Gorges de la Nesque

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Gorges de la Nesque
Les gorges de la Nesque et le Mont Ventoux
Les gorges de la Nesque et le Mont Ventoux
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Provence-Alpes-Côte d'Azur
monts de Vaucluse Vaucluse
Coordonnées 44° 04′ 05″ N 5° 21′ 35″ E / 44.0680555556, 5.35972222222 ()44° 04′ 05″ Nord 5° 21′ 35″ Est / 44.0680555556, 5.35972222222 ()  
Rivière Nesque
Géologie
Roches urgonien

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Gorges de la Nesque

Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur

(Voir situation sur carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Gorges de la Nesque

Les gorges de la Nesque dans les monts de Vaucluse, entre Monieux et Méthamis, sont un canyon creusé par la Nesque.

Trajet[modifier | modifier le code]

Entrée des gorges et sortie du plan d'eau de Monieux

Les gorges démarrent au sud de Monieux, juste après le plan d'eau et à une altitude de 625 mètres, pour finir au pied du bourg de la commune de Méthamis, à une altitude d'environ 270 mètres.

Accès[modifier | modifier le code]

La route départementale 942 permet de les parcourir par les hauteurs avec plusieurs arrêts point de vue dont un « belvédère » (734 m). Ces gorges impressionnantes dont fait partie le rocher de cire Lou Roucas dou Cire ont été chantés par le félibre Mistral. C'est un passage très emprunté par les cyclistes et touristes qui l'apprécient pour sa grande beauté et sa nature préservée.

Le chemin de grande randonnée 9 traverse les gorges à la hauteur de la chapelle Saint-Michel.

Géologie[modifier | modifier le code]

Falaises urgoniennes des gorges

Les monts de Vaucluse sont formés de calcaires de l'ère secondaire, souvent perméables. L'eau s'enfonce dans la roche, créant des réseaux souterrains (système karstique), ressortant aux points bas comme la Fontaine-de-Vaucluse, où encore au niveau de la source de la Nesque.

Certaines falaises mesurent plus de 200 mètres de hauteur.

La réserve de biosphère du Mont Ventoux[modifier | modifier le code]

Le site est inclus dans la « Réserve de Biosphère » du Mont Ventoux. Cette réserve de biosphère comprend 6 zones centrales dont celles des gorges de la Nesque dont la diversité des milieux qu'elle offre a permis l'alimentation et la reproduction d'espèces protégée par la loi comme le Faucon pèlerin, l'Aigle royal ou encore la Salamandre tachetée [1].

Site Natura 2000[modifier | modifier le code]

Le lucanus cervus (ici un mâle)

Gorges de la Nesque[2]

Situé sur les communes de Méthamis, Blauvac et Monieux, il couvre une surface totale de 1233 ha et se situe entre 281 et 859 mètres d'altitude.

Le site est composé principalement de : Forêts caducifoliées pour 50 %, Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana pour 20 % et Rochers intérieurs, Éboulis rocheux, Dunes intérieures, Neige ou glace permanente pour 20 %.

On peut noter dans la composition de son habitat naturel : « Forêts à Quercus ilex et Quercus rotundifolia » (pour 37 %), « Éboulis ouest-méditerranéens et thermophiles » (8 %) et « Forêts de pentes, éboulis ou ravins du Tilio-Acerion » (5 %), le reste étant systématiquement inférieur à 5 %.

Parmi les nombreuses espèces animales présentent dans la zone, on peut noter comme invertébrés : l'agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale), le damier de la Succise (Euphydryas aurinia), l'écaille chinée (Callimorpha quadripunctaria), le grand capricorne (Cerambyx cerdo), la laineuse du prunellier (Eriogaster catax), le lucane cerf-volant (Lucanus cervus) et la rosalie des Alpes (Rosalia alpina), et comme mammifère : le petit Rhinolophe (Rhinolophus hipposideros).

Archéologie[modifier | modifier le code]

Femme et homme de Néandertal
Clan du Moustérien

Le site du Bau de l'Aubesier a été fouillé dès 1901. Après un temps de latence entre 1964 et 1987, les archéologues, dans le cadre d’un projet franco-canadien et international, ont repris leurs fouilles sous la direction de Serge Lebel de l'Université du Québec à Montréal. La dernière campagne en 2006 a mis en évidence la présence de l'homme de Néandertal et de pré-néandertaliens[3].

Les fouilles successives ont livré des vestiges de l'industrie lithique du Moustérien et de nombreux restes d’herbivores où dominaient l’aurochs (43-53 %) et le cheval (31-35 %). C'est la plus forte concentration européenne de ce dernier, de plus, la présence du renne, toujours rare à l’Est du Rhône, « indiquent que la Provence a constitué une entité biogéographique particulière durant le Pléistocène moyen »[3].

Les essences forestières allaient du pin, toujours dominant, au sapin et au genévrier, suivis par des feuillus : hêtre, aulne, noisetier, tilleul. Quant au chêne sa présence était constante[3].

L'utilisation du feu dans la grotte a été mise en évidence (silex chauffés, charbons végétaux, résidus cendreux, matières osseuses et dentaires brûlées). Les fouilles ont permis de récolter 2 869 os et dents ainsi que trois fossiles pré-néandertaliens. C'est une découverte majeure qui a montré que ceux-ci « possédaient des comportements sociaux et des habiletés technologiques beaucoup plus avancés que ceux connus jusqu’à aujourd'hui »[3].

Monuments[modifier | modifier le code]

Une stèle en l’honneur du poète félibrige Frédéric Mistral (1830-1914) a été dressée au belvédère du Castelleras en 1966.

Représentation[modifier | modifier le code]

Frédéric Mistral, Calendal, chant VII :
« Cette Nesque s'engouffre dans une gorge
anfractueuse et sombre ;
et vient ensuite un point où le roc brusquement
et incroyablement se cabre ...
C'est du Rocher du Cire qu'il s'agit :
Ni chat ni chèvre, ni satyre,
Je vous en réponds bien, jamais n'y grimperont ! »
[4]

Il parle de son voyage avec deux de ses amis félibriges pour la découverte de ses gorges dans son livre Mes origines : mémoires et récits de Frédéric Mistral (publié en 1915).

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Réserve de Biosphère du Mont Ventoux
  2. Site Natura 2000 : Gorges de la Nesque
  3. a, b, c et d Les gorges de la Nesque, en passant par la chapelle Saint-Michel et l’homme de Néandertal
  4. En provençal :« Aquelo Nesco s'encafourno
    Dins uno coumbo arèbro e sourno ;
    E vèn piéi un moumen que la roco subran
    S'enarco amount qu'es pas de dire ...
    Vous parle dou Roucas dou Cire :
    Ni cat, ni cabro, ni satire,
    N'en responde segur, jamai l'escalaran ! »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Truc, L'eau en Vaucluse. Origine, fonctionnement, potentiel et qualité des réservoirs aquifères, Éd. Conseil Général de Vaucluse, Avignon, 1991
  • Guy Barruol, Nerte Dautier, Bernard Mondon (coord.), Le mont Ventoux. Encyclopédie d'une montagne provençale, Alpes de Lumières,‎ 2007 (ISBN 978-2-906162-92-1)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]