Post-hardcore

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Post-hardcore

Origines stylistiques Punk hardcore, post-punk, noise rock , punk rock
Origines culturelles Années 1980 ; Drapeau des États-Unis États-Unis
Instruments typiques Guitare électrique, basse, batterie, chant
Popularité Restreinte (élevée dans certaines parties des États-Unis)
Scènes régionales Californie, Colorado, Floride, Maryland, Midwest, Texas, New York, New Jersey, Canada
Voir aussi Metal alternatif, art punk, hardcore mélodique, metalcore, post-metal

Sous-genres

Emo, screamo[1]

Genres dérivés

Electronicore, nintendocore

Genres associés

Hardcore mélodique, metalcore, electronicore, easycore

Le post-hardcore est un genre musical ayant émergé dans les années 1980 aux États-Unis, constituant l'une des nombreuses évolutions du punk hardcore. Le genre se développe avec l'émergence de groupes originaires de villes ayant aidé au développement du punk hardcore, en particulier Washington, D.C., comme Fugazi[2], et d'autres variantes de groupes comme Big Black et Jawbox plus proches des racines noise rock de post-hardcore[2].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le punk hardcore se caractérise par un tempo rapide, un volume élevé, de fortes basses[3], et se base sur une éthique do-it-yourself[2]. Concernant le genre, la base de données musicale AllMusic explique que les groupes post-hardcore ont trouvé un moyen créatif de libérer les tensions[2]. Jeff Terich de Treblezine explique que « plutôt que de se limiter aux contraintes rigides du hardcore, ces groupes vont au-delà des power chords et des chants, en incorporant une énergie plus créative du rock punk[4]. » Le post-punk britannique de la fin des années 1970 et du début des années 1980 aide au développement musical des groupes post-hardcore[2]. Tandis que le genre se développe, certains de ces groupes s'inspirent d'une large variété de musiques incluant soul, dub, funk, jazz, et dance-punk[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Des groupes comme Saccharine Trust[5], Naked Raygun[6],[7],[8], et The Effigies[8], actifs au début des années 1980, sont considérés comme les pionniers du genre post-hardcore. Naked Raygun, un groupe formé en 1991 à Chicago, mélange des éléments de post-punk de groupes comme Wire et Gang of Four avec du hardcore[9], bien que le critique Steven Blush puisse noter l'usage de « paroles obliques et de mélodies post-punk[10]. » D'une manière similaire, The Effigies, également au devant de la scène de Chicago, produit une musique inspirée du hardcore de Minor Threat et du post-punk britannique de groupes comme The Stranglers, Killing Joke, et The Ruts[8].

Au milieu des années 1980, le désir d'expérimenter la base hardcore se répand chez certains groupes et artistes associés au genre[2]. La plupart de ces groupes s'inspirent également de la scène noise rock des années 1980 menée par Sonic Youth[4]. Certains groupes signent au label indépendant Homestead Records, comme Squirrel Bait[11] (ainsi que Bastro et Bitch Magnet[12]) et Big Black de Steve Albini (idem pour ses autres groupes Rapeman[7] et Shellac[7],[13].) sont également associés au post-hardcore[4],[8]. Big Black, aux côtés du guitariste de Naked Raygun Santiago Durango[14], se fait connaître pour son éthique stricte orientée do-it-yourself[4]. La musique du groupe, ponctuée par l'utilisation de la boîte à rythmes, influence de son côté le rock industriel[14]. Après la sortie du single Il Duce, Big Black quitte Homestead pour Touch and Go Records[14], qui rééditera sa discographie entière, mais qui sera également responsable de la publication des chansons de Scratch Acid, un groupe originaire d'Austin, au Texas, décrit comme post-hardcore[15].

Hors des États-Unis, le genre se développe avec les chansons du groupe canadien Nomeansno[16], lié à Jello Biafra et son label indépendant Alternative Tentacles, et actif depuis 1979. L'album du groupe, Wrong, sorti en 1989, est considéré comme « l'un des opus post-hardcore les plus agressifs et puissants jamais produits[17]. »

Scène de Washington D.C.[modifier | modifier le code]

Fugazi en 2002.

Dans les années 1984 et 1985 dans la scène « harDCore »[18], un nouveau mouvement est « balayé »[19]. Ce mouvement était mené par des groupes associés au label indépendant Dischord Records qui recensait, au début des années 1980, des groupes tels que Minor Threat, State of Alert, Void et Government Issue[20],[21]. Selon le site de Dischord : « la violence et le nihilisme qui ont été identifié au punk rock, largement en partie par la presse, ont commencé à prendre racine à Washington D.C. et la plupart des anciens groupes punk ont brusquement été repoussés et découragés par la scène de leur ville natale[19]. » À la sortie de l'EP intitulé Subject to Change du groupe The Faith en 1983, le hardcore D.C. et la musique punk changent musicalement parlant[22]. Pendant ces années, une nouvelle vague de groupes commence à se former incluant Rites of Spring (avec l'ancien guitariste de The Faith Eddie Janney), Lunchmeat (plus tard renommé Soulside), Gray Matter, Mission Impossible, Dag Nasty et Embrace[22],[23],[24]. Ce mouvement est depuis connu sous le nom de « Revolution Summer »[19],[25]. Rites of Spring est décrit comme le groupe « qui incarne plus que le changement »[19]. Pour le critique Steve Huey, « la nouvelle direction du hardcore s'est construite sur l'innovation » apportée par Zen Arcade de Hüsker Dü[26]. D'autres groupes s'inspirent du funk (dans le cas de Beefeater)[27] et de la pop des années 1960 (comme par exemple Gray Matter)[28].

Selon Eric Grubbs, un terme est donné par certains pour ce nouveau mouvement, « post-harDCore », bien qu'un autre terme, celui d'« emo-core », se soit déjà répandu[29]. Ce dernier, mentionné dans le magazine de skateboarding Thrasher, sera débattu dans la scène D.C.[29]. Bien que certains groupes soient considéré comme ayant contribué à la naissance de l'emo[30],[31],[32], comme Rites of Spring qui est souvent nommé comme l'un des premiers groupes emo[4],[26], des musiciens comme le chanteur Guy Picciotto et MacKaye lui-même s'opposent à l'usage de ce terme[33],[34],[35]. Entretemps, dans l'État voisin du Maryland, des groupes similaires catégorisés sous le terme de post-hardcore font également leur apparition comme Moss Icon et The Hated[32],[36]. Ce dernier est considéré comme l'un des premiers groupes emo[37].

La second moitié des années 1980 voient naitre de nouveaux groupes à D.C., comme Shudder to Think, Jawbox, The Nation of Ulysses, Fugazi, et Lungfish[23]. MacKaye décrit cette période comme la plus intense dans l'histoire du label Dischord Records[23]. La plupart de ces groupes, en plus des premiers groupes post-hardcore, contribuent à la compilation State of the Union sorti en 1989[38], qui témoigne du changement sonore de la scène punk de D.C.[39]. L'un de ces groupes, Fugazi se popularise et se fait suivre par des fans extrêmement loyaux[40]. Le groupe, qui recense MacKaye, Picciotto, et l'ancien batteur de Rites of Spring Brendan Canty, ainsi que le bassiste Joe Lally, fait paraître en 1989 13 Songs, une compilation de leurs deux premiers EP Fugazi et Margin Walker[41]. D'une manière similaire, le premier album du groupe, Repeater, est « généralement » considéré comme un classique[40].

Expansion[modifier | modifier le code]

La fin des années 1980 et le début des années 1990 assistent à la formation de nombreux nouveaux groupes, à part notamment Fugazi et Shellac, comme Girls Against Boys[42] (à l'origine un projet parallèle de Brendan Canty et Eli Janney), The Jesus Lizard[4],[43],[44] (formé des ex-membres de Scratch Acid), Quicksand[45] (mené par l'ancien membre de Youth of Today et Gorilla Biscuits Walter Schreifels), Rollins Band[46] (mené par l'ancien chanteur de Black Flag Henry Rollins), Tar (les restes d'un ancien groupe hardcore nommé Blatant Dissent)[44],[47], et Slint[48],[49] (composé des membres de Squirrel Bait). Des groupes comme Shellac et Slint sont considéré comme ayant contribué au développement du math rock[50].

AllMusic note que les groupes les plus récents « ont fleuri dans le post-hardcore après avoir joué du punk au lycée[2]. » À Washington D.C., de nouveaux groupes comme Hoover, Circus Lupus, Bluetip, et Smart Went Crazy sont ajouté au label Dischord[51]. Hoover est cité par le critique Charles Spano comme ayant « énormément influencé la musique post-hardcore[52]. » À New York, en plus de Quicksand, des groupes de post-hardcore comme Helmet[7], Unsane[7],[44], Chavez[4], et Texas Is the Reason[53] se développent. Quicksand et Helmet sont également associé au metal alternatif[4],[54],[55]. Chicago, ainsi que le Midwest, qui influencent entretemps l'émergence du math rock[50], assistent également à la naissance de groupes post-hardcore comme Shellac, Tar, Trenchmouth[7] et Cap'n Jazz[56] (ainsi que leur groupe associé Joan of Arc[57]). Steve Huey explique que la sortie de la compilation de Cap'n Jazz, Analphabetapolothology, a aidé le groupe à se populariser au-delà de son public habituel, et ainsi aidé au développement de l'emo dans la scène musicale indépendante[58]. Champaign, dans l'Illinois, est également connue pour sa scène indépendante incarnant des groupes comme Hum, Braid et Poster Children[4]. Le nord-ouest américain assiste à la formation de groupes comme Karp[44], Lync[59] et Unwound[7],[44]. Le Texas assiste à la formation de groupes comme The Jesus Lizard (plus relocalisé à Chicago) et ...And You Will Know Us by the Trail of Dead[60] originaire d'Austin, et At the Drive-In originaire d'El Paso[4].

Le genre est également représenté hors des États-Unis par des groupes comme Refused[61] originaire d'Umeå, en Suède. Le groupe, connu pour sa « sonorité massivement hardcore »[62], fait paraître en 1998 The Shape of Punk to Come, un album qui les voit s'inspirer de The Nation of Ulysses[63],[64], en utilisant des « textures ambient, des brakdowns de jazz[64], de metal et d'electronica[63] » mélangé à leur son hardcore.

Années 2000[modifier | modifier le code]

Le producteur Ross Robinson, crédité pour avoir popularisé le nu metal avec des groupes comme Korn, Soulfly et Limp Bizkit dans les années 1990, aide à la popularisation du post-hardcore dans les années 2000[65],[66]. Robinson s'occupe en ce temps d'enregistrer Relationship of Command du groupe At the Drive-In (2000), Everything You Ever Wanted to Know About Silence (2000) et Worship and Tribute (2002) de Glassjaw, ...Burn, Piano Island, Burn (2003) de The Blood Brothers ; quatre albums post-hardcore considérés comme les mieux produits durant les années 2000[67].

Années 2010[modifier | modifier le code]

Le post-hardcore se popularise au début de la décennie grâce à des groupes comme Sleeping with Sirens, dont le troisième album Feel (2013) débute à la troisième place du Billboard 200, ce qui en fait l'album post-hardcore le mieux classé dans toute l'histoire du genre[68],[69]. Le second album de Pierce the Veil, Selfish Machines (2010), et leur troisième album Collide with the Sky (2012), se popularisent également. Le début de la décennie voit également paraître des groupes post-hardcore indépendants comme The Men, Cloud Nothings et METZ[70],[71],[72],[73].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  6. (en) « Naked Raygun », AllMusic (consulté le 18 mars 2011).
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  25. (en) Grubbs, p. 22. "After hearing the phrase 'revolution summer' at the Neighborhood Planning Council, Dischord employee Amy Pickering had an idea. [...] With the idea of celebrating a new scene's birth, she sent out anonymous letters stating that Revolution Summer was coming and people should be ready. The summer of '85 was indeed that."
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  28. (en) Foster, Patrick, « Gray Matter - Biography », Allmusic (consulté le 19 mars 2011) : « The recordings, which revealed the influence of early-D.C. punk ('Gray Matter', 'Caffeine Blues'), also warned about the dangers of punk nostalgia ('Retrospect') and featured a surprising cover of the Beatles' 'I Am the Walrus' was the first hint of the band's strong pop streak. »
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • (en) Reynolds, Simon. The Blasting Concept: Progressive Punk from SST Records to Mission of Burma. Rip It Up and Start Again: Post-punk 1978-84. Londres ; Faber and Faber, Ltd., 2005.