Sébastien Ier de Portugal

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Sébastien Ier
Le roi Sébastien Ier.
Le roi Sébastien Ier.
Titre
Roi de Portugal et des Algarves
11 juin 15574 août 1578
21 ans, 1 mois et 24 jours
Prédécesseur Jean III de Portugal
Successeur Henri Ier de Portugal
Biographie
Dynastie Dynastie d'Aviz branche de Beja
Date de naissance 20 janvier 1554
Lieu de naissance Lisbonne
Date de décès 4 août 1578 (à 24 ans)
Lieu de décès Ksar El Kébir
Père Jean de Bragance
Mère Jeanne d'Espagne
Conjoint Sans épouse
Enfant(s) Aucune descendance

Sébastien Ier de Portugal
Rois de Portugal

Sébastien Ier (Dom Sebastião) fut roi de Portugal de 1557 à 1578. Il naquit à Lisbonne le 20 janvier 1554, jour de la Saint-Sébastien (d’où son prénom)[1],[2], et décéda à la bataille des Trois Rois, à Ksar El Kébir au Maroc le 4 août 1578. Il est l’avant-dernier roi de la dynastie des Aviz.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sébastien, roi de Portugal, en 1562.

La régence[modifier | modifier le code]

Fils du prince héritier Jean-Manuel et de l'infante Jeanne d'Espagne, il naît dix-huit jours après le décès de son père[2]. À trois ans, il succède à son grand-père Jean III. Sa mère Jeanne étant rentrée en Autriche peu après la mort de son mari[3], la régence est menée par sa grand-mère espagnole Catherine de Castille de 1557 à 1562. Très populaire, elle se démet toutefois du pouvoir au bout de cinq ans, et le transmet à l'oncle du roi, le cardinal Henri d'Evora de 1562 à 1568[4],[3]. Le jeune roi reçoit l'enseignement des jésuites et des dominicains[5]. Il est soumis à l'influence de son confesseur, Luis Gonçalves de Camara, et du frère de celui-ci, Martim, qui sera à la majorité ministre principal de Sébastien, faveur qu'il gardera jusqu'en 1576[6].

L'époque de la régence correspond avec l'expansion coloniale portugaise en Angola, au Mozambique, à Malacca et l'annexion en 1557 de Macao. Au niveau législatif, la plus grande partie de la régence est consacrée au développement des affaires de l'Église : nouveaux évêchés en métropole et en outre-mer, renforcement de l'Inquisition et extension de son pouvoir jusqu'aux colonies indiennes, ratification et application des décisions du concile de Trente, établissement d'une nouvelle université à Évora (1559) dont l'enseignement est confié à la Compagnie de Jésus[7]. L'érection de la cathédrale Sainte-Catherine de Goa est commencée en 1562 pour célébrer la conquête de la ville par Afonso de Albuquerque en 1510.

En échange de cette soumission à l'Église, les régents obtiennent des bulles pontificales qui obligent le clergé portugais à soutenir la défense des colonies et du territoire métropolitain.

Au pouvoir[modifier | modifier le code]

Dès sa majorité en 1569, Sébastien prend en main le pouvoir[8]. “Roi vierge” et “roi chevalier”, dom Sébastien s'intéresse moins au gouvernement qu'aux plans de conquêtes des terres païennes, visant l'Afrique du Nord, afin de propager la foi[7]. Pour De Oliveira Marques, il est « malade de corps et d'esprit[7] » ; pour d'Antas, il est « en proie à une continuelle surexcitation de corps et d'esprit[6] ». Religieux, austère, chaste, il est d'un caractère violent, emporté, voire despotique ; passionné par tous les exercices du corps, tels la chasse ou la joute, il est également fort belliqueux, trait dans lequel le confortèrent ses courtisans[6]. S'il laisse encore au début de son règne des brides de pouvoir à sa grand-mère, il finit par se passer de ses conseils, et se lance avec ses favoris dans la construction d'un Empire. Pour ce faire, il exige de l'Église les fonds nécessaires, et lève des impôts supplémentaires pour prélever sur la population ce que le clergé ne peut débourser[7]. Le financement n'étant toujours pas suffisant, Sébastien est obligé de faire des emprunts, et doit en échange accorder certains bénéfices, comme le monopole de la vente d'épices pour une durée limitée[9]. Le roi échange également des fonds aux nouveaux convertis contre la promesse papale de ne pas confisquer les biens des condamnés de l'Inquisition[9],[10]. Il s'arma chevalier à Sagres en soulevant l'énorme épée d'Alphonse Ier de Portugal[réf. nécessaire].

Don Sébastien à l'âge adulte.

Durant cette période, et jusqu'à la fin du règne de Sébastien, le gouvernement intérieur du Portugal est en proie aux luttes d'influence entre la reine-mère Catherine et ses opposants[11]. Une loi somptuaire est promulguée en 1570, soutenue par le clergé qui y voit le respect des commandements de l'Église : cette loi définit notamment les viandes permises ou interdites, comment dépenser son argent, proscrivant la majeure partie des importations tout en oubliant de préciser ce qui était luxe et ce qui ne l'était pas[12]. Mais le roi s'intéresse de toute façon trop peu à la situation intérieure de son pays : passer en Afrique se couvrir de gloire est son seul souci. Jean III avait abandonné certaines conquêtes africaines pour reconcentrer l'effort colonisateur portugais sur l'Inde, mais Sébastien compte bien cueillir des lauriers là où son grand-père avait renoncé, et étendre encore le Maroc portugais[13].

L'Afrique[modifier | modifier le code]

Préparatifs et alliances[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, les Saadiens prennent le pas sur les Wattassides et sur les Européens pour la domination du futur territoire marocain.

Ayant organisé un corps d'infanterie d'élite en 1571, Sébastien souhaite l'exercer sur le champ de bataille. En 1574, il se rend donc au Maroc durant trois mois, afin d'affronter les Maures. Mais sa petite troupe n'est pas assez forte pour entreprendre de grandes choses : l'expédition, en dehors de quelques escarmouches où le roi se montre à son avantage, n'apporte rien[14]. À son retour, il prépare une nouvelle expédition contre les Maures. Dans ce but, il promet son aide à Mulay Muhammad Al-Mutawakkil, sultan de Berbérie détrôné en 1575 par son oncle Mulay 'Abd al-Malik[9] qui avait le soutien du sultan[15]. Toujours prêt à franchir le détroit, Sébastien tente encore une fois d'intéresser Philippe II à son expédition[16]. Son émissaire à la cour espagnole négocie également un mariage avec la fille (aînée selon quelques historiens[16]). Le roi d'Espagne accepte de prêter des galères et des hommes au roi de Portugal, mais ne croit guère en la réussite du projet, tout comme le puissant duc d'Albe, favori de Philippe[17]. Toutefois, Philippe reçoit Sébastien à Guadalupe à la Noël 1576, et accepte l'intervention du Portugal en Afrique, sous conditions que l'expédition doit se dérouler courant 1577, et ne pas aller plus loin que Larache[18]. Mais Philippe finira par faire faux-bond au roi de Portugal, sans doute en partie à cause de la reprise des hostilités en Flandres, et en partie également à cause du manque de préparatifs du côté portugais[18].

Malgré l'opposition de Juan de Mascarenhas, général portugais, suivie des conseils de prudence de Catherine d'Autriche[19], l'offensive tant souhaitée est préparée pour l'été 1578. Le pape accorde apparemment au roi de Portugal une bulle de croisade[20]. Le roi d'Espagne renouvelle encore plusieurs fois ses conseils de prudence (notamment à l'occasion des condoléances offertes après la mort de Catherine, en février 1578), même si certains chroniqueurs avancent que l'Espagne avait beaucoup à gagner quel que soit le résultat de l'aventure africaine[21]. De même, de Tanger, Mulay Muhammad exhorte le souverain à ne pas se mettre à la tête de l'expédition, par crainte, dit-il, que que les Maures ne croient que les Portugais ne viennent soumettre le pays (ce qui est sans doute le plan de Sébastien)[22]. Mais en 1577, la ville d'Arzila, tenue par un partisan d'Al-Mutawakkil, se soumet au gouverneur portugais de Tanger, plutôt qu'aux forces d'Abd al-Malik. Cette "victoire" attise la hâte du roi de Portugal de passer en Afrique à la tête de ses troupes[23].

Le corps expéditionnaire ne constitue alors qu'une armée faible, indisciplinée et inorganisée[9]. Outre les forces portugaises, des mercenaires allemands (envoyés par Guillaume de Nassau), italiens (devant être envoyés par le Grand-duc de Toscane, et finalement subtilisés au pape[24]) et espagnols (enrôlés directement par Sébastien) accompagnent l'expédition[25] : en tout 15 500 fantassins, plus de 1 500 cavaliers et quelques centaines de surnuméraires embarquent à Lisbonne le 17 juin (ou le 24[23]) et débarquent à Tanger le 6 juillet, sous le commandement direct du roi[26]. La moitié environ des troupes n'est pas portugaise[1].

Début de l'expédition[modifier | modifier le code]

Le port d'Arzila en 1572.

Trois jours après Tanger, les troupes s'embarquent pour Arzila, où elles attendent encore douze jours les fournitures de l'expédition[27]. Durant cette attente, un affrontement a lieu avec un petit corps envoyé en reconnaissance par Abd al-Malik, promptement repoussé par l'armée portugaise et ses alliés. Sébastien s'enfle de ce léger succès, au point de mépriser les avertissements que lui fait Abd al-Malik le 22 juillet. Celui-ci lui envoie par lettre des remarques, notamment sur le fait que le roi de Portugal soutient celui qui a assiégé Mazagran, et y a massacré des chrétiens ; malgré les promesses de Mulay Muhammad, ce dernier n'a aucun territoire sous son autorité alors qu'Abd al-Malik peut proposer, en échange de la paix, de donner certains territoires et villes mineurs au protégé du Portugal[28]. Sébastien voit cette missive comme une preuve de la terreur que ses troupes susciteraient chez l'ennemi[29],[30], et convoque aussitôt un conseil de guerre pour décider de la conduite à tenir.

Situation géographique des différents cours d'eau

Trois options sont examinées lors de ce conseil : transporter par bateau la troupe et débarquer à Larache pour prendre la ville, conduire la troupe le long de la côte sans perdre de vue la flotte, passer par l'intérieur des terres afin d'abréger le trajet et de rencontrer l'ennemi directement. La dernière proposition est celle que retient le roi, malgré les recommandations du comte de Vimioso (en), qui recommande la prise rapide de Larache, afin d'y avoir un havre qui rendrait plus simple toute autre opération[31],[32]. Mais Sébastien souhaite partir au plus court, directement sur l'armée ennemie, prendre au besoin Alcácer-Quibir et ensuite se rabattre sur Larache. La flotte a pour ordre de rejoindre directement Larache par la mer[33]. Ne prenant que pour quelques jours de vivre, l'armée terrestre quitte Arzila le 29 juillet, et, après un détour pour se ravitailler en eau, progresse désormais difficilement dans le territoire africain, en butte à la chaleur et aux harcèlements des troupes autochtones[34]. Il est rapidement décidé de rentrer sur Arzila, mais la flotte a déjà quitté ce point, et ne peut donc les secourir : Sébastien ordonne le 2 août de reprendre la marche en avant, suivant l'oued Makhazine, affluent du Loukkos, qui n'est pas encore à sec[34].

Pressés par la difficulté de traverser le Loukkos, les Portugais préfèrent franchir le Makhazine afin de s'affranchir des contraintes de la marée[35]. Après ce franchissement, fait le 3 août, l'armée se trouve dans une position très favorable, couverte par le Makhazine et les différents bras du Loukkos. Deux choix s'offrent à eux : traverser à son tour le Loukkos, en direction d'Alcácer-Quibir, où se trouve l'armée d'Abd al-Malik, ou se diriger sur le gué en direction de Larache. Malgré les exhortations de Mulay Muhammad, qui se retrouve bientôt menacé directement par les favoris royaux, la troupe se dirige vers les forces ennemies, qui font de même : la confrontation se fait aux heures les plus chaudes de la journée, celles qui sont les moins favorables aux Européens[36].

Bataille[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille des Trois Rois.
La bataille des Trois Rois, les troupes portugaises (à gauche) font face aux Maures (à droite).
Reconnaissance du corps de Sébastien.

L'armée de Sébastien, outre les 15 000 fantassins qui avaient débarqué à Tanger, compte désormais plus de 2 000 cavaliers grâce aux fidèles de Mulay Muhammad, ainsi que trente-six canons[37]. Toutefois, cette armée est composée essentiellement de troupes fortement armées, alors qu'il aurait fallu pour combattre dans ces conditions des troupes bien plus légères[38]. En face, l'armée d'Abd al-Malik est forte de plus de 14 000 fantassins et plus de 40 000 cavaliers, et accompagnée également de troupes irrégulières d'une quarantaine de canons[37]. Mais si les espions maures sont parfaitement au courant de la composition des troupes portugaises, l'inverse n'est pas vrai, car le roi de Portugal et son état-major ignorent totalement la présence de l'artillerie dans le camp adverse[39].

Le matin du 4 août, c'est donc la bataille d'Alcácer-Quibir (Ksar El Kébir) : Sébastien fait défense à ses troupes d'attaquer sans son ordre, et monte à l'assaut avec l'avant-garde, laissant le reste de son armée sans chef pour la commander, ce qui le prive de la majeure partie de ses hommes[40]. L'avant-garde étant très avancée dans le centre du dispositif d'Abd al-Malik, un cri de retraite se fait entendre, afin de refaire la jonction avec le gros des troupes royales, se changeant rapidement en débandade devant la charge des troupes maures[40]. L'artillerie portugaise est rapidement réduite au silence, et prise par l'ennemi[41]. La bataille se change en mêlée, et Sébastien, qui a refusé la proposition de sauver sa personne en retournant à Arzila ou Tanger[42] finit par être tué. Environ 7 000 autres combattants portugais suivent son exemple, le reste étant fait prisonnier, et moins d'une centaine de Portugais peuvent rentrer à Lisbonne[43]. Abd al-Malik meurt durant la bataille, tout comme Mulay Muhammad qui se noie dans l'oued Makhazine en s'enfuyant[44].

L'aventure cause donc la plus désastreuse défaite de l'histoire du Portugal, ainsi qu'un coût d'un million de cruzades, soit environ la moitié des recettes annuelles de la couronne portugaise[9]. Parmi les prisonniers et les morts se trouve la quasi-totalité de l'élite gouvernante et militaire, tuée ou retenue en otage pendant de longues années, dont le futur souverain Antoine, grand-prieur de Crato. Les restes du roi du Portugal sont préservés par le successeur d'Abd al-Malik, Ahmed al-Mansour, qui fait reconnaitre par les prisonniers la dépouille royale[45]. Le corps est d'abord enseveli à Alcácer-Quibir[46], et les restes auraient été transportés à Ceuta, puis rapportés au Portugal sur ordre de Philippe II et transférés au Monastère des Hiéronymites en 1582[47].

Succession problématique[modifier | modifier le code]

Entre le 14 et le 27 août, les nouvelles du désastre arrivent peu à peu à Lisbonne. Le 27, le représentant des prisonniers encore tenu par les Maures fait connaitre à la cour les détails de la mort du roi, et de la défaite de son armée[48]. Son oncle Henri prend alors la succession sous le nom d'Henri Ier, mais il meurt également sans descendant. Quatre prétendants se font alors connaître, tous faisant remonter leurs prétentions à Manuel Ier de Portugal, Jean III n'ayant plus d'héritiers vivants[9]. Ranuce Ier Farnèse, est le fils de Marie, petite-fille de Manuel ; Catherine est l'autre petite-fille de Manuel, et mariée au duc de Bragance Jean Ier, parent de la maison de Portugal[9] ; Philippe II est le petit-fils de Manuel par sa mère Isabelle et roi de l'Espagne voisine ; Antoine, grand prieur de Crato, est le petit-fils illégitime de Manuel[9],[1].

Le père de Ranuce, Alexandre Farnèse, gouverneur des Pays-Bas espagnols, revendique les droits de son fils à la couronne, mais finit par y renoncer. Malgré les revendications de Catherine et de son mari, ces derniers n'obtiennent pas de soutien réel, et c'est Antoine, qui a le soutien du peuple et de l'Église, est proclamé roi[49] à Santarém ; Henri de France[50] et Élisabeth d'Angleterre[51] lui apportent également leur soutien. Mais l'Espagnol Philippe II fait entrer une armée aux ordres du duc d’Albe au Portugal, armée qui atteint Lisbonne. Antoine est défait à la bataille d'Alcántara le 25 août 1580 et contraint à l'exil en France[52] : le royaume est conquis, l'Union ibérique faite[9]. Le 26 juillet 1582, la flotte franco-portugaise menée par Philippe Strozzi est défaite dans les Açores à la bataille de Terceira, sonnant le glas du retour d'Antoine. Le duc de Bragance, se désistant de ses prétentions, est honoré de la charge de connétable de Portugal, fonction qu'il avait demandé en vain auparavant à Henri Ier, et du collier de la Toison d'or[53]

Les faux Sébastien[modifier | modifier le code]

Sébastien sur l'île imaginaire d'Incoberta, attendant le moment du retour.

Les contradictions entre les récits sur la mort de Sébastien[54], ainsi que l'absence apparente de cadavre (qui ne reviendra au Portugal qu'après sa conquête par Philippe II), firent que beaucoup de Portugais estimèrent que le roi avait juste disparu[55],[56],[57], et qu'il avait échappé à la mort en compagnie de son favori Christovam de Tavora et de George de Lancastre (pt), duc d'Aveiro[58]. Dès le retour de la flotte de Tanger en août 1578, une rumeur se répandit prétendant que le roi était en fait à son bord[59]. On se référa alors au « roi dormant » qui reviendrait au Portugal en cas de difficulté pour sauver le royaume[1].

Les Portugais considéraient les Espagnols comme des envahisseurs, et nombre de manifestations hostiles eurent lieu pour résister à la domination étrangère[60]. La réaction espagnole envers cette hostilité n'épargna pas les partisans de Philippe II, qui virent leurs services peu ou pas récompensés[61]. Le roi n'accordait que des faveurs personnelles, mais refusait toute demande qui concernait la généralité : l'amnistie demandée après les luttes fratricides de la crise de succession fut acceptée mais comporta cinquante-deux exceptions, visant notamment le clergé qui avait apporté un fort soutien à Antoine[62]. Les courtisans espagnols étaient encore plus extrêmes, soutenant que l'université de Coimbra devait être fermée, afin que ses étudiants viennent étudier dans les universités espagnoles[62]. De son côté, Jean de Bragance se plaignait des faibles récompenses qu'il avait reçu, alors qu'on lui avait promis le royaume du Brésil, la grande maîtrise perpétuelle de l'Ordre du Christ, et le mariage d'une de ses filles à l'infant Diego, et qu'on venait de lui retirer la connétablie[53]. Après un an et demi passés à Lisbonne, Philippe II repartit le 11 février 1583 pour Madrid, non sans avoir convoqué les Cortes de Tomar : garantie de la conservation des lois portugaises, indépendance vis-à-vis de l'Espagne (Philippe II gouvernant les deux royaumes par une union personnelle), et reconnaîssance de l'infant Philippe comme héritier de la couronne portugaise[63]. En son absence, le gouvernement était remis dans les mains du cardinal Albert, assisté de l'évêque de Lisbonne (pt), de Pedro de Alcáçova et de Miguel de Moura (pt), mais cette forme de gouvernement n'offrit pas plus de libéralités au peuple portugais[64]. Pendant la période qui suivit, plusieurs personnes prétendirent être le roi Sébastien[1], et reçurent un soutien important de la part des Portugais, largement dû au sentiment nationaliste[65].

Le roi de Penamacor[modifier | modifier le code]

Le premier de ces prétendants se fit connaitre en juillet 1584[66]. Fils de paysan du pays d'Alcobaça, il fut novice dans un couvent dédié à Notre Dame du Mont-Carmel, puis devint ermite dans la région d'Alburquerque, près de la frontière espagnole[67]. Protégé et choyé par une dame noble du voisinage, dont le mari était mort près du roi Sébastien à Alcácer-Quibir, il dut quitter le pays après que le curé l'en ai convaincu, et rentra auprès de ses parents[68]. Puis il commença à parcourir le pays en racontant qu'il rentrait de la bataille d'Alcácer-Quibir[69]. Petit à petit, on le prit pour Sébastien, revenu faire pénitence après l'expédition, bien qu'il fut plus jeune d'une dizaine d'années que le souverain[70].

Profitant de l'aubaine, il prit deux compagnons, leur faisant jouer respectivement les rôles de Christovam de Tavora et de l'évêque de Guarda (fils du premier comte de Vimioso et partisan d'Antoine Ier) afin d'augmenter son aura[70]. Ils s'installèrent à Penamacor, et y firent venir leurs soutiens, qui formèrent alors une petite cour, dont le faux Sébastien était considéré comme le roi, le faux évêque en étant le trésorier. Le prétendant vécut ainsi sur le dos du pays, ne payant ses dépenses que par son nom, susurré par ses complices, et par son accueil dans la cour de ses créanciers, qui se transformaient rapidement en courtisans[71]. Une fois le gouvernement de Lisbonne alerté de la situation, le roi de Penamacor fut livré, mené sur un âne jusqu'à Lisbonne et enfermé à la prison de Limoeiro[72]. Torturé et jugé, il se défendit en affirmant n'avoir jamais prétendu être le roi défunt, laissant seulement les gens le croire. Ces réponses, ainsi que la tenue de l'affaire, qui était la première apparition d'un prétendu Sébastien, et tenait plus de l'escroquerie que de la révolte, disposèrent les juges à la clémence : le "roi" fut condamné aux galères à perpétuité, tandis que ses deux compères furent condamnés et exécutés[73]. Le prétendant se retrouva notamment aux bancs d'une galère lors du départ de l'Invincible Armada, en 1588. Il serait parvenu à se sauver, et à gagner les côtes de France, ne faisant apparemment plus parler de lui ensuite, ou presque[74],[75].

Le roi d'Ericeira[modifier | modifier le code]

Une année après la première imposture, un nouveau prétendant fit son apparition. De son vrai nom Matheus Alvares, fils d'un ouvrier de l'île Terceira, il avait tout comme son prédécesseur fait un noviciat au couvent de San Miguel, tenu par des religieux de San Pedro de Alcántara, à Óbidos. Toujours comme son prédécesseur, il quitta le couvent pour devenir ermite près d'Ericeira[76]. Du même âge et ayant la même physionomie, il fut bientôt réputé être le roi Sébastien, tout d'abord auprès de la population paysanne, puis bientôt de la bourgeoisie plus élevée[77].

Contrairement à l'imposteur précédent, il semble que Matheus aie préparé cette reconnaissance, et non seulement suivi le mouvement. Le corrégidor de Lisbonne, Diogo da Fonseca, déjà chargé du cas de Penamacor, se vit attribuer celui d'Ericeira[78]. Il constata alors l'importance des partisans du nouveau prétendant, rassemblant huit cent hommes sous le commandement d'un ancien opposant à la conquête espagnole ; le prétendu souverain s'appuya sur cette force pour se faire proclamer roi dans le bourg. Se dispersant à l'approche de da Fonseca, la bande se reformait dès qu'il était passé : le corrégidor demanda alors à son homologue de Torres Vedras d'arrêter les protagonistes[79]. Alvares commença à organiser sa maisonnée, prenant la fille de son capitaine pour femme et la couronnant reine, tandis que son père était fait comte, marquis et au final gouverneur in partibus de Lisbonne. L'amiral Diogo de Sousa, commandant la flotte de l'expédition d'Afrique, fut apparemment approché par l'imposteur, qui aurait souhaité son concours pour la suite des événements[80]. Le roi d'Ericeira envoya des missives aux quatre coins du pays, proclamant son retour, revendiquant ses droits et promettant la délivrance de l'emprise espagnole ; il adressa même un message remis au cardinal Albert, lui sommant de quitter Lisbonne et de retourner en Espagne[81].

Pour autant, le conseil de gouvernance ne s'inquiétait pas encore de l'ampleur du mouvement. Ce dernier finit par déborder d'Ericeira : le village de Mafra prit bientôt parti pour le prétendant, tandis que le corrégidor de Torres Vedras avait été massacré, tout comme d'autres partisans de Philippe II. On remit alors à da Fonseca des forces suffisantes pour écraser la rébellion[82]. Celui-ci, après avoir soumis Erceira, défendu par deux cent hommes, se dirigea vers Torres Vedras, où se trouvait le gros de la troupe du faux roi[83]. Le corrégidor écrasa leurs forces dans les champs, et fit prisonnier Matheus Alvares et certains de ses compagnons, tandis que son capitaine s'enfuyait[84]. Alvares avoua l'ensemble de l'affaire lors du procès et fut pendu le 14 juin 1585 ; son corps fut démembré et chaque partie fut exposée près d'une porte de la capitale[85]. Son capitaine le suivit sur l'échafaud peu après, et da Fonseca entreprit une répression féroce auprès de leurs anciens partisans, avec l'accord du cardinal Albert[86].

Le pâtissier de Madrigal[modifier | modifier le code]

En octobre 1594, on arrêta à Valladolid un individu en possession de nombreux bijoux appartenant apparemment à des personnes de haute noblesse espagnole[87]. Interrogé, l'homme dit s'appeler Gabriel de Espinosa (es), pâtissier à Madrigal, et soutint qu'il possédait ces objets de Dona Anna (es), fille naturelle de Juan d'Autriche et religieuse au couvent de Santa-Maria-la-Real de Madrigal[88]. Mis en prison en attendant la vérification de ses dires, il parvint à prévenir Anna qui fit prendre chez lui certaines de ses affaires que l'on porta ensuite au couvent[89]. L'alcade de Valladolid mit ensuite la main sur des lettres de Dona Anna, et d'un prêtre portugais, ancien prédicateur de Sébastien, ancien confesseur d'Antoine Ier, et alors confesseur et confident de Dona Anna ; les lettres étaient adressées à Espinosa et lui donnait le titre de Majesté[90].

Sur ordre de Philippe II, Dona Anna fut enfermée dans une cellule du couvent, et on expédia Fray Miguel dos Santos, le confesseur, en geôle[91]. Après interrogatoire, il raconta qu'après avoir prêché le sermon des funérailles de Sébastien, il avait été convaincu de la survie du roi, certitude renforcée par des visions religieuses. Après avoir rencontré à Madrigal le pâtissier Gabriel, il reconnut en lui le souverain disparu, ce que soutenait également Anna[92]. Quant à Gabriel, il acceptait cette reconnaissance sans pour autant la revendiquer lui-même[93]. De son côté, l'alcade commença à rencontrer des difficultés pour mener l'enquête, en butte à des difficultés créées par l'autorité religieuse ; ce conflit prit des proportions tellement fortes que le roi d'Espagne dut envoyer son aumônier, le commissaire apostolique du Saint-Office Juan de Llano-Valdès, afin de suivre l'instruction[94].

Gabriel et Fray Miguel sont ensuite conduits et emprisonnés au château de La Mota, afin de s'assurer de leurs personnes, tandis que Anna reste au couvent, interrogée tour à tour par l'alcade et par le commissaire apostolique[95]. Fray Miguel rejeta au maximum la faute sur Dona Anna, qui souhaitait sans doute épouser l'imposteur et devenir reine du Portugal, pouvant ainsi quitter l'habit de religieuse qu'elle n'avait pas choisi de porter[96] ; elle avait effectivement signé une promesse de mariage qu'elle brûla après l'arrestation de Gabriel[97]. Dona Anna de son côté maintint que c'est son conseiller qui la convainquit de l'identité de de Espinosa[98]. L'alcade et le commissaire n'obtinrent pas plus de précisions en se concentrant sur le prétendu roi : celui-ci se teignait les cheveux et la barbe, afin d'accentuer la ressemblance avec Sébastien, et refusa de donner son nom véritable, affirmant que celui de Gabriel de Espinosa n'était qu'un pseudonyme[99]. Il voulait parait-il confier sa fille à Dona Anna et aux autres religieuses du couvent, mais nia cette fois s'être fait passé pour le roi défunt ; il nia également avoir eu des projets de mariage avec Anna[100]. Mais il se montra incapable de justifier la provenance des bijoux trouvés sur lui lors de son arrestation[101].

On fit pratiquer la question sur l'imposteur et Fray Miguel, qui reconnurent s'être entendus pour faire passer Gabriel pour le roi de Portugal auprès de Dona Anna ; ils reconnurent également que la promesse de mariage avait bien été le but de la manœuvre[102]. Fray Miguel prétendit également que ce plan avait reçu le soutien de l'exilé Antoine Ier, qui vint lui-même le religieux, mais ceci fut facilement réfuté[103]. L'opinion publique se divisa entre ceux qui pensaient que Gabriel de Espinosa était effectivement Sébastien, et ceux qui pensaient qu'il était en fait Antoine[104] ; de leur coté les religieuses du couvent de Madrigal adressèrent une supplique au roi d'Espagne pour lui demander de mettre fin aux abus du commissaire apostolique à leur égard[105]. Malgré de nouvelles arrestations, aucune (même celle qui toucha de près des partisans d'Antonio Pérez, ministre déchu de Philippe II) ne vint éclaircir plus l'histoire[106]. Un prisonnier de l'archevêque d'Evora prétendit lui-même être fils de Juan d'Autriche, et était apparemment le propre fils de Gabriel de Espinosa[107].

Au final, Dona Anna fut jugée pour avoir offert son aide au prétendu Sébastien, lui avoir promis le mariage alors qu'elle était religieuse, et avoir soustrait à son oncle le roi d'Espagne toutes ces affaires ; elle fut condamnée à être transférée dans un autre couvent, où elle serait désormais traitée sans aucun des égards que sa naissance avait pu lui procurer auparavant[108]. Espinosa fut pendu le 1er août 1595, comme traître au roi et imposteur, sur la grand'place de Madrigal[109]. Quant à Frey Miguel, il fut confronté à Madrid à deux Portugais qu'il accusait d'avoir trempé dans le complot ; confondu, il fut condamné, dégradé de son statut de religieux, et pendu le 19 octobre[110].

Le troisième, un Italien de Venise, apparut en 1598, et fut mis en prison sur les plaintes de l'ambassadeur d'Espagne. Il subit vingt-huit interrogatoires devant le sénat de Venise, ainsi que devant Sebastien Figueira, noble ayant fait partie de l'expédition d'Afrique, et dom Christophe, le plus jeune des fils d'Antoine Ier, qui étaient chargés par les états généraux des Provinces-Unies et par Maurice de Nassau de surveiller le travail de reconnaissance du Sénat[111]. Donnant des réponses fort précises, et possédait une ressemblance physique assez forte avec le défunt, au point que deux Portugais le reconnurent comme tel[112], ce Sébastien fut toutefois chassé des terres de la république de Venise. Il eut alors un sauf-conduit pour se rendre en France[113], mais fut livré à l'Espagne par le duc de Florence dont il traversait le territoire. Il fut ensuite emprisonné au château de Sanlúcar où il finit apparemment son existence[114].

Au XIXe siècle encore, des paysans « sébastianistes » du Brésil croyaient que le roi Sébastien viendrait les libérer de l'« athée » république du Brésil[réf. nécessaire].

Ascendance[modifier | modifier le code]

Titre complet[modifier | modifier le code]

Roi de Portugal et des Algarves, de chaque côté de la mer en Afrique, duc de Guinée et de la conquête, de la navigation et du commerce d'Éthiopie, d'Arabie, de Perse et d'Inde par la grâce de dieu

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Sébastien Ier », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition]
  2. a et b d'Antas 1866, p. 1
  3. a et b d'Antas 1866, p. 2
  4. de Oliveira Marques 1998, p. 222.
  5. De Montpleinchamp et de Robaulx de Soumoy 1870, p. 38.
  6. a, b et c d'Antas 1866, p. 3
  7. a, b, c et d de Oliveira Marques 1998, p. 223.
  8. Biographie universelle : Dictionnaire historique, contenant la nécrologie des hommes célèbres de tous les pays, des articles consacrés a l'histoire générale des peuples aux batailles mémorables, aux grands événements politiques, aux diverses sectes religieuses, etc., etc. ; depuis le commencement du monde jusqu'à nos jours, vol. 5, Furne,‎ 1838 (lire en ligne), p. 489.
  9. a, b, c, d, e, f, g, h et i de Oliveira Marques 1998, p. 224.
  10. d'Antas 1866, p. 27
  11. Rebelo da Silva1864, tome 1 (d'Antas 1866, p. 7).
  12. d'Antas 1866, p. 9-10
  13. d'Antas 1866, p. 11
  14. d'Antas 1866, p. 6
  15. d'Antas 1866, p. 16
  16. a et b d'Antas 1866, p. 18
  17. d'Antas 1866, p. 19
  18. a et b d'Antas 1866, p. 21
  19. Édouard Monnais (dir.) et Auguste Descroizilles, Éphémérides universelles : Tableau religieux,politique, littéraire, scientifique et anecdotique, présentant un extrait des annales de toutes les nations et de tous les siècles, vol. 8, Paris, Corby,‎ 1834, 2e éd. (lire en ligne), p. 52-55.
  20. d'Antas 1866, p. 28
  21. d'Antas 1866, p. 22-23
  22. d'Antas 1866, p. 29-30
  23. a et b d'Antas 1866, p. 30
  24. La troupe avait été recrutée par un Anglais, Thomas Esternulie, créé récemment marquis par le pape, et doit servir à lutter contre Élisabeth Ire, en Irlande. Sébastien convainc le marquis de se joindre à son expédition (d'Antas 1866, p. 28).
  25. d'Antas 1866, p. 26
  26. De Montpleinchamp et de Robaulx de Soumoy 1870, p. 44.
  27. d'Antas 1866, p. 33
  28. d'Antas 1866, p. 34
  29. Rebelo da Silva1864, tome 1, p. 174-175 (d'Antas 1866, p. 35).
  30. Barbosa Machado 1736-1751, Volume IV, livre 2, chapitre XI, p. 322-326 (d'Antas 1866, p. 35).
  31. Rebelo da Silva1864, tome 1, p. 177 (d'Antas 1866, p. 36).
  32. Barbosa Machado 1736-1751, Volume IV, livre 2, chapitre XI (d'Antas 1866, p. 36).
  33. d'Antas 1866, p. 37.
  34. a et b d'Antas 1866, p. 38.
  35. d'Antas 1866, p. 39.
  36. d'Antas 1866, p. 42-43.
  37. a et b d'Antas 1866, p. 50.
  38. d'Antas 1866, p. 46.
  39. d'Antas 1866, p. 47-48.
  40. a et b d'Antas 1866, p. 54.
  41. d'Antas 1866, p. 55.
  42. d'Antas 1866, p. 57.
  43. d'Antas 1866, p. 62.
  44. d'Antas 1866, p. 61.
  45. d'Antas 1866, p. 68-69.
  46. d'Antas 1866, p. 71.
  47. Institut historique 1840, p. 416
  48. d'Antas 1866, p. 73-74.
  49. Édouard Monnais (dir.), Éphémérides universelles : Tableau religieux,politique, littéraire, scientifique et anecdotique, présentant un extrait des annales de toutes les nations et de tous les siècles, vol. 9, Paris, Corby,‎ 1834, 2e éd. (lire en ligne), p. 248.
  50. d'Antas 1866, p. 89-90.
  51. De Montpleinchamp et de Robaulx de Soumoy 1870, p. 60.
  52. De Montpleinchamp et de Robaulx de Soumoy 1870, p. 62.
  53. a et b d'Antas 1866, p. 90.
  54. d'Antas 1866, Préface, p. 1
  55. Diego Barbosa Machado, Bibliothèque lusitanienne, t. 3, p. 676.
  56. « Cette opinion de M. Barbosa Machado est adoptée par Almeyda, par Fario de Sousa et par les meilleurs historiens portugais ; elle parait avoir été approuvée par l'Académie royale historique de Lisbonne » (Malte-Brun et Nachet 1828, p. 136)
  57. Vasconcellos (en), Histoire du Portugal ; Joachim Chaumeil de Stella et Auguste de Santeül, Essai sur l'histoire du Portugal, t. I, N.-J. Gregoir, V. Wouters et cie.,‎ 1841 (lire en ligne), p. 141, 154 et suivantes (De Montpleinchamp et de Robaulx de Soumoy 1870, p. 57).
  58. d'Antas 1866, p. 60.
  59. d'Antas 1866, p. 75-77.
  60. d'Antas 1866, p. 81-82.
  61. d'Antas 1866, p. 84.
  62. a et b d'Antas 1866, p. 86-87.
  63. d'Antas 1866, p. 92.
  64. d'Antas 1866, p. 93.
  65. d'Antas 1866, Préface, p. 5
  66. d'Antas 1866, p. 94.
  67. d'Antas 1866, p. 95.
  68. d'Antas 1866, p. 97.
  69. d'Antas 1866, p. 98.
  70. a et b d'Antas 1866, p. 99.
  71. d'Antas 1866, p. 100.
  72. d'Antas 1866, p. 102-103.
  73. d'Antas 1866, p. 104.
  74. Prosper Mérimée mentionne dans Les Faux Démétrius un faux Dom Sébastien, qui aurait fait à Paris quelques dupes à la fin du XVIe siècle (d'Antas 1866, p. 104).
  75. Herrera y Tordesillas 1601-1612.
  76. d'Antas 1866, p. 105-106.
  77. d'Antas 1866, p. 107-108.
  78. d'Antas 1866, p. 109.
  79. d'Antas 1866, p. 110.
  80. d'Antas 1866, p. 112.
  81. d'Antas 1866, p. 113.
  82. d'Antas 1866, p. 114-115.
  83. d'Antas 1866, p. 116.
  84. d'Antas 1866, p. 117-119.
  85. d'Antas 1866, p. 121.
  86. d'Antas 1866, p. 122-123.
  87. d'Antas 1866, p. 126.
  88. d'Antas 1866, p. 127.
  89. d'Antas 1866, p. 128.
  90. d'Antas 1866, p. 129.
  91. d'Antas 1866, p. 130.
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  93. d'Antas 1866, p. 133.
  94. d'Antas 1866, p. 144.
  95. d'Antas 1866, p. 145.
  96. d'Antas 1866, p. 220.
  97. d'Antas 1866, p. 174.
  98. d'Antas 1866, p. 177.
  99. d'Antas 1866, p. 181.
  100. d'Antas 1866, p. 183-184.
  101. d'Antas 1866, p. 184.
  102. d'Antas 1866, p. 190-194.
  103. d'Antas 1866, p. 196-198.
  104. d'Antas 1866, p. 205.
  105. Les "abus" du commissaire et de son secrétaire seraient d'ordre charnels (d'Antas 1866, p. 216).
  106. d'Antas 1866, p. 208.
  107. d'Antas 1866, p. 237.
  108. d'Antas 1866, p. 231.
  109. d'Antas 1866, p. 236-240.
  110. d'Antas 1866, p. 243.
  111. Institut historique 1840, p. 420
  112. D'après l'historien d'Alphonse VI (Institut historique 1840, p. 416).
  113. Institut historique 1840, p. 421
  114. Institut historique 1840, p. 416

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Antonio Herrera y Tordesillas, Historia general del mundo del tiempo del Señor Rey don Felipe II el Prudente, Madrid,‎ 1601-1612
  • (pt) Diego Barbosa Machado, Memorias de El Rey D. Sebastiam,‎ 1736-1751
  • Conrad Malte-Brun et J. Nachet (recueil), Mélanges scientifiques et littéraires de Malte-Brun : ou choix de ses principaux articles sur la littérature, la géographie et l'histoire, Volume 1, t. 1, Paris, Aimé-André,‎ 1828 (lire en ligne), « Coup d'oeil historique et géographique sur le Portugal et sur ses colonies »
  • Institut historique, Cinquième Congrès historique réuni à Paris : Discours et compte-rendu des séances - Septembre-octobre 1839, H.-L. Delloye,‎ 1840 (lire en ligne), p. 414-428
  • Luís Augusto Rebelo da Silva, Invasion et occupation du Portugal en 1580 : Introduction à l'histoire du Portugal au dix-septième et au dix-huitième siècles, Paris, Durand,‎ 1864
  • Miguel Martins d'Antas, Les faux don Sébastien : Étude sur l'histoire de Portugal, A. Durand,‎ 1866 (lire en ligne)
  • De Montpleinchamp et Aimé Louis Philémon de Robaulx de Soumoy, Histoire de l'archiduc Albert : gouverneur général puis prince souverain de la Belgique, Bruxelles, Société de l'histoire de Belgique,‎ 1870, 651 p. (lire en ligne)
  • Robert Sauzet (dir.), Jacqueline Boucher (collaborateur) et Frank Lestringant, Henri III et son temps : actes du colloque international du Centre de la Renaissance de Tours, octobre 1989, Vrin,‎ 1992, 332 p. (ISBN 9782711610655, lire en ligne), « Deux vies parallèles : Henri III et Dom Sébastien Premier du Portugal », p. 227-234
  • António Henrique Rodrigo de Oliveira Marques (trad. Marie-Hélène Baudrillart, préf. Mário Soares, post. Jean-Michel Massa), Histoire du Portugal et de son empire colonial, Karthala Editions,‎ 1998, 2e éd., 615 p. (ISBN 9782865378449, lire en ligne)