Pop punk

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Pop punk

Origines stylistiques Punk rock
Pop rock
Rock alternatif
Origines culturelles Drapeau des États-Unis États-Unis
années 1990
Instruments typiques Guitare, Basse, Batterie, Synthétiseur
Popularité Moyenne à forte

Genres dérivés

Easycore

Genres associés

Emo
Rock alternatif
New wave
Rock indépendant
Skate punk

Le pop punk ou punk pop est un sous-genre moins brut et plus mélodieux du punk rock, parfois également appelée MTV punk ou teenage punk.

Cet affiliation au mouvement punk ne satisfait pas forcément les membres les plus radicaux de cette scène qui considèrent l'association de pop et punk comme un oxymore, préférant l'appellation pop-rock. Ils en veulent pour preuve l'orientation résolument commerciale de ces groupes, diffusés en boucle sur MTV, compromission incompatible à leurs yeux avec l'éthique punk.

Du fait de cette réussite commerciale, un amalgame est d'ailleurs trop souvent fait avec des groupes comme Avril Lavigne au Canada ou Kinito en France qui ne peuvent revendiquer le même passé, le même vécu scénique vis-à-vis du mouvement punk et sont simplement du catalogués dans le rock.

Le pop punk se caractérise par des sonorités saturées et s'accompagne de chants mélodiques, à l'inverse du hardcore, qui se situe lui de l'autre côté du spectre punk et où le chant est crié. Il se caractérise également par des airs entraînants et joyeux.

Historique[modifier | modifier le code]

La sortie de la saga American Pie est souvent considérée comme un jalon essentiel[réf. nécessaire] dans la popularisation du pop punk, voire comme un moment fondateur dont seraient issu les groupes qui ont fait exploser le genre à la fin des années 1990, comme blink 182 ou Sum 41. Le label de Green Day à l'époque, Lookout! Records, créé en 1987 par Larry Livermore, a su capitaliser sur cette nouvelle tendance et est également fréquemment cité comme l'une des matrices du pop punk nouveau. Kung Fu Records, le label dirigé par Joe Escalante et Warren Fitzgerald des Vandals peut aussi être crédité pour une part dans la popularisation du pop punk à la fin des années 1990, grâce à son « écurie » de groupes aux airs entraînants, à commencer par Blink 182 avant qu'ils ne passent chez MCA, The Ataris (qui ont aussi quitté Kung Fu pour une major), Antifreeze, MI6, ou encore le quatuor israélien de Haïfa Useless I.D., même si ces groupes sont demeurés plus underground.

Certains groupes punk nés dans la seconde moitié des années 1980, en particulier Screeching Weasel et The Queers[1], à l'attitude moins politisée et plus blagueurs que la majorité des groupes punks d'alors, sont parfois présentés comme les tout premiers groupes de pop punk. D'autant plus que Ben Weasel et Joe King, leurs chanteurs respectifs, n'ont jamais hésité à se montrer très critiques du street punk et de la glorification de la violence de classe qui l'accompagne souvent. La lignée dont sont issus ces deux groupes remonte jusqu'au tournant des années 1970/1980 et aux Ramones et aux Descendents et leur punk rock plein de fantaisie, parfois qualifié de « bubblegum », ou encore le groupe anglais The Buzzcocks qui choisissaient des thèmes plus sentimentaux couplés à des mélodies moins brutes pour certaines leurs chansons. À côté du hardcore qui a tenu la scène punk tout au long des années 1980, ces groupes à tendances farfelues, parmi lesquels l'on peut encore citer les Dead Milkmen, ont constitué un courant minoritaire qui a su survivre, par exemple chez les Lillingtons (1996-2001, reformés début 2006), dont Fat Mike a dit de leur album Death By Television qu'il était le meilleur album de pop punk de tous les temps, et le groupe qui a succédé à leur séparation, Teenage Bottlerocket.

Le pop punk, tel qu'on entend ce terme aujourd'hui, semble avoir connu son apogée médiatique et commerciale pendant les quatre ou cinq années qui ont suivi la sortie d'Enema of the State de Blink 182 en 1999, avec la signature par des majors de groupes comme New Found Glory, Fenix*Tx puis, un peu plus tard, Good Charlotte, Sugarcult, Sum 41, ou Bowling for Soup devenus des produits commerciaux à la mode promus sur les chaînes musicales et les radios à grande écoute. C'est alors qu'est né le terme punk pop pour distinguer ces nouveaux groupes du pop punk traditionnel. L'accent était mis sur les mélodies, toujours plus pop et faciles d'accès pour des auditeurs novices et une attitude un peu moqueuse envers la pop et en particulier les boys band. Ces groupes n'avaient dans leur majorité jamais appartenu à une scène punk auparavant. Ils ont attiré un public d'adolescents, pour certains aux antipodes des valeurs et des convictions de la scène punk qui, dans sa majorité, vit cela d'un très mauvais œil et ne cessa d'être très critique (et méprisante) envers le punk pop.

Controverses[modifier | modifier le code]

Afin d'y voir plus clair, peut-être faudrait-il alors distinguer au moins deux types de pop punk :

  • le premier, rassemblant Screeching Weasel, les Descendents, The Lillingtons & co., serait un sous-genre du punk, en ce qu'il participe à l'underground, et reconnaît l'éthique et les valeurs et idéaux de ce mouvement. Il en est la branche la plus mélodique et au sujets les plus légers. Écouter ces groupes, dont certains sont même considérés comme cultes, ne constitue pas un signe d'infamie dans le milieu punk, contrairement à ceux de la seconde catégorie.
  • le second, étiquette sous laquelle sont rangés Blink 182, New Found Glory et leurs épigones, serait un genre à part, distinct du punk (et même plutôt une branche de la pop) bien qu'ils revendiquent eux-mêmes faire du punk-rock. Les groupes qui en sont à l'origine (Green Day notamment) ont fait partie, à une époque, de la scène punk. Pop-punk serait alors une appellation médiatique de convenance appliquée à un genre musical (et non à un mouvement culturel) par contagion (et sans doute aussi par ignorance des différences entre pop punk et punk pop). C'est ce genre musical qui mérite l'appellation punk pop qui est préférée par les membres de la scène punk car elle indique plus clairement que les groupes concernés ne sont plus punk à tendance pop, mais bien des groupes de pop, mainstream, simplement possédant un son plus saturé et des rythmes et accords rappelant, pour les béotiens, le punk. Et elle permet de rendre au pop punk ses lettres de noblesse au sein de la scène underground.

Les franges les plus puristes du public punk ont tendance à étendre le qualificatif de pop punk à une grande partie de la scène punk, notamment californienne, des années 1990, englobant des groupes comme Jawbreaker (considéré comme un groupe phare du genre pour le milieu des années 1990), No Use For A Name ou encore Millencolin dans le lot. Des groupes tels que The Lawrence Arms ou Dillinger Four, dont le son est dans la lignée de Jawbreaker, sont souvent perçus comme une variété de pop-punk du Midwest. Ces puristes font la distinction entre pop punk et punk pop et ne considèrent pas ou plus du tout Green Day ou Blink 182 comme des groupes de punk rock.

La scène actuelle[modifier | modifier le code]

Après un recul sensible du genre (concurrencé par l'émergence de la nouvelle scène Emo comme tendance musicale à la mode récupérée par les majors et MTV), marqué par la séparation de Blink 182 en 2005 (reformé en 2009), le surprenant tournant Metal de Sum 41 sur l'album: Chuck, le virage encore plus Pop/Electronique, de Good Charlotte, le virage opéra rock de Green Day depuis American Idiot, une nouvelle vague punk pop a émergé au début des années 2000 autour de groupes comme Simple Plan, The All-American Rejects (que Ben Weasel apprécie toutefois beaucoup), Fall Out Boy, Motion City Soundtrack, Panic! at the Disco, Yellowcard All Time Low, Matchbook Romance ou The Donots. La tendance actuelle pour la plupart de ces groupes est d'utiliser dans leurs albums des samples new wave proche de l'aéro-rock, au début ou à la fin de chaque piste, fort éloignés du punk mais proches d'un rock plus moderne.

Contrairement à Green Day, dont les racines et les influences plongent encore profondément dans la scène punk, ces nouveaux groupes ont un son beaucoup plus pop, moins saturé, encore plus grand public et un esprit et un style qui n'a plus rien à voir avec le punk, ni même avec le pop punk. Good Charlotte ou Yellowcard représentaient déjà ce cas de figure. Les voix des chanteurs sont douces au point de sembler féminines parfois et les paroles, pratiquement purgées des délires « scato », « sexo », « ados », etc., sont beaucoup plus proches de la nouvelle vague emo. Son ton sérieux et ses tendances aux lamentations adolescentes sur les amours perdues ont remplacé les compositions joyeuses, farceuses et ensoleillées des origines. Cela révèle de façon encore plus criante le caractère inadéquat de l'appellation pop punk pour ces groupes.

Le pop punk traditionnel n'en est pas moins toujours dynamique au sein de la scène underground, avec des groupes comme The Lillingtons/Teenage Bottlerocket, The Briefs, Call Your Mum ou The Marked Men, et certains groupes vétérans continuent de sortir des albums plus ou moins régulièrement, comme ALL/Descendents ou les Vandals. Récemment le terme buzzpop a fait son apparition outre-Atlantique comme appellation alternative pour le pop punk non-commercial.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]