Wizard rock

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Wizard rock

Origines stylistiques Rock alternatif, punk rock, rock indépendant,
Romans Harry Potter
Origines culturelles États-Unis,
début des années 2000
Instruments typiques Chant, guitare, basse, batterie, piano
Popularité fin des années 2000
Scènes régionales États-Unis (principalement)
Royaume-Uni

Le wizard rock (littéralement, « rock sorcier »), parfois appelé de façon simplifiée « wrock », est un mouvement musical apparu en 2002, composé de groupes de jeunes musiciens qui jouent et composent des morceaux à propos de l'univers de Harry Potter, créé par J. K. Rowling. Il y avait en 2008 plus de 400 groupes de wizard rock.

Concept[modifier | modifier le code]

Logo de la franchise Harry Potter, utilisant une écriture en forme d'éclairs, symbolisant la cicatrice de Harry Potter.
Le wizard rock s'inspire presque essentiellement de l'univers de Harry Potter.

Le wizard rock, aussi appelé de façon abrégée « wrock »[1],[2], est à l'origine une sous-culture du rock[3] qui s'est diversifiée ultérieurement dans plusieurs directions, principalement le punk[4], mais également vers la techno, l'electropop, le funk, le blues et la musique folk dans une certaine mesure[2],[5]. S'ils ne font pas tous du rock au sens strict, tous les groupes de wizard rock s'inspirent directement de l'univers de Harry Potter et s'y limitent[2],[6]. Contrairement à un groupe comme Led Zeppelin, qui incorporait dans ses paroles des références au Seigneur des anneaux[7],[6] au sein d'un univers musical plus large, le wizard rock constitue un genre en lui-même, qui repose uniquement sur la franchise créée par J. K. Rowling[6].

Les paroles sont plutôt simples, dans une veine ironique ou parodique. Elles sont souvent écrites du point de vue d'un personnage qui peut également donner son nom au groupe : ainsi Draco and the Malfoys chantent My Dad is Rich en référence à l'arrogance de leur éponyme Drago Malefoy, tandis que The Moaning Myrtles (nommés d'après le fantôme Mimi Geignarde) chantent And Then I Died. Les paroles fonctionnent généralement sur le mode de points de vue particuliers, qui rejettent parfois une partie du récit original[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

La musique est mentionnée à diverses reprises dans Harry Potter, par exemple avec les chansons du choixpeau magique lors de la cérémonie annuelle de répartition des premières années entre les maisons de Poudlard[8]. L'existence d'une scène musicale active dans le monde des sorciers est attestée dans plusieurs tomes : la chanteuse de jazz Celestina Warbeck (« Célestina Moldubec » en version française) est mentionnée dans Harry Potter et le Prince de sang-mêlé[8], de même que le groupe de rock The Weird Sisters (« Bizarr' Sisters » en version française) dans Harry Potter et la Coupe de feu[8]. Ce dernier serait une inspiration possible du wizard rock[2], bien que l'œuvre musicale du groupe ne soit pas évoquée en détail dans le livre sorti en 2000. Ce n'est qu'en 2005, lors de la sortie du film adapté du roman, que la musique des Bizarr' Sisters acquiert substance à travers trois chansons[8].

Switchblade Kittens, un groupe de Los Angeles, enregistre en 2000 la chanson Ode to Harry, écrite du point de vue de Ginny Weasley, qui est généralement considérée comme la toute première consacrée à l'univers de Harry Potter[2],[4]. Elle connaît un grand succès sur Internet et incite les Switchblade Kittens à sortir en 2006 un album intitulé The Weird Sisters[2].

Deux jeunes hommes bruns, portant des lunettes rondes, une chemise blanche et une cravate de couleur rouge et or. L'un joue de la guitare basse et le second, du piano numérique.
Harry and the Potters, groupe fondateur du wizard rock, en 2007 à l'Horace Mann School à Riverdale, quartier du Bronx, aux États-Unis.

Le premier groupe uniquement dédié à Harry Potter est formé en 2002, sous le nom de Harry and the Potters, créant le wizard rock en tant que fandom de Harry Potter[2],[4].

Plusieurs groupes ont été créés au moment de la sortie du dernier tome de la série de romans, en 2007, de nombreux fans souhaitant continuer à faire vivre la communauté créée autour de Harry Potter[9],[10]. En 2008, on dénombre ainsi plus de 400 groupes de wizard rock[1].

Toutefois, ce mouvement n'existe quasiment qu'aux États-Unis (où il y avait près de 400 groupes en 2011[9]) et en Grande-Bretagne.

Une première compilation regroupant les groupes les plus connus est sortie sous le nom de A Magical Christmas of Magic, en 2005.

Production et diffusion[modifier | modifier le code]

La majorité des groupes de wizard rock s'autoproduisent, en prenant en charge l'écriture et la composition des chansons, leur enregistrement, et leur diffusion, dans une logique de « Do it yourself » (« fais-le toi-même »)[2],[3],[5]. Le wizard rock s'est principalement développé au moyen d'Internet ainsi que grâce à l'importante couverture médiatique entourant les livres et les films Harry Potter[3]. Malgré cette dernière, le wrock n'a jamais percé au sein de l'industrie musicale « grand public », par absence de passages en radio ou de diffusion sur des chaînes comme MTV, mais aussi par refus des groupes de produire une musique trop commerciale[2]. Les Switchblade Kittens ont ainsi refusé de joindre un label de musique, ce dernier ne souhaitant pas les voir continuer à écrire certaines de leurs chansons sur Harry Potter[2].

Des débuts du wizard rock jusqu'à la fin des années 2000, les groupes ont majoritairement diffusé leur musique par l'intermédiaire de MySpace[11]. Toute la communauté du wrock se retrouvait à cette époque sur le site[11], et en 2007, le profil MySpace de Harry and the Potters atteignait presque les 100 000 fans[4]. Les acteurs du wrock ont aussi commencé à utiliser YouTube, Facebook et Twitter quand ces réseaux ont commencé à gagner en popularité, et ils ont graduellement délaissé MySpace[11].

Les groupes se financent grâce à la vente de leurs albums et au merchandising[réf. nécessaire]. Certains rendent parfois payant l'accès à leurs concerts (entre 5 et 10 US$ pour Harry and the Potters ou Draco and the Malfoys), mais même ceux qui le font continuent à faire régulièrement des concerts gratuits[12].

Les acteurs du wizard rock[modifier | modifier le code]

Sociologie[modifier | modifier le code]

Les groupes de wizard rock sont principalement originaires des États-Unis, pays fondateur, où ils étaient près de 400 en 2011[9]. Le mouvement est aussi assez présent au Royaume-Uni, lieu d'action de Harry Potter. Le wizard rock est, en comparaison, marginal au niveau mondial, même si des groupes se sont créés un peu partout sur la planète, de la Norvège à l'Australie, en passant par la Russie[3]. Les groupes sont autant masculins que féminins[3], et leurs membres sont principalement des adolescents ou des adultes entre 20 et 30 ans[2], même s'il y a aussi parfois des enfants[3]. Le public du wizard rock se situe dans la même tranche d'âge que les membres des groupes[2].

Le wizard rock est pour ses adeptes un moyen de transmettre leur amour obsessionnel envers l'œuvre de J. K. Rowling, tout en créant un communauté de fans soudée[1]. Cette dernière, dispersée géographiquement, s'appuie sur les réseaux sociaux comme MySpace, Facebook et Twitter pour échanger à propos du wrock[11]. De par son lien avec de nombreux éléments tirés de la franchise, notamment au niveau des paroles des chansons, le wrock est majoritairement apprécié par des personnes familières avec l'univers de Harry Potter[2].

Actions et convictions[modifier | modifier le code]

Reprenant les convictions et actions de J. K. Rowling[Note 1], les groupes sont souvent impliqués dans des actions promouvant l'alphabétisation, la littérature, la justice sociale et la tolérance[1]. Le groupe The Remus Lupins a ainsi pour slogan « Fight Evil, Read Books » (« Combattez le Mal, lisez des livres »)[1], tandis que Harry and the Potters et Andrew Slack ont créé en 2005 l'ONG Harry Potter Alliance, un groupe de défense organisant des campagnes d'action sur de nombreux sujets, luttant par exemple contre le changement climatique, le sexisme, l'homophobie et l'analphabétisme[1],[13]. Le slogan de l'organisation, « the weapon we have is love » (« Notre arme est l'amour »), en référence au livre Harry Potter et le Prince de sang-mêlé dans lequel Albus Dumbledore explique à Harry Potter que « l'amour » est sa meilleure arme contre Lord Voldemort, a été repris dans le titre du troisième album de Harry and the Potters, intitulé Harry and the Potters and the Power of Love (en français : « Harry and the Potters et le pouvoir de l'amour »)[1].

Afin de promouvoir la lecture, qui est au cœur du wizard rock[14], la plupart des groupes se produisent dans des bibliothèques[9], des librairies[15], des écoles ou des campus universitaires[2]. Ils jouent aussi lors de grands rassemblements, festivals ou conventions liés à l'univers de Harry Potter[2],[9],[16]. Les groupes se produisent aussi lors de festivals dédiés au wrock[5], notamment celui de Wrockstock, qui rassemble une quinzaine de groupes dans les Monts Ozarks, dans l'État du Missouri[11].

En tant que mouvement musical de niche[4], le wizard rock a un public restreint, et il est rare que les groupes jouent devant plus de quelques centaines de personnes, bien que les plus célèbres arrivent à réunir plusieurs milliers de personnes, notamment lorsqu'ils jouent ensemble. Ainsi, le 20 juillet 2007, entre 10 000 et 20 000 personnes étaient attendues au concert de Harry and the Potters et de Draco and the Malfoys à Cambridge, pour célébrer la sortie du septième et dernier tome de Harry Potter[4]. De 2002 à 2009, Harry and the Potters a participé à plus de 500 concerts, dans 49 États américains[5].

Groupes emblématiques[modifier | modifier le code]

The Parselmouths en 2007 au principal festival de wizard rock, Wrockstock, à Potosi, aux États-Unis.
  • The Parselmouths, formé en 2004[18],[19], est l'un des tous premiers groupes de wizard rock. Le girls band écrit ses chansons du point de vue d'étudiantes de Serpentard, et tire son nom du fourchelang, langue permettant de communiquer avec les serpents (en anglais « parseltongue », dont les locuteurs sont les « parselmouths »). Le groupe est influencé par la musique techno et l'electropop[3],[4],[5].
  • The Whomping Willows est un groupe formé en 2005 oscillant entre le rock, la folk et la country, qui tire son nom du Saule cogneur (en anglais, « Whomping willow »)[17],[3],[6].
  • The Remus Lupins est un groupe créé en 2005, qui adopte le point de vue de Remus Lupin et produit de la musique acoustique[4],[17],[6].
  • The Switchblade Kittens est considéré comme le groupe précurseur du wizard rock, bien qu'il ne s'y limite pas, avec sa chanson Ode to Harry enregistrée en 2000[1],[4].

Les Hungarian Horntails (inspiré du Magyar à pointes et dont les membres sont des enfants)[12],[3],[14], les Moaning Myrtles (chantant du point de vue de Mimi Geignarde)[5],[14], ou encore Tonks and the Aurors (chantant du point de vue de Nymphadora Tonks)[5],[10] sont aussi des groupes notables.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. J. K. Rowling a reversé à des associations caritatives les profits de plusieurs de ses œuvres : Les Animaux fantastiques, Le Quidditch à travers les âges, ainsi que Les Contes de Beedle le barde. Elle a aussi créé l'ONG Children's High Level Group pour aider les enfants européens vivant dans des milieux défavorisés (pour plus de détails, voir l'article J. K. Rowling).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Rebecca-Anne C. Do Rozario, « Wrocking the Collaboration: Wizard Rock and the Work of J.K. Rowling », Musicology Australia, Routledge, vol. 33, no 2,‎ 2011, p. 265-276
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p (en) Karin E. Westman, « "The Weapon We Have Is Love" », Children's Literature Association Quarterly, Johns Hopkins University Press, vol. 33, no 2,‎ été 2008, p. 193-199
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) Elisabeth Donnelly, « For Harry Potter fans about to rock, we salute you », Salon.com,‎ 14 juillet 2007
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Joshua Zumbrun et Sonya Geis, « Wizard Rock Has Fans in Hogwarts Heaven », sur washingtonpost.com, The Washington Post,‎ 8 juillet 2007
  5. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Lev Grossman, « The Boy Who Rocked », sur time.com, Time,‎ 20 juillet 2009 (consulté le 14 septembre 2014).
  6. a, b, c, d, e, f et g (en) « Harry Potter Fandom Reaches Magical New Level Thanks To Wizard-Rock Bands », sur mtv.com, MTV,‎ 6 juin 2007
  7. (en) Janelle Gleason, « Four reasons you should raid your parents' music collection », Fort Wayne News Sentinel,‎ 4 janv. 2007 (lire en ligne)
  8. a, b, c et d (en) Joelle Paré, « Magical Musical Manifestations: A Literary Look at Wizard Rock », dans Diana Patterson, Harry Potter’s World Wide Influence, Newcastle upon Tyne, Cambridge Scholars Publishing,‎ décembre 2009
  9. a, b, c, d et e (en) « Wizard rock », sur arte.tv, Arte,‎ 8 février 2011
  10. a et b (en) Patrick Huguenin, « Abracadabra! 'Harry Potter'-inspired bands are keeping 'wizard rock' alive », sur nydailynews.com, New York Daily News,‎ 14 novembre 2010
  11. a, b, c, d et e (en) Jennifer Terrell, « Transmediated Magic: Sociality in Wizard Rock », 2011 Eighth International Conference on Information Technology: New Generations, IEEE Computer Society,‎ 11-13 avril 2011, p. 879-883
  12. a, b et c (en) Rachel Humphries, « Harry Potter 'Wrockers' Conjure Musical Magic », sur abcnews.go.com,‎ 13 juillet 2007 (consulté le 14 septembre 2014) : « Both bands usually charge $5 to $10 for tickets to their shows, though some performances are free. »
  13. (en) Joanna Weiss, « Organizing a real Dumbledore’s Army », sur bostonglobe.com, The Boston Globe,‎ 20 novembre 2012
  14. a, b, c et d (en) Shaun Davies, « The unexpected wizards of rock and roll », sur news.ninemsn.com.au, MSN Australie,‎ 20 juillet 2007 (consulté le 14 septembre 2014)
  15. a et b (en) Lacy Rose, « Wizard Rock », sur forbes.com, Forbes,‎ 13 juillet 2005 (consulté le 14 septembre 2014).
  16. (en) Rebecca Traister, « Potterpalooza », sur Salon.com,‎ 1er juin 2007 (consulté le 9 août 2007)
  17. a, b, c et d (en) « Nobody can rock like these Harry Potter-inspired bands », sur usatoday.com, USA Today,‎ 16 juillet 2009
  18. (en) Natalie Zutter, « Girl Crushable: Kristina Horner, Creator of the “What Would Buffy Do?” Music Video », sur crushable.com,‎ 19 mai 2011 (consulté le 14 septembre 2014) : « In addition to founding the band ALL CAPS with Luke Conard, Horner is one half (with Brittany Vahlberg) of the wizard-rock group The Parselmouths. She founded the latter with Vahlberg in 2004 after they realized that all of the Slytherin girls are incredibly one-dimensional. »
  19. (en) « The Parselmouths - About », sur theparselmouthsband.wordpress.com (consulté le 14 septembre 2014) : « They started The Parselmouths back in 2004 when they attended their first Harry and the Potters concert at the University Bookstore in Seattle, WA. »

Liens externes[modifier | modifier le code]