Nouveaux Romantiques

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Les Nouveaux Romantiques, New Romantics ou New Romanticism en anglais, sont un courant musical et vestimentaire associé à la New wave qui fut créé en Angleterre à la fin des années 1970. Le mouvement est issu de la scène punk qu'elle rejette et du glam rock. Le terme est apparu sous la plume de Richard James Burgess (en), producteur du groupe Spandau Ballet symbole majeur de ce mouvement.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le phénomène fut similaire au glam rock des années 1970, en ce sens que les membres de groupes associés au genre « Nouveaux Romantiques » portaient des vêtements efféminés et des maquillages ostentatoires. David Bowie était une référence évidente, notamment pour sa chanson Fashion, sa période Ziggy Stardust, ou sa chanson Ashes to Ashes représentative des tendances vestimentaires[1], ainsi que Brian Eno et Roxy Music, Human League ou Adam and the Ants. Malgré les liens du mouvement avec le glam rock, il s'en distingue par la forte présence de synthétiseurs au lieu des guitares électriques associées au rock des années 1970, au point de se rapprocher parfois de l'électropop. Les pionniers japonais de l'électropop, le Yellow Magic Orchestra, eut une influence significative sur le mouvement de ce point de vue, ainsi que les groupes allemands Kraftwerk et Can et les anglais Landscape et Ultravox. Les boîtes à rythmes sont largement utilisées par le mouvement grâce aux expériences des batteurs Richard James Burgess de Landscape, Warren Cann d'Ultravox et Rusty Egan de Visage, de même que parfois les percussions naturelles à l'image de Bow Wow Wow[2].

Les historiens considèrent que le mouvement émerge significativement à la fin des années 1970 dans les clubs londoniens, notamment au Blitz[3] (ouvert par Steve Strange (en) et Rusty Egan (en) en 1979 et fermé en 1981), entrainant le terme de « Blitz Kids (en) » ; nombres de ces Blitz Kids, avant d'être appelées les « Nouveaux Romantiques », sortent du Saint Martins School of Art's Alternative Fashion Show[4] ou du Royal College of Art. D'autres clubs comme le Hell ou le Billy's servent de lieux démonstratifs à ces étudiants en art et leur entourage, sorte de défilés de chic allant à l'encontre de la mode punk[5].

En Angleterre, les nouveaux magazines que sont Blitz[n 1], The Face ou i-D, et qui apparaissent tous en 1980, popularisent ce style musical et vestimentaire[6]. Cette tendance vestimentaire, qui vient en réaction face au refus de la mode (en) du mouvement puk, est au départ incertaine, mélange de styles glamour variés de différentes époques, avec une différenciation des genres volontairement ambigüe, androgyne, mais devient rapidement un courant de mode à part entière avec ses codes et habitudes : ce pot-pourri soigné d'influences diverses alterne entre rétro et renouveau, sophistication et extravagance[7], entrainant une forte création de la part des stylistes[n 2] ou groupes musicaux, plus particulièrement dans les coupes de cheveux et maquillages, l'image donnée par ces artistes prenant une importance considérable au delà de leur musique[4]. L'usage de tissus luxueux comme le brocart, la soie ou le velours, des chemises à jabot et chemises-tuniques, vestes à la hussarde, les pantalons cintrés à la taille ainsi que les robes romantiques portées par la gent féminine, font que les représentants du mouvements sont parfois simplement résumés à des « dandys londoniens[7] ». En 1981, ces inspirations vestimentaires engendrent la collection « Pirate » de Vivienne Westwood[7],[5] puis les collections « Les Incroyables » et « Ange déchu » de Galliano au milieu de la décenie[1]. De façon plus générale, même si l'Angleterre perd de son influence mondiale en matière de mode ces années là, plusieurs stylistes de cette époque vont reprendre certains préceptes de ce mouvement pour leurs collections[1].

Le genre devient fermement implanté aux États-Unis, et certains groupes tels que Duran Duran, une référence du mouvement, ou Soft Cell connaissaient un succès international, prélude de la seconde invasion de la musique britannique (en). Le genre musical et vestimentaire tombe en désuétude à la fin des années 1980, supplanté par le mouvement Madchester en Angleterre ou le rock indépendant aux États-Unis et le grunge.

Un revival « Nouveaux Romantiques » a eu lieu durant les années 1990. Orlando était le principal groupe de cette mouvance appelée Romantic Modernism (en) (Romo).

Artistes associés au mouvement[modifier | modifier le code]

Les principaux groupes distinctement liés au genre sont Culture Club et son emblématique chanteur Boy George, Spandau Ballet, ABC, Visage, Ultravox, Landscape, Adam and the Ants et Duran Duran. On peut aussi y associer beaucoup de groupes des années 1980, diversement marqués par cette attitude : a-ha, Alphaville, Dead or Alive, Depeche Mode, Erasure, Simple Minds, Soft Cell, The Human League, Eurythmics, A Flock of Seagulls, Classix Nouveaux, Orchestral Manoeuvres in the Dark, Kajagoogoo et Talk Talk.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Blitz, publié de 1980 à 1991.
  2. Stevie Stewart et David Holah, fondateurs plus tard de la marque BodyMap (en) qui rencontre un succès important en 1984 avec leur collection « The Cat in a Hat Takes a Rumble with a Tecno Fish », sont des créateurs notables de cette époque, ainsi que Stephen Jones (en), Stephen Linnard, Betty Jackson ou Pam Hogg.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Fogg 2013, p. 431
  2. Jonathan Metcalf (dir.) et al., Fashion : la mode à travers l'histoire [« Fashion. The Ultimate Book of Costume and Style »], DK,‎ octobre 2013, 480 p. (ISBN 978-2-8104-0426-1), « La rue et les discothèques : New romantic », p. 407
  3. Linda Watson, Vogue - La mode du siècle : Le style de chaque décennie, 100 ans de créateurs [« Vogue Twentieth Century Fashion - 100 years of style by decade and designer »], Éditions Hors Collection,‎ 2000, 255 p. (ISBN 2-258-05491-5), « 1970-79 », p. 69
  4. a et b Reed - Design Museum, p. 32
  5. a et b Fogg 2013, p. 430
  6. (en) Design Museum et Paula Reed, Fifty fashon looks that changed the 1980s, Londres, Conran Octopus, coll. « Fifty Fashion Looks »,‎ 2013, 107 p. (ISBN 978-1-84091-626-3, présentation en ligne), « The style press », p. 24
  7. a, b et c Worsley 2011, p. 170

Sources[modifier | modifier le code]

  • Harriet Worsley, 100 idées qui ont transformé la mode [« 100 ideas that changed fashion »], Paris, Seuil,‎ octobre 2011, 215 p. (ISBN 9782021044133), « Les Nouveaux Romantiques », p. 170 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Marnie Fogg (dir.) et al. (trad. Denis-Armand Canal et al., préf. Valerie Steele), Tout sur la mode : Panorama des chefs-d’œuvre et des techniques, Paris, Flammarion, coll. « Histoire de l'art »,‎ octobre 2013 (1re éd. 2013 Thames & Hudson), 576 p. (ISBN 978-2081309074), « Le stylisme radical », p. 430 à 431Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Design Museum et Paula Reed, Fifty fashon looks that changed the 1980s, Londres, Conran Octopus, coll. « Fifty Fashion Looks »,‎ 2013, 107 p. (ISBN 978-1-84091-626-3, présentation en ligne), « New Romantics : perfectly posed pop », p. 32 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]