Pyramide de Meïdoum

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Pyramide de Meïdoum
Pyramides d'Égypte et de Nubie
Image illustrative de l'article Pyramide de Meïdoum
Commanditaire Houni puis Snéfrou
Autre nom « La fausse pyramide »
Type Pyramide à degrés transformée en pyramide à faces lisses
Hauteur initiale 93,50 m
~ 178 coudées
aujourd'hui 70 m
Base 147 mètres
~ 280 coudées
Inclinaison 51°50'35 pour la pyramide lisse
Pente 14/11
Entrée une sur la face nord
Coordonnées 29° 23′ 18″ N 31° 09′ 25″ E / 29.3883, 31.156929° 23′ 18″ Nord 31° 09′ 25″ Est / 29.3883, 31.1569  
Pyramides satellites une
Situation sur carte Égypte
Pyramide de Meïdoum

Située à l'entrée du Fayoum en Égypte, la pyramide de Meïdoum, appelée « la fausse pyramide » par les Arabes, date du XXVIe siècle.

Flinders Petrie prouva que la pyramide qui comportait sept degrés à l'origine fut transformée en pyramide parfaite au moyen d'un revêtement en calcaire de Tourah. De ces sept degrés, trois étages seulement sont encore visibles aujourd'hui. Composée de blocs de calcaire, elle fut certainement construite pour le roi Houni, dernier souverain de la IIIe dynastie. Élargie et agrandie plus tard d'un huitième degré, elle fut finalement transformée par son fils Snéfrou en pyramide lisse.

Le complexe funéraire[modifier | modifier le code]

Plan du complexe funéraire de Meïdoum (en pointillés, les vestiges des deux rampes)
Le temple funéraire et les stèles

Le complexe funéraire de Meïdoum représente le premier complexe pyramidal "classique" avec sa pyramide, d'origine à faces lisses, sa chaussée reliant le temple d'accueil au temple funéraire, sa pyramide satellite et sa nécropole des hauts fonctionnaires. Le temple d'accueil a disparu mais le temple funéraire est encore intact et de taille modeste. Des fouilles menées aux abords du complexe ont permis de déceler les vestiges de deux rampes de briques qui, selon l'égyptologue Jean-Philippe Lauer, auraient servi à l'acheminement des blocs et à la construction de la pyramide. La largeur de ces rampes, relativement faible, moins de quatre mètres, implique qu'elles étaient destinées aux halages des pierres jusqu'aux abords du monument.

La pyramide[modifier | modifier le code]

Effondrée, exploitée ou inachevée ?[modifier | modifier le code]

Partie lisse de la pyramide de Meïdoum

De cette pyramide qui, finalement, devait mesurer 147 mètres de côté à la base et 93,50 mètres de haut, il ne reste aujourd'hui que le noyau central culminant à 70 mètres. Ce noyau est constitué de blocs posés à lit déversé vers l'intérieur, ce qui lui confère la forme d'une pyramide tronquée aux pentes raides (environ 70° par rapport à la verticale). Les ajouts périphériques y ont été appliqués sans maçonnerie et ne tenaient en place que par leur propre poids. Ils auraient fini par se désolidariser par manque d'adhérence. Plusieurs hypothèses ont été formulées à cet égard. La pyramide se serait écroulée sous la dynastie des Ptolémées, peut-être à la suite d'un tremblement de terre. Elle aurait pu être "pelée" par les carriers médiévaux pour récupérer les pierres. On a aussi avancé l'idée d'un effondrement pendant les travaux, ce qui ferait de Meïdoum la première catastrophe de chantier de l'Histoire. Enfin, il reste la possibilité que le glissement de la couche externe n'ait jamais eu lieu et que la pyramide soit restée inachevée. Selon cette théorie, la décharge qui l'entoure encore aujourd'hui ne serait que la conséquence du démontage des rampes nécessaires à la construction[1].

Descenderie et distribution intérieure[modifier | modifier le code]

La première chambre funéraire
Le couloir descendant

Gaston Maspero trouva en 1881 l'entrée de la pyramide à onze mètres au-dessus du sol, mais l'essentiel du travail fut réalisé par Flinders Petrie qui pénétra pour la première fois dans la pyramide en 1881 lors des fouilles effectuées dans la zone entre 1888 et 1891. Une longue descenderie de pente assez raide traverse la masse calcaire de la pyramide sur une profondeur d'une cinquantaine de mètres. Elle aboutit à un couloir horizontal dans lequel se trouvent deux logettes faisant office d'antichambres. Au bout de ce couloir bas de plafond se trouve un puits vertical par lequel on monte à la chambre funéraire.

Une salle récemment découverte[modifier | modifier le code]

Les travaux des architectes Gilles Dormion et Jean-Yves Verd'hurt, qui étudient les pyramides depuis 1986, ont permis la découverte de deux nouvelles chambres funéraires dans la pyramide. Il s'agit d'un passage découvert en haut du puits d'accès à la chambre funéraire inachevée de la pyramide. Ce court passage est suivi de deux chambres de décharge, en voûte en encorbellement comme la chambre funéraire, mais d'une facture soignée. Il n'y a aucune communication entre ce passage et les chambres. La seconde découverte fut celle d'un couloir remontant dans le massif de la pyramide de manière parallèle à la descenderie que l'on emprunte en entrant dans la pyramide. Le couloir est cependant obstrué après un cheminement assez long.

Cette découverte a permis de réinterroger le plan d'ensemble de la pyramide. Les espaces nouvellement mis au jour sont d'une ampleur presque égale au dispositif initialement connu de la pyramide de Meïdoum.

Vue axonométrique de la distribution interne

La pyramide satellite[modifier | modifier le code]

Deux vues en coupe de la pyramide satellite

Une petite pyramide satellite était placée au sud du tombeau royal. Toute la superstructure et une partie des infrastructures ont disparu. Les architectes Vito Maragioglio et Celeste Rinaldi ont proposé une reconstitution basée sur les éléments encore visibles sur le terrain, démontrant qu'elle était à l'origine une pyramide à degrés et que le plan de ses appartements funéraires était identique au plan de sa voisine.

La nécropole annexe[modifier | modifier le code]

À environ 500 mètres au nord de la pyramide, une nécropole de la IVe dynastie regroupe des tombeaux de princes et autres personnages importants de la cour. Ainsi, le mastaba de Néfermaât renfermait la célèbre peinture des Oies de Meïdoum, exposée aujourd'hui au musée du Caire, où l'on peut admirer également deux célèbres statues en calcaire peint trouvées dans le mastaba de Rahotep et de sa femme Nofret, découvert par Mariette en 1871.

Ordre chronologique des pyramides attribuées à Snéfrou[modifier | modifier le code]

Les quatre pyramides attribuées à Snéfrou sont la pyramide rouge, la pyramide rhomboïdale, la pyramide de Meïdoum et enfin la pyramide de Seila, qui était très probablement un cénotaphe.

La construction de la pyramide de Meïdoum est divisée en trois phases que les égyptologues nomment E1, E2 et E3 ; E1 correspondant à la première pyramide à degrés, E2 à la deuxième pyramide à degrés obtenue avec une tranche additionnelle, et E3 la pyramide à faces lisses obtenues par addition d'une troisième tranche.

Vue en coupe de la pyramide de Meïdoum et des trois phases de construction

Il est communément admis que Snéfrou fit achever la pyramide à degrés E1 de son prédécesseur, le pharaon Houni, et qu'ensuite il fit ériger sa propre pyramide, la pyramide rhomboïdale. Suite à des problèmes de structures de celle-ci, il aurait entrepris un nouveau chantier au nord de Dahchour, parallèlement à l'agrandissement de la pyramide de Meïdoum. Différents graffitis découverts sur des blocs des pyramides de Meïdoum et de Dahchour nord mentionnent les quinzième et vingt-cinquième années du règne du pharaon, démontrant la simultanéité des deux chantiers.

Les trois ensembles funéraires ont été achevés. Les fragments d'os humains découverts dans la pyramide rouge et le temple haut, achevé en briques, semblent prouver que cette pyramide a bien servi de tombeau. Cependant, la pyramide rhomboïdale a bénéficié d'une attention particulière au Moyen Empire car le temple funéraire fut réactivé à cette époque. De même, ainsi que le souligne l'architecte Gilles Dormion, l'architecture de cette pyramide semble avoir bénéficié d'innovations technologiques, comme les systèmes de fermeture avec herses et les voûtes en encorbellement sur quatre faces, qui ne se retrouvent pas dans la pyramide rouge. Il est également possible que la pyramide rhomboïdale, suite aux problèmes intervenus dans la structure, ait servi de laboratoire pour les architectes. Il y aurait alors eu trois chantiers simultanés durant le règne de Snéfrou.

Quoi qu'il en soit, les pyramides de Snéfrou, d'un volume total de 3 300 000 mètres cubes (soit 700 000 m³ de plus que la pyramide de Khéops), représentent le projet le plus ambitieux de toute l'antiquité.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cf. I.E.S. Edwards, p.95

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

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