cycliste amateur français originaire de Houilles a parcouru à vélo en sept jours les 1 000 kilomètres qui séparent la ville espagnole de Parla de la ville de Montcuq. À son arrivée, il déclara que ses motivations étaient le goût de l'effort et celui des calembours, puisqu'il avait dénommé son périple le « Raid Parla-Montcuq » [21],[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Petit Futé Midi-Pyrénées, concernant Montcuq
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne)
  3. Montcuq, présentation de la ville sur le site de la Communauté de communes du Canton de Montcuq.
  4. Montcuq, présentation de la ville sur le site de l'office de tourisme de Montcuq Quercy Blanc.
  5. Ernest Nègre, Op. cité.
  6. M. Morvan, Dictionnaire étymologique basque, online Internet/Lexilogos)
  7. www.labanquedublason2.com Blason de Montcuq (Lot).
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  10. Informations sur la grotte de Roland, à Montcuq
  11. église romane de Rouillac fresques du 12e siècle
  12. Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Librairie Armand Colin, Paris, 1969, p. 147
  13. Voir la vidéo sur Dailymotion
  14. « Le Petit Rapporteur : une émission culte », Le Télégramme, 15 septembre 2007.
  15. La ballade des gens qui sont nés quelque partsur lyrics-copy.com
  16. Monopoly France ? Votez Montcuq !, Laurent Bazet, 12 septembre 2007.
  17. Monopoly France, votez..., Trictrac.net, 16 septembre 2007.
  18. Monopoly : Montcuq lance une OPA sur la rue de la Paix
  19. Télérama : Montcuq, popularisé par Le Petit rapporteur, n'entre pas au Monopoly
  20. fr.news.yahoo.com
  21. Direct Matin n°1297 du mardi 21 mai 2013, page 10, 3e colonne « En bref ».
  22. www.leparisien.fr Insolite : Parla-Montcuq à vélo, le raid insolite d'un cycliste amateur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]